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 [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].

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Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
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MessageSujet: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Lun 20 Juin - 12:43

    « Une ombre se mouvait à l'entrée de la chambre. Un lit dont les draps étaient en pagaille. Les murs blancs, recouverts de dessins. Une fenêtre laissant apparaître les lueurs du crépuscule. Du rose, du orange, du bleu. Le soleil se couchait, disparaissait derrière les arbres. Et une silhouette entra, dans la pièce fade et empli de souvenirs. Dont les fantômes tapissaient les murs. Le corps frêle et pâle tomba sur le lit, les mains tremblantes. Entre son index et son majeur, une cigarette. Doux cancer, contenant de multiples substances nocives. Et il la porte à sa bouche, d'une lenteur telle que l'on pouvait croire qu'il attendait ce moment depuis des lustres. C'était certainement le cas. Il alluma la cigarette. Et le temps sembla s'arrêter. Le jeune homme aspira une bouffée, mais ne put la souffler. Il se mit à tousser, et ferma les yeux peu après. Sa dernière vision ? Une tâche rougeâtre sur les draps. »


Je sursautais violemment. Mes yeux s'ouvrirent et furent aveuglés par le soleil cuisant qui trônait au milieu d'un ciel sans nuages. J'étais toujours adossé à ce palmier, dans un désert sans fin où j'étais à l'abri de la chaleur. Chercher la logique, dans cette situation, il n'y en a pas. Quel était ce rêve ? Mais.. en était-ce seulement un ? Non. C'était un souvenir. Je venais de me rappeler de.. ma mort sur Terre. Quelle horreur. La cigarette dont je n'avais pu me passer à mon arrivée était donc la cause de ma mort ? J'avais été malade au point qu'elle me soit mortelle ? Avais-je donc voulu me suicider ? Avais-je été heureux de le faire ? Le reste de me souvenirs ne me revint pas. Toujours bloqués par ce mur. Lorsque je portais la cigarette que je tenais entre mes doigts, à ma bouche, j'hésitais. Mais, elle ne pouvait me tuer désormais. Enfin, je le croyais, ce n'était peut-être pas le cas.

Mon corps tremblait encore. Ce rêve m'avait paru si réel, comme si j'y étais. Après tout, j'étais à moitié allongé, et je fumais. Un peu comme dans cette vision. Mais, c'était si troublant. Si dérangeant. Cette vision de rouge qui avait envahi mon esprit, elle me rappelait mes quintes où je crachais du sang. J'avais l'impression que mon état physique n'avait pas beaucoup changé de ma vie sur Terre, à celle que je menais, ici. Et c'était vraiment effrayant. J'avais croisé une personne qui se souvenait de sa vie, et tout avait changé pour lui. Jusqu'à son sexe. J'avais toujours le même, moi. Le même prénom, le même visage bien que celui que j'arbore désormais soit grandement retouché. La même allure, la même toux.

… La même cigarette.

J'avais froid. Vêtu d'un sweat épais, avec une écharpe, alors qu'il devait faire une cinquantaine de degrés, j'avais froid. Et les bouffées que je tirais de cette petite mort entre mes doigts ne me réchauffait que peu. Me laissant toujours un goût amer, qui me rappelait mon passé à moitié effacé. Mes lunettes glissaient sur mon nez, tandis que mon chapeau tombait sur mon front. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais là. Je cherchais toujours le froid. Mais le paysage ne me plaisait guère. Pas âme qui vive, juste un oasis, des dunes, du vent et un soleil destructeur.

Ce vent d'ailleurs, était violent. Les pans de mon écharpe voletaient sur ma droite, mes cheveux également, bien qu'ils fussent coincés contre le tronc du palmier. Les dunes s'anéantissaient, et se reformaient à deux pas. C'était intriguant. Et beau à regarder. L'esquisse de la vie. On vit, on se détruit, on donne la vie, et cette vie se détruit. Encore faut-il avoir donné la vie. Dans le cas contraire, notre corps et notre esprits disparaissent tous deux dans le noir. Et on les oublie. Peut-être que des personnes lutteront contre le temps pour préserver l'esprit des défunts, mais au final, ils disparaissent tous.

Et je continuais à songer, tandis que ma cigarette se consumait entre mes doigts, jusqu'à me les brûler. Ma connaissance de ce monde était toujours limitée, je ne savais pas ce que je faisais là. Peut-être étais-je condamné à errer ? Cet endroit devait être l'Enfer. Au fil du temps, j'oublierais mon nom et je n'aurais que les souvenirs à damner. Les effluves de mes rêves tomberont en poussières tandis que mon corps s'éternisera dans la douleur.

Mes sens me quitteront. Je n'aurais plus jamais l'occasion de sentir l'odeur de la mer, ni d'écouter les cris du vent, de réussir à regarder les levés de soleil. Je ne serais qu'une homme au cœur de marbre. Ce dernier s'effritant à chaque souffles. Que de sombres pensées. Qu'en serais t-il des gens qui errent ici, eux aussi ? Vivront t-ils la même géhenne que moi ? Devront t-ils parcourir le monde pour mourir ? C'était le sentiment que j'avais. Et je l'aurais toujours, jusqu'au jour où l'on m'expliquera enfin où est-ce que je suis tombé.

Mes pensées prirent fin, était-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Peu importait. Je me suis relevé, et mon haut de forme s'est envolé un peu plus loin. Juste derrière le talus qui surplombait l'oasis. Pataugeant dans l'eau, j'ai réussi à enjambé la petite dune, mais le vent était trop fort, on aurait dit que j'étais face à de la brume blanche. Et je ne parvenais pas à apercevoir mon chapeau. J'y tenais beaucoup. J'avais du temps à perdre, alors je le chercherais. Mes pas étaient lents, et petit à petit, le vent se calma, se transformant en petite brise. Dont la caresse était des plus agréable. Elle devait être fraiche, puisqu'elle me réchauffait.

Au bout d'un moment de marche, je ne pus dire combien de temps, j'en avais perdu la notion, j'aperçus une silhouette. Un comme dans mon rêve, sauf qu'elle était plus fine et plus délicate. Je me suis approché, intrigué. Surtout quand j'ai vu l'ombre d'un chapeau tout près. C'était une jeune femme. Et j'écarquillais les yeux. Son visage venait de me frapper en plein estomac. Les yeux bandés, la peau infiniment pâle mais moins terne que la mienne. Une chevelure sombre, et longue. Des traits si fins et si durs à la fois. Je restais là, ébahi devant ce visage parfait. Ses vêtements étaient sombres, contrastant avec le gris acier des ses bijoux. Elle était la représentation même de la Mort. Pourtant, elle avait réanimé une flamme de vie en moi. Juste de par l'aura qu'elle possédait.

Sa main tenait mon haut de forme. Mais j'avais oublié ce que je voulais. La seule chose qui demeurait dans mon esprit était ce sentiment de dureté, de froideur qui émanait d'elle. Pourtant, j'avais le sentiment, moi, que derrière ce bandeau on pouvait trouver des yeux uniques qui offriraient une porte vers ce qu'elle avait en elle. J'aurais voulu parler, signaler ma présence, mais tout s'était bloqué en moi. J'étais stupide et faible, elle s'en irait sûrement. Ne me laissant que son souvenir..


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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Mar 21 Juin - 15:32

En quête des lambeaux perdus de mon passé, j'errais dans ce désert brulant, une cane d'ébène surmontée d'une sphère d'argent finement ouvragée pour seul équipement. Le vent soufflait, provoquant des nuages de sable qui me fouettaient le visage et faisaient tourbillonner mes cheveux. Mes yeux étant protégés par mon éternel bandeau pourpre, j'avançais obstinément sans craindre ces petites tempêtes.
L'odeur singulière du désert ainsi que le vent qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter de souffler ne m'évoquais que mon premier jour ici. Rien de plus ancien. Rien en rapport avec le monde où j'étais blonde et voyante. Toujours ce trou noir dans ma mémoire.

J'avais rencontré des personnes qui de souvenaient parfaitement de ce qu'ils étaient avant et qui s'en plaignaient. L'herbe n'est pas plus verte ailleurs, certes. Cependant je souhaitais revoir le monde, ne serait-ce qu'à travers des souvenirs. Connaitre ce qui est considéré comme "beau". Le ciel, les étoiles, les fleurs... Connaitre. Me connaitre. Personne ne peut savoir l'effet d'être étranger à soi même. La voix que j'entends n’est plus la mienne. Ces cheveux que je touche ne sont pas les miens. Ce visage qu'on me décrit ne m'appartient plus. Je ne sais pas qui je suis et personne ne pourra m'aider à le savoir. Si, les élus peuvent, paraît-il, nous parler de notre ancienne vie. Mais peuvent-ils nous la montrer, même lorsque l'on ne voit plus ?

Absorbée par ces réflexions existentielles je ne m’étais pas aperçu que je n'étais pas aussi seule que je le pensais. Le vent perturbait mes sens, m'obligeant à me concentrer toujours plus fort pour ne pas tomber. J'avais fait abstraction totale de mon don. Il se manifesta cependant par des vibrations qui augmentaient d'intensité à chaque pas. Je m'approchais d'un être humain. Les vibrations étaient caractéristiques d'un humain. Plus puissantes et répandant en moi une chaleur plus violente. -Chaleur dont je me serais bien gardée, dans ce désert-
Un coup de vent plus violent emporta un objet qui se heurta contre la poitrine pour retomber à mes pieds. J’eus tout juste le temps de le ramasser avant qu'une nouvelle bourrasque ne l'emporte.
Un chapeau. Je m'attendais à tout, sauf à ça. Un haut de forme avec ce que je devinai être des cartes coincées dans le ruban enrouant la base du couvre chef. Il appartenait très certainement à la personne que j'avais perçue. Malgré la violente envie de le garder, ma conscience m'obligea à le lui rapporter. D'autant plus que pour me remercier, il aura la gentillesse de m'aider à retrouver mon chemin parce qu'évidemment, j'étais incapable de rentrer chez moi.
Je changeais donc de direction pour rejoindre l'individu. Il était certainement près d'une oasis puisque la vie semblait nettement plus présente qu'à n'importe quel autre endroit dans ce désert.

Le vent se calmait petit à petit, rendant à mes sens toute leurs capacités. Des bruits de pas m'indiquèrent que l'homme s'approchait. La longueur de ses enjambés me firent comprendre qu'il s'agissait d'une personne assez grande -plus que moi- et probablement de sexe masculin, au bruit caractéristique de ses pas. J’eus la sensation qu'il m’observait. Il s'était arrêté et me regardais. Probablement mes yeux. Je haussai machinalement les épaules, et avança d'un pas décidé vers lui.

- Il me semble que ce chapeau vous appartient. Déclarais-je une fois arrivée à moins d'un mètre de lui, en essayant de sourire.

Agacée par l'affligeante banalité de ma question, je cherchais quelque chose à ajouter pour engager la conversation et ainsi trouver le moyen de lui demander de me servir de guide. L'idée même d'avoir besoin de quelqu'un m'exaspérais, mais dans ces cas là je devais ravaler mon orgueil et assumer ma condition.
Je m’avançai donc vers lui et me présenta. Je ne pu m'empêcher de lui demander si je pouvais toucher son visage pour le "voir".
Consciente de l'impolitesse de la demande, je secouai la tête.

- Oubliez ce que je viens de dire. D'habitude je ne demande ça qu'à des personnes qui m'ont été présentées.

Je baissai la tête, honteuse et rougissante. Rougir. Quel ridicule ! Cette stupide réaction du corps humain qui trahissait régulièrement nos émotions me rendait dingue. Je respirais un bon coup pour reprendre mes esprits et releva la tête, d'un air de défi. Il ne profitera pas de ma gène !

[c'est un peu court par rapport à ce que toi tu as écris, désoléééee ._.]
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Dimitri
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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Mar 21 Juin - 20:31

Avant-propos:
 

    Les seules pensées qui m'avaient effleurés furent pessimistes. Je m'étais vu errer sans fin, avec le fantôme de ce visage dans mes souvenirs déjà dissipés. Ou je la voyais disparaître comme un mirage. Les déserts peuvent rendre fous.. Elle pouvait être une illusion, une chimère cruelle qui s'ancre à jamais dans votre esprit jusqu'à la folie la plus sombre et intense. Mais contrairement à tout ce que je pus penser, son corps se mouva. Cette silhouette sublime, avança vers moi. Et elle n'était pas pourvue de la démarche fantomatique des chimères.. Ses pas étaient réels et décidés. Son visage parfait arborait toujours les mêmes traits durs et doux à la fois. Elle en était même intimidante. Pourtant, je voyais toujours cette once de sensibilité, derrière son bandeau décoloré.

    Elle avait toujours mon chapeau en main. Et désormais, si proche de moi, ma gorge s'en retrouvait encore plus nouée et bloquée. Le temps semblait s'être soudainement arrêter, tandis que le vent désormais plus calme faisait virevolter ses mèches sombres. Quand je vis ses lèvres s'entrouvrirent, mon cœur cessa de battre, le vent cessa de souffler, le soleil cessa de briller, et seule le son de sa voix sonna dans mes oreilles.

    - Il me semble que ce chapeau vous appartient.

    Une voix claire, et dure. Qui apaisait chaque fibre de mon être. Un demi sourire s'était dessiné sur ses lèvres charnues. Pourtant, mes traits n'avaient pas bougés. Je sentais toujours mon visage figé dans la neutralité. Mais.. elle ne me voyait certainement pas avec les yeux voilés, alors qu'importait.

    Elle se rapprocha encore de moi, et son odeur effleura enfin mes narines. Une odeur douce, et fraiche. Comme un couché de soleil, avec le parfum des vagues. Ou un levé de printemps, après un hiver cruel, qui enivrerait n'importe qui de ses saveurs fruités. Mon corps entier frissonna, quand elle m'exposa son nom. Milady ? Curieux. N'était-ce pas un surnom ? Au fond de moi, là n'était pas la question. Milady.. Ce rayon de soleil voilé, ce visage lunaire et obscure, cette perfection, s'appelait Milady. Cette dernière enchaîna, me demandant si elle pouvait me.. toucher ? Elle était.. aveugle ?

    Cette fois-ci, mes yeux s'attristèrent. Les portes de son esprit était donc voilée ? Mon cœur s'était serré violemment. L'étreinte de la tristesse se faisait brûlante et vil. Mais je l'ignorais. Ou du moins, je l'acceptais. Mes dents voulurent se mettre à claquer, signe du froid que je ressentais en moi.. Sauf qu'elle l'aurait perçu. Tout refouler. Rester impassible.

    - Oubliez ce que je viens de dire. D'habitude je ne demande ça qu'à des personnes qui m'ont été présentées.

    Je penchais légèrement la tête sur le côté, confus. Tandis que la sienne se baissait. Et je vis ses joues se teinter de rouges. C'était.. adorable. Voir ce teint pâle prendre.. vie d'une certaine façon. Mais trop vite, ce rouge la quitta. Et quand ses « yeux » retrouvèrent les miens, Milady avait cet air presque mesquin. Amusant ? Cela dépendait de la situation. Dans le cas présent, j'en esquissais un fin sourire.

    Les personnes qui lui sont présentées, n'est-ce pas ?

    - Je m'appelle Dimitri.

    Que dire de plus ? Comment expliquer ma présence en ce lieu cuisant ? J'étais venu chercher la fraîcheur, sauf que j'étais sûrement le seul à chercher la fraîcheur au milieu du désert. Puis, je revis mon chapeau entre ses mains graciles. Des doigts fins. Elle avait de belles mains.. Très minces, blanches et délicates. Des phalanges visibles, une ou de veines qui ressortent. J'aimais les mains. Cela m'évoquait tant de choses.. Peut-être des souvenirs ?

    « Une tâche rougeâtre... ». Je secouais la tête, chassant ce cauchemar immonde qui avait troublé mon assoupissement. Mon cœur s'accéléra fortement, ma tête tourna. Cette vision d'horreur avait fait comme un flash dans mon cerveau. Mon corps flanchait, je faillis perdre l'équilibre. Mes poumons se soulevèrent, et je dus tourner la tête rapidement pour expulser. Je me mis à tousser violemment.

    Et évidemment.. Je vis cette tâche rougeâtre souiller le sable beige. Ma gorge était irritée, j'avais un goût pâteux en bouche. La soif. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas manifesté. J'avais envie d'eau froide, pour qu'elle réchauffe ne serait-ce qu'un peu mon corps refroidi.

    Légèrement secoué, essoufflé, je m'essuyais la bouche, oubliant toutes manières. Je me devais toujours de conclure ma « présentation ». Je ne voulais dire les raisons de ma venue, pour ne pas devoir m'expliquer. Et j'étais tellement las, que j'avais envie de récupérer mon chapeau et de retourner broyer du noir contre mon palmier...

    - En effet, ce chapeau m'appartient.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Jeu 23 Juin - 20:39

Le désert était complètement vide. Les animaux environnants semblaient avoir disparut en un seul instant. Seul restait le Soleil, couvrant l’étendue de sable de son œil de feu, L’homme et moi. Une sensation étrange pris possession de tout mon être. J’étais à la fois effrayée et confiante. Gelée et brûlante. Mon tempérament que l’on disait bipolaire et lunatique semblait se manifester plus que de coutume. Je passais de la confiance, de l’affection même à la haine et aux mépris. Etait-ce dû à la froideur de mes sentiments pour ce monde confrontée à l’étouffante chaleur qui m’oppressait, m’écrasait ? J’étais un peu perdue. Désemparée. Sa voix m’interrompit et me remit d’aplomb.

- Je m'appelle Dimitri.

Instinctivement, j’analysai cette voix. Un homme, ça c'était déjà évident, mais dont la personnalité m'échappait. Je sentais une telle contradiction en lui que j’effaçai toutes les hypothèses que j'avais faites autour de sa personne. Il était probablement du genre bipolaire et faire des suppositions hasardeuses ne me paraissait pas très intelligent. Plusieurs fois mon prompt jugement m’avais amenée à commettre des fautes que j’aurais pu facilement éviter.
Cette contradiction, je ne l’avais rencontrée chez peu de gens. Il m’intriguait. Ne pas cerner une personne m’agaçait, excitait ma curiosité, me fascinait.

Ses vibrations se modifièrent d’un coup. Elles faiblirent et, à peine cette constatation faite qu’il fut prix d’une violente toux. Je n’avais entendu ce genre de toux qu’une fois dans ma vie. Un poison que j’avais administré amena sa victime à cracher du sang. Eh bien le bruit qu’il avait fait ce rapprochait beaucoup de celui que mon interlocuteur faisait. Avait-il été empoisonné ? En ce cas j’avais de l’antipoison sur moi, mais ne connaissant rien de lui, je ne lui fis pas part d’informations sur l’antidote que j’avais sur moi. Lorsqu’il se calma, il ajouta :

- Et en effet, ce chapeau m’appartient.

J’étais stupéfaite. Il semblait n’être pas du tout humilié par cette toux comme je l’aurais été après une de mes crises. Pire : il semblait blasé, habitué. Comment pouvait-on être habitué à un poison ? Je savais que certaines personnes prenaient régulièrement une dose minime d’un poison pour habituer son corps et ainsi pouvoir survivre si quelqu’un venait à les tuer de cette manière. Etait-ce sont cas ? Que craignait t-il ? Ou plutôt Qui craignait-il ?
Ma curiosité était grandissante. Je voulais l’interroger, mais je savais que ce serait inconvenant. Déjà ma précédente question était limite, je ne voulais pas passer pour une femme sans éducation. Aussi, je lui tendis son chapeau, forçant une nouvelle fois un sourire crispé.

Mais il avait plus surprenant encore : lors de sa toux, ses mouvements avaient mis en évidence le port d’un manteau ou d’une veste. Le frottement des tissus étaient suffisamment caractéristique pour être sûre de moi. Désireuse d’engager la conversation -même si lui ne semblait pas partager cette envie- et de comprendre la raison de toutes ces épaisseurs, je repris :

- Pardonnez moi, mais que faites vous dans le désert… Couvert comme vous semblez l’être ?


Je fermai les yeux sous mon bandeau. Ma tête tournait. Le Soleil m’abrutissait toujours. Je ne supportais pas la chaleur. L’oasis n’était pas très loin et il devait certainement y avoir des arbres sous lesquels s’abriter. Quelques minutes de plus et je risquai d’avoir une crise et c’était fors de question. Je refusais de me retrouver en position d’infériorité face à lui. Je refusais de montrer ma faiblesse et encore plus devant un inconnu.
Je m’imaginais déjà, m’écroulant comme une pierre à ses pieds, roulée en boule et hurlant de douleur. Non. Décidément je lutterai jusqu’au bout pour éviter cela. Me retrouver dans une telle situation devant quelqu’un m’était arrivée juste une fois et cette personne était morte. Si cela venait à se renouveler, je n’hésiterai pas à me débarrasser de lui, qu’il puisse me servir de guide ou pas.
Ou alors… Ou alors je pouvais le tuer après qu’il m’ait ramenée. Moui. C’était un meilleur plan. Je souris malgré moi et reporta mon attention sur lui. Il fallait maintenant qu’il soit coopératif et qu’il réponde. Sinon, la conversation serait foutue et je serais obligée de me débrouiller pour rentrer chez moi. Et ce n’était pas gagné.
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Dimitri
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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Ven 24 Juin - 23:55

    La fatigue m'avait gagné. La lumière fade qui éclairait mon esprit s'éteignait petit à petit, jusqu'à me plonger dans l'obscurité la plus totale. Et tandis que je tâtonnais dans le noir, le soleil se faisait plus agressif et j'avais de plus en plus froid. Et Milady était toujours face à moi, immobile, sans bouger d'un millimètre. J'avais cette envie irrésistible de passer la main dans sa chevelure sombre, d'effleurer sa peau pâle, d'entendre sa voix, encore et encore. Et ce désir d'arracher ce masque pour voir ses prunelles. J'avais tellement envie de les contempler, en oubliant le temps et l'endroit où j'étais. Malheureusement, je devais tout réprimer. Tout enfouir, comme si j'enterrais une partie de moi. Creuser profondément pour enfouir ce désir déchirant et ne plus jamais le déterrer. Milady.. Ne pas savoir le prénom qui lui avait été donné lorsqu'elle était venue au monde m'attristait, et je lançais ce vœux dans le trou que je venais de creuser psychiquement, dans mon esprit. Les traits de Milady ne changeaient pas énormément. Elle gardait le plus gros de ses émotions en elle. Parfois, ses sourcils se haussaient légèrement, ses lèvres se mouvaient, et parfois, cela ressemblait à des murmures imperceptibles. Mais moi, j'enfouissais tout. De toute façon, elle ne verrait rien. Mais j'étais persuadé qu'elle pourrait le sentir. Son.. don ? Oui, Kamui m'en avait parlé. J'en avais un aussi, mais il me troublait trop physiquement. Il m'arrachait les boyaux et entourait mon cœur d'un étau d'épines. La voix claire et froide de Milady sonna à nouveau à mes oreilles, comme une griffure à la cruauté suave, tandis que je me rendis compte qu'elle me tendait mon chapeau.

    - Pardonnez moi, mais que faites vous dans le désert… Couvert comme vous semblez l’être ?

    La main lente, je récupérais mon haut de forme que je teins fermement pour ne pas qu'il m'échappe, et la contemplais, avec son sourire nerveux sur les lèvres. Comme si derrière cette façade, elle cachait une réflexion intense. A quoi réfléchissait t-elle ? J'aurai aimé le savoir. La télépathie. Quelqu'un avait t-il ce don-ci ? Lire ou entendre les pensées des gens.. Ce devait être intéressant et fascinant, mais aussi terriblement douloureux. Si l'on venait à découvrir ce que pensait réellement les gens de vous. Voir les sentiments, les vrais, à travers les pensées que l'on percevrait. J'étais heureux de ne pas être télépathe au fond. Même si entendre les pensées des personnes si énigmatiques que je croisais parfois, comprendre les émotions fascinantes qui se reflétaient dans leurs yeux.. Cela m'aurait tant plu. M'aurait offert de quoi penser éternellement. En effet, c'était intéressant et aussi immonde. Il me serait impossible de choisir si je devais le faire. Enfin.. Ce choix ne m'était pas exposé et ne me le sera sûrement jamais, autant de plus y penser. Milady avait perçu les vêtements que je portais, en plein milieu du désert. J'allais devoir lui expliquer.. L'envie n'était pas là. Je me sentais vide, ma gorge était toujours légèrement bloquée. Pourtant, j'avais trop souhaité qu'elle s'adresse à moi.. Je ne pouvais me taire désormais, il fallait que je lutte contre ce démon intérieur qui se renfermait toujours sur lui-même. Comment dire.. ? Comment expliquer.. ? Il fallait que je réussisse à faire le tri dans ce que j'avais à dire. Pour être clair, et qu'elle comprenne. Qu'elle ne s'aperçoive pas tout de suite que parler était une torture, que ça m'arrachait les tripes, et que l'hésitation qui m'étreignait quand je devais parler me faisait souvent pleurer, sur l'instant présent ou plus tard..

    - Mon corps ne réagit pas comme celui d'un humain normal. La chaleur me donne froid. J'avais chaud, alors je suis venu.. m'abriter ici, en quelques sortes.

    Je déglutis, plusieurs fois. L'envie de claquer des dents se faisait sentir. Je tentais de me retenir, car elle le sentirait. C'était certain. Je ne savais comment, mais j'étais presque sûr que son don consistait en ça. Ressentir les gens, et certaines de leurs émotions ou autres. Elle était aveugle.. Ce ne pouvait être que ça. Coupant court à ces réflexions, je me rendis compte que le vent avait tourné, il était plus calme. Alors je remis mon chapeau. Je me sentais plus à l'aise avec, comme protégé. Une sensation enfantine, la peur que le ciel nous tombe sur la tête. Et cela semblait être rester. Non, le ciel ne s'écroulerait pas. Le ciel n'était pas solide. Peut-être qu'il disparaitrait, et que le monde plongerait dans le néant, que l'on vivrait dans l'obscurité, comme celle qui habitait mon esprit actuellement.

    Mes yeux se reposèrent sur le visage fin et délicat de Milady. Il souriait. Mais.. Moins faussement. Toujours ce sourire qui masquait de la réflexion.. J'avais presque peur. De ce qu'elle pouvait penser de la situation, de moi. Son visage restait figé. Et j'avais presque peur oui, de ce qui pouvait se cacher derrière. Tout le monde oui, tout le monde portait un masque, à un moment, ou à un autre. Et je le voyais ce masque, non seulement de part ce bandeau, mais aussi de part ces traits figés. Froids.

    Durs.

    Oui, ce mot lui allait plutôt bien. Elle avait certes, ces traits fins et doux, mais elle était dure. Non seulement son aspect mais aussi ses mots. Ils cachaient cette dureté froide qui me faisait frissonner. Pourtant, elle me fascinait tant. Et je la sentais quelque peu fragile, là. Soudainement, sa peau pâle et sa carrure si fine me touchèrent. La chaleur l'affectait t-elle ? Il semblerait. Fouillant en moi, pour trouver la galanterie, j'hésitais encore à parler, j'hésitais à la toucher. Dieu que je n'en avais envie. De sentir le givre de sa peau, de sentir la vie. Et une peur me traversa soudainement l'esprit. Ne risquais-je pas de l'affecter avec mon don ? J'avais « blessé » Kamui.. Sans m'en rendre compte, comme ça. Je ne voulais pas la blesser comme j'avais blessé Kamui. Inconsciemment, j'avais tendu la main, et je dû me raviser. Au lieu de ça, je sortis une phrase, d'une banalité à pleurer.

    - Il y a un oasis, pas loin. La chaleur semble vous affaiblir.. Je déglutis à nouveau, et conclus, lui retournant sa question. Et vous, que faîtes vous au beau milieu de nulle part ?


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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Lun 18 Juil - 10:20

« Les yeux sont le miroir de l’âme ». Et qu’est-ce que j’aurais voulu voir ses yeux, à ce moment précis ! Son corps réagit différemment aux températures. Voilà qui avait le mérite d’être étonnant. Je voulais en savoir plus, mais parler semblait être pour lui un effort et comme j’avais d’autres questions à lui poser par la suite, je gardai celle-ci pour un autre moment. C’était très certainement lié à son don, mais je ne souhaitais pas essayer de le deviner. Je savais que je ne pourrai en saisir l’étendue. S’il est une chose que j’ai apprise ici, c’est que le don de chaque personne reflète, explique une parcelle de sa personnalité. Je suis un exemple parfait : percevoir les vibrations me permet de voir les personnes, les créatures qui m’entourent et remplace donc en partie mon sens. Comprendre le don de quelqu’un impliquerait donc le comprendre lui. C’était par conséquent quelque chose de difficilement aisé. La personne devait l’expliquer lui-même, s’ouvrir aux autres. C’est pour cette raison que j’évite de parler de mon don. Et que lui évitera certainement de trop me parler du sien.

Le son de sa voix s’éleva de nouveau pour me proposer d’aller s’abriter à l’ombre des arbres de l’oasis. Il me demanda aussi la raison de ma présence ici. Un détail m’étonna cependant : il avait tendu le bras. Que voulait-il faire ? Me voler ? Profiter de mon handicap ? Je fronçais les sourcils. Je n’aimais pas ça. Le fait qu’il le ramène le long de son corps me calma, mes autres sens s’étaient tous éveillés et me hurlaient d’être méfiante. Une fois encore, j’étais un peu perdue. Je ne l’avais pas sentie agressif et jusqu’à maintenant, rien dans ses paroles n’avait été digne d’une réelle méfiance. Il devait probablement chasser une petite mouche dont les vibrations trop faibles m’avaient échappées. Je n’avais pas spécialement envie de lui faire confiance, néanmoins, poussée par une sorte de sympathie pour ce personnage mystérieux, je lui répondis :

- Je suis amnésique. Tous ce que je sais de mon passé, c’est deux-trois détails, dont un qui m’intéresse tout particulièrement. Ce désert est l’endroit où je me suis réveillée, j’espérais donc avoir une sorte de flash-back, une vision, quelque chose qui puisse m’avancer. C’est malheureusement une tentative échouée.

Je me tue un moment pour réfléchir à mes dires, un sourire triste me donnant un air affreusement mélancolique. Je cassais ce visage qui ne me plaisait pas et repris une expression dure. Voyant qu’aucun de nous n’avais bougé malgré son invitation à aller rejoindre l’oasis, j’emboîtais le pas, m’arrêtant pour lui signifier que je l’attendais.

Pour une raison complétement inconnue, je me sentais bien. Malgré la chaleur étouffante, malgré mon impossibilité de le voir et de le toucher, malgré les pensées nostalgiques qui s’agitaient dans ma tête. J’avais envie de sourire pour rien et de rire. Je gardais ces sentiments pour moi, bien sûr, mais je sentais que je finirais par craquer. Ma bouche laisserait échapper ce rire que je hais, et mes lèvres se fendront pour afficher un large sourire. Le bonheur. Ce sentiment m’étreignait rarement et à chaque fois mon côté pessimiste s’acharnait à laminer ces instants étranges, ces petites lueurs dans l’obscurité. Je m’imaginais habitée par deux petites créatures qui luttaient en permanence : le bonheur et la haine. Ce dernier était toujours le plus fort, mais à cet instant, le bonheur semblait triompher pour une des première fois. N’y tenant plus, je ris. Pour la première fois depuis mon arrivée ici, je ris. Je ne savais pas pourquoi, mais je riais.

- Pardonnez-moi, Monsieur. Je ne sais pas ce que j’ai… dis-je avec un énorme sourire.

M’imaginer l’incongruité de la scène me fis sourire encore, je me calmai et repris calment ma marche. Le pauvre. J’espère qu’il ne pensait pas que je me moquais de lui.

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Dimitri
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MessageSujet: Re: [CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].   Mer 3 Aoû - 10:49

    Elle resta silencieuse. Durant plusieurs minutes, aucune voix ne s'élevait. Seulement le doux murmure du vent et du sable qui s'étaient entichés. L'horizon était brouillé, et parfois, je devais tourner la tête pour éviter que le sable ne se glisse entre mes lunettes et m'aveugle. Même paysage, à perte de vue. Les mêmes dunes, le même ciel, le même soleil. Tout bougeait mais tout restait immobile, d'une certaine façon. Un tableau, une sorte d'illusion d'optique. Le désert pouvait rendre fou, c'était compréhensible. Toute cette étendue identique, à n'en plus finir.. Cela en devenait presque effrayant. En fait, ça l'était. Cependant, la chaleur montait, et je me sentais mieux. Frictionnant mes bras, je posais mes yeux sur mon chapeau, toujours entre mes mains. Il était quelques peu poussiéreux, recouvert de sable. Soupir. Moi qui tenais énormément à ce haut-de-forme.. Le nettoyer ne serait pas une mince affaire. Je relevais les yeux vers elle. Combien de fois l'avais-je fais ? Détourner les yeux.. Toujours. C'était devenu un réflexe, fuir les yeux d'autrui. Mais avec elle, il n'y avait rien à fuir. Elle ne me voyait pas. Son regard était éteint, et ses yeux, dissimulés. Aucune raison de fuir, absolument aucune. Alors, je gardais le visage relevé, tentant de ne pas écouter cette timidité qui hurlait, qui hurlait dans ma tête, de fuir. De fermer les yeux, de partir en courant, ou même de la tuer. Timidité monstrueuse, timidité tueuse... Pourtant, elle fronçait les sourcils. Méfiante ? Sûrement. Après tout, le désert est confusion. Lorsque l'on ne voit rien, il doit l'être encore plus. Mais elle prononça encore quelques mots, répondant à ma question...

    - Je suis amnésique. Tous ce que je sais de mon passé, c’est deux-trois détails, dont un qui m’intéresse tout particulièrement. Ce désert est l’endroit où je me suis réveillée, j’espérais donc avoir une sorte de flash-back, une vision, quelque chose qui puisse m’avancer. C’est malheureusement une tentative échouée.

    L'amnésie. J'aurai aimé ne plus penser à cela.. Je l'étais aussi, amnésique. Hanté par quelques images floues, un ou deux visage noyé, sans rien d'autre. Dépourvu de sens. C'était très dur à vivre, et je la comprenais. Même si jamais l'idée de retourner dans la forêt où je m'étais réveillé ne m'avait effleuré. Après tout, à quoi cela servirait ? Mes souvenirs ne se sont pas déroulés ici, mais sur.. Terre. J'aurai tout donné en cet instant, pour pouvoir plonger dans l'océan de ma vie passée. Voir que je fus. Ma famille ? Une femme peut-être, un enfant.. Aucune idée. Je me souvenais juste d'une femme aux yeux bridés et une petite fille lui ressemblant étrangement. Je me souvenais que j'étais mort à cause d'une cigarette. Mais rien d'autre. Trop peu.. Beaucoup trop peu. Mordant ma lèvre, je refoulais ces larmes amers qui dès que je pensais à mon passé, menaçaient de lacérer mon visage. Oui c'était vraiment dur à vivre. J'espèrerais qu'elle retrouve sa mémoire, elle aussi.. Je l'espérais de tout cœur.
    Son visage changea d'expression de nombreuses fois. Passant de la méfiance, à la mélancolie jusqu'à la sérénité. Mais elle avait fait un pas, comme pour me faire comprendre qu'elle me suivait. Quelle démarche angélique.. Son corps était si bien sculptée, elle ressemblait à une chimère s'approchant dangereusement de la réalité. Non.. Je n'étais pas attiré, juste fasciné et ému. Comment un être aussi parfait pouvait exister ? Elle se mit à rire d'un coup. J'étais stoïque. Mais elle, elle riait de bon cœur. Et ne semblait pas pouvoir s'arrêter. Mélodie acide et cruelle mais elle ne se moquait pas de moi, je le sentais. Pourquoi ris-tu ainsi, fleur du vice ? Entre quelques hoquets, elle me dit...

    - Pardonnez-moi, Monsieur. Je ne sais pas ce que j’ai… dis-je avec un énorme sourire.

    Lentement, Milady se calma. Mon corps était resté immobile pendant sa crise. Que cachait-elle donc ? Un éclat de rire.. Cela ne vient pas tout seul. Il se déclenche, avec quelque chose d'amusant.. Rire. Je n'avais pas ris depuis.. longtemps. J'ai toujours été intrigué par le rire. C'est une chose assez étrange après tout. Entraînant les larmes parfois.. Qu'est-ce qui, dans notre cerveau, endimanchait le rire ? Était-ce un muscle ou quelque chose de ce genre ?
    Milady attendait toujours alors que je réfléchissais à des choses plutôt insignifiantes. Pris d'un élan de courage, je posais la main dans son dos pour l'inciter à avancer vers l'oasis. Je commençais à avoir trop froid, et elle devait avoir trop chaud. … N'était-ce point ce détail qui l'avait faite rire ? Sans moquerie mais il est vrai que ça pouvait paraître amusant. Enfin.. Peu importait, je voulais m'assoir avec elle, et lui parler, la connaître. Elle me plaisait beaucoup dans le sens où je me sentais vraiment bien en sa compagnie. Elle ne me voyait pas.. C'était une bonne chose, à ma façon.

    - C'est tout droit.. Et tu peux m'appeler Dimitri. murmurais-je.


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[CLOS] Une brume blanche. [PV : Milady].

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