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 Dédale [PV Kamui][CLOS]

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Pâris
Influençable dévoreur de mémoire Monochromatique ◐

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MessageSujet: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Jeu 2 Juin - 18:05

Un croisement de chemins en étoile où rien ne vient guider vos pas, il s'agit bien là une situation que l'on ne rencontre guère. Pour influence votre choix, vous pourriez avoir en tête une destination, précise ou non, où vous désireriez vous rendre. On a toujours besoin d'aller quelque part, n'est-ce pas ? Pour rendre visite à un ami de longue date, pour accomplir un travail sur un certain lieu, ou même par simple envie d'admirer le paysage. Dans ce dernier cas, vous prendrez la route qui vous semblera la plus agréable ; celle d'où souffle la brise la plus légère qui vous amène l'air le plus pur ! Dans tous les cas, les quelques choses de plus que propose l'un des chemins vous attirerons malgré vous dans une direction. Mais sans but, sans passé, sans même de cœur pour s'émouvoir de la beauté de l'un des trajet, est-il réellement possible de faire un choix ? La poupée errante dans le labyrinthe, elle, n'avançait pour aucune de ces trois raisons.

Comment une telle chose peut-elle tenir sur ses jambes dites vous ? C'est vrai, ce pantin sans volonté a déjà traversé sans broncher le sinueux sentier d'une épaisse forêt pleine de merveilles, de dangers, mais surtout vide de l'intérêt que le pion y avait accordé. Sauf peut-être pour ses fruits qui, de temps à autre, refrénaient les ardeurs du feu s'allumant dans ses entrailles. Ainsi on aurait pu trouver la raison de son voyage : trouver un endroit avec toujours plus de ces sphères rouges où il pourrait continuer d'exister, pourtant cela ne fut pas le cas. Par hasard, par erreur, ou simplement parce que c'était là le destin que les dieux lui imposaient ; la marionnette noire et blanche s'était retrouvée, son arme trainant derrière elle et la bris sur le visage, à marcher sur l'un des chemin qui s'offraient à lui. Il ne constituait aucunement une forme de décision de la part de Pâris de continuer à cheminer sur cette voie, mais plutôt une passivité absolue qui, indifférente aux obstacles, ne choisissait pas de mettre fin à l'action. Les arbres verts, rouges, orangés, et parfois jaunes s'enchaînaient sous les yeux du pion en noir, qui ne se souciait que de sa progression. Il ne rencontrait aucun "vivant" ; rien du brin d'herbe à la couleuvre furtive n'émanait quoi que ce soit que Pâris aurait pu reconnaitre comme tel. Enfin, "reconnaitre" était un bien grand mot pour parler de celui qui perdît un jour toute mémoire. Il s'agissait d'un instinct qui se faisait plus subtil que le mot le désignant, et qui poussait la marionnette à croire qu'autour d'elle ; il n'y avait rien de plus que du gris.

La sortie, qu'est-ce qu'une sortie ? La limite qui sépare un lieu d'un autre sans aucun doute, dans le sens où on quitte la place précédente. Cela double chaque sortie en ce monde d'une entrée, et c'est précisément à celle des murailles de plantes que Pâris fut projeté. Absolument rien n'avait changé depuis la forêt ; pas au niveau de ce décor insignifiant qui, dominant son aspect sauvage et anarchique, s'était taillé en de soigneux carrés ne venant offrir que la plus recherchée de sa beauté, non. L'apparence n'était qu'un détail, ni un "plus" ni un "moins", qui pouvait aussi bien tromper que renseigner sur la nature de ce qu'il était possible de découvrir en face de soi. Le pion n'avait pas conscience de cet état des choses, pour la bonne raison qu'il ne distinguait pas "d'apparence" en posant ses yeux sur les couloirs de verdure. Il voyait des formes, différentes profondeurs, des informations sur les couleurs que ses yeux de verre retransmettaient jusqu'à l'intérieur de son crâne. Alors, quand une allée de roses sanglantes entrait dans son champ de vision, il pouvait constater qu'une des choses qui les définissaient était similaire aux pommes qu'il pouvait avaler dans le bois pour calmer sa faim. Mais d'autres données divergeaient ; comme cette forme qui n'était pas la même. En conséquence, ces roses ne devaient pas entièrement être des pommes. Sans doutes ne le nourriraient-elles pas quand à nouveau, son ventre crierait famine. Toutefois, il resterait possible qu'effectivement elles puisse éteindre son ventre quand le moment sera venu, l'avenir le lui apprendrait.

Les informations qu'il captait au détour des allées serrées du labyrinthe continuaient d'évoluer de manière aussi négligeable. La qualité de la taillade des haies à contourner, la quantité de lumière que le soleil daignait poser sur cette sculpture du couchant, ou bien l'infime odeur insidieuse qui venait se mêler à celle des fleures rouges. Pourtant un élément important se décida à apparaît. Aussi insaisissable et minuscule qu'il puisse paraître ; il s'agissait du plus grand bouleversement de l'histoire de Pâris. En tant que donnée unique, elle se fît découvrir par un sens unique du pion. Un sens qui n'était ni la vue, ni l'odorat, ni l'ouï, et qui ne requérait ni langue ni main pour se mettre en application. Tout comme ces capacités primordiales, la marionnette monochrome n'avait pas conscience de le mettre en œuvre à chaque petite fraction de seconde de son existence. Jusqu'à présent, il n'avait servît à rien. Et maintenant ? Sur un autre plan que celui du labyrinthe taillé, Paris entrevoyait une faille dans une gigantesque et divine forteresse : une égratignure de quelques centimètres sur les portes scellées de ce bastion cyclopéen. Rien qui lui permettrait d'accéder à l'enceinte de la cité interdite, ça non il n'y avait pas à l'espérer. Pourtant l'œil blanc du pion s'approcha pour se plaquer à l'imperceptible entaille ; unique débord de ce qui se trouvait et s'agitait à l'intérieur de cette église fortifiée de lumière. D'abord Pâris ne distingua rien, il tenta alors de gratter les bords de la plaie des portes. Il la fallait assez béante pour qu'il puisse faire plus que simplement observer ce qui s'y tramait, tel n'était pas son désir : tel était ce à quoi il était poussé. C'est pourquoi finalement, il arriva à atteindre la lumière qui brillait de milles feux dans cette ville de l'esprit : elle l'atteignît très vite, mais aussi très brièvement. Ce qu'il en perçu se résuma à un éclair ; si furtif, mais si porteur de sens ...

La salle est immaculée, je suis à genoux devant l'autel. Nulle autre voix que la mienne. Je l'appelle ...

- Père ...

La forteresse prit immédiatement conscience de la fissure dont s'échappait son être, et la résorba sans délais afin ne plus se laisser grignoter par l'insecte à ses portes, le laissant ainsi dans l'obscurité des plus totale. Ce dernier, une fois remis de cette brutale rupture, se remis à chercher la zébrure à tâtons. Venait-elle vraiment de disparaitre sans laisser aucune trace ? Plus il tournait autour de ses murs, le plus il lui semblait que le château géant se raffermissait. Il ne reverrait pas la salle blanche où il prierait à genoux, et ne saurait pas davantage quelle était cette entité qu'il avait cherché à convoquer par Ce nom ... Le royaume de lumière s'était plongé dans les ténèbres protectrices. Pâris ne put que rouvrir les yeux sur le morne labyrinthe de plantes pour poursuivre sa route, mais attiré par un nouvel aimant cette fois : retrouver la cité interdite sur ce plan gris de la réalité physique. Il l'avait vaguement ressenti la dernière fois que le chemin organisé du dédale s'était divisé, et continua dans cette voie l'épée trainante. Enfin, après plusieurs cul-de sac où il dut rebrousser chemin, sa route déboucha sur une vaste place, où les murs s'écartaient comme un cercle d'enfants se tenant tous la mains. Il s'agissait probablement du centre où, sur ses plans, aboutissaient tous les corridors de plante : là où l'on avait le plus de chance de se rendre après s'être mal débrouillé, et là d'où l'on avait le moins de chances de réussir à nouveau l'exploit d'en sortir. Mais tous cela, le jouet de Layca l'ignorait. Il ignorait tout ; sauf que ce garçon blond, qui se trouvait exactement en face de lui et dont il n'émanait de prime abord pas plus de qualité spirituelle que les murs qui les entouraient, était bel et bien la véritable forteresse.

Le pantin s'était immobilisé. Bien que cachée dans les ombres, elle restait présente ; l'inépuisable source de lumière. A la place de cette luminosité, cependant, émanait de lui autre chose. Pas exactement la même chose que la lumière s'échappant des "vivant", il s'agissait plutôt de ce qui le rangeait en tant que vivant. Un mot vînt automatiquement se poser sur cette impression, d'une manière trop mécanique pour être naturelle.

"Élu primordial"

- C'était donc toi.

Tel furent les premières paroles que Pâris entendît en ce monde, mais comme tous ses éléments physique : ces mots se firent dénuées de sens à ses oreilles. Il avait toutefois cherché la ville de la lumière physiquement ; ne trouver que des mots se présentait donc depuis le début comme la seule issue possible. L'idée d'y répondre en faisant à son tour vibrer ses cordes vocale restait une possibilité que la marionnette n'imaginait pas. Mais ce mot-là la perturba, faute de ne rien pouvoir lui faire vouloir dire. "Toi" ? Il y avait donc un "toi" ici ? La marionnette ne pouvait voir que ce garçon blond, "l'élu primordial" sur lequel elle fixait son regard, rien de plus. C'est alors qu'elle répondit, les traits de son visage toujours figés dans son inexpressive face de poupée.

- Moi ...

Si une voix pouvait ne posséder aucun timbre, ce serait celle-ci. Parlant sans vibration ; s'interrogeant sans forme d'interrogation ; en soi il s'agissait d'une voie relativement douce puisqu'elle se faisait entendre comme un murmure. Mais il ne faudrait aller y chercher ni chaleur ni de réconfort, même le froid et la tiédeur s'y révélaient indécelables. C'était une voix qui exprimait le vide de sens du mot qu'elle prononçait pourtant de manière audible. Existence ne rimait pas avec sens. Après un instant, il alla jusqu'à recracher les derniers mots qui s'étaient imprimés de force dans son esprit modulable. « Père ... Élu ... Pâris ...» Autant de mots possédant une signification ou non. Ces significations, le pion tentait de les saisir de sa main libre.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Sam 11 Juin - 17:13

Encore une fois rien ne s'était déroulé comme je l'avais souhaité. Une mission banale nous avait mené, quelques pions et moi-même à aller récupérer l'un des nôtres qui avait été enlevé par les Oppsédés. Ce qui en toute logique aurait dû se révéler être chose aisée n'était en fait devenu qu'un massacre immonde où nombreux furent ceux qui perdirent la vie. Comment une mission de sauvetage s'était-elle transformée en une boucherie infâme ? Il suffisait de disposer d'un pion bas de gamme aux capacités incertaines, qui, ne contrôlant pas son don a... Tout fait sauter. Là où Skandar excellait en « faisons tout péter délicatement », ce pion avait provoqué un désastre incommensurable. Emportant dans la déflagration sa propre personne ainsi que tous nos comparses, il avait aussi causé de nombreux dégâts chez l'adversaire... Jusqu'à achever l'homme pour qui nous avions monté cette mission. Malheureusement, je ne fus pas une exception et c'était inconscient loin d'une masse de gravas que j'étais tombé. Retrouvant mes esprits, je me redressais avec une plainte, probablement un coup qui m'avait été porté lors de l'impact. Portant mon regard sur le lieu, je ne pus que constater avec effroi l'ampleur de ce carnage. Tous gisaient dans une marre de sang boueuse en plein milieu de la plaine. Autant de pertes étaient à supposer dans mon camp que dans l'autre. Je me relevais avec difficulté, sentant dans mon flanc une douleur insupportable. Observant rapidement mon état, je ne constatais aucune trace de sang... Seulement quelques égratignures et coupures ça et là, tout ceci promettait encore de nombreuses ecchymoses, mais de là à avoir aussi mal..?

- Qu'est-ce que..?

Portant une main hésitante à ce qui semblait être la source de mes maux, je retenais un cri lorsque mes doigts vinrent effleurer ce qui semblait être une côte brisée... Ou peut-être plusieurs ? Réalisant subitement la douleur, l'étourdissement passé, ma respiration se fit douloureuse. Pourquoi fallait-il que dès lors que l'on avait identifié une douleur, celle-ci se fasse présente avec tant de violence ? Je tentais de mon mieux de me relever, étouffant un geignement plaintif entre mes dents serrées. Une fois dans une position à peu près stable, je pris le parti d'aller m'assurer de l'état de mes compagnons... Un... Deu... Trois... Tous morts...Je serrais le poing avec hargne. Cet inconscient allait m'entendre lorsque je parviendrai à nouveau à atteindre la forteresse. Mettre ainsi en péril tout ses semblables, il fallait être profondément stupide.

Mais je ne pus m'offrir le luxe de réfléchir plus longtemps aux remontrances que je proposerai au jeune homme en question. Déjà les auras de plusieurs Oppsédés se rapprochait. Cherchant désespérément une issue du regard, mon regard se posa sur les premiers arbustes qui constituaient la labyrinthe. Était-ce réellement une bonne idée ? Pourtant lorsque je perçus nettement l'aura bouillante d'Astaroth s'approcher de ces lieux, je ne pris pas plus le temps de m'interroger. Avançant de mon mieux jusqu'au lieu précité, je sentais ma cage thoracique me faire souffrir d'une douleur atroce. Posant une main ferme sur les ossements brisés, une plainte m'échappa lorsque la pression se fit plus forte. Mais il fallait absolument que je stabilise tout ceci, et appuyer dessus ne pourrait qu'arranger les choses... ou non. Quoi qu'il en soit, en l'état piteux dans lequel j'étais, je ne pourrai fait long feu face à l'Élu Primordial d'Oppse.

Je parvins enfin à pénétrer au sein de ce dédale d'arbustes ensorcelés. Belzeneff nous avait fait un somptueux cadeau en nous gratifiant de ce labyrinthe. Beaucoup s'y étaient aventuré en héros, pensant à une promenade de santé. Mais combien en étaient revenus en vie ? Très peu. Je n'avais jamais choyé cet endroit, et le fuyait de mon possible. Je savais que les chemins avaient tendance à se modifier d'eux-même, et il n'était pas impossible qu'une créature tout droit sortie de la folie profonde de Belzeneff fasse irruption pour vous démembrer joyeusement. Si ce n'était pas directement la végétation qui s'en prenait à vous. Et je savais avec certitude que les Élus Primordiaux étaient une cible convoitée par les monstres qui peuplaient ce monde.

Bien entendu, là où labyrinthe ensorcelé il y avait, il n'existait aucunement un chemin prédéfini pour pouvoir s'en sortir... Poussant un grognement étouffé, ma main appuyant sur mes côtes brisées, j'amoindrissais de mon mieux mon aura, ne voulant aucunement être repéré par les larbins d'Oppse. Astaroth ne ferait qu'une bouchée de moi, et je savais qu'au-delà de ma faiblesse physique, il n'hésiterait pas à me déchiqueter méthodiquement pour faire durer le plaisir.

Je m'enfonçais de plus en plus dans ces chemins de verdure. Le bruissement des feuillages n'avait rien d'une nature rassurante. Comme possédé, chaque brin de chlorophylle semblait persiffler sur mon passage. Tout ceci ne présageait rien de bon. Je m'arrêtais un instant, tentant de reprendre mon souffle. La douleur était devenue bien plus diffuse, ralentissant considérablement mon avancée. L'envie de me replier sur moi-même pour prendre une pause était forte, mais ceci n'aurait fait qu'accroitre ma douleur. Fermant les yeux, essayant d'expirer de façon calme, je voulais faire abstraction de tout ceci. Me concentrant sur le vide, j'expirais en un souffle posé. Je recommençais l'opération à plusieurs reprises, apaisant quelque peu mon corps endolori et mon esprit en effervescence. Pris dans cette pensée du vide absolu, je fus surpris de ressentir quelque chose derrière moi. Je me retournais rapidement, m'arrachant une grimace sous la rapidité du mouvement.

Rien.

Je haussais un sourcil surpris. Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes de me tromper sur la perception de ce qui m'entourait. Et la probabilité que tout ceci fut une illusion s'élevait à un zéro absolu. Alors...?

Un mouvement à ma droite attira mon regard. Et sans comprendre comment ni pourquoi, je fus plaqué au sol sans vergogne. Le souffle coupé sous la force et la brutalité du coup, je rouvrais les yeux à temps pour plaquer mon bras sous la gorge du molosse quadrupède qui se tenait au-dessus de moi. Ses grognements dégageaient une chaleur qui me brûlait la peau. Je sentais tout mon être vibrer sous la violence des aboiements de la créature. Sentant que la force de mes bras ne pourrait retenir l'animal très longtemps, j'invoquais un chakram de ma main libre. Perdant un instant ma concentration sur mon bras qui s'efforçait à maintenir la gueule dentée et béante de l'animal loin de moi, celui-ci profita de ma distraction pour renforcer son assaut, et d'un coup sec vint planter ses crocs acérés dans la chair de mon épaule. Un sifflement s'échappa de mes lèvres alors que la douleur vint s'insinuer dans tout mon corps. Je sentais la mâchoire de la bestiole se refermer puissamment sur mon épaule, sur le point d'en broyer l'os. Ni une ni deux j'agrippais fermement mon arme et la plantait d'un violent coup sec dans le flanc de l'animal, près de son cœur. Un jappement monstrueux s'éleva de la gueule de la créature alors que sa dentition se détachait enfin de ma chair à vif. Dans un bruit mat, la chose vint s'étaler sur son flanc dans un couinement pathétique. Comment une bête aussi puissante pouvait-elle être aussi fragile et facile à abattre ? Je n'aurais su l'expliquer. Mais la brûlure qui pris le pas sur la pression qu'exerçait l'animal sur mon épaule me fit me crisper de douleur. Une main crispée sur mon épaule, je déboutonnais rapidement le haut de ma chemise de l'autre. Je finis par dévoiler ma peau ensanglantée où les marques de crocs de l'animal viraient déjà à une couleur violacée inquiétante.

- Du venin...?

Dans un grognement dubitatif, j'effleurais du bout des doigts ma chair massacrée. Évidemment, il n'y avait rien de plus délicieux que de constater l'étendue du massacre. La blessure semblait petit à petit prendre des allures d'ulcération. Je rabattais le pan de ma chemise d'un geste rageur. C'était bien ma veine. Bloqué dans ce labyrinthe de malheur, encerclé par des Oppsédés, et pris en chasse par les abominations de Belzeneff. Que rajouter de plus à ce tableau aux milles merveilles ?

Je me relevais tant bien que mal, sentant mon sang bouillir au fond de mes veines. Avais-je réellement échappé à cette explosion pour trouver la fin de cette vie au fin fond d'une allée d'arbustes ? J'observais le monstre qui se vidait petit à petit de son sang. Je vins récupérer mon arme profondément ancrée au fond de ses chairs. Il s'agissait d'un genre de.. Canidé. Le poison n'était pourtant pas une caractéristique type de cette race, non ? Détournant les yeux du cadavre, je faisais disparaître ma lame dans un profond soupire. Quitte à rendre l'âme ici, autant s'éloigner le plus possible de cette chose immonde qui avait signé mon arrêt de mort.

J'ai probablement passé de longues minutes à trainer mes membres engourdis jusque là. Ma vision s'altérait progressivement. Le voile blanc qui se dressait devant moi m'empêchait d'évaluer correctement ce qui se tramait devant moi. Le souffle difficile, je finis par me laisser choir sur mes genoux, épuisé. La fin était probablement proche...

Combien de temps s'écoula où je restais ainsi, attendant la faucheuse ? Au fond, je n'en avais aucune idée. Sentant mon esprit vagabonder vers des contrées macabres de nombreuses fois explorées, je n'attendais que l'instant fatidique où un dernier souffle expiatoire s'échapperait de mes lèvres et me laisserait rejoindre en paix la fontaine des fées. Je repensais à la sérénité qui m'habitait à mon réveil au milieu de ces milliers de petites lucioles aux capacités régénératrices. Mais rapidement tout ceci s'envolait lorsque l'on prenait conscience de la signification de notre arrivée en ce lieu. On se rappelait amèrement que tout ceci n'était que le purgatoire inévitable que nous finissions tous par rejoindre à la suite de nos échecs cuisants.

Je laissais mon esprit errer à ces pensées désolantes... Lorsqu'une image vint subitement prendre le dessus sur mes pensées. L'apparition n'était autre que moi-même priant au nom de Père... Mais que...? Je fronçais les sourcils lorsque je sentais la volonté intruse chercher à se faufiler au sein de mes souvenirs. Non. Il n'en était pas question. Je secouais vivement la tête pour laisser échapper toute once de rêverie et me concentrait pour empêcher à quiconque de venir s'immiscer dans le torrent de mon passé. Personne ne devait savoir. Personne ne saurait. Quelle que soit la personne qui osait ainsi s'introduire dans mes pensées, elle en paierai le prix fort. Posant une main sur mon front, tentant de mon mieux de garder ma conscience saine pour ne pas subir à nouveaux les assauts de cet être, une pensée s'éleva dans mon esprit. Rose ? Je ne voyais qu'elle pour ainsi toucher aux souvenirs. Pourtant l'aura de ma tendre Élue n'était pas repérable dans les environs. Qui détenait donc ce potentiel de pouvoir dévorer ainsi les souvenirs ? J'essayais à nouveau de me focaliser sur l'image qui avait fait irruption dans ma tête. Mais j'eus beau essayer, il m'était impossible de visualiser à nouveau cette scène. Comme effacée de ma mémoire, j'étais purement incapable de remettre le doigt sur l'élément qui venait de m'être apparemment ôté. Et si...

Et si un tout autre souvenir m'avait été pris sans que je ne m'en rende compte ? Et si la faiblesse actuelle de mon corps avait rendu mon esprit trop chétif pour pouvoir maintenir la barrière mentale que m'offrait mon don ? Un vent de panique s'éleva en moi. Tout ceci ne pouvait pas être possible. J'étais incontestablement celui qui détenait le pouvoir psychique le plus élevé dans ce monde... Pourtant cette baisse de garde due à ma puissance amoindrie ne laissait rien présager de bon.

J'essayais de focaliser à nouveau mon regard sur ce qui m'entourait, de laisser à nouveau mes sens en alerte pour distinguer l'aura de celui ou celle qui avait été l'auteur de cette prouesse.

Ce fut au loin, dans ce brouillard blanc que je pus apercevoir la silhouette d'un homme qui malgré la distance me semblait inconnu. Son aura n'était pas l'une de celles que j'avais déjà ressenti en ce lieu. Un son étouffé s'éleva du fond de ma gorge desséchée.

- C'était donc toi.

Je m'efforçais de toute ma volonté de me concentrer sur l'être qui se tenait face à moi. Secouant vivement la tête, bien que ceci ne m'apporta qu'une vive migraine, j'eus le bonheur en rouvrant les yeux de constater que le monde était un peu plus clair. Je remarquais enfin le lieu où je me tenais. Je réalisais enfin que le lieu où je me tenais n'était autre que le centre du labyrinthe. Endroit où toutes les âmes perdues finissaient par échouer lorsqu'elles avaient définitivement perdu leur chemin dans ce dédale infâme.

Pourtant ce qui attira mon attention fut cet homme. Son allure monochromatique avait quelque chose d'inquiétante. Mais ce qui me dérangea le plus fut ce regard vide de tout qu'il portait sur les choses. De son esprit il n'émanait rien. Comme si un immense vide régnait au fond de son être. Un frisson vint parcourir mon échine brûlante lorsque sa voix s'éleva, uniforme et neutre.

« Moi. »

Je fronçais les sourcils face à cet ingénue. Tout ceci ne me présageait rien de bon.. Toutefois.. Son aura n'était pas celle d'un adversaire. Perdu au beau milieu de ces allées de verdure, j'observais avec incompréhension ce nouveau venu qui semblait n'éprouver aucun sentiment. Ma voix finit par combler le long silence qui avait suivi son seul et unique mot.

- Ainsi un nouveau catalyseur de souvenirs est entré dans l'arène... Bienvenu dans ce monde...

L'observant plus minutieusement, quelques questions vinrent effleurer mes lèvres.

- Qui es-tu...? Et comment se fait-il que tu te sois retrouvé au beau milieu de ce piège...? Tout être censé aurait fuit ce lieu abominable... Tu dois être fou...

Prenant difficilement appui sur une branche un peu plus robuste à mes côtés, je me redressais, vacillant avant de me tenir d'une poigne ferme à une structure de pierre qui délimitait le coin de chaque allée qui débouchait au milieu de cet immense cercle.

Si cet homme était l'un des miens, je ne devais pas montrer une image faiblarde de moi-même. J'étais l'Élu Primordial, je me devais de faire honneur à Layca. Honneur à Père.

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Pâris
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MessageSujet: Re: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Sam 18 Juin - 12:57

Penser, qu'y avait-il à penser ? Toute vie apparait sur le monde pour simplement vivre, et rien de plus. Avant même de s'être rendu compte de l'inutilité de son existence, la vie s'éteignait, après en avoir engendrées plusieurs autre tout aussi futiles en chutant. La pensée n'était en rien différente de la vie elle-même ; elle persiste quelques instants avant de se faire assassiner par ses nouvelles paires, et ce dans un cycle infini d'idées se remplaçant les unes des autres. Pâris ne pensait pas, pas encore : pas avant d'être rentré en contacte avec cette lumière. Il n'avait pas fait preuve la sagesse suprême de celui qui décide de ne plus penser pour éviter tout conflit, plutôt de la pureté innée des nouveaux-nés. Une pureté qui n'évoque pas blancheur mais transparence, un pureté qui se doit de disparaitre pour ne jamais revenir ... en théorie. Une créature en ce mode possédait le "pouvoir" de revenir à la transparence originelle de l'âme. Un pouvoir dont la nature forçait le retour au néant, et pas seulement au sien : à toutes ses semblables l'entourant. Si certains individus pouvait montrer une certaine forme de résistance à cette absorption d'eux-même, aucun : absolument aucun ne pouvait y réchapper.

Cette forteresse de lumière impénétrable se faisait donc mystère à part entière.

Pâris se devait de percer ses secrets, mais n'en pouvait rien. Alors, la volonté du Trou Blanc cessa de transparaitre à travers l'attitude de sa marionnette qui devînt plus passive que jamais. Le semblant d'intérêt visuel qu'elle accordait encore à l'élu primordial de Layca s'évanouît complètement. Rien ne pouvait plus être vu, cela rendait le Tout restant parfaitement gris. Quelques étoiles commençaient toutefois à briller au loin, oui. D'une lumière bien plus visible et accessible que celle de la forteresse du même nom, mais aussi beaucoup plus fades. Elles ne recelaient pas moins de secrets ni de mystères ; leur puissance était simplement moindre, rien de plus. La poupée de porcelaine ne put pourtant s'y intéresser de la même manière qu'elle l'avait fait auparavant, ceci à cause d'une simple limite de distance dans le monde physique. Le temps n'arrangea pas les choses, puisqu'il les éloigna encore, pour qu'il finisse par les faire disparaitre. Plus rien, ils étaient maintenant seuls, la perception de Pâris n'approuvait même pas la marque du pluriel pour le désigner avec l'élu. Il était intouchable ; retranché. Avait soustrait sa présence à la mer spirituelle dans laquelle dérivait la pseudo-conscience de la poupée. Pour elle, il n'existait plus qu'à moitié. Difficile toutefois, de passer à côté de ses émissions verbales, fussent-elles dénués de signification pour son locuteur.

- Ainsi un nouveau catalyseur de souvenirs est entré dans l'arène... Bienvenu dans ce monde...

Nouveau - Catalyseur - Souvenirs - Arène - Monde. Incompréhension. Cet état d'esprit ne se discernait pas directement sur l'expression de marbre de la marionnette, mais elle chercha intérieurement à restituer le sens de ces mots gravés au fer blanc dans âme transparente ; parmi tant d'autres mots et locutions. Elle ne pouvait pas encore commencer le travail qui consiste à associer le mot à l'idée, puisqu'elle n'avait dans son esprit vierge toujours pas d'idées. Pas d'idées ... si ! Une idée récente, la seule qu'il avait pu toucher depuis sa création : une salle immaculée qui évoquait une pureté blanche, et non pas incolore. Cette pureté-là, contrairement à l'autre regorgeait d'idées et de concepts inconnus. Des impressions qui se cachaient dans le calme apparent de la chapelle, et auxquelles la marionnette sans connaissances pouvait enfin rattacher ses insignifiants mots. Pour commencer scène ne se déroulait pas à l'instant présent, il s'agissait d'un fragment du passé revenu dans son esprit par sa mémoire : un souvenir. Sitôt nommé et défini, la poupée se rendit compte qu'elle ne possédait pas d'autres fragment de son passé. Tout était incolore dans n'importe quel partie de sa tête ; pas d'endroit d'où elle venait, ni d'endroit où elle devait aller. Cette prise de conscience aurait pu amener le pantin à la folie, mais là encore il n'en fut rien. Son seul souvenir, hérité de la lumière, regorgeait de bien plus qu'une voie.

La blancheur de la pureté ... elle était l'alliance harmonieuse de sept grand principes, dont Pâris ne retiendra que la globalité : une lumière pieuse et dévouée à son créateur. Une lumière profondément bonne qui devait guider la vie des humains tout aussi bons. De ce constat découla l'idée du "Bien", détaché de toute forme de malice. Ce "Bien" sans taches, toutefois, en devait incomplet. Chaque Homme découvre le bien au moment où il identifie le mal, et établie une frontière entre les deux avant de choisir son camp. La marionnette s'était d'emblée immergée dans une lumière qui l'aveuglait, impossible alors de distinguer de quelconques ténèbres. Également impossible toutefois, de ne pas poser le mot Bien sur cette mer éclatante de lumière. Auprès de l'autel, il n'aspirait plus qu'à le servir.

- Qui es-tu...? Et comment se fait-il que tu te sois retrouvé au beau milieu de ce piège...? Tout être censé aurait fuit ce lieu abominable... Tu dois être fou...

La marionnette s'était inconsciemment agenouillé devant l'élu ; obéissant à l'ordre informulé de son souvenir, qui l'obligerait désormais à en faire de même devant toute intervention divine de ... Layca. Le père de ce monde méritait le plus grand des respects, ainsi que les plus sincères des révérences. Il en allait de même pour incarnation terrestre ; l'élu primordial qui se tenait là, daignant accueillir un simple pion. Lentement, ce pion se redressa sur ses jambes. Et trop lentement, il redressa la tête pour que son regard croise à nouveau celui de l'élu. Les yeux de la poupée de porcelaines n'avaient pas changés, c'était toujours une pupille blanche et un autre noire qui se posaient sur celles océan de l'ange blond. Mais cette fois-ci elle possédait une expression ; son visage s'il ne montrait pas d'émotion, s'était animé comme celui d'un véritable être vivant. Ce visage, sans erreur possible, correspondait exactement à celui d'un Kamui dévoué invoquant son père.

Puis, peu à peu, cette vitalité le quitta. Son œil droit comme son œil gauche redevinrent des verres fumés placés dans leurs orbites, son visage de vivant se figea à nouveau dans des traits de poupée de cire. Elle pouvait maintenant répondre à la question.

- Je suis Pâris.

Il apparu au pantin que l'élu, loin d'être aussi immaculé que l'autel, avait été recouvert de rouge. Le rouge, une couleur du physique qui pouvait signifier tant de choses qu'il en perdait son véritable sens. Cela voulait-il dire que l'élu était comestible ? Cela pouvait-il signifier qu'il pourrait éventuellement l'être ? Que l'élu était une rose ? Et ce n'était qu'un échantillon des manières dont on pouvait s'interroger de la présence de ces taches écarlates sur la tenu blanche. Subitement, une raison vînt s'imposer parmi les autres : cette brutale déduction sonna presque la marionnette inerte. D'où venait-elle ? D'une des étoiles lointaines particulièrement inapte à protéger ses idées ? Pâris ne le savait pas. Mais cette étincelle d'explication le persuada. "Le rouge ne dois pas apparaitre sur soi ..." Bien que l'image apparut comme particulièrement incomplète, elle obligea la marionnette à porter un regard nouveau sur le labyrinthe et ses évènements. Cela commençait à faire beaucoup ; ce qui fît franchir au pantin les portes de la confusion.

- L'élu ... Ne pas va bien ... ?

Cette confusion ne venait pas de Pâris : rien ne venait de lui. La dernière idée devait elle-même avoir été emprunte de confusion. Et c'était cette même confusion qui perçait à travers le nouveau ton de la voix du pantin. Ce labyrinthe ... rouge de roses et rouge de sang ... L'élu l'avait déjà exprimé : oui, il fallait en sortir. Mais ramené genoux au sol en tenant sa propre tête dans les mains, le pion n'avait aucune idée de comment s'y prendre.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Lun 27 Juin - 23:50

Piété. Croyance. Culte. Dévotion. Foi. Religion. De nombreux mots peuvent qualifier cette action de croire en une entité, une chose. Certains parlent de dieux, d'autres d'objets mythiques, ou encore d'esprits, ou bien de façon d'être et de vivre. Les croyances sont multiples, toutes aussi variées que les cultures qui couvrent l'intégralité du globe terrestre. Pourtant, il se trouve que beaucoup d'hommes et de femmes croient aux mêmes choses. Ceux-ci se rassemblent sous l'étendard d'une religion. Culte pittoresque au cours duquel les Hommes se vouent à l'entité supérieure qui les protègent. Il est pour tous bien plus simple de se réfugier dans les bras d'une mère divine qui en toutes situations sera là pour vous épauler, vous soutenir, vous aimer. Combien se sont offerts à la religion dans le seul et unique but de ne plus être seuls ? Combien ont succombé aux charmes des sectes pour l'unique même raison ? Lorsque les Hommes cherchent à obtenir ce qu'ils désirent, que ce soit la guérison, le réconfort ou l'amour, en passant pas tant de sentiments bien plus cupides, vers qui les Hommes se tournent-ils ? Indubitablement les Cieux, plus communément appelé les divinités. Pourtant, ce sentiment qui est censé nous élever au rang d'êtres supérieurs car soutenus par le tout puissant, n'est-ce pas un leurre ? N'était-il pas déjà pure avarice que de se reposer sur des choses qu'aucun n'avaient vu sur le simple fait que ces entités peuvent nous venir en aide ? Les Hommes ne devraient-ils pas avant tout croire en eux-même et tout tenter par leurs propres moyens avant de céder à la tentation divine ?

Cependant le monde dans lequel nous nous trouvions n'avait rien en commun avec la Terre. Quel pouvoir avions-nous lorsque les Dieux se présentaient directement à nous ? Quelle était donc mon rôle à jouer dans ce monde où les divinités s'affrontaient ? Moi, le fils de l'une d'entre elles...? Étais-je donc l'héritier légitime de cette querelle intestine qui avait auparavant détruit tant de mondes ? Pouvais-je dès lors être apte à soutenir tout ces êtres qui me vouaient une confiance sans borne, au nom de mon Père ?

Je n'en savais rien... Mais j'osais l'espérer.

Mon avant-bras appuyé contre le pilier de pierre, je tentais désespérément de me tenir debout. Rien n'y faisait, le souffle pantelant, l'échine courbée, la sueur perlant à mon front, je ne pouvais que voir la réalité en face. J'étais dans un bien sale état. La pensée qu'Alice allait probablement me faire une scène lorsqu'elle me verrait réapparaître à la fontaine des fées ne réussit même pas à me faire sourire. Voilà ce qu'il advenait lorsque trop confiant, l'on dit à ses alliés que tout ira bien... Jusqu'à ce que l'on retrouve votre dépouille sur le champ de bataille. Quel être étais-je pour imposer ceci aux êtres qui m'étaient cher ? Pourtant, en ce monde, qu'importait la vie ou la mort ? Père nous octroyait une vie éternelle... N'était-ce pas ce dont rêvaient tous les Hommes sur Terre ?

La vision trouble, je distinguais clairement face à moi le jeune homme à l'allure si blême. Avait-il lui-même rencontré une créature puissante qui lui aurait fait mordre la poussière ? Pourtant de tout ceci, rien ne semblait se dénoter. Il se tenait là, droit, observant d'un regard dénué de vie la scène qui bien qu'elle se déroula sous ses yeux semblait être à des milliers d'années lumière de lui. Quel était don cette énergumène ?

Ce fut au moment où sa figure s'affaissa que je cru que la démence m'avait frappé. Observant sans comprendre ce spectacle qui se déroulait devant moi, je vis l'albinos s'agenouiller. Mais que fabriquait-il..? Je me sentais d'autant plus confus. Quelle était donc la raison d'un tel comportement...? Comment un être qui ne me connaissait ni d'Ève ni d'Adam pouvait-il ainsi s'agenouiller devant moi...? Rien n'impliquait de devoir tenir pareilles manières face à moi. De plus, comment un simple arrivant pouvait-il ainsi agir face à un parfait inconnu ? C'est alors que la parcelle de souvenir qui m'avait été volée me revint à l'esprit. Je n'arrivais pas à remettre le doigt dessus... Mais... Aux vues de sa réaction peut-être que tout cela avait un rapport avec Layca...? M'avait-il assimilé à mon Père ? Quoi qu'il en soit, je ne pouvais tolérer ce comportement. Je n'étais en rien digne de ce genre d'actes. Je n'étais pas celui à regarder avec ferveur et piété. Je n'étais pas Père. Et rien ni personne ne pouvait demander pareil agissement d'un être qui était son égal.

Serrant les dents pour amorcer mon geste, je tendais le bras en direction du jeune garçon entrouvrant les lèvres pour lui intimer de se redresser. Mais le son n'eus même pas le temps de se former au fond de ma gorge rendue sèche par la poison, que déjà ses jambes se mouvaient et il se redressait enfin de toute sa hauteur. Bien au-delà de son comportement à cet instant là, j'étais tout bonnement choqué par l'air qui vint subitement se peindre sur son visage opalin. Les yeux bicolores auparavant fixés sur moi reflétaient une lueur de vide. Comme si l'être qui se tenait face a moi n'était autre qu'une coquille dont on aurait extrait l'âme. Pourtant a cet instant là, quelque chose s'était allumé au fond de son regard. Ses traits quelques secondes plus tôt aussi livides et inexpressifs qu'un bloc de granit. Alors comment ? Pourquoi l'expression qui venait de se dessiner sur son faciès parfait exprimait-il subitement tant de chose..? Comme touché par une révélation divine, ses yeux brillaient d'une ferveur ardente. Son visage rendu paisible laissait miroiter l'ombre de la sérénité et de la complétion. Pourquoi cette mine me semblait-elle si familière...? Dans un souffle affaibli par le venin, je prononçais d'une voix éteinte, plus pour moi-même qu'autre chose.

- Mais qui es-tu...?

Soudain, son air changea du tout au tout. Comme si le son de ma voix venait de briser le lien intrinsèque qui l'avait mené à trouver la voie vers l'expression de sa volonté, toute trace d'émotion s'effaça de son visage. Dès lors plus rien ne fut visible dans son regard redevenu vitreux. Son faciès repris cet aspect inquiétant et inexpressif poussé à l'excès par sa peau d'une couleur laiteuse grisonnante. Comme figé dans une cire vieillie par les années, son immobilité rappelait celle d'un cadavre. Rigidité cadavérique.
Pourtant lorsque ses lèvres se murent pour former trois mots simples, son visage ne sembla pas bouger. Sa voix monocorde résonna dans ce tortueux piège de verdure. Un nom.

- Pâris.

Posant un regard nouveau sur ce jeune homme répondant à ce doux nom, je vis son regard scrutateur naviguer sur ma personne. Bien que vide de toute expression, je voyais nettement flamboyer une lueur d'interrogation. Comme un enfant face au plus grand mystère d'une boîte de cookie inaccessible, Pâris semblait se demander ce qu'il pouvait bien retourner de moi. N'avait-il jamais vu un être humaine auparavant ? Pourtant les lois de l'échiquier requéraient d'avoir vécu une vie sur Terre avant...

Tout ceci n'avait aucune logique. Sentant mon sang m'ébouillanter les veines et une douleur sourde s'insinuer dans mon crâne, je posais une main sur mon front, voilant partiellement mon visage. Je devais résister, je n'avais pas le droit de laisser accès à mes souvenirs à cet être. Fronçant les sourcils, une seule pensée se répétait, il ne fallait pas qu'il sache. Personne ne devait savoir. Je fermais les yeux, tentant de me concentrer, mais fut interrompu par une voix mordue par l'hésitation.

- L'élu ... Ne pas va bien ... ?

L'Élu...? Comment pouvait-il savoir...?

Un bruit mat attira mon attention. J'entrouvrais les yeux, l'azur perlé de fièvre s'exposant à la lueur meurtrière du jour. A l'instant même où mon regard vint se poser sur la silhouette de Pâris, une vague de douleur vint me tordre les entrailles. Un geignement affreux s'échappa de mes lèvres serrées alors que je me pliais de douleur. Au chaos ancestral qui s'agitait dans ma tête venait de s'ajouter un océan de questions. Pareilles à des milliers d'épines qui viendraient perforer mon être, chacune d'entre elles m'était insupportable. Les yeux à peine ouverts, je relevais mon regard voilé par l'or de mes mèches sur Pâris. Il était agenouillé au sol, en proie à un désespoir digne du plus vil des Malins.

Je devais agir. Et vite.

Sentant mon crâne se vriller au ressenti des émotions qui traversaient l'esprit du jeune garçon, je me détachais du pilier qui avait maintenu mon équilibre juste là. D'un pas chancelant, je franchissais les quelques mètres qui me séparaient de l'albinos. Ses mains posées sur son visage, sa tête baissée vers le sol, il semblait si... Perdu.

Je me laissais lourdement tomber à genoux près du corps replié de Pâris. Le souffle erratique, je l'enlaçais avec force. Mes bras autour de ses épaules, je fermais les yeux avec force alors que je me concentrais un court instant. Il fallait qu'il cesse. Je ne supporterai pas longtemps tout ceci.

Ce fut dans un gémissement sinistre que j'usais de mon don. Je sentais les interrogations se dissiper alors que j'imposais difficilement la sérénité à cet inconnu. La pression dans ma tête sembla doucement s'amoindrir alors que dans un souffle irrégulier de prononçais.

- Pâris... Quel que soit ton don, je t'en supplie... Cesse ainsi de te torturer... Je...

Je fronçais les sourcils. S'il était comme Rose, peut être pourrait-il m'éviter de gaspiller les rares bouffées d'air que j'arrivais encore à assimiler. Dans une longue expiration, j'essayais de détacher mes souvenirs de cet amas que je gardais précieusement loin de l'esprit des pions les plus hardis. Amoindrissant la barrière mentale qui protégeait chacune de mes pensées, je laissais à Pâris l'accès à l'histoire de ce monde. S'il était réellement capable d'user de son don comme Rose le faisait, peut-être pourrait-il lire tout ceci... Peut-être comprendrait-il..? Dans un dernier souffle, repoussant doucement ses épaules pour pouvoir observé son visage, je souriais faiblement.

- Vois par toi-même... Pâris...

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MessageSujet: Re: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Sam 10 Sep - 20:55

La perte provoquée par la confusion qui pousse à aller dans toutes les directions sans jamais s'y engager, ainsi pouvait-on résumer les dernières impression de la poupée Pâris. Quitte à choisir, pourquoi la direction devait-elle exister ? Il était soumis aux choix qu'imposaient le réel, insignifiant mais indestructible réel. Toutefois une chose lui permettrait d'échapper à cette réalité ; cette chose la laisserait exister de son côté tandis que Pâris emprunterais un chemin différent. Cet outil magique, et tous ses possesseurs vous en diront autant, n'était autre que la connaissance elle-même. Avec elle, on pouvait étudier toutes ses propres possibilités, rien que pour trouver un moyen de de la contourner ou même l'effacer. Tel était la destiné de la marionnette, arracher la vérité pour ensuite l'annihiler : qu'il ne reste rien de plus qu'un blanc profond.

Le blanc venait-il de l'intérieur de lui-même toutefois ? La réponse était toute trouvé puisque le "moi" de Pâris demeurait inexistant, ainsi quelque chose d'autre agissait pour accélérer sa quête du retour au rien. De manière plus concrète cette chose était bien placée en lui, mais n'avait rien de plus pour s'en rapprocher. On lui avait imposé tel un tatouage sur la poitrine d'un animal ; cela n'avait rien à voir avec ce qu'il était mais avec ce qu'il devait devenir. Voilà ! Il était question de ce sixième sens qui lui permettait d'évoluer dans le seul univers nécessaire à la réalisation de sa tâche. Un ... "don" ; un ... "...". Non, il n'était pas censé le savoir, et ne le pourrait plus désormais. Tout s'effaçait à nouveau sans que son "tatouage à bestiaux" ne s'en révèle responsable d'une quelconque manière. Cette nouvelle force purificatrice irradiait d'ailleurs, alors ?

- Lumière.

Evidemment.

Les bras de l'élu primordial s'étaient déjà refermés sur la marionnette sans qu'elle ne les remarque d'aucune façon. Les paroles rassurantes que Kamui lui avait soufflé par pure compassion, en ignorant les brûlantes blessures qui lui suppliaient de mettre un terme à tous ses efforts : à cela, Pâris était resté de marbre. Il s'était enfermé loin, hors de leur portée malgré la proximité physique de leurs corps. L'orateur le savait ; d'une manière où d'une autre il avait appris que de simples mots glisseraient sur la poupée comme une pierre recouverte de mousse humide. Par conséquent il ne s'en ne s'en était pas tenu qu'à cela, où était l'intérêt de le réconforter dans ses bras si son attention ne s'en trouvait pas attiré ? L'élu primordial avait lancé son véritable appât là où le point était en mesure de le voir. Où donc ? Dans le monde de son psychisme bien entendu ; il s'y était retranché et ne pouvait être atteint que de là. Ce qui amène la question suivante, à savoir quel genre d'appât pouvait bien servir pour pêcher dans l'univers inconsistant des esprit ? Et c'était seulement là que la réponse était évidente.

Lumière ; connaissance ; vérité ; souvenirs, ou même "la Forteresse". Ce coffre fort invisible et sans plus aucune faille que l'élu détenait, lui seul venait captiver les yeux de Pâris grâce à une simple réapparition. Mieux : il avait fait réagir son corps entier en le faisant se tourner vers Kamui. Autant que la mine de connaissance, le pion était maintenant à nouveau conscient de la présence de Dieu. Pour partir du moins important, il remarqua - encore une fois puisque cette information avait été oubliée - qu'il était recouverts de blessures très visibles. Ce détail ne comptant pas vraiment pour son regard porté au-delà de l'enveloppe charnel, il le tourna vers la lumière. Il cette fois l'admirer dans sa totalité : les barrières de l'occultisme s'étant complètement abaissées, Pâris n'avait plus à épier au travers d'une minuscule fissure. Un autre obstacle, plus subtile, vînt toutefois se placer sur la route du pantin. Dieu ne serait pas volé, et certainement pas par une marionnette sans âme de son espèce : c'était presque ce que criait la nouvelle protection de la lumière. Une protection ... invisible. Les souvenirs et le savoir de l'élu apparaissait à Pâris comme s'il lui était possible de l'atteindre, mais il ne s'agissait là que d'une illusion. De la vérité, il ne pouvait qu'observer les rayons ; en chaparder des morceaux demeurerait un rêve irréalisable.

Malgré tout ... pouvait-il se contenter d'observer le brillant être de Kamui ? Ou du moins, seulement pour l'instant afin d'obtenir l'information dont il avait besoin ?
C'était possible, oui.
Il était même possible qu'il s'agisse ici de la volonté de l'élu.

- Je vois.

Faute d'avoir pu réellement se l'approprier, la mémoire de l'élu primordiale s'était mal superposée à celle de pion, et menaçait de s'effacer de toutes parts à tout moment. Il lui fallait donc agir vite : car en plus de cela les créatures potentielles du labyrinthe pourraient à présent s'en prendre à eux, attirée par l'odeur du sang. N'ayant aucune expérience réelle où fictive de la chose, Pâris tâtonna pour trouver une donne prise sur le corps blessé de l'élu, et enfin le relever tout en l'épaulant. L'élu n'en était heureusement pas arrivé au point où il devrait compter exclusivement sur son pantin afin de tenir debout. Mais ayant perdu beaucoup de sang, l'aide inconditionnée de ce dernier ne serait sans doutes pas de trop pour s'échapper du piège vert. Au premier signe du maître de l'échiquier, ils s'engouffrèrent tous deux par le passage d'où l'albinos avait émergé quelques minutes plus tôt. Et peut-être, sur le chemin de la cité de Layca.
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MessageSujet: Re: Dédale [PV Kamui][CLOS]   Sam 24 Sep - 12:34

Un point suivi d'un autre. Une myriade de picots s'invitent dans votre champ de vision. Voile obscur d'un monde rendu trouble par la force des choses. Ondes irrégulière perturbée par la houle menaçante. Vibration imperturbable et irrévocable qui ne désire plus que rendre hasardeuse votre vue. Êtes-vous aveugle ? Il n'en va pas réellement de la sorte. Vous subissez simplement les assauts macabres d'une force plus puissante que votre propre volonté. Vous sombrez dans une folie, un état de transe irrécupérable. Pourquoi ? Comment ? Fièvre, douleur, malaise, souffrance, fragilité. Vous n'êtes plus que l'ombre de vous-même. Amoindri par des circonstances qui ne vous sont pas monnaie courante. Il n'est pas coutume à vos yeux de voir ainsi leur précieuse rétine manquer à leur office. Quel est donc le mal qui vous ronge ? Recouvrirez-vous une vision descente sous peu ? Vous ne pouvez qu'espérer. Affaibli par un mal qui vous ronge sans même que vous ne puissiez réellement lutter contre, votre seule opportunité est de patienter calmement. Mais qu'en est-il lorsque chaque seconde passée à attendre vous rapproche d'un danger un peu plus imminent. Un démon, un monstre, une créature tout droit sortie de la conscience dérangée d'un Maître du Jeu imparable. Ou simplement votre ennemi. Alors que faire ? Abandonner ? Ou saisir la mince chance qui se présente à vous de prendre la fuite ? Même si votre issue de secours n'est autre qu'un parfait inconnu qui semble ingénu ne serai-ce que du jour et de la nuit. Croire ou laisser tomber ?

Avais-je seulement le choix ?

Avachi contre la figure crispée de la poupée de cire, je sentais tout mon corps frissonner en même temps que j'essayais d'apaiser la tempête d'interrogations qui faisait rage dans son esprit anormalement vide. Que faire ? Je n'avais eu d'autre choix que d'enfreindre la propre règle que je m'étais moi-même fixée. Pour mon propre bien. Pour le bien de mon Père et de tout ceux que cette affaire pouvait impliquer. J'avais scellé tous mes souvenirs. Ma mémoire était une enceinte impénétrable. Nombreux furent les pions dotés d'un don lié au psyché à tenter de s'immiscer dans ma tête. Mais rare furent ceux qui y parvinrent.

Cependant, l'être étroitement serré entre mes bras avait eu ce privilège incongru de pouvoir s'offrir une entrée fortuite au sein même de mes souvenirs. Qu'était-il advenu de cette mémoire insaisissable que l'inconnu avait pu effleurer de sa propre conscience ? Je n'en savais rien. Comme évanouie de ma propre pensée, les images qui semblaient avoir été mise à la portée de l'être monochromatique avaient disparu de l'immensité inextirpable de mes pensées. Quel était donc le secret de son don ? Je n'en avais aucune idée. Perdu au milieu de ce labyrinthe en compagnie de cette coquille vide qui semblait s'abreuver de l'âme de ses comparses, j'avais été forcé de m'imposer une contrainte qui allait au-delà de mes propres principes.

Si ce dénommé Pâris était capable de voir dans l'esprit et d'en absorber la substance pour se l'approprier, il me fallait mettre rapidement à sa disposition les informations nécessaires pour que nous puissions nous enfuir de ce dédale funeste qui tôt ou tard s’avérerait se transformer en notre tombe. Faisant un tri rapide dans l'intégralité de mon esprit, je mettais de côté les différentes informations qui pourraient éclairer la lanterne de mon jeune compagnon de fortune. Mais je ne le laisserait pas impunément s'approprier mes souvenirs. Si en ce monde il y avait une chose pour laquelle j'étais probablement le plus puissant. C'était le domaine psychique. Et bien que mon état ne soit des plus lamentables, ce fut laborieusement que je réussissais à lever le barrière mentale qui empêchait au don de Pâris de s'introduire dans mon esprit. Prenant soin d'apposer à ces quelques bribes de souvenirs une barrière qui empêcherait à ce trou noir mémoriel d'aspirer mes précieux souvenirs, je fermais les yeux, tentant de garder le contrôle sur mon esprit vaporeux.

C'est à cet instant que la voix morne et placide de Pâris s'éleva dans un mot intelligiblement soufflé.

- Lumière.

Quelle pouvait donc être la perception de notre monde pour ce garçon ? Quel don outrageux s'était encore emparé d'une pauvre âme égarée ? Je n'osais pas imaginer l'étendu du manque de compréhension de l'albinos aux vues des questions qui s'étaient succédées quelques instants auparavant dans sa tête. Ses pensées étaient emmêlées en un enchevêtrement d'idées et de couleurs qui semblaient ne faire lumière qu'à la lueur de son seul esprit. Mais face aux souvenirs qui avaient été mis à sa disposition, ce mot me laissait croire que son don agissait avec les souvenirs comme un papillon de nuit face à une quelconque lueur. Irrémédiablement attiré par la chaleur et l'éclat d'une bougie, il semblait que les souvenirs soient un appât auquel son esprit ne pouvait échapper.

L'intrusion fut tout aussi peu agréable que celle dont il m'avait fait l'honneur quelques instants plus tôt, lorsque nos regards ne s'étaient pas encore rencontrés. La désagréable impression de sentir mon encéphale être fouillé par une âme intruse ne fut réellement pas une sensation que je souhaitais expérimenter à nouveau de si tôt. Mais le temps nous était peut-être compté, et une douleur dans l'autre, je n'étais plus réellement à ce détail près. Et pareil à l'insecte éphémère décrié, tout l'être de Pâris sembla réagir face à l'étincelle de ce savoir qui lui était prêté.

Croisant le regard clair obscur il me sembla que je pouvais percevoir une lueur de conscience au fond de ce regard torve. Comme si au contact de ce savoir emprunté, le monde semblait faire jour à son esprit. Comme un enfant qui prend pleinement conscience du sens de la vie, sa voix s'éleva plus sûre bien que plate.

- Je vois.

Laconique et concis, exactement ce dont nous avions besoin dans l'instant. Pourtant, là où je n'attendais qu'une interrogation sur la possible marche à suivre, ce furent les bras de Pâris qui me saisirent pour m'aider à me redresser. Perdant un instant l'équilibre, l'un de mes bras s'agrippa à ses épaules afin de retrouver un appui stable. Jetant un coup d’œil hésitant à l'albinos, son regard concentré me laissa penser qu'il avait ne serai-ce qu'une petite idée de là où nous allions.

Je peinais à suivre le mouvement, mais me forçais de mon mieux à ne pas ralentir la marche de celui qui désormais me soutenais fermement. D'une démarche hasardeuse les allées de verdures se succédèrent jusqu'à ce que le ciel se noircisse. Levant mon regard sur la voûte céleste, une exclamation m'échappa alors que je reconnaissais cette fumée noir, réminiscence du champ de bataille que j'avais fui plus tôt. Ma voix s'éleva dans un ton hasardeux et faible, posant un regard hésitant sur la figure si décidée qui nous faisait avancer.

- As-tu seulement une simple idée de là où nous allons ?

Je fus obligé de croire qu'il savait effectivement où ses pas le menait puisque quelques secondes plus tard, l'embouchure du labyrinthe s'offrait à mes yeux voilés de fièvre. Rassuré qu'aucune créature ne nous ait attaqué, je forçais mon esprit à percevoir les potentielles auras ennemis qui pouvaient encercler le lieu. A première vue, tous avaient déserté le champ de bataille. Qu'y aurait-il eu de fascinant à patienter ici au beau milieu de ce carnage ?

Franchissant enfin les derniers fourrés qui nous gardaient prisonniers de ce dédale de chlorophylle, un soupir de soulagement m'échappa alors que je soufflais à Pâris.

- C'est grâce à toi que nous sommes sains et saufs.

D'une inspiration erratique, je laissais mon âme s'enliser dans cette sensation de fatigue qui peu à peu rongeait mon être.

Oui, nous étions sauvés. Grâce à Pâris.

Hors RP:
 

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