AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Jeu 28 Juil - 22:09


On ne comprend jamais rien à ce qu'on dit.


Il faisait une chaleur immorale. L'astre, en hauteur, inondait la plage de sable d'or de ces foutus rayons aussi bouillants qu'une machine d'arcade à six heures du soir. L'eau semblait inexistante tellement translucide. L'horizon à perte de vue donnait mal au crâne. Même à l'ombre, la rare ombre qu'on pouvait trouver grâce aux quelques palmiers et aux plus gros rochers disséminés un peu partout sur la plage, ce soleil fourbe arrivait quand même à passer dessous et à attaquer. Aucune idée de sa manière de procéder. Vile et mesquine, comme saletée. Pire qu'une bactérie. De l'eau à foison. Une étendue large, longue, inextricable et sans doute ravissante pour les rares touristes venus admirer les paysages du coin. Peut-être que cette place était une oeuvre d'art. Peut-être que la plage était paradisiaque. Mais il faisait chaud. Et moi, j'avais chaud. J'avais l'air malin, avec ces frusques lourds et sans formes. J'avais l'air fin, tout seul devant autant de flotte. J'avais l'air atrocement con sous ma feuille de palmier en ruines, cherchant à fuir cette saloperie de générateur d'ultraviolets. Enfin, voilà l'histoire de ma vie. Et pourtant, abruti de moi, j'ai même pas songé un seul instant à déguerpir d'ici, à enlever mes fringues, ou tout simplement à changer d'arbre. Pas une seule fois je ne me suis remis en doute. Ce que je faisais était naturel. Alors pourquoi en changer. J'avais le regard braqué sur la mer. L'océan, j'sais pas. J'étais absorbé par cette flotte transparente. D'une pureté séraphique. J'ai toujours trouvé l'eau belle, une fois azur. On dirait un ciel à la portée de ceux qui n'ont pas d'ailes. C'est si poétique, si mièvre. Et j'enlève la veste, devenue exagérément ardente à mon goût. Je suis déjà pieds nus. Les rangers sont bien trop lourdes pour être portées dans le sable. Les manches longues de ce foutu haut me rendent malade. Je m'empare d'une, tire d'une coup sec, l'arrache. N'aies pas de regrets, disait-elle avec langueur. J'imite mes propres gestes à l'opposé. Fais-moi confiance, poursuivait-elle avec passion. Je dépose tous les accessoires superflus sous la roche à mes côtés. Mes jambes s'engourdissent, et je décide de me lever. Je regarde la mer. L'océan, j'l'ignore. C'est là où trouvent leur compte les sirènes. Les sirènes. Je me demande s'il y en a, dans cette baignoire là. Pourquoi pas, après tout. Je tue à chacune de mes respirations, alors un peuple de sirènes sous les vagues me semble réalisable. Elles auraient fui les eaux terriennes pour venir se réfugier ici, à l'abri des harpons et des filets. Elles doivent vivre en paix, là-dessous. Personne sur la plage, aucun bateau à première vue... Cela doit être si calme, chez elles. Juste le bruit des bulles, le remous perpétuel, les nageoires qui s'affollent, leurs chants. Cela doit être si reposant, si lyrique, si ennuyeux, si morne, si terne, si peu distrayant, chiant à en crever la gueule ouverte. C'est sous l'eau. Partant de ce principe, on va pas pouvoir faire grand chose. C'est sous l'eau, les vibrations nuisibles doivent être horribles à supporter. C'est quelque part en contact avec l'eau. Alors qu'est-ce que je fous devant les vagues à vouloir plonger?

Par chance, sûrement, il fut épargné par l'écume venue s'évaporer contre les grains brûlants. C'était un style, original. Il ne bougeait pas. Quelque part fasciné, étrangement captivé par le mouvement balancier des fluides, d'autre part tétanisé à l'idée d'entrer en contact avec cette immondice qu'était l'eau. Il ne fallait pas qu'elle réussisse à le toucher. Par son regard de braise, il tentait de l'apprivoiser. Elle se contentait d'aller et venir sans tenir compte de sa présence magestueuse. Rien ne vallait davantage que le mouvement calme de l'eau face au sable. Tout était d'un calme lunaire. Il n'y avait rien. Ce regard, ces quelques crépitements faibles sur les grains tièdes. Eau. Boulier de Newton naturel, dont il avait du mal à se défaire. Alors qu'il commençait à peine à y parvenir, comme un signe, s'étirait à la surface. Les céruléens se laissèrent guider, intrigués. Un mirage, sans doute. Un mirage qui flottait. Un mirage qui ondulait devant ses prunelles curieuses. Il retira son pantalon, le jeta sur le sable avec dédain. Avança. Les yeux rivés sur le corps étranger. Bon chirurgien, il le retira, l'observa. Une bouteille. Une bouteille, et un message. Ambidextre, le bel gonfla les muscles de son bras droit, saisit le corps par le goulot et l'écrasa contre sa propre chair. Il n'avait rien, par miracle. Mais il s'en foutait. Il avait récupéré le morceau de parchemin arraché avant qu'il ne sombre dans les profondeurs. Ses doigts s'entortillaient autour comme s'il s'agissait de la bible. La précioseté de la chose était renforcée par les traces d'humidité qui s'étaient imprégnées à même la matière. Au toucher, c'est comme s'il avait été écrit avec les mains trempées. Le jeune homme se fichait éperdumment de savoir qui l'avait jeté ainsi. Homme, femme, enfant, créature, esprit, il devait être mort ou disparu, à présent. Roulé précieusement malgré l'aspect négligé, le papier s'était fardé d'une odeur proche de celle du litchi. Avec le plus grand respect, Maena ouvrit le divin. Encre sale, noire, écriture folle, barée, tâches parsemmant la surface rugueuse du support. Des traits néanmoins délicieusement raides, les rares courbes des voyelles en général composaient l'unique satisfaction d'un croquis aussi laid. Six lettres se dessinaient clairement. Toute l'encre usée en dehors de ces six caractères flamboyants n'était que gaspillage. C.H.A.N.T.E. Qu'est-ce que... La mer s'était mise à fredonner. Inaudible. Quelques bulles s'échappaient des abysses. Cordes pincées, au loin. Des sonorités proches de celles de la harpe. L'écume qui venait lui chatouiller les chevilles. Les chevilles. Le monde du silence. Il n'oscillait plus. Pas un geste. La légère brise maritime s'arrêta dès l'instant où il eut baissé le regard pour observer ses chevilles. Sa cheveulure n'ondulait plus, virevoltait encore moins. Il la laissait contre son pectoral, calme. De l'eau jusqu'aux chevilles. De l'eau qui ramena jusqu'à lui les deux parties de la branche qu'il avait décidé de briser quelques instants auparavant. Un zéphyr puritain et éphémère qui s'enticha de la feuille qui était accrochée à cette même branche, qui l'envoya loin, très loin. Les mains humides, salies par l'écorce poisseuse. Le bras couvert d'échardes cruellement mouillées. Il s'abandonna, laissa ses membres tomber le long de son buste droit. Et il ne bougea plus.
Avec cette chance, la marée s'exprimait dans son lent soupir vers les ténèbres. La marée basse, comme on l'appellait. Etrangement, il n'avait prit aucune couleur, avait supporté la chaleur parfaitement bien. Comme s'il en avait l'habitude. Comme s'il l'avait eu à un moment donné. Comme s'il venait de la mer. Maena avait patienté. Avait maintes fois rêvé de la voir s'éloigner au plus vite. Le temps pour qu'elle daigne l'écouter fut plutôt court. Le temps pour laisser son corps d'Apollon sécher l'avait lui aussi été. Les restes de sylve étaient partis de leur plein gré, sans aucun préavis. Les rayons surchauffants de l'astre lumineux n'avaient pas eu besoin de plus de quelques minutes pour épargner aux chevilles, aux pieds, aux orteils et aux phalanges l'intenable supplice de la molécule H2O. Il n'avait pas esquissé le moindre mouvement durant tout ce temps. Il était resté parfaitement immobile, n'avait rien dit. Les sangles étranglaient sa trachée, rendant la conception du mot avaler critique. Tout était calme. Et dès que le remous s'était suffisamment éloigné de lui, Maena sauta sur place et courrut vers la plage en hurlant avec la force de tous les diables. Au passage, il s'était emparé de son bas, l'avait enfilé en vitesse, jurant sur la très faible quantité de sable qui avait élu domicile entre ses jambes. La brûlure de la rive ne lui apportait pas le moindre mal. D"une part parce qu'il gigotait tellement dans tous les sens qu'il lui était impossible, même s'il le désirait, de sentir le moindre grain de sable entre ses orteils. D'autre part, parce qu'il ne ressentait absolument pas la chaleur. Comme s'il en avait l'habitude. Comme s'il connaissait déjà les plages ainsi composées. Il se surprit à aller chercher ses affaires, à présent exposées clairement aux lueurs ennemies. Il enfila autour de ses poignets ses manches arrachées, se cacha sous la capuche de sa veste, s'empara des chaussures, des chausettes, et fonça devant lui en clamant les paroles d'une chanson dont il avait oublié le titre.
Il tenait à garder son nouveau couvre-chef là où il était. Alors il avait commencé à les tenir au creux de ses mains. Aisé, lorsqu'il n'y en avait qu'à peine six ou sept. Lorsqu'il commençait à en posséder une vingtaine, les deux sinistras n'arrivaient plus à contenir ce petit peuple. Le bellâtre sacrifia de ce fait son précieux haut démembré. Là, il put arriver à en accueillir trente deux. Exactement ce qu'il lui fallait. En véritable course contre la montre, Maena Aiolia Méryl alla rejoindre ses chaussures, vomit le contenu de son tee shirt sur le sol, et se conditionna à grimper à l'un des palmiers pour en arracher quelques branches. C'est ce qu'il fit. Il sauta d'un rocher au tronc du malheureux élu, s'y agrippa, et cueillit son dû sans aucune difficultés. Il se laissa tomber sur ses pieds écorchés en lâchant son emprise d'un seul coup, et ramena ce qu'il était allé chercher près desdites rangers, sages. Il ne manquait à présent plus que le terrain de jeu. Dans un soupir à fendre l'âme, il peina à s'abaisser pour récupérer au sol l'une des branches qu'il venait de jeter. Il s'éloigna à peine, craintif, laissa le poids de ses genoux l'attirer vers les dunes. Et il se mit à tracer une ligne horizontale. Il se décalait, et il continuait son manège. Une longue ligne horizontale, dans laquelle il voyait se dessiner huit rangées de huit carreaux. Il poursuivit son tracé avec une patience dont il ignorait tout, pour au final rire d'une telle attitude. Une fois terminé, ses jambes se tendirent, et les cailloux et coquillages qu'il avait amassé auparavant furent placés sur l'échiquier. Les cailloux blancs ne changeaient pas de camp, les coquillages feraient office de noirs. Pour reconnaître les pions, un code simple. La diversité des lieux en était pour beaucoup. Ceux en forme d'ovale pour les pierres ou en coque pour les coquillages n'étaient autre que les pions. Les deux plus allongés des extrêmités, les tours. À côté, les cavaliers, étaient des cailloux ou coquillages triangulaires. Les fous étaient tous cassés. Les rois seraient reconnaissables lorsque le bel se serait fendu le doigt après s'être mordu et aurait laissé une petite goutte salir le pion. Les reines seraient celles qui resteraient. Et après tous ces efforts, la partie commença.
Et il se mit à chanter. Il laissa le masque tomber à ses côtés en sacrifiant un pion blanc à un fou noir. Maena était un adversaire coriace. Mais il chantait. Il retira son haut avec peine, admettant la défaite du fou noir face à la tour blanche. Et il chantait. Tout allait parfaitement bien. Ses affaires jonchaient la plage, et il s'en foutait. Parce qu'il chantait. La partie fut close lorsqu'il prononça au milieu des paroles l'échec au roi blanc. Au sol, à genoux, il prit un blanc et le jeta plus loin. Les noirs étaient parvenus à dresser leur couleur haut et fort. Tout cela n'était que pure logique. Et il s'arrêta de chanter. Il y avait un intrus. Coupé net. Sec. Ses yeux s'écartelèrent. Il risqua son faciès à gauche, à droite. Nul autre que son ombre. Mais il y avait quelque chose d'étranger. Une aura malsaine, quelque part. Maena serrait la reine noire dans son poing jusqu'à la briser. Il ne la lâchait pas. Parlait distinctement malgré son manque d'assurance palpable. Il ne fallait pas qu'on le voit ainsi. Il ne fallait pas que l'ennemi soit là. Il fallait qu'il soit seul. Il fallait être calme. Merde.

- Montre-toi. Tout d'suite!

[Comme cela, c'est posté. J'espère que malgré tout, cela te convient. Réponds quand tu veux!]


Dernière édition par Maena A. M. Raphaëlita le Sam 12 Nov - 1:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Ven 19 Aoû - 14:46

Il y a des périodes comme ça, où les évènements s'enchaînent sans que l'on ne comprenne totalement comment ni pourquoi. Un soir, je suis mort, volontairement. Puis j'ai ouverts les yeux sur un autre monde, qui n'était ni paradis, ni enfer. Juste un endroit dément. Aujourd'hui, j'en suis là. Je suis mort une seconde fois, pour me réveiller encore une fois, sur le même monde. Tout va un peu trop vite à mon goût. Malheureusement, ma seconde mort n'a rien changé chez moi. Elle m'a seulement permise de me souvenir d'elle. Mais je suis encore sous le soleil cuisant, vêtu d'un sweat noir épais pour me protéger du froid. J'aurai aimé, de tout mon être, que mon corps réagisse à nouveau normalement aux températures. Ce ne fut pas le cas. Ainsi, je marchais pieds nus sur une plage, la capuche rabattue sur ma tête, mes cheveux désormais raides, glissant dans ma nuque, tombant sur mon front. Avec toujours les mêmes lunettes sur le nez. Par je ne sais quel « miracle », elles étaient restées en ma possession.
Je me souviens, quand j'ai à nouveau repris vie, dans cet endroit bizarre, dans la cité d'Oppse, la divinité dominante de ceux qui étaient dans le même camp que moi. Je me souviens encore, de la sensation froide du pique d'ombre de Luz, s'enfonçant en plein dans ma poitrine. Cette fille... Si je la revois, je ne sais pas ce qui m'empêchera de lui crever les yeux. Elle avait fait naître un nouveau sentiment en moi, un sentiment qui me rendait complètement dingue. La rage. Je détestais cette émotion, vraiment. L'impression d'avoir un serpent qui arpente chaque parcelle de son ventre, y laissant une trace de brûlure irritante, faisant ressortir toute votre haine. J'en avais accumulé de la haine, à un moins inimaginable. La faire sortir était de loin la pire idée que l'on pouvait avoir. Je crachais dans le sable.
Mon corps tremblait sous mon sweat. Il devait faire une chaleur abominable. Ce n'était pas étonnant, vu le manque cuisant de nuages et d'ombre. Il n'y avait que quelques palmiers, comme près de ce petit oasis dans le désert, où je m'étais à moitié endormi, avec un énorme pull et une écharpe. Ce devait être amusant à voir. Une personne qui suffoque à cause de la chaleur et qui tombe sur un type à moitié mort, emmitouflé dans un tissu très épais. Je crois que n'importe qui frôlerait l'infarctus. C'était comme quand je me baladais torse nu sous la pluie. Amusant au premier abord.. Invivable en réalité.
Je tâtonnais mes poches pour trouver mes cigarette et en tirait une de la moche de mon jean, l'allumant avec ma chaîne-briquet qui commençait à rouiller. Dommage, elle était drôlement jolie. J'inspirais une première bouffée, longue et lente, puis la recrachais. Quand je crus voir des ombres, plus loin, presque au bord de l'eau. Je n'étais pas seul, il y avait quelqu'un là-bas. Et il semblait monté sur ressort. Pas de vent, pourtant, le feuillage d'un des palmiers avaient lourdement bougé. J'entendis même le craquement des branches arrachées. Mais qu'est-ce qu'il, ou elle, fabriquait ?

Le petit rassemblant d'arbre devait me dissimuler, ainsi, je m'assis sur un rocher sortant du sable, la cigarette entre les lèvres. J'apercevais faiblement la silhouette de cette pile électrique. Cheveux noirs, mais je n'arrivais pas à distinguer si c'était un mec ou une fille. Les traits confondus. Peut-être un peu les deux ? Plus les minutes défilaient et plus je me mettais à penser qu'il faisait une sorte de jeu sur plateau, mais dans le sable. Une manie bizarre. Surtout que je percevais une voix d'ici. Il chantait..
Je sentis mes poumons s'enflammer, tandis qu'une petite nausée me prit. Toussant la bouche fermée, la fumée de ma dernière bouffée sortit par mes narines, et je finis par m'étouffer. Je toussais, sans pouvoir amortir le bruit. C'était presque vulgaire. Mes pupilles virent un crachat de sang s'écrasait dans le sable. C'était bizarre, ça m'avait saisi d'un coup, comme ça. Les cigarettes me faisaient tousser, certes, mais elles ne me donnaient pas envie de vomir comme si j'en fumais une pour la première fois. Je me raclais la gorge et cracher un mollard, oubliant tout principe de discrétion ou d'élégance.
Il m'avait repéré. Ou elle. Je ne savais toujours pas. Je le voyais immobile, tournant simplement la tête pour essayer de voir où était son trouble-paix. J'avais presque envie de lever les bras en l'air en criant « Coucou je suis là ». Bien que ce ne soit pas du tout dans mes habitudes.

- Montre-toi. Tout d'suite !

Je rêve ou ?...
La même douleur à la tête, et au cœur venait de me saisir. Ce serait sa voix, l'auteur ? C'était ça, son don alors ? Mais de si loin ? Je devais y être plus vulnérable, avec mon état de santé et le fait que j'avais eu le cœur perforé il n'y a pas une semaine... Soupirant, et calant ma cigarette au coin de mes lèvres, je me levais de mon rocher et me dirigeais vers ce type étrange. Au fur et à mesure que je m'approchais, son corps me parut plus masculin que féminin. Et je ne l'avais jamais vu.
Un coup de vent venu de nulle part vit partir ma capuche en arrière. Mes cheveux voletèrent, et une particule de cendre s'envola. Sentiment familier... Les cheveux qui volent, avec une petite odeur de fumée. Ma tête me sembla lourde tout à coup, et mon esprit fut envahi par une image. Une image frappante. Un hôpital à moitié en feu. Elle y était. Je la voyais. Le ventre énorme. Enceinte. De moi ? Non. Son ventre était bien trop gros. Mais.. Et ce mioche avec elle ? Les cheveux noirs et la peau pâle.. On dirait... moi ?
Violent retour à la réalité. Mes lunettes étaient tombés et le soleil m'aveuglait. J'avais encore plus froid que tout à l'heure. Sensation absolument immonde. Hideuse. J'avais mal au crâne. J'étais encore à de nombreux pas du type mais je n'arrivais plus à avancer. Je fixais les vagues, avec cette image qui s'estompait petit à petit dans ma mémoire. Je tremblais, de la tête au pieds. Avec toujours l'effluve de la fumée. Je la sentais, dans ma tête. C'était vif. Comme si je voyais la scène du dessus. J'y comprenais rien...

Hors Jeu:
 


Dernière édition par Dimitri le Dim 4 Sep - 15:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 24 Aoû - 0:43


Fil conducteur.


Ta plus grande peur. T'sais quoi? All right. Toi, tu mérites de mourir. Tout ce que tu fais, là, ça t'arrive parce que tu le cherches. Tu te plains? T'as qu'à arrêter tes conneries. T'être que t'iras mieux après. C'pas vrai, dis-moi. Non. T'es pas là. T'es juste pas là. T'es mort. T'es mort et t'es pas là. La plage est déserte. T'es pas là, j'te dis. T'es crevé, t'es foutu, t'existes plus, y'a que moi. Ta plus grande peur, t'sais quoi? C'est moi. T'es déjà mort une fois. Plus. J'te tuerai, vieux. J'te tuerai le moment venu. J'devrai, tu le sais? C'est mon rôle, c'est le tien de m'en empêcher. Qu'est-ce qu'il se passe? Tu vas pas bien? T'es malade? T'es pas venu là pour te la jouer avec tes nibards silliconnés ou tes abdos assaisonnés à l'hormone pas fraîche. T'es v'nu là parce que tu devais venir là. Cherches pas d'explications, pas auprès d'moi, j'suis pas l'Encyclopédie Larousse. Dis, on t'a demandé d'aller te mouiller ici? Ou t'es arrivé ici par hasard. On t'a poussé de l'autre côté, ou tu as décidé d'y aller tout seul? T'as décidé quoi, toi. Rien. Rien, et tu le sais. Toi et ta vie, vous n'êtes que des incapables. Toi qui n'a aucun moyen de la contrôler, elle qui se fout le camp sans même lutter un minimum. T'es qu'un minable, vieux. Faut assumer. Mais t'es pas là. Je sais pas pourquoi j'perds mon temps à te parler vu que t'es pas là. Je devrais pas parler seul, ça fait con. Mais tu sais quoi? J'm'en fous. J't'aurai en face de moi, dans pas deux minutes. J'parie que je vois ta gueule dans moins de cent vingt secondes. Et là, je t'ouvre la boîte crânienne. Si tu mets plus longtemps, j'te laisse me tuer. Tu le peux, tu sais. Tu as les capacités pour, tu les as même largement. Sauf que tu ne le comprends pas. Tu ne sais pas ce que tu vaux, tu n'as pas la foi de savoir jusqu'où tu peux aller. Alors qu'est-ce que tu fais? Tu crèves. T'es pathétique.
Tu crois que je déconne, n'est-ce pas? Mais j'vais te dire, vieux. Tout est lié. Le ciel, la mer, les prés, le désert, l'herbe, les papillons, les carottes, Layca, Oppse, toi, moi. Y'a qu'un fil entre nous, vieux. Et ce fil, j'vais le tirer vers moi en moins de deux minutes.

C'est un mal de tête que tu ne connais pas. Une douleur vive et cinglante, qui ne s'estompe pas et qui dure des heures. Il ne tue pas, il blesse à peine. Tu pourrais penser clairement, organiser ta défense, établir une stratégie, mais tu focalises trop sur la souffrance. Il ne t'empêche rien, pourtant. Tu es maître d'agir comme bon te semble. Le seul détail handicapant, c'est qu'il est tellement rare et si violent que tu ne peux que l'écouter. Tu souffres, mais c'n'est pas mon problème. Tu n'as qu'à l'ignorer. Faire comme s'il n'existait pas. Tu dis que c'est facile à dire? C'est vrai. J'ignore ce que ça fait de ressentir une douleur pareille. Je me contente de la générer, après tout. Et elle ne serait rien sans ceux qui la ressentent. Alors, qu'est-ce que ça fait? Mal, oui, et puis? C'est tout? Et c'est quoi, comme douleur? Un tiraillement? Une compression? Un déchirement? Une secousse. Non? Tu la suis, pourtant. Tu la vis. Tu ne peux pas la décrire, fort bien. Je ne comprends pas, je ne vais pas l'dire pour te faire plaisir. Tu sais quel genre de personne est susceptible de réagir comme tu le fais? Les intrus. Les nuisibles. Les parasites. Pas seulement ceux d'Oppse, cette chienne. Tout ceux qui ne sont pas dignes de moi. Le monde entier. Tous les habitants de tous les mondes alentours et inconnus. C'est chiant, pas vrai? Tu m'fais rire. Break all their walls. T'es un fou. Pourquoi t'es venu. Pourquoi tu as songé à venir alors que j'étais là. T'as rien compris, tu sais. Pas grave, j'vais m'occuper de toi.
J'ai qu'un son, dans la tête. J'sais toujours pas où ce foutu con s'est planqué. J'ai envie de hurler. Juste pour savoir où il est. Mais j'le tuerai. Si ça se trouve, c'est un vieux de chez Layca, et ce serait nul que j'me fasse encore engueuler par ce merdeux d'Elu parce que j'ai buté un pote. Ou sinon, c'est peut-être Kamui. Bordel, t'imagines la loose si je flingue le morveux? J'suis mort, quoi! Ce serait marrant à voir, tiens... héhé. Non, quand même pas, j'sais me tenir. Et ça pourrait être un d'Oppse, aussi. Rhaaaaa, putain, pourquoi il s'montre pas? Petit, choupinet, viens voir patéras, viens voir Maena, viens. Petit-petit... Putain. Marre de tes conneries, vieux. J'me casse.

Il se lève, s'empare au passage de sa prison faciale. Il n'y a plus rien à faire dans ce camp-là. Volte face. Et il te voit. Il te voit, et il sourit. Il sourit comme jamais il n'a sourit. Et tu n'es pas heureux de le voir aussi heureux. Le bonheur des uns fait le malheur des autres, après tout.


Pauvre petit.


Tu le vois t'attraper par la gorge, te soulever par le col de manière abrupte. Fables et légendes contant cette force inhumaine qui l'habite une fois son âme vendue aux ténèbres envoûtantes. Mais tu te dis que c'est faux, et ça l'est. Il ne bouge pas. Maena comprend bien que tu n'es pas un disciple du Mâle. Il ne t'a jamais vu, certes, et tu aurais très bien pu être nouveau dans le clan. Cependant, en ce cas, tes amis d'éternité t'auraient prévenu d'une seule chose. Ne pas approcher Maena, celui qui porte un masque. On ne t'aurait pas dit qu'il était Elu, tu l'aurais deviné facilement. On ne t'aurait rien dit de son physique, trop jaloux pour décrire pareille merveille. Tu n'aurais rien su de la manière à suivre pour le trouver, puisque personne n'est sencé le chercher. Tu n'aurais rien su, rien compris. Tu te serais contenté de le craindre. Et cela aurait été parfait. Ce que tu fais là n'est que pure folie. Le plus triste est ton ignorance et ton manque d'assurance. Tu as froid et lui meurt de chaud. Tu le vois aux quelques gouttes qui roulent sur son torse imberbe. Il le voit à cette absence de sueur sur ta peau de nacre. Tu es plus pâle que lui, moins beau. Et le mieux, c'est que tu avances. Tu es bien un clebard au service d'Oppse. Tu n'as aucune crainte. Le mal te ronge et tu ne tressailles même pas. Tu fumes. La douce odeur de ton tabac vient crapahuter sous ses narines encore visibles. Il est beau comme un dieu. C'est un dieu. Et toi, tu n'es qu'un de ces crétins qui ne jurent que par la femelle impossible à violer. Tu fumes. Le brouillard est délicieux. Tu lui donnes envie de t'immiter. Elles sont trop loin. Elles ne sont plus là. Tu avances, pauvre fou. Tu ne connais donc pas son nom. Tu ne connais rien de son faciès, rien de son chant. Ils auraient dû te prévenir, chez la Petite Madame. Maena la Sirène. Non, vraiment pas? Allons, fais un effort. Puise dans tes souvenirs la moindre bribe à son sujet. Fouille dans les méandres de ta cervelle infirme la seule trace de son existance. Maena. Mermaid's Call. Et là, tout devrait s'éclairer. Non?
La chaleur se fait intense, ardente. Maena ne perd aucune fougue postée autour de son rictus malsain. Ses yeux se plissent tellement il est heureux. Le bel aimerait rire. Et même s'il est encore loin, le jeune homme en face de lui n'y resisterait pas. Il voulait voir la lueur de ses yeux. Il voulait voir leur couleur. Alors Méryl baissa la tête, la secoua. Ses phalanges s'affairèrent autour de son crâne de sorte à renouer le lien brisé avec sa geôle. Les claquements graves lui signalèrent sa protection necéssaire. Et puis il s'approcha. Le sable n'eut même pas la force de le ralentir. Il avançait, fier et droit, bien décidé à voir la couleur de ses yeux. Silhouette fine, il n'attire pas le regard. Excepté le sien. Alors il avance. Il veut le voir. Il ne bouge pas vraiment. Peut-être qu'il recule, l'unique oeil turquoise lui jouant parfois des tours. Sa main se glisse dans ses cheveux. Personne ne pourra jamais rivaliser avec tel beauté. S'il se rapproche de la cigarette, le sens olfactif ne rêve que de lui rentrer dedant. Le goût s'en trouve conquis. Le délice carburant, celui dont il dépend. La fumée, rien de tel que la brûlure bénine de la cendre à peine tiède. Berceuse des temps modernes. Et il arrive face à lui. Sous son allure robotique, ses lèvres affichent la plus séduisante des joies puériles.

- Salut, vieux.

Ton mal de crâne s'apaise, j'espère?

- T'as eu mal? Navré. Fallait que tu saches que je peux te buter comme je veux.

Sa voix cybernétique n'est pas plus réelle que la brise qui vient te caresser les cheveux. Qu'est-ce que tu peux bien ressentir, en ce moment? De la crainte? De la honte? Comme il te plaira, ami fumeur. Maena ne sait quoi dire à l'être inférieur que tu es. Paradoxalement, il y en aurait trop à dire. Il passe une main indiscrète dans ses fils noir de jais, te regarde gêné, son sourire en coin. Agis de sorte à le rassurer. L'heure n'est pas au combat. Pas pour lui. Tes yeux sont plus obscurs que le coeur des Enfers. Tu es laid.

- Venu profiter du soleil avec un pull?

Le temps leur est compté, à présent.

Au cas où...:
 
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Dim 4 Sep - 15:58

Merde à la fin.
Les cauchemars ne suffisent pas ? Faut qu'en plus de cela, je me fasse tuer un peu tous les jours avec des retours en arrière ? Mes yeux se ferment un instant, pour oublier ces images de feu et de larmes. Mon esprit tente de se focaliser sur le son des vagues et du vent, j'en oublierais presque le mec là-bas, celui qui chantait tout à l'heure. Celui avec la voix qui bousille le cerveau. Non il a pas une voix moche ni rien, mais, je sais pas, elle s'infiltre comme une bestiole et elle fait tout gonfler, peut-être même jusqu'à l'explosion. Dangereux. Pourquoi j'y vais alors ? Il est sûrement chez Layca, j'ai vu à peu près la tronche de tous les partisans d'Oppse. Lui je l'ai pas vu. Et vu ce qu'il dégage, il doit être haut-gradé. Il pourrait me faire exploser la tête comme ça, d'un coup. Pourquoi j'y vais alors ? Rah je m'en fous, je suis déjà mort une fois, et je suis trop curieux pour faire marche arrière.
Je ramasse mes lunettes, je les remets sur mon nez. Trop de soleil, mal aux yeux. Je laisse mes cheveux se battre avec le vent qui me caresse le visage. Il est plutôt chaud, ça fait du bien. Bordel il doit faire tellement chaud, vu comment je crève de froid. Mes pas se rapprochent de lui. Il a enfilé un truc bizarre, comme un masque à gaz. Pas idiot. Comme ça, je peux survivre encore un peu, histoire de voir qui c'est. Même couleurs de cheveux. Par contre les yeux, c'est une autre histoire. L'unique œil que je peux voir -l'autre étant rouge, est d'un bleu azur assez impressionnant. On dirait presque des lentilles, tellement la couleur est irréelle. Il me regarde bizarrement ce mec. J'ai la vague impression qu'il n'est pas très content de me voir. Puis il commence à parler, d'une voix robotique à cause de son masque. Mais comme je l'avais deviné, aucune douleur ne s'est manifesté cette-fois ci. Ce masque était bien là pour lui permettre de parler sans faire exploser tout le monde.

- Salut vieux. T'as eu mal? Navré. Fallait que tu saches que je peux te buter comme je veux.

Très rassurant.
Je me rends compte que j'ai toujours ma clope entre les doigts. Elle commence à mourir, alors j'en tire une dernière bouffée. J'évite de serrer les dents, pour ne pas m'étouffer à nouveau. Sa voix me ferait presque rire. On dirait vraiment un robot. Je jète le mégot au sol, puis fourre une main dans ma poche. L'autre, ballante, comme si mon bras était désarticulé.

- Venu profiter du soleil avec un pull?

J'avais enlevé mes lunettes, inconsciemment. Pour mieux le regarder, sans l'ombre des verres. Il a la peau clair lui aussi. Sauf qu'il n'a pas un énorme sweat comme moi. Il transpire. Et j'ai toujours le sentiment qu'il me maudit, dans ses pensées. Je le dérange, il me connait pas, je suis un ennemi. Ouais c'est exactement ça. Il est en train de se dire qu'il va me faire péter la cervelle pour être en paix, ou quelque chose dans de domaine là.
Mon regard retourne sur les vagues, derrière lui. Elles se bousculent, à mesure que le vent grandit. J'aime bien ce son, un bruit répétitif mais aussi apaisant que la pluie. J'aimais bien voir les traces de pas disparaître sous l'étreinte de l'eau. Je me demandais si elle serait chaude ou froide. Sûrement entre les deux. Jamais je ne m'étais baigné. J'en étais persuadé. Faudrait que j'essaye un jour, rien que pour sentir la température de l'eau.
Reportant mon attention sur le semi-robot, mon visage adopta un air désinvolte, mais toujours réfréné. Même si j'avais voulu, je n'aurai pas pu afficher une mine totalement ouverte, ou énervée. N'importe quelle expression. Je restais toujours infiniment stoïque et seul mon regard trahissait parfois mon véritable ressenti. J'étais légèrement blasé et je me foutais de ce qu'il pouvait penser.

- Comme tu peux le voir, oui.

Le bruit des vagues me hante. Ma respiration est lente, comme si j'étais allongé et sur le point de m'endormir. C'était une sensation agréable. Pas de tiraillements, pas de mélancolie, rien. Juste une petite envie de le pousser à bout lui. Voir si il était capable de s'en prendre à moi.
Je jetais un œil à son ouvrage végétal. De plus près, cela ressemblait à un échiquier, avec des feuilles de palmiers, des coquillages et des pierres. Échiquier. N'était-ce pas ce mot que la moitié de la population utilisait pour désigner Alea Jacta Est ? Je pointais le menton en avant pour désigner son œuvre.

- Un échiquier ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 7 Sep - 0:32


Echo.


Echo.

Toi et tes sons sordides. Le genre de bruit qui rend fous les gens normaux. Mais moi j'm'en fous, tu sais. Royalement. Et toi aussi, tu t'en fous. Tu peux faire le bruit que tu veux. Tu peux bien donner tout ce qui t'importe. Le fait évoqué reste implacable. Tout ce que tu émets, tu le partages. Tout ce que tu génères, tu en reçois les ondes. Ta joie est populaire. Ton jeu, collectif. Universel. Et tu sais, il n'y a rien de mieux que de pouvoir faire profiter aux autres de ce qui t'émeut. J'suis certain que tu sais ce que c'est qu'un rêve. Tu l'sais, n'est-ce pas? Et rien qu'à ta position, je peux te raconter ton rêve. Je sais ce que tu penses, misérable petit pion. Juste un tantinet scolaire. J'te jure, pas grand-chose. J'ai besoin de ton corps, un seul instant. Un seul fragment de ton corps. Rien de bien grave, tu sais. Tu l'offres tous les jours à cette connasse d'Oppse, alors un peu pour moi... Hé, t'as rien à craindre. Tu peux hurler, toi, si tu veux. Mais personne ne t'entendra. Il n'y aura pas d'autre chouineur dans les parages. Et même s'il y en a, vieux. S'il est de chez Layca, il saura parfaitement que tu es foutu, face à moi. Si c'est un autre chien d'Oppse, il ne te portera pas secours. Tu t'attendais à quoi, imbécile. À la fraternité? Au partage? Tu te fous de moi, hein? Pauvre con. Aller, vieux. Prête-toi au jeu, ne serait-ce qu'un instant. Toi, tu as la chance de pouvoir te défendre des tentacules de la pieuvre. Tu peux ouvrir la bouche. Tu peux hurler. Tu ne risques pas de te griller le cerveau, non. Tu ne peux pas pleurer l'hémoglobine de ta vie après avoir chanté ce que tu avais à chanter. Tu n'es pas muet, toi. Enfoiré. Tu n'as besoin d'aucune précautions. Tu peux bien faire comme tu veux, tout le monde s'en fout. Alors va. Laisse-toi aller. Je ne dirai rien de ton aventure avec Maena, la saloperie d'Elu de Layca. Promis.
Et ta voix sensuelle envahit mon espace vital. Ce chant divin qui s'amuse à recréer l'univers que tu te tues à dissimuler. Tu es faible, et c'est ainsi. Tu es un pion, c'est naturel. Un soupir à fendre l'âme, oui. Tu me blesses. Tu ne portes pas la main sur moi, et tu arrives à me heurter avec toute ton animosité. Je suis un trapéziste sur le fil du miroir, vieux. Pas besoin de me bousculer, je tangue déjà bien assez. Fous-moi la paix, vieux. Sors de là, fous le camp. J'aime pas te voir traîner ici, tu vas t'faire mal. S'te plaît. Rentre dans ta cité. Emmène-moi avec toi comme prisonnier. Tu me feras entrer, et je vous exterminerai tous. Tous, sauf toi. Je veux que tu assistes aux massacres de tout ceux qui avaient confiance en toi. De tout ceux qui avaient placés leurs espoirs, maigres, en ta personne. Tu les aurais trahi, tu imagines? Non, bien sûr que non. Pire, je suis certain qu'ils ne m'auraient jamais laissé entrer dans le harem de la pute célèste. J'suis trop dangereux pour ça. Soit je vous baise tous, soit je deviens votre nouveau père. Ouais, à choisir, j'ai pas envie de me farcir des filles de trottoirs dans votre genre. Pas assez sauvages. Pas assez affriolantes. Soumises. Qu'est-ce que tu veux. On peut pas tout avoir.
Hé, dis. C'est bien, ça, comme texte. Faudra que j'le note en rentrant, tiens.

- Comme tu peux le voir, oui.

... De quoi? Oh putain, j'l'avais oublié! Merde, de quoi on parlait, déjà? Rho putain... Non mais fous toi d'ma gueule sérieux, j'sais plus ce qu'on f'sait... Oh puis merde, c'pas grave, j'me démerderai. Rah mais non, j'suis obligé d'me souvenir, merde! Juste par correction, après le reste j'm'en cogne. Le con de moi... J'me souviens de rien, dis, j'y crois pas. Bon. Bon, ben, tant pis, hein. Ca d'vait pas être vital, à mon avis. D'ailleurs il est trop con, il fait quarante degrés dehors et il est en pull. Sont trop bizarres, les gars de chez la mère Oppse.
Sans forme, tu disparaîtra dans l'obscurité la plus totale. Tu n'es rien, tout comme je suis tout. ET NE LE NIES PAS!

Tu regardes quelqu'un. Tu regardes quelqu'un, que tu salues, d'ailleurs. Il t'est familier, à en croire ton air désinvolte et ton sourire faussé. Tu lui parles comme tu parlerais à une assiette de quenelles au poulet. Tu ne lui parles pas. Tu es là, et tu t'en fous. Tout ce qui t'intéresse, c'est de le mener là où tu veux qu'il aille. Tu lui demandes s'il va bien, il te réponds que oui, tout va bien. Il te renvoit la question, et avec une moue gênée, tu lui réponds que cela pourrait aller mieux. Tu te prépares déjà à quitter ton chapeau. Tu sais qu'il est foutu, et lui ne se doute absolument de rien. Tu le quittes, ça y est. Il te demande de lui dire ce qui ne va pas. Tu le cales sous ton aiselle nue. Tu lui dis, de la manière la plus mièvre qui soit, que tu perds tes cheveux. Et tu en tires une bande ignoble. Ton crâne, nu, lui fait horreur. C'est comme si ta tête était couverte de ruban adhésif, sur lequel tu avais collé tes cheveux un par un. Tu tires la bande, et une bande dégarnie s'affiche devant ses yeux impressionnés et couverts de frayeur. Tu reposes la bande comme ça. Il est surpris, cherche quoi te répondre. Quelqu'un d'autre arrive. Tu recommences la même histoire. Tu es passé maître dans l'art simple de la manipulation. Et tu vois... UNE ENORME ARAIGNEE!!!

OH PUTAIN OH PUTAIN OH PUTAIN. La canaille. Elle est dans l'sable, là, j'fais quoi?! Oh bordel. J'rêve où elle a l'cul blanc? Oh putain elle est pleine. J'suis sûre elle est pleine. Merde, elle doit faire la taille de mon poing... Mais c'est un porte-avion, la salope, c'pas possible d'être aussi grosse! Elle est trop moche, putain! Bon, j'fais quoi? Rha, fais chier, si seulement j'étais pas pieds nus... Bon, zen. Zeeeeeeeeeeeen, Maena. T'as forcément un moyen de la plomber. Ou sinon, mets-toi en mode Bouddha: zen à fond, respire, expire, laisse la partir, elle va pas te bouffer. Ôhm... Non mais j'fous quoi, là?! Bordel, elle veut ressortir de son trou! Putain, vite, j'sais pas, quelque chose! 'Tain, en plus l'autre glandu de chez Oppse doit pas la voir... À ma gauche, mais un peu derrière lui... Non et puis tu vas pas demander à un ennemi de te débarasser d'une araignée, abruti. Connasse, j'te jure c'est énorme. Elle a des pattes, elles sont plus longues que mes doigts, dis... Kyaaa, elle bouge!! Ah non mais j'vais pas pouvoir rester là si y'a une connerie comme ça dans le coin, hein, j'me casse! Rha va chier, mes affaires... Rho puis merde, j'me casse en courant et j'laisse tout là! Mais j'vais pas bien! D'ici là elle m'aura fait un nid, des oeufs, quarante gosses, de partout dans mes affaires! Dur... Bon, euh, et j'sais pas, Layca, tu fous quoi, genre, tout de suite? Non parce que c'est pas qu'il y ait une espèce d'arachnide hyper dangereuse sans doute radioactive j'sais pas quoi qui est prête à me sauter dessus mais quand même un peu, quoi. C'pas possible, espèce de nouille! C'est qu'une araignée, tu vas pas m'dire que tu peux pas m'la faire exploser là maintenant tout d'suite, enfin! Mais je rêve... Envoies-moi un signe, une connerie, j'sais pas, fais quelque chose! Une mouette, un moustique géant, un cra...! Oh. Putain. Ouach. J'savais pas que c'était si vorace, ces bestioles. Ouh... Ah bah ça a l'air d'être bon, tiens. Bwark.

- Un échiquier ?

Et tu vois d'autres personnes arriver. Tu attends qu'elles soient à ta hauteur, tu leur dis bonjour, tu leur dis que ça ne va pas fort, et tu tires toute une bande, deux fois plus large que la première. Ta calvicie n'ennuie pas vraiment, elle effraie. C'est peut-être ce que tu cherches, finalement. Mais tu t'en fous. Tu recommences une, deux, trois, quatre fois. Avec à chaque fois en temps qu'assistante une bande capillaire de plus en plus large. Puis finalement, tu te réveilles.
Et je t'arrache des cheveux. Tu ne vois rien venir, tu es si niais. Digne d'un pion, après tout. Tu ne retiens pas une certaine interjection habituelle. Tu as vu que tu parles. Tu as vu que tu pouvais le faire, toi. Ils sont fins, tes cheveux. Ils sont noirs de jais, comme moi. Je le pose au niveau de ma racine. Plus courts que moi. Et tu sais quoi? J'avais raison. Tu cauchemardes de ça. J'en suis sûr. T'sais ce que ça veut dire? Ca veut dire que le plaisir que tu éprouves en travaillant est la source de ton bonheur. Alors positive, vieux. Y'a pas que des tarentules géantes dans cette vie.

- Ouais. C'est moi qui l'ai fait. Il paye pas de mine, mais c'est jouable. Tu veux essayer?

Tu parles d'une proposition, toi. Puis qu'est-ce que tu attends pour le buter, imbécile, vas-y! Non, flemme, en fait. Pas maintenant. J'sais que c'est mal de jouer avec la nourriture, mais que veux-tu. Puis, rien de mieux que de le torturer avant. J'aime quand les cris font écho.

Echo.

- Attends ici.

Et il s'en va. Il fait demi-tour, s'en retourne près de son damier de forutune. Quelque part il sait que l'attend sagement un caillou blanc. Alors il le cherche. Et il apparaît. Comme de raison. L'attrapant, il l'entoure de son cheveux. Voilà. Un pion à son effigie, qu'il replace exactement là où il devrait être. Il fait ça pour tous les coquillages et toutes les pierres à une vitesse dont lui-même s'étonne. Puis il lève la terre vers l'autre, loin.

- Hé! Il manque ma Reine, mais ça devrait aller. Le temps que j'en trouve une vite fait, honneur aux nouveaux.

Tu ne lui ferais tout de même pas faux bond, étranger? Aies au moins la décence de lui renvoyer son appel.

Vraiment énorme!:
 
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Dim 18 Sep - 8:35

J'ai froid putain. Je crève de froid. J'ai l'impression que les rayons du soleil sont des trombes d'eau tout droit sortie d'une source dans les montagnes. Non pas ces putains de sources chaudes, l'eau glacée à la surface congelée. L'eau dans laquelle tu te noie parce que la glace brisée se recolle directement. Je sais bien que si je plonge dedans, ça serait comme une source chaude. Je déprime, ce corps de merde me tue. J'en peux plus. Je resserre mon pull du mieux que je peux, j'essaye de rafler la moindre petite parcelle de chaleur en plus. J'essaye d'imaginer qu'il fait réellement froid. Que le ciel n'est pas azur mais gris, qu'il neige, que je suis les pieds dans la neige, et que c'est pour ça que j'ai froid. Je ferme les yeux un instant, essayant de bien visualiser ce paysage blanc, oubliant qu'en réalité, il m'aurait fait transpirer. Je l'imagine, dans mon esprit, et j'ouvre les yeux. Il neige. Il fait gris et froid. Et j'ai chaud, dans ma veste.
Le mec au masque est toujours en face de moi, immobile. Avec son masque. Ouais. Il est beau son masque, et il lui offre cette voix robotique magnétique. Il est beau ce type en fait. Il a les traits fins, le corps svelte. Et j'adore ses mains. Elles sont magnifiques ses mains. Avec les phalanges qui ressortent légèrement. Franchement, il est putain de réussi. Mais il est bizarre. Et son don est légèrement surpuissant et dangereux. Je sais qu'on meurt pas vraiment sur ce monde. Alea Jacta Est. Je le sais bien, je suis mort ici, et je me suis réveillé. Mais ça fait mal au cul quand même. Putain, se sentir mourir encore, par une poupée en porcelaine complètement dérangée et sadique.
Luz. J'ai cette impression malsaine qu'elle me manque. Pourquoi il n'y a qu'avec elle que je me sens vivre. Que je me sens entier. Même si la colère s'empare de moi et me fais faire et dire des choses complètement contraire à mon caractère. J'oublie mon corps quand elle est là. Son visage est ma seule pensée. L'envie de le lacérer. On se fait du mal. Je ne comprends pas pourquoi. Entre elle, et moi, il y a ce fil de fer barbelé que l'on s'envoie dessus. On est cons.

J'entends un bruit derrière moi. Une sorte de mandibule qui claque. Je me retourne. Holà. Une sorte d'araignée obèse empalée sur la pince de crabe, en train de se faire dévorer. Eh bin putain. J'ai presque envie de rire, c'est drôle. Il avait faim le petit crustacé. Ça me fait penser que le crabe c'est bon. J'en ai mangé une fois, ici. A la cité là. Une fois oui, je m'en souviens, c'est bizarre.
J'y pense. Il a dû la voir lui. Il a pas tressaillit. Je suis sûr qu'il a flippé.

- Ouais. C'est moi qui l'ai fait. Il paye pas de mine, mais c'est jouable. Tu veux essayer?

C'est lui qui a fait ça ? Punaise, chapeau. En fait, c'est super joli. Avec les pierres et les coquillages, c'est une sorte d'art vachement original. Par contre.. J'ai complètement oublier les règles des échecs. J'ai bien envie de jouer, de me mesurer à lui sur un truc intellectuel. Mais j'ai zappé les règles, totalement. Je sais plus du tout comment ça marche. Encore un putain de trou de mémoire relié à l'amnésie. J'en ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarre.

- Attends ici.

Oui oui j'attends. Et j'essaye de me souvenir des règles de ce jeu à la con. Mince, mais c'est quoi ? Bon tant pis. Il neige toujours. Mais mon esprit vacille. La neige prend des teintes beiges, et petit à petit, le sable refait son apparition. Le gris tourne au bleu. Non arrêtes sérieux. J'étais bien, dans mon paysage hivernal imaginaire. Je me sentais bien. Je recommence à me les geler. J'ai le cœur comprimé. Je vais serrer je te jure.
L'autre parle, j'entends qu'à moitié, et je décide de bouger un pion au pif. Je m'en fiche en fait, j'en ai sérieusement marre de tout. De plus me souvenir, de vouloir oublier, d'avoir froid, d'avoir mal.

- Putain sérieux, je me les gèle.

Je râlais. La voix complètement éraillée, et j'ai poussé du bout des doigts, un pion au hasard sur une case au hasard. J'avais les nerfs. Mais je restais calme pourtant. Je n'arrivais plus à imaginer la neige et le ciel gris. C'était tellement beau comme paysage. Si apaisant, si.. C'était vraiment dans un endroit comme ça que je voulais vivre. En ayant froid. Larmes aux yeux. J'allais pas pleurer quand même. En fait, si. Une larme a glissé sur ma joue. Je l'ai chassé violemment. S'il me voit comme ça, je suis fichu...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Jeu 22 Sep - 21:53


One day, I find a big book burned deep in the ground.


Je sais plus ce que je veux. Chercher une reine mes couilles, oui. Tous ces foutus coquillages sont laids à en mourir. J'aurais du prendre les cailloux, putain. Les cailloux blancs. Là, y'a des espèces de trucs en spirale qui me narque, l'air de dire "Youhouuuuuu! T'as besoin d'une reine, mais tu m'aurais paaaaaaas!". Casse-couilles, franch'ment. Ah, p't'être lui. Ouais, bwarf. Tu parles. C'est vraiment laid. Les plus beaux, ils sont là-bas. Dans l'eau. C'est hors de question. Hors de question. Tant pis, bordel. J'prends celui-là, il va pas me les briser, c'est bon. Aller, tout l'chemin à l'envers... Putain, pourquoi j'ai vidé toute la zone autour de l'échiquier pour les premiers pions? Maintenant j'suis obligé de m'exiler j'sais pas où pour trouver un malheureux coquillage. J'en ai marre. Vu de loin, l'autre a déjà commencé à jouer. Ouais, bravo, exploi internationnal. Enfin quelqu'un qui connait les règles des échecs. Il serait temps, putain. J'veux bien qu'on soit amnésique, mais t'oublis pas l'jeu d'échecs, c'est tout. Hérésie, presque. Enfin. Je joue avec machin, là, l'coquillard. Il est bleu et jaune. J'le jette en l'air et j'le ratrappe. Putain, le jeu d'autiste... Il est carrément pas beau, ce truc. D'un autre côté, qu'est-tu veux que j'y fasse? J'ai pas pu choisir, ou alors l'aurait fallu que j'cours jusqu'à l'autre bout de la plage pour en chopper un minable et refaire tout le chemin en sens inverse pour avoir, peut-être, la chance de pouvoir jouer avec. C'est bon, j'suis pas encore déprimé à c'point. Attends-moi, vieux, j'arrive.
Le pantalon à chaînes est bien trop long, il traîne sur le sol dans lequel je m'enfonce, même pieds nus. Y'a du sable partout. J'en ai marre. I've been waiting... Oh, dis, c'est quoi cette chanson? Mmh, c'est joli. C'est paisible. Qu'est-ce que ça peut bien être...? J'sais plus. C'pas grave, ça m'reviendra. Comme d'hab'. J'arrive face à lui, et j'm'affale comme une merde sur le sable. J'en balance de partout, c'est immonde. J'en ai plein le froc, de cette saloperie. En plus, il est fin, ça met des heures à s'enlever complètement, c'est trop glamour. Et puis quoi, merde?! C'est l'foutoir, ici, bordel! Aller, c'est bon, qu'est t'as joué, toi? Un cav... Non. C'pas vrai. Il sait pas jouer, c'crétin. Non, c'est pas possible. Le foutage de gueule.

- Mais qu'est tu branles, toi! Tu peux pas déplacer les figurines de la ligne arrière sans dégager les pions de devant! Là, t'as vu, c'est la rangée des petits. Tu dois d'abord bouger les petits pour libérer les gros et pouvoir faire de bons coups. En plus, t'as démarqué ton cavalier comme un porc, r'gardes-moi ça! Le cavalier, c'est celui qui a la base a une tête de cheval. Il se déplace en forme de -L, la lettre. Comme ça, j'te la fait sur le sable. Tu peux avancer de trois sur le côté et deux vers l'avant, ou l'inverse, c'est-à-dire deux sur le côté et trois vers l'avant. Tu vas jamais en arrière, d'accord? T'as saisis le principe, un peu?

Tu sais pas c'qu'il fout. Non, il se paye ma gueule. Pas possible autrement, c'est une blague.

- Mais déplace pas la tour non plus, abruti! Elle est derrière, la rang...
- Putain sérieux, je me les gèle.

Et il l'avance. Il l'avance, comme ça. Genre c'est normal. Genre j'vais rien dire. Il se fout de moi, c'est pas possible autrement. En plus j'ai froid mon cul, 'doit bien faire près des quarante degrès dans l'coin. Y'a même plus la petite brise qui permet de respirer de temps en temps, que dalle, alors il va pas me faire croire qu'on se les gèle ici. Oh connasse j'vais l'bouffer. Et il attend que j'joue, maintenant? Mais il est fou, c'pas possible. Bon, il veut jouer à ça? C'est parti.
Il n'a aucune stratégie, ce sera trop facile. J'avance mon pion, j'libère la reine. Même pas je lui demande de jouer, j'avance ses pions vers moi. Il se condamne à la peine capitale, cet abruti. Je lui bouffe un pion. Déjà. J'ammène sa reine, maintenant libre, sur mon pion. Bouffé. Et aller, avance tous les pions d'un coup. Pareil de son côté. On va pouvoir faire une méchante partie, comme ça. Je lui bouffe une tour, il me nique un fou. J'ai même pas l'impression de jouer seul. J'dois marmonner comme un con tellement j'suis énervé. Mais quoi, putain, y'a d'quoi, non?! C'est un salaud, il sait pas jouer et il fait n'importe quoi! Tu crois pas qu'tu t'fous d'ma gueule, il est fou! Y'a plus d'essence dans c'que j'fais. C'est vide, c'est neutre. J'dois plancher et j'y arrive pas. J'suis trop angoissé de faire foirer l'jeu. J'aime pas me cogner contre les murs. J'aime pas devoir renoncer à quelque chose pour en faire une autre qui me plait moins. J'ai jamais aimé enseigner la théorie. J'ai jamais aimé expliquer tout court. Tu vas apprendre sur l'tas, vieux. De toutes façons, c'est qu'en se mangeant des pains qu'on devient plus fort. Ma reine tombe. J'y crois pas. Oh le salaud comme il m'a eu. Je lui nique ses deux derniers pions. Il est foutu. Il veut s'en prendre à ma tour, la canaille, et HOP! Baisé. Là, y'a plus comme brise-garde que son fou, et s'il l'avance, mon pion le prendra. Il n'a juste qu'à avancer ça et... ET VOILA, FOUTU!
J'attrape son roi. Je le jette dans l'eau, j'aurai jamais cru avoir autant de force.
Which never sprung water nor rain ever fell.

- Echec.

Ouais, échec et mat. J'suis fier. L'onde dans la mer est juste splendide tellement singulière. J'vais devoir chercher un roi, maintenant. Quand je me tourne, je le regarde. Il en pleure. Putain, c'te gonzesse.

- Hé, vieux...

Non mais j'suis sencé dire quoi, là? Déjà, c'est un mec de chez Oppse, j'devrais l'avoir flingué depuis un petit moment, déjà. Ensuite, mais c'est qu'un jeu, enfin! Puis c'est quand même pas ma faute s'il sait pas jouer, enfin! Rah mais j'te jure, putain... Y'a rien à dire, quoi! Le consoler? Moi, consoler quelqu'un? T'es marrant, toi, j'arrive même pas à m'consoler tout seul alors quelqu'un d'autre... Puis même, c'est un Oppsien, j'vais pas faire dans les sentiments! Maena, j'te jure, à quoi tu peux bien penser, des fois... Pauvre chose, j'peux pas la laisser pleurer comme ça. Il essaye de se cacher. Je ne devrais pas le regarder. Ces pleurs sont vraiment hideux, j'comprends pourquoi il ne veut pas qu'on puisse les voir. Il baisse la tête. C'est qu'un jeu, quelque part. Pas la peine de se mettre dans cet état. Il tremble. Il tremble, il chouine un peu. Il va pas bien, c'pas possible. Bon, d'accord. Jusque là, j'veux bien être sympa. Mais faut pas pousser Maena dans les orties, quoi. J'veux bien faire des efforts, or là il me semble qu'on en demande un peu trop à Maena. Enfin qu'à c'la n'tienne, j'suis un fou. J'm'approche de son visage, je colle une main à peine sablonneuse sur son front. J'ai plus d'équilibre, dans c'te position, alors j'me tiens à lui en mettant tout mon poids sur l'une de ses cuisses. T'inquiète, j'dégage vite fait.

- T'es brûlant, mec.

Quelle bonne âme, ce type. Je m'aime.
Il porte un sweat énorme, un peu comme moi avant que j'l'enlève. J'vais le lui enlever. Fermeture éclair, c'est d'une simplicité astronomique. Je la lui enlève, comme ça. J'ai strictement aucune gêne. Il ne proteste pas non plus. Quoique remarque, il a plutôt intérêt à rien dire. C'pas tous les jours qu'il se fera dessapé par une bombe sexuelle comme moi. Bwarf, laisse tomber, j'sais même plus pourquoi j'le déshabille. Il a un autre haut en dessous de son pull. En à peu près quinze secondes il n'en a plus. Et le voilà torse nu. Ca devrait aller mieux, à mon avis. À quoi, deux mètres de moi, y'a une feuille de palmier abandonnée. Je la prends, lui la tends. Mon bon coeur me perdra.

- Tu portes ça au niveau de ton crâne et tu te fais de l'ombre. C'est pas bien malin de se couvrir alors que la chaleur nous donne froid. J'comprends pas comment tu fais pour vivre avec autant de vêtements sur toi. Pas étonnant que tu fasses à Oppse des demi-malaises.

Je joue à la nourrice. J'ai vraiment plus aucune conception du potentiellement rationnel, putain.
One day, I find a big book burned deep in the ground. Et j'ai trouvé ça tellement normal que je l'ai laissé se consumer seul. Comme ça. Puis je suis revenu, je me suis brûlé en voulant l'aider. Je me suis brûlé, et j'ai quand même tenu à l'éteindre. J'y suis arrivé. Puis je l'ai lu.
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Ven 30 Sep - 21:56

Je ne savais pas jouer. Plus jouer ? Je n'en savais rien. Je me suis fais gueuler, limite, je me suis pris des mandales dans la tronche. Il était pas content. Qu'importe. Je tremblais, comme une feuille. J'avais tellement froid. Entre l'humidité, et le froid d'hiver. Monstrueux. La partie a continué, j'ai vraiment agis sur le tas, approximativement. Mon mirage de neige avait été vite remplacé par une sorte de désert. Du vent ? Non, des bourrasques. Du sable, qui vient se fourrer dans mes yeux, pour m'aveugler, me faire pleurer, me brûler les pupilles. J'ai vu une silhouette, tournoyait au dessus de moi. Maman ? Luz ? Un quelconque fantôme ? Mince, c'était quoi mon problème ? Je devenais à moitié schizophrène parfois. Je voyais des choses bizarres, comme si soudainement, les murs tombaient, ou le décor. Comme dans une pièce de théâtre. Décor éphémère, que l'on arrache après quelques minutes de vie. Ce qui m'entourait, n'était qu'un paysage artificiel, qui s'écroulerait dans peu de temps. Et il gagna la partie.
Il m'avait vu verser mes deux larmes. J'ai grogné, de l'intérieur. Comme un monstre, une bestiole viscéral, qui fait des bruits presque semblables à des ronronnements. Rythmique. Rythmique de la bête. J'avais mal au ventre, en plus d'avoir froid. Il s'est approché de moi. Agacé. Désespéré. Il devait croire que je chialais d'avoir perdu. Un vulgaire jeu. Comme si il allait changer quoi que ce soit à ma vie actuelle. Pouvait-on seulement appeler cela une vie. Il s'est encore approché. Je venais de voir son visage masqué de près. Un visage, aux prunelles vides, à la mâchoire arrachée. Il essayait de m'enlever les bras. Eh, Dimitri, arrêtes de divaguer. Tu hallucines. C'est rien qu'un mec de Layca qui... te déshabille.
C'était prévisible. Avoir froid par quarante degrés. Il devait me prendre pour un abruti de première catégorie. Il avait beau être un titan, capable de t'éliminer en une seconde, il n'était pas devin. Me retirer mes vêtements, c'était la pire des idées que l'on pouvait avoir. Pourquoi je m'étais plains ? Si je n'avais rien dis, je n'aurai pas eu besoin de raconter ma vie de merde, encore une fois. Bin ouais, j'ai froid quand il fait chaud, et j'ai chaud quand il fait froid. C'était tellement pitoyable de répéter ça, comme si on cherchait à se rendre intéressant. Comme si on on cherchait à attirer l'attention. Regardez moi ! Je suis intéressant ! Manifestez moi de l'attention ! Je ne peux vivre sans ça ! J'avais pas besoin des autres pour vivre. Je me suffisais, à ma façon. J'étais torse nu. Hnn. Ma peau s'est ternie, elle venait de tourner au gris glacé. Bravo. Je devais avoir l'air fin comme ça.
Il m'avait dit que j'étais brûlant. Sûrement. Personnellement, je me sentais me congeler à chaque secondes. Nous avions des notions différentes de la chaleur. Maintiens moi sous l'eau, et j'aurai chaud. Là, ouais. Mais non. Là, le soleil frappait, cognait, de toute sa force. Alors j'avais froid. Et je t'emmerde, si t'es pas content, vu ?
Légèrement agacé par moi-même, remonté et gelé, je cherchais la force pour attraper ne serait-ce qu'un vulgaire t-shirt en coton pour me couvrir. Mais mes muscles s'étaient contractés à cause de la température. C'était douloureux. J'avais l'impression de m'être transformée en statut de glace, pas tout à fait paralysé. Tendre le bras était atroce. Douleur innommable. Argh, punaise. Ca fait mal. Finalement, je l'ai enfilé, non sans étouffer un grognement de douleur. Puis, j'ai lutté contre ma gorge endolorie pour lâcher :

- Mon corps est détraqué. Le soleil n'est pas chaud sur moi. C'est... normal.
J'avais soupiré en concluant ma phrase. Normal. Sur ce monde à la con, oui. Le désert avait disparu. Je revoyais cette plage, fade et jaunâtre, qui s'étendait, sur des kilomètres. Ce sable, uniforme. Ce ciel, uniforme. Insipide. J'avais horreur de ce genre de paysage. Complètement lisse, sans rien. Vide, plat. Pourquoi n'y avait-il pas de nuages ? Pour venir pourrir le ciel, de formes incertaines. Regarder les nuages était une chose fascinante. Parfois, on y trouvait des formes concrètes, et c'était toujours surprenant. S'émerveiller devant des ailes blanchâtre et duveteuses. J'avais vu une sorte d'aigle une fois, qui passait en plein milieu d'un nuage gris. Un aigle blanc, ais-je oublié de préciser. Nuage blanc, perçant le cœur de la grisaille. J'avais trouvé ça magnifique. Mais le ciel était fade. Tout bleu. Un bleu qui avait finit par m'insupporter. Même bleu répétitif. Je préférerais le gris ou le bleu pastel. Non. Le bleu nuit, parsemé d'étoiles était le plus beau.
L'autre, de Layca, m'avait filé une feuille de palmier. Pour me faire de l'ombre. Peut-on fait de l'ombre au froid ? Je ne crois pas. Pourtant, j'avais pris la feuille, et la tordit plusieurs fois pour faire une forme. Comme avec les ballons, qu'on peut modeler en chien, ou autres trucs du genre. Ma feuille se retrouva.. toute tordue, dans des formes dénuées de sens.

- Je suis con.
C'était sorti tout seul. J'étais con, pour le coup, oui. Autant l'avouer, avant qu'il ne se foute encore de ma gueule en silence, derrière son masque. Je relevais la tête, il était dos au soleil. Toujours près de moi. Quelques rayons m'aveuglaient. Je ne le voyais pas bien, mais je devinais toujours ses traits parfaits. J'avais du mal avec la perfection. Trop pleine, trop.. Trop. Elle cachait bien souvent des coquilles vides. Pas lui. Luz, peut-être. Pas lui. Cette coquille débordait. Pas de larmes, pas de couleurs, de sang, d'effluves, de sons. Coquille de sons, de mélodie. Une espèce de sirène. Sauf qu'elle attire pas, elle défonce tout.
Elle te pulvérise la tronche, fait se répandre les bouts de chair sur les murs. Miam, trop appétissant. Je trouvais ça sympa, comme image. Murs éclaboussés. Les murs s'écroulèrent...

- C'est quoi ton prénom déjà ? Un truc en -M non ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mar 4 Oct - 16:33


Hiver d'Onyx.


- Maena. M-A-E-N-A.

Personne ne te l'a dis, alors. On ne tient vraiment pas à toi, chez la Petite Madame. On aurait pu te parler de la Sirène. Au moins, quoi. Te dire de faire attention à elle. Te dire que les Laycaïstes sont des fous, c'est bien, mais encore faut-il que tu sois un peu concerné et brieffé sur le sujet. On est des tarés, chez Layca, cash. Mais franch'ment on s'y fait. C'est même la classe, au final, d'être chez Monsieur j'me casse pas l'cul à faire le sale boulot. Tu connais, qui, de chez nous? Pas plus que chez toi, j'suis sûr. Tu dois te faire des repères tout seul. On est là pour t'apprendre à te défendre, et c'est qu'en crevant que tu vas pouvoir encaisser. Putain, vieux, j'sais pas comment tu fais pour vivre sans savoir qui on est. Sans savoir qui je suis. T'imagines que tu parles au mec le plus puissant de ce monde de dingue, quand même. Et qu'tu sais pas qui c'est. Honte sur toi. La Sirène, non? Vraiment pas? Du tout du tout? Rah, chié. Tu leur as fait quoi, chez Oppse, pour qu'ils t'envoyent à l'abattoir comme ça? Ou peut-être pas la Sirène, remarque. C'est comment, déjà... Le masqué, ouais. Même pas le masqué? Non mais c'pas possible. J'veux dire, c'est la première fois que j'ai à me présenter depuis que j'suis là. On me reconnait, de toutes façons. Non mais c'vrai, quoi, regarde-moi ce dieu. Un corps parfait, bien entretenu, la plus belle gueule des environs. Excluant mon rang d'Elu, rien qu'ça, or donc ma voix séraphique. Je suis trop puissant, c'pas possible que tu saches pas qui je suis. Tu t'souviens de la première lettre, quand même, on a bien du t'en parler, enfin. Puis y'a des choses qui s'oublient pas, j'suis désolé. Genre Maena. La Sirène, le masqué, le furax, le nerveux, l'emmerdeur, je sais pas, un truc, quoi. Merde. Je sais pas, ça m'fout les glandes. Cramé mais t'sais vraiment pas quoi prendre comme priorités! Maena! Maena Aiolia Méryl! T'as qu'l'embarras du choix, pourtant! Rah t'es un fou. Pis comment t'as fait pour survivre sans savoir qui j'étais? Y'a pas une seule personne sur ce foutu plateau de jeu qui ne pense pas à moi au moins une fois dans la journée. La seule fois où leur vie devient intéressante. Mon nom est précieux, merde. L'oublies pas, ce serait con.

- Souviens-t'en, il vaut de l'or.

Il tremble de froid. C'est bien c'que j'pensais.
Son corps me fait pitié. Être glacé par cette chaleur, c'est franchement débile. Mais le mieux, c'est sa réaction. À se couvrir encore et encore, il ne fait qu'augmenter sa température corporelle, or donc se rend lui-même frigorifié. 'Fin dans ma logique. Après, dans c'monde là, j'sais même pas si y'en a une. Il est convaincu d'avoir froid. Tuez-le, putain. J'suis sûr qu'il va me les briser pour ça. J'ai aucune idée du pouvoir qu'il possède, j'en ai rien à foutre. Faut l'aider. Mais pourquoi j'le f'rai? J'suis son ennemi, en plus. J'ai pas de raison de... Non... non. Un tout petit bout de rien du tout...? Non, Maena, non. Ca ferait des traces. Et alors, rien à foutre. Mais si on se fait choper... On se fera pas choper. Imagine si on enlève le masque. Non, non. Et si je lui demandais, juste? Non, il ne voudra jamais. Ni me le dire ni me laisser faire. Putain. Et s'il accepte, ce serait fou... Oublis l'idée, vieux, oublis. Oublis, sérieux, c'est un mauvais plan, là. Ta gueule, arrête ça, ta gueule.
Il est où, putain? Où j'l'ai foutu... Ses sapes sont trop fins, ça f'ra rien maintenant. J'l'ai mis où, ce con? Ah, là-bas. Aller, penche-toi, vieux, attrape-le. Aller... voiiiiilà. Il est putain de bouillant, ce sweat. Il a traîné au soleil depuis tout à l'heure, alors forcément. Il va se demander ce que je fous, à le désapper, à le re-sapper comme ça. J'fais des expériences. J'aime pas ne pas savoir. Et si je ne comprends pas, c'est que ça n'existe pas. Sauf qu'il est là, devant moi. Y'a de la mayière, il est physiquement là. Alors il existe, même un peu. Je veux savoir, j'veux savoir cherches pas. J'vais arriver à trouver sans avoir besoin de son intérieur, merde. J'peux l'faire. Ce sera moins drôle mais... Puis qu'est-ce qui fait qu'il réagit comme ça? Il n'y a rien, de l'extérieur, qui puisse témoigner, prouver ça. Il m'rend fou. J'dois savoir, merde. Je secoue le vêtement entre mes mains, qu'il y ait moins de sable dedans. Ca serait hyper mauvais sur la peau. Et désagréable en plus. Puis je lui fait lâcher la feuille complètement inutile, lui fait enfiler mon haut. Le mien. Il sent mon odeur, du coup. Ca me fait mal au coeur de devoir la partager. Mais imagine qu'il accepte, qu'il me fasse confiance. Ce sera tellement facile, après. Tellement, putain!
Il le met, je souris sous le masque. J'étouffe, mais j'm'en fous. Avec un peu de chance, tout se passera comme prévu.
Il n'y a rien de prévu. Ca se passera forcément bien.
Pour lui, rien ne change. Je reste impassible, je le regarde. Et c'est tout. La capuche est mal mise, derrière. J'arrive pas à m'retenir d'aller la lui arranger, alors j'le fais. Je lui mets sur la tête, comme il faut. Avant de me balancer en arrière, j'attrape ses fringues à lui. J'vais aller les mettre au soleil, pour qu'ils chauffent eux aussi. Comme ça, il pourra me rendre mon sweat et j'aurai pas à rentrer torse nu et à dire aux mecs de Layca que j'l'ai filé à un type de chez Oppse parce qu'il avait froid sous quarante-huit degrès.

- Garde-le.

Je te hais, Maena.
Bon alors, qu'est-tu vas faire, maintenant? Lui offrir l'café, le couvert, le gîte, le logement gratis chez Layca et toutes les infos privées du clan? Tu t'fous d'moi j'te jure. Faut qu'il est confiance, pas que tu l'pousses au pieu avec toi, pauvre nouille. Je me déprime tout seul, tiens. En tout cas, l'autre a intérêt à être content, sinon j'l'ouvre direct sans préavis. Oh merde. J'ai rien dit. N'y penses plus, vieux, c'est fini, j'ai rien dit. Voilà.
Il se les pèle toujours. C'normal, j'viens de lui faire mettre le vêtement. Faut que ça fasse un peu effet. Non mais qu'est-il fout, il a l'Parkinson ou quoi? C'est impossible d'avoir aussi froid. Il est tout bleu, en plus. Putain, et t'imagine que j'ai rien fait, là? Il est facile à crever, lui. Il doit pas faire long feu sur les champs de bataille, héhé. Ah ouais, et j'sais toujours pas c'que c'est son pouvoir. J'suis pas dans la merde s'il m'attaque, m'enpêche. Roh, j'm'en fous, j'suis Elu et j'suis l'meilleur. Qu'est-tu veux qu'il m'arrive. Je sais pas. Par contre, ce dont j'suis sûr, c'est qu's'il s'arrête pas de trembler dans les cinq prochaines secondes j'deviens fou pour de bon. Une. Deux. Aller, vieux, fais pas l'con. Trois. Tu vas pas m'voir dans cet état là, quand même. Quatre. Aller, putain! Quatre et demi. Sauve-toi, mec, aller... On revient à trois. Arrête de trembler, bordel de merde! Quatre. Fais pas l'con, j't'en prie.
Cinq. Tu l'auras voulu.
J'me lève. Comme ça, sans prévenir. J'dois être impressionnant, vu d'en bas. J'approche de lui, me poste juste en face de son p'tit corps tout frêle. C'pas forcément des séismes qui le secouent, mais bordel c'que ça peut être ignoble d'avoir face à soi un vibromasseur. Je le regarde de haut. Derrière lui, il y a l'assassin de l'aranae de tout à l'heure. Lui aussi, il est énorme. Et j'le vois qui approche de nous. Rien à foutre, je reviens sur Machin. Il ne tremble plus vraiment, ou alors j'le vois pas. Trop tard. Je m'effondre sur lui, comme ça. Je colle sa tête à mon torse, et je le protège du soleil de plus en plus chaud. J'l'ai pris dans mes bras, j'sais pas pourquoi. Et je le garde, voilà.

- C'est pas pour toi que j'le fais. J'le fais pour l'amour de l'humanité.

J'ai fermé les yeux. Il est brûlant, déjà. J'ai l'impression de me faire un câlin. Il sent mon odeur. C'est sucré sans être agressif. C'est velouté, c'est fin, subtil. J'adore cette odeur. Mais la sienne vient tout faucher, c'est évident. Il est chiant. J'vois le crabe génétiquement modifié arriver vers nous en fourbe. Bwarf, du moment qu'il fait pas le con, ça devrait aller. On verra bien. En attendant, j'dois trouver la confiance de ce sujet-là. C'aurait été une gonzesse, ça aurait pas été bien compliqué, mais alors là... J'suis nul, moi, pour ça. Rien qu'avec mon air de psychopathe... Inconsciemment, j'ai posé ma main au bas de son dos. Il n'est pas très cambré. Je sens sa peau, le sweat n'est pas descendu jusque là. J'sais pas habiller les gens. Et mes doigts touchent son échine. Mes ongles le transpercent. Je veux savoir. À tous prix.

- Et toi, c'est quoi ton nom?

Viens, chaton. Viens entre mes griffes.
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 5 Oct - 12:55

Il a glissé. Le sol s'est retiré sous ses pieds. Il a chuté, dans un tunnel. S'accrochant désespérément aux parois. Plantant ses ongles abîmés dans la terre morte. Pour atterrir, violemment, sur un sol blanc. Murs blancs. Tout est blanc. Souillé de rouge. Des corps, au sol. Le crâne pulvérisé. Les murs sont recouverts de restes. Bouts de chair. Des morceaux de cervelles jonchent le carrelage. Des flaques de sang. Il glisse, encore. Ses mains se tâchent. Il salit tout, ses vêtements, son visage, les murs. Les murs. Ils tremblent. Dehors, ça grogne. Il y a une porte. La vitre éclaboussée de sang. Il l'ouvre. Même pièce. Le même décor. Mais la tâche de sang comporte les même traces que la précédente après sa chute. Il court, une autre porte. Encore la même pièce. Presque. Plus de sang. Puis, plus de corps. Plus de porte. Il regarde ses mains. Des mains osseuses, squelette. Son crâne explose. Maena a frappé.
Maena. Bien sûr. Maena, l'élu de Layca, fumeur et exploseur de crâne. Mon crâne à moi, me faisait mal. Ces hallucinations, si précises, si étoffés. Ma santé mentale partait vraiment en lambeaux. Lui, il a l'air de me prendre pour un attardé. Je comprenais maintenant, pourquoi j'avais entendu de sales trucs sur lui, auparavant. Je n'y avais pas vraiment fait attention, portant peu d'attention aux « ragots ». Enfin bref. J'observais les détails de son masque. Son œil gauche était rouge, c'était flippant. L'autre, d'un bleu aussi étonnant que les yeux de Kamui. Son élu dominant... Bon sang. Layca, Kamui, élu primordial, Maena, élu. Je tenais là un moyen de le revoir enfin. Ses mains me tirent de mes pensées. Il était en train de me mettre son sweat. Le sweat d'un rouge pétant qui lui allait très bien. Odeur étrangère. La sienne.
Il avait ajusté la capuche. Maniaque. Je souris. Lui, restait impassible. Je ne voyais pas son visage changer. Même s'il portait ce masque, qui lui prenait presque le visage tout entier. Rien que d'imaginer vivre quotidiennement avec ça, j'en frissonnais. J'avais horreur des inconvénient physiques. Masque, pansements, etc, ce genre de choses m'insupportaient. J'aimais me sentir libre, pouvoir me mettre torse nu sans rien sur ma peau. On me reprochait parfois de pas prendre soin de mes blessures. Je n'y mettais jamais rien dessus. Même pas un simple bout de papier. Je m'égarais. Mon esprit se retourna vers l'élu ennemi.

- Garde-le.
Sérieux ? Mon regard se baissa sur le sweat. Il était vraiment sympa. Mais j'avais cru comprendre qu'il y tenait. M'enfin. Je n'allais pas cracher sur un vêtement chaud en plus. C'était toujours ça de pris, bien que mes affaires comportent pour la plupart d'énormes vestes. Mon corps tremblait encore un peu. Mais je sentais la fausse chaleur s'imprégner sur ma peau, au fur et à mesure que les minutes silencieuses défilaient. Il restait planté là. Stoïque. Comme j'aurai pu l'être. Je me mordais la lèvre, restait le plus immobile possible. Ma faiblesse étalée au grand jour, sous un soleil brûlant. Il pouvait m'éliminer en un claquement de doigt. J'allais grogner d'agacement, quand il fit quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas le moins du monde. Son corps s'est légèrement relevé, d'un coup. Comme une statut qui prend vie. Oui, statut lui allait bien. Son visage était parfait. Il était d'une beauté peu soupçonnable, derrière un aussi gros masque. Mais il dégageait la perfection. C'était peut-être, sûrement, pour ça, qu'il me révulsait autant qu'il me fascinait.
Maena s'est affalé sur moi. Sa tête contre le haut de mon torse, contre son propre sweat. Mes yeux auraient voulus s'écarquiller, mais je restais étrangement immobile et neutre. Je n'étais pas bien assis, avachi sur mon corps. Je me sentais bizarre. Mal. Pas mal à l'aise, non. Cette position était inconfortable. Et je sentais l'air toucher une partie de mon dos. Subitement recouverte par sa main. Merde, qu'est-ce qu'il foutait ? Je me fais tripoter, ça craint. Il devait avoir une idée en tête. Je sens ses ongles s'enfoncer dans ma chair. Mon dos se cambre sous la surprise et la petite douleur naissante.
Sa voix refait surface. Il me demande mon nom. J'avais envie d'une cigarette. Le cœur serré, le crâne douloureux, un type bizarre vautré sur moi. Cela faisait un peu trop en l'espace de quelques minutes. Ma main descendit sur la poche de mon pantalon, tirant une clope. Calé entre mes lèvres. Embrasé par le briquet autour de mon cou. Mes bras retombèrent de chaque côtés de mon corps. Je ne savais pas comment réagir. Le jarter, rester ainsi, avec ma cigarette dans la bouche. J'ai tiré une latte, expié. Gardant la cigarette entre mes doigts.

- Dimitri. Oublies le, il vaut rien.
Nouvelle bouffée. Je repensais à Luz. Une élue fumeuse, elle aussi. Je commençais à croire que tous les fumeurs d'Alea Jacta Est avaient un grain. Luz. Avec son visage de porcelaine. J'aurai pu croire à un masque, si seulement j'y avais vu des fissures. Mais non. L'élue à la blancheur dominante était réellement cette femme qui avait fait renaître ma rage viscérale.
Et maintenant, je croisais un larbin de Layca, complètement fou, avec un pouvoir capable de me réduire en miettes là, tout de suite, maintenant, qui me faisait un câlin. On aura tout vu.

- Je peux savoir ce que tu fais ?
L'air de rien, il m'avait méchamment griffé. Ça faisait mal la connerie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Dim 9 Oct - 19:58


Printemps de Cheir.


Il n'y a plus de nom. Entre mes mains, le nom n'est plus. Ni identité, ni moyen de se démarquer des autres. Chez moi, plus aucun repère sur le soi qui est vôtre. Entre autre qui est tien. Il n'y a plus rien à faire, avec moi. C'est irréversible. Irrécupérable. Tu l'as choisi. Tu avais froid, je t'ai réchauffé. Il n'y a pas eu besoin de mots, tu sais. Une simple prière suffit, et je descends à tes côtés pour t'aider à purger ta peine. Encore aujourd'hui, je suis là. Maintenant, je suis contre ton corps bouillant à te donner, oh tout ce qui peut t'être offert. Je te donne mon corps comme mon odeur. Tu aimes les fleurs, tu es dans mon jardin. À défaut d'avoir un nom, tu l'as appellé Eden. Pourquoi pas. Les libellules autour de toi te soufflent leur doctrine de leurs ailes fines. Tu les regardent, elles te hantent. L'herbe fraîche te séduit de ses mouvements réguliers, menés par un zéphyr calme et doux. Dans ce que tu considères comme le ciel, pas un nuage. Une sphère que tu imagines brûlante t'innonde de ses rayons grossiers, indélicats, pourtant si agréables. Tu sens la morsure d'un frisson sur ton échine, tu n'entraves en rien sa progression. Légère angoisse, sans doute. Il n'y a plus d'autre solution qu'accepter. Face à toi, un étang. Les profondeurs abyssales t'effraient, et tu sais que là n'est pas ton royaume. Tu ne t'en apporches pas. Les fibres vertes des saules s'inclinent au-dessus de ton crâne. Tu caresses leur crinière avec passion, langueur. Les ailes poudrées des papillons coquets te frôlent, t'enivrent. Tu rêverais de voler à ton tour de la sorte, mais tu es trop encré en la terre qu'elle refuserait de te laisser distraire ainsi. Tu prends racine dans ce qui te semble être un milieu pour toi. Tu n'as qu'à tendre les mains vers les cieux pour recevoir la grâce des fruits juteux qui n'attendent que tes phalangues entrelacées sur leur corps gorgés d'eau. Il n'y a rien d'autre. La chaleur, le jus, la compagnie des êtres purs. Tu te fonds parmi les fleurs, et tu aimes ça. Tout est calme. À défaut d'avoir un nom, tu en donnes un aux choses et tu apprends par toi-même à communiquer. Tu aimes ces contrées que tu ne connais pas. Et tu vois cette créature surgir de l'étang, comme ça.
Avec mal, tu t'avances sur la rive. Elle est parfaitement immobile, échouée contre la toile de pétales. Tu t'en approches, ne la touches pas. Tu blêmis. C'est une créature qui n'a pas de racines, comme toi. À la place, elle brille de milles feux. Tu ne sais pas ce que c'est, mais tu sais que ça existe puisque ça te fait face. Tu n'as cure de la peur qu'elle t'inspire, elle qui ne bouge pas. Parce qu'elle ne bouge pas, tu l'appelles la Plante. Elle scintille dans tes yeux sibillins. La courbe de ses reins est nue. Elle n'a aucun voile pour cacher ses traits si élégants. Les fils sombres qui la recouvre te semblent mirifiques, hypnotiques. Tu ne peux décrocher ton regard d'elle. Elle t'intrigue. Tu ne connais pas le sentiment dont elle est la source, tu l'appelles pour un temps la curiosité. Elle ne semble pas comem toi, chaud. Elle est d'une couleur qui n'existe pas chez toi. C'est une couleur étrange, claire, très claire. Tu l'appelles le blanc. C'est une couleur qui sied bien à la pureté. Tu en conclus qu'elle est pure. Tu t'en approches un peu plus. Très peu. Tu as peur qu'elle surgisse, terrifiante, de sa torpeur. Tu la crains. Tu veux lui demander comment elle va, mais tu ne sais pas si elle peut t'entendre. Tu n'oses parler. Tu la touches, à peine. Simple frôlement. Aucun contact de peau à peau. Et ce qui s'inspire de ton buste chez elle se cambre brutalement. Tu vois deux sphères sur elle, rebondirent. Elle inspire bruyamment. Comme si elle était effrayée. Comme si elle venait de se réveiller dans un monde qui n'est pas le sien. Elle suffoque, pliée en deux, son semblant de visage brandi vers le ciel. Elle n'arrive pas à respirer. Ce qui est accroché à elle à la place de tes racines frétille frénétiquement. Elle ne cherche pas à bouger, mais ce membre inconnu à sa suite bat le sol comme s'il était fautif de son état. Tu t'es enfui, et tu trouves néanmoins le courage de revenir vers elle. Tu regardes le faciès que vous avez en commun. Elle est couverte de ce que tu appelles provisoirement marques, de ce qui deviendra balâfres. Dans le cou frère du tien, sur ses joues soeurs des tiennes. Partout. Elle est pourtant belle. Très belle. Elle suffoque. Tu n'y prends pas la moindre attention. Ce qui te capture, chez elle, outre son apparence bancale, ce sont les équivalent chez elle de tes yeux. Elle n'en a pas. Il est inconcevable pour toi que ces deux merveilles puissent être des yeux. Ni bleu, ni vert, ni gris. Aucune couleur connue ne peut les qualifier. Tu décides d'appeller ça la splendeur. Les splendeurs implorent le ciel. Elle ne retire pas son attention du ciel. Elle est très belle. Sa racine fouette le sol violemment. Elle ne ferme jamais les splendeurs, les laissant grandes ouvertes constamment. Elle respire à grandes peines, dans des râles qui t'envoûtent. Ce qui s'apparente chez elle à tes bras sont entaillés, lacérés, à tel point que le liquide qui s'en échappe ne veut pas stopper sa progression sur ta terre. Elle se supporte grâce à eux, frêles, impuissants, mutilés. Rien de tout cela ne t'inspire confiance. Tu soupires, tu la crains encore. Mais tu la prends comme tu peux en enroulant tes bras autour de son torse fin, et tu la soulèves pour la transporter sous le feuillage triste d'un pleureur. Quand tu la traînes, sa racine ne s'apaise pas le moins du monde. Tu peines à la faire avancer. Elle n'est pas chaude comme toi, elle est selon toi froide et recouverte de quelque chose qui fait glisser ta peau sur elle. Ses splendeurs ne se ferment jamais, à tel point que tu imagines qu'elle n'a pas les fonctions anatomiques pour les fermer. Tu l'adosses au tronc, elle se laisse faire en s'étouffant. Tu te demandes ce que tu peux faire. Tes bras sont couverts de cette substance étrange qui la recouvre. Tu te demandes que ce cela peut être, avant de te souvenir qu'elle venait de l'eau. Tu cours près de l'étang, et avec dégoût plonges ton bras droit à l'intérieur. Quand tu le sors, tu es toi aussi recouvert par la substance. Tu en viens à la conclusion qu'elle est couverte d'eau.
Elle va mieux. Tu t'es demandé comment lui apporter l'eau. Tu as trouvé qu'elle tenait dans tes mains, et tu l'as mise dans ta bouche pour ne pas la faire tomber. Tu lui as fait boire en collant tes lèvres à leur équivalent chez elle. Tu n'as pas compté les allers-retours que tu as du effectuer pour sa sauvegarde, mais tu sais que tu as bien fait. Maintenant, elle respire. Elle va mieux. Tu attends qu'elle repprenne tous ses esprits. Et soudain, tu entends un son que jamais rien ne pourra égaler. Une magnificence qui t'était jusqu'à lors dissimulée. Un accouplement de notes, pincements d'une telle rareté, d'une telle précision, d'une telle féerie que tu en ignorais jusqu'à l'existence. Elle t'enchante dès qu'elle ouvre la bouche. Tu ne l'écoutes pas vraiment. Tu n'entends que la musique qu'elle diffuse et néglige les paroles de sa chanson. Tu la mires, tu ne démords pas de son apparence somptueuse. Elle sourit, comme toi lorsque tu es heureux. Tu l'es. Tu lui demandes ce qu'elle est, elle te répond qu'elle l'ignore. Tu lui demandes alors comment s'appelle chez elle l'équivalent de ce qui est pour toi le corps. Elle te répond la perfection. Tu trouves la perfection magnifique. Ses marques la rendent plus belle encore que le monde. Tu t'abandonnes à son chant, à tel point que tu décides de lui inventer un nom. Tu l'appelles le divin.
Vous faites connaissance, tu es fasciné par elle. Elle te présente par ses enchantements vocaux son royaume sous-marin, et tu dégustes chacune de ses phrases comme tu dégusterais la moindre parcelle de sa perfection. Elle te dit que sa racine est une broderie d'écailles comme celles des poissons. Tu ne sais pas ce que sont les poissons, mais tu te dis qu'ils doivent être magnifiques. Tu as besoin de chaleur, d'eau et de racines. Les trois seuls éléments utiles à ta survie. Elle t'intrigue, puisqu'elle ne vient pas d'ici. Et tu lui demandes ce dont elle a besoin pour exister. Tu sais qu'elle a, comme toi, besoin d'eau. Tu l'aimes plus que nécessaire, rien qu'à partir de cette ressemblance. Vous être peut-être pareils, après tout. Elle ajoute qu'elle a besoin de fleurs. Elle en pointe une de son doigt amaigri. Ce qui tu as baptisé narcisse. Un ravissant narcisse. Elle te dit qu'elle rêve de ces fleurs, qu'elle aimerait en avoir une, mais que son monde en est dépourvue. Elle t'explique qu'elle vient des profondeurs aquatiques pour en ravir une et qu'avant de pouvoir sortir de l'eau, quelque chose dont elle ignore le nom l'a attaqué. Elle s'est réfugiée à la surface, et s'en est sortie en échange des blessures sur ses bras. Tu lui demandes si les fentes dans sa nuque en sont aussi, mais elle rit et te dit que ce sont des branchies qui lui permettent de respirer sous l'eau. Tu la vois encore faible, tu te laisses attendrir. Elle soupire, se plaint de ne pouvoir l'arracher et la mettre dans ses cheveux. Tu te retournes, déterre le narcisse, le lui dépose dans ses cheveux nois de jais. Elle est surprise, reste sans voix. Tu t'en rends malade. Et elle te saute au cou en pleurs. Ton coeur se fend en deux avec la douceur d'une plume. Elle te remercie. Tu te mets à pleurer. Elle a fermé ses splendeurs, tu ne le vois pas. Quand elle les rouvre, la splendeur gauche s'est teintée d'un rouge maléfique. Son sourire n'a plus rien de rassurant. Elle est belle à en pleurer, malveillante au possible. Et tu ne le vois pas.
Dans son silence, dans l'échancrure de ton dos, une piqûre.
Les fleurs frissonnent. La poudre des xanthies autour de toi t'empoisonne.

La terre engouffre tes racines en son sein. Tu es paralysé, les racines prises entre les fleurs. Elle te lâche, tu la vois. Elle est horriblement belle, et sa splendeur vermeille t'émerveille. Elle rit. Ce rire n'a rien de sa grâce d'auparavant. La terre t'engloutit, le ciel devient gris. Noir. Les rayons vicieux de la sphère chaude sont remplacés par le froid maladif d'une rondeur aussi blanche que la perfection. Une ressemblance aussi frappante ne peut être le fruit que d'une génétique identique. Cette horreur est le fils de cette sphère-là. Des millions de lumières que tu ne connais pas sont témoins de ta déchéance. Tu essaies de sortir, la supplies de t'aider. Elle te regarde, rit de plus belle. Tu pleures. Tu tends la main vers elle. Elle te gifle. Te griffe. Ses traits deviennent ceux d'une créature que tu ne connais pas. Tu décides d'appeller ça un monstre. Tu l'appelles menteur. Elle te tourne autour, attrape tes poignets, tire. Tu hurles de douleur. Elle te tire, te tire vers l'eau. Les rires fusent dans le ciel. Tu te sens honteux, trahi. C'est un menteur. Tu vois sa perfection tomber en lambeaux, pourir devant toi. Les écailles de sa racine frétillent d'éxcitation. Elle veut t'emmener avec elle. Autour de toi, les fleurs se fannent. Seule la sienne, narcisse impitoyable, conserve sa beauté. Il n'y a plus d'herbe, plus d'arbres. Un matériel se forme, remplace la terre. Tu es toujours prisonnier, tu appelles ça le sable. Derrière toi, les collines sont devenues ce que tu baptises des dunes. Le zéphyr n'est plus que vent violent, les papillons meurent les uns après les autres. Elle te tire. Elle rit, te tire, te regarde, te tire. Tu supplies pour qu'elle arrête de te blesser de la sorte. Et elle te tire tellement qu'elle finit par te déterrer. Comme un vulgaire narcisse. Tu hurles, tu ne t'arrêtes pas. Elle se jette sur tes racines, les retire du sable, les dévore. Tu possèdes le même liquide intérieur qu'elle. Elle dévore ce que tu appelles, post-mortem, tes jambes. Elle finit, se retourne vers tes cris perçants, récupère tes bras et te traîne vers l'eau noire, vers le lac rouge d'où elle vient. Elle te traîne, tu te débats. Ses écailles, bien qu'elle ne puisse pas marcher, lui sont fidèles et ne te laissent aucun instant de répit. Reflexe, tu la mords. Tu lui mords les doigts. Elle hurle à son tour, te frappe avec sa racine. Sur la peau de son échine apparaissent deux rondeurs inquiètantes. De là naissent des ailes du blanc le plus pur. Ce ne sont pas les ailes des papillons, couvertes de poudre. Ce sont des plumes. Elle s'emparre de tes cheveux, te soulève, s'envole avec toi. En l'air, ses dents s'attaquent à ton visage. Tu hurles. Son poing pénètre ton ventre, en sort les intestins. Elle est passionnée. Elle est tendre. Elle te fait tomber près de l'eau, qui se change immédiatement en sable gluant. Elle perd ses ailes, s'écroule à tes côtés. Elle respire bruyamment, te tire par na nuque jusqu'à l'étang marécageux. Tu hurles. Et vous disparaissez. Tous les deux.

En ma compagnie, il n'y a plus de nom. Rien pour s'affirmer, nous sommes pris dans mes filets. En ce sens, vous avez décidé, vous avez jugé bon de m'octroyer le plus beaux des présents. En cage, alors que vous auriez du vous battre pour conserver un semblant d'identité, vous avez choisi de m'en offrir un. Jamais ma puissance ne fut aussi grande qu'assise, souverraine, sur vos carcasses. grâce à ce nom qui me fait virevolter au-dessus de vous tous. Mes pleurs sont votre berceuse, et vous m'avez nommé Sirène. Entre vous, pauvres hommes, vous avez usé de la troisième personne de majesté. Entre vous, vous m'avez appellé Le Diable.


Fils de Brachion.


Je t'offre une compagnie ardente, chaleureuse. Il est temps de se brûler, à présent.

- Dimitri. Oublies le, il vaut rien.

Je refuse de te voir fumer devant moi. T'as pas à me narguer, saloperie. Dimitri, c'est ça? Ca ressemble à rien comme nom.

- J'comptais pas m'en souvenir, tu sais.

Thermophobie. J'suis sûr que c'est ça. Ca peut aller de paire avec les tremblement. J'enlève mon doigt de son dos, le déplace sous le sweat. Il est brûlant, c'est clair. Il ne tremble plus vraiment, mais sa peau n'est pas tranquille. Il est anxieux, p't'être un peu stressé. Bien. Il transpire un peu, mais très vite. Quand je lui ai enlevé ses vêtements, il n'avait pas une seule goutte de transpiration. Là, il commence à vraiment suinter. La loose. Je retire mes mains de là. C'est dégueulasse à force. Je colle mon oreille à son torse. Battements réguliers, rien à signaler. Un tout p'tit peu rapide, à la limite. Mais franchement pas de quoi appeller l'FBI. Je fais glisser mes mains sur ses bras. Il est pas gros. Pas gros du tout. C'est à noter, ça. J'arrive sur ses mains. La droite tient la clope. Putain. Je lui vole. Tu crois pas qu'tu vas te foutre de moi comme ça, j'espère?

- T'fumes pas à côté d'moi, enfoiré.

C'est pas bon pour lui. Si c'est c'que je pense, comme délire, alors fumer c'est pas la solution du tout. J'la garde avec moi, j'la jette? J'en sais rien. Ca fait mal au cul d'balancer une clope neuve, quoi. Pas grave. J'enlève le masque d'une main. De l'autre, j'garde mon sujet d'étude contre moi. Une fois le masque enlevé, j'm'éclate à reprendre sa main dans la mienne. Elle est moite. Je regarde ses ongles, ils sont fragiles. Il les porte courts. Il ne les laisse pas plus long de peur de les casser, parce qu'ils s'cassent facilement. C'est certain, j'te dis. J'pose la clope entre mes lèvres. Au pire, il aura mal au crâne. Et franchement à en croire le diagnostic, si j'étais à sa place, j'pense qu'un mal de crâne serait pas mon premier problème. M'enfin moi c'que j'en dis. Je regarde son visage. J'dois le faire flipper mais j'm'en cogne. Il a des cernes sous les yeux. Je pose deux doigts dessus. Ils sont profonds. Ca fait plusieurs jours qu'il ne dort pas. Il est fatigué. Je touche ses joues. Elles sont minces, pas tellement remontées par les muscles. Faiblesse musculaire, donc. À quoi ça m'fait penser... J'suis sûr d'avoir vu ça chez quelqu'un. J'sais plus, m'en fous. J'pose mon front sur son front. C'bizarre comme sensation. Ben ça fait gay, en fait. Ouais ben merde, j'suis bien obligé d'l'ausculter autrement qu'avec des radios. J'te jure... Putain, j'rougis. Merde, merde, merde! Arrête, Maena, ça sert à rien, arrête. Gniii, faut que j'me calme. T'es pas obligé d'continuer, hein, aussi. Ouais mais si j'le fais, j'suis sûr de son problème. Mais c'est... hem... voilà quoi. Bon, j'fais quoi? Non, non non, j'fais pas, tant pis. J'me démerde autrement. Pas grave, pas grave. C'est rien. J'me retire de son front. Là c'est l'moment où j'dois le désapper pour mater sa queue. Mais ça ira, on va dire. Je chope mon masque, j'le remets. La cigarette? J'la garde entre mes doigts. Attends, j'en prends soin, moi.

- T'as maigri, récemment? T'es fatigué? Et est-ce que t'as un caractère que t'avais pas avant? Genre tu t'mets à râler pour rien, ou tu d'viens chiant. Ou au contraire t'es content et tu sais pas pourquoi. J'sais pas.

Je dis que de la merde. Mais j'veux savoir. J'veux savoir. J'suis en stress, là, j'veux savoir. Puis comem ça ça m'évitera de l'ouvrir, aussi, en fait. J'lutte, là. J'lutte contre moi. Ce s'rait tel'ment plus simple si j'pouvais simplement m'en foutre. Tu parles d'une connerie, toi. Je suis sûr que je sais ce qu'il a. Je sais d'où ça vient. Faudrait juste que je puisse regarder ses couilles. J'me hais, des fois, j'me hais. Depuis t'à l'heure j'fais que zieuter son futal, son entrejambes, sa gueule. Daaaah, j'vais péter les plombs! Faut que j'sache!

- Ou peut-être que t'as eu un grand choc émotionnel, que t'es stressé, ça marche aussi. Ou que t'ailles souvent aux chiottes.

Et est-ce que t'as une queue toute petite? Est-ce que t'as des tâches oranges dessus? Non mais vas-y, Maena, t'as rien à perdre! Pauvre con de toi, j'te jure! Y'a que chez toi qu'on pense à matter les couilles d'un type! Mais abattez-moi, merde! j'veux te tomber d'ssus. J'veux t'ouvrir, putain. J'veux savoir si c'est bien ça. J'sais pas si d'ici je peux le sentir. J'sais pas, j'sais pas. À ton avis, j'fais quoi? Je tente? Ca va faire comme si j'l'étranglais, putain. Il va prendre peur. J'peux pas. M'en fous. Et je lui tombe dessus. Je l'attrape par la gorge, et j'appuie sur sa gorge. Je sens que dalle. On tombe tous les deux à la renverse. Putain, mon sweat va être plein d'sable. Ah mais c'est vrai, j'm'en cogne, j'lui ai donné. Abruti de moi, j'te jure. Il doit penser que je suis en train de l'étrangler. Tu pourrais lui dire pourquoi tu fais ça, Maena, quand même. Ouais, non. Je porte ma main à ma gorge, exactement pareil que pour lui. Et c'est différent. Je lâche mon emprise, je me sens tomber sur le sable à la renverse. Bien, tu sais te défendre, vieux.

- Hé, j'ai compris! T'as pas de thyroïde, vieux! C'pour ça que t'es déreglé niveau climat!

Vas-y, balances ça comme ça. C'est très crédible, alors que y'a pas trente secondes tu voulais lui retirer son futal pour matter le reste. M'enfin. Au moins, je sais. Puis ça va, j'l'ai pas trop amoché. J'suis pas un monstre, en fait. Pas trop.

[T'avais pas qu'à me dire de me lâcher, c'tout.]
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 26 Oct - 21:51

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien]

Secoué, à travers les vagues. Vagues qu'il n'a goûté qu'en rêve. Vagues qu'il n'a senti qu'en rêve. Vagues dans lesquelles il aurait voulu se noyer. Pour disparaître enfin, se laisser emporter. Au fond des abysses, se fondre dans la noirceur de l'océan. Mourir, en emportant ses rêves, ses tourments. Tous les secrets de son esprit. Esprit tellement complexe, tellement grand, tellement profond. Néant. Cataclysme d'images. Cataclysme de couleurs. Ouragan de mélodies. Une galaxie chaotique où se regroupe toutes les pensées, tant banales qu'atypiques. L'esprit unique. Pensée égoïste. Peu importait. Les vagues le serraient en leurs seins. Humides, froides. Cruelles, et à la fois tendres. Meurtrières mais salvatrices. Son corps est comprimé, imbibé, noyé. Littéralement. L'eau entre par tous les pores, la bouche, les yeux, les oreilles, tout. Elle s'infiltre, comme un poison, dévore l'intérieur de son corps. Tourmente son esprit. L'esprit s'est fait déchiré par la douleur. Une bête féroce aux griffes acérées. Elle a lacéré l'esprit, froidement. Laissant une cicatrice à jamais apparente. Lacéré le cœur aussi. Plaie béante. A jamais ouverte. Celle-ci ne cicatrisera même pas. L'eau s'infiltre dans l'entaille, purifie l'intérieur de l'organe. Souillé, souillé. Empli de douleurs, de larmes, de tristesses, de souffrances. Alors, l'eau purge, encore, encore. Récure chaque recoins des parois. Lave le sang, qui dégouline. Efface les blessures qui s'accumulent. Puis laisse une loque. Un morceau de chair pourpre, vide, creux, et ouvert de toutes parts.

Merde, pourquoi est-ce qu'il m'asticote comme ça ? Il me donne le mal de mer. J'ai l'impression d'être au milieu d'une tempête en plein océan. Et je viens pas de me voir couler ? Je me suis endormi ou quoi ? Ha mais oui en fait. Mince, qu'est-ce qu'il m'arrive ? J'arrive plus à...

Il entend des cris, au loin. Les bourreaux, avec leurs pieux, souhaitent qu'il coule. Cesses de te débattre, laisses toi mourir. Tu as bien soufferts, pauvre garçon. Les autres hurlent à la mort. Reviens ! Nages, ne t'endors pas ! Les deux choix sont tentants, n'est-ce pas ? Le premier, abandonner. Laisser la mer l'avaler pour toujours. Trop facile. Mais si attirant... Après ce combat acharné pour subsister après les multiples déchirures qu'ont subis le cœur et l'esprit. Pourtant, derrière les blessures, il est fort. Pourquoi ne pas se battre contre la rage de Poséidon ? Se débattre, se débattre. Reprendre la bataille. Le cœur est décharné, mais il bat. Imperceptiblement. Des battements lents, lents d'agonie. Mais il bat. Le corps vit toujours. Tout est vivant. Oui...

- Ou peut-être que t'as eu un grand choc émotionnel […].
Punaise, je divague complètement. J'ai fais comme un rêve éveillé, où je me noyais. C'est sûrement l'océan à côté qui me fait perdre la tête. Il y a bien des gens qui hallucinent dans le désert, pourquoi pas près de la mer ? Mais je comprends pas ce qu'il babille, l'autre. Il me pose des questions sur mon état de santé, je sais pas. Je comprends pas. Il chercher à piger quoi là ? Pourquoi je suis un abruti qui se les pèle au soleil ? Sûrement oui. Tout le monde cherche à comprendre... Inutilement.

Il ressort de la mer. Inondé. Il vomit de l'eau. Imprégné. Il suffoque, d'avoir tant manqué d'air. Ses yeux débordent de rage. Il s'est battu, battu contre une chose indomptable. Il a donné ses forces, les a abandonné au fond des eaux, juste pour fouler ce sable. Son cœur brûle, douloureux. Comme un pustule. Il se comprime. Explose. Matière blanchâtre écœurante. Brûlante. Infection. Douleur. Ses poings se serrent. Les ongles s'enfoncent dans la chair. Petites traînées de sang. Douleur sans nom. Douleur sans fond. Ses yeux pleurent de rage. Il se hait. Il hait la terre entière. Il hait absolument tout et tout le monde. Pourquoi ? Parce qu'il a choisi de se battre, pour vivre une vie qui ne lui convient pas. Il tient à la vie, alors qu'elle ne fait que le blesser. Il essaye d'y croire. Il essaye. Mais en vain. Déçu. Toujours déçu. Moqué, blâmé, humilié. Taquiné, montré du doigt, moqué, encore. Sans raisons. Il est intelligent, il est gentil, même doux, empathique. Avant, il avait tout pour être une personne indispensable. Désormais, le masque colle trop à la peau. Dès qu'il essaye de le retirer, sa peau s'arrache. Habituellement impassible, maintenant, il explose. Toute sa haine se déverse. Comme une pestilence. CREVEZ TOUS BANDE D'ENFOIRES!

- Hé, j'ai compris! T'as pas de thyroïde, vieux! C'pour ça que t'es déréglé niveau climat!
J'ai les boules. Je sais même pas pourquoi. Il se passe un truc dans ma tête, je divague totalement. J'ai l'impression de devenir schizophrène. Je me sens brûler de l'intérieur, j'ai envie de lui foutre une mandale dans la gueule. Sérieux, vas te pendre, qu'est-ce que t'as à me tripoter à présumer des trucs sur moi ? Je suis énervé comme jamais. Mais je ne comprends pas pourquoi. J'ai le cœur serré, l'estomac noué, la gorge aussi. J'essaye de parler mais ça sort pas. Rien, le silence. J'ai du mal à déglutir. Mes yeux se tournent vers la mer, plus loin, tandis que l'autre arrête enfin de me triturer. Pourquoi j'ai envie de m'arracher les yeux ? De lui vider le ventre ? De hurler, de tout faire cramer ? Putain sérieux, je suis mort, dans une autre vie. Pourquoi est-ce qu'on m'a choisi moi ? Pourquoi on les as choisi eux ? Pourquoi on a voulu arracher des gens à la mort comme ça ? Je me souviens de cette visions, clairement à présent. Je me suis suicidé, sur Terre. J'ai mis volontairement fin à ma vie parce que je souffrais à en crever, justement. Alors POURQUOI?! Putain pourquoi on m'a arraché mon salut ? Pourquoi on m'a refusé le repos, le néant, et le vide ? HEIN?! POURQUOI?! Et pourquoi on ressuscite toujours ici, comme dans un jeu vidéo ? Pourquoi on peut pas crever une bonne fois pour toute ? Cet enculé de « maître du jeu », si il nous voit supplier la mort, il nous laissera vivre pour s'amuser encore plus. C'est quoi cette merde ?! Il est même pas humain lui, il y a des soi-disant dieux à la con qui se tapent sur la gueule et ils ont décidés de venir nous emmerder à nous ?! J'en reviens pas. Je commence à percuter. Et ça fait vraiment mal au cul putain. Je me rends compte qu'à force de serrer les points, mes ongles, aussi courts soit-ils, se sont enfoncés dans ma paume. Je saigne. Et ça pique en plus. Merde, mais ça soulage... C'est bizarre...

- Et merde, putain...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mar 1 Nov - 4:42


Kalepomentaneïnomineïologie et helenophobie.


L'a pas d'thyroïde, c'crétin! Cash qu'il peut pas être bien dans sa vie! Putain Belzy c'est vraiment un enfoiré! Attends, tu prives pas un mec de sa thyroïde parce que t'veux lui casser les couilles, c'est dégueulasse! Non mais sérieux, moi quand j'veux faire chier les gens j'm'adapte gentillement, c'marrant du coup, mais là Belzy c'est carrément lâche comme moyen d'faire! Attends, Machin il a rien d'mandé! Si ça s'trouve, comme on arrive ici par l'opération de j'sais pas quoi une fois qu'on meurt ou quoi, le mec, là, il voulait crever pour de bon! T'imagines, il était handicapé ou quoi dans l'monde du passé, j'comprends qu'il ait pas voulu vivre, putain! Quel intérêt sinon le faire d'autant plus chier de le ramener ici? Ah ouais, et d'ailleurs une question à poser au morveux en rentrant: d'où c'est qu'on est choisi, nous? Comment ça s'fait qu'on débarque ici? On a rien d'mandé, 'fin moi j'ai pas souv'nir d'avoir souhaité m'réincarner dans un monde trop space sans électricité. Et puis comment veux-tu être content quand il t'manque la thyroïde?! C'est le truc le plus chiant du corps humain avec le coccyx! Si ça débloque, c'est la merde la plus totale. Attends j'suis désolé, mais avoir des sautes d'humeurs toutes les dix minutes c'est casse couilles, aussi bien pour toi qu'pour les autres qui doivent te supporter à longueur de journée. Ah béh r'gardes-moi ça, il est d'mon avis Raoul. Il vient de se mutiler les mains avec ses ongles, c'est sympa. 'Fin j'dis ça mais il doit être vraiment chié d'savoir c'qui lui arrive vu qu'il s'est carrément planté les ongles dans les paumes. C'est trop un fou, en fait. D'un autre côté j'ai rien à dire. Depuis mon pétage de plombs avec Cas... Attends, j'vais y arriver. Castel, Casel, Castiel, Castiel, j'crois. Castiel, c'est ça. Ouais ben la nuit où il est venu m'emmerder lui, j'ai pété mon câble et j'me suis gratté. Encore. Alors j'me suis coupé les ongles, comme ça j'limiterai les dégâts la prochaine fois. Lui il les a déjà courts. Et pourtant, il force tellement d'ssus que ça lui creuse la chair. Y'a du carmin sur sa peau. C'est stressant, putain. Ca m'donne envie d'l'ouvrir. Pas bon, ça. Pas bon du tout, putain.

- Et merde, putain...

À qui l'dis-tu, vieux. J'suis sûr qu'il a la haine parce qu'il sait qu'il a des tâches oranges sur la queue. Pas d'bol. Faut que j'arrange les choses, sinon on va y passer tous les deux. Enfin surtout toi. 'Fin non, d'abord toi, ensuite j'vais paniqué parce que j'saurais pas quoi foutre du cadavre, alors j'la traînerai jusqu'à la Forteresse, on m'engueulera parce que j'aurai fait une rechute, puis les gars d'chez la P'tite Madame ils vont s'apercevoir qu'il manque un de leurs pédigrées, ils vont v'nir râler chez Layca, on va m'balancer, et ils vont me buter pour se venger. Yeah.

- Eh, faut pas qu'ça te mette dans cet état, mec. Ça se soigne, tu sais.

Et j'vais aider un type de chez Oppse. Abattez-moi, pitié. Franch'ment, j'deviens de plus en plus con. C'parce qu'il fait chaud, j'suis sûr. Mais qu'est tu veux qu'je foute sinon? J'te dis, chez Layca c'est tous des salauds, ils m'balanceront quand ils sauront que j'en ai buté un ou qu'au contraire j'l'ai aidé. Puis j'me fais pas d'illusions, sont pas complètement cons. Déjà ils verront que j'aurai plus mon sweat, rien qu'ça. Et Maena sans son sweat, c'est comme Layca sans Oppse, ou Kamui sans sa Cour: c'est trop bizarre. Il s'en rendront compte, putain. Je fais quoi, là, hein? J'suis sencé faire quoi? Oh puis merde. De toutes façons on pourra rien m'faire.
J'me d'mande s'il a les parathyroides. Non parce que j'sais pas quoi lui filer à part le L-thyroxine ou le Levothyrox. Au moins 100/125. Ce serait pas assez puissant, j'pense. Va falloir augmenter les doses. Puis même, comment il fait pour... Nan, j'm'en fous d'ça, mais les circuits artériels, ils sont comment? Non, sérieux. La jugulaire doit pas en souffrir, j'pense pas, y'a aucun contact avec la glande... Enfin si, s'tu prends en compte les veines intra-thyroïdiennes... Non mais l'artère thyroïdienne supérieure, genre, t'as l'artère carotide externe en d'ssous de l'os hyoïde, sous la langue quoi, qui se termine dans la glande. Si y'a pas d'glande, elle s'finit où? Elle se raccroche à quelque chose? Pas à la mâchoire, si? Elle pourrait passer du côté de la pomme d'Adam, ou aller irriguer les muscles du larynx, pharynx et autres constituants de par là-bas. Ou alors elle existe pas. Et dans ce cas-là l'artère thyroïdienne inférieure non plus. Ou alors les deux forment un circuit fermé. Ou elles vont irriguer ailleurs. Mais où, ailleurs? Putain j'veux savoir. Attends, c'énorme, là, vieux. J'veux savoir. C'est tout.
On a dit qu'on faisait copain-copain. Il y verra qu'du feu. Tranquille, Maena, zen. Calme toi. Copain, on a dit, hein? Fais pas tout foirer avec tes conneries. Zen.

- Tu veux un morceau de bande, pour ta main? Tu pisses le sang.

J'suis prêt à découper l'une des bandes de mon torse pour ce crétin. Ca va pas bien. Bon, pas d'réponse... Okay... Oulà, c'est quoi c'regard? C'est bon, j'vais pas t'sauter d'ssus, vieux, calme ta joie. Con, on dirait qu'il veut m'bouffer. Si ça s'trouve il est cannibale. Je sais que y'en a un chez Oppse, de cannibale. Si ça s'trouve c'est lui, et depuis tout à l'heure c'est une feinte et il va m'bouffer. Oh c'te loose, j'te jure. Nan, peut rien faire contre moi ce con. Tiens, j'ai pas fait attention à son aura, c'marrant. T'es quoi, toi... Merde j'ai déjà oublié son nom, ça craint. Ça commence par B. Ou D, j'sais pas. Non, D c'est plus joli. Damien. David. Daniel. Donnatello, tss. Droskanov, héhéhé! Genre il a une gueule de popov! Dymas, ça lui irait bien. Danika... Haha le nom de gonzesse! Doliprane! Domino! On s'croirait au loto putain! Dauphin. Ha, pourquoi pas Dragon! Ah je sais, Débile. Diableriiiiiiies! Hahaha! AAAAAH! Putain! C'est un Elu?! Woh... Alors là... Merde! Putain sérieux c'est quoi son nom?! Oh l'taré c'est un Elu! Ma couille si j'touche à un Elu d'chez Oppse j'gagne le premier prix d'la tombola! Ohlala j'suis à fond. J'suis au taqué, laisse tomber.

- Attends deux secondes vieux, j'vais te matérialiser ton médoc'. Comme ça ça t'évitera les sautes d'humeurs, les températures à la con... 'fin ça t'aidera un peu, quoi.

Bon alors. La question s'pose. Est-c'que j'suis un connard, un enfoiré d'première, et je lui matérialise un poison ultra puissant pour le flinguer à coup sûr, ou est-ce qu'éventuellement je suis sympa et je lui file le Levothyrox? Mmh... Ouais, non. Si j'l'empoisonne j'vais foutre en l'air la gorge et tout c'qui va avec, pas très très recommandable avant d'ouvrir ledit spécimen pour trifouiller sa pitite gorge. Puis même, j'sais toujours pas ce qu'il a comme pouvoir. Si ça s'trouve il est insensible au poison ou quoi. Même, c'est un Elu, il va s'méfier sans doute. Bwarf. J'ferme les yeux et j'pose ma main sur mon front. J'ai développé ma technique spéciale secrète à moi pour invoquer les trucs. Attends, ça rigole pas. Ca fait un peu con à première vue mais ça marche, alors bon. J'pense à la plaquette de Levothyrox dans sa boîte. J'la vois très bien, j'm'en souviens. Eh. C'marrant. J'y pense à fond. Et j'me mets à prononcer le nom du médoc' à haute voix. À la chaîne, comme ça. Levothyrox, Levothyrox, Levothyrox. À fond, j'te dis, à fond. jusqu'à c'que j'sente le crépitement des étincelles dans ma paume. Là, j'penche la tête en arrière. J'arrête pas mon récit, sinon j'me déconcentre. Là t'as vu j'devrais arrêter d'penser. Sauf qu'on m'a pas conçu pour m'arrêter de faire quoi que ce soit. Le feu entre mes doigts ne m'échauffe même pas. Je le sens construire ce que j'attends, sans erreur. Il y a les angles prononcés de la boîte en carton, à l'intérieur le froissement caratéristique de cet alliage d'aluminium ou j'sais pas quoi qui enveloppe les petites pilules blanches. je décris l'objet dans ma tête, aussi, ouais. Mais au moins j'suis sûr de pas m'planter. Quand je sens la flamme s'emparer de ma main, je comprends que c'est fini. Autant les trois quart des gens, la matérialisation se fait sous forme de petites étoiles ou lucioles choupinettes, autant moi c'est avec le feu que j'fais apparaître mes produits. Toujours plus nerveux, tu m'diras. Enfin. J'arrête mon récital, revient en avant et ouvre mon oeil de cyclope. J'ai pris du 100. À la limite, j'préfère qu'il ait encore un peu mal plutôt que lui donner une dose trop forte et niquer sa gorge encore plus. C'pas bon pour les études, ça. Je suis génial. La matérialisation est parfaite, et j'ressens quasiment pas la fatigue. J'mute en Dieu, j'te dis. L'truc de fou.

- Tiens. tu en prends deux l'matin, pour commencer. Puis si ça fait pas effet, tu matérialises la même boîte, le même médoc', mais en 1...

J'relève la tête vers lui, et il se relève. J'pensais qu'il se levait, juste. J'laisse tomber la boîte tellement j'suis sur le cul. Mais c'est qu'il se casse, l'enfoiré. Non mais j'y crois pas!

- Hé...! Tu...!

Restes là, toi!
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 2 Nov - 9:42

Je me souviens d'une chose... Oui, je me souviens qu'avant, dans mon autre vie, il y avait une chose que l'on me répétait souvent. Une femme. Sûrement, elle... Shenyan. Celle que j'avais laissé toute seule, par un égoïsme cependant justifié. J'ai des remords, quelque part, enfouis. Mais là, je ne pensais pas à ça. Je pensais plutôt à ces quelques mots qu'elle me disait chaque fois que la situation devenait critique. Mince, ça me revient pas... Ils sont quasiment nets dans ma tête, mais je parviens pas à mettre de mots dessus. Putain, allez, revenez, saloperies de souvenirs. Tout déferle, dans sa tête. C'est quoi ça ? Des couleurs, des musiques, des sons. Une place, bondé de gens, avec un sourire con sur le visage. Mais ils ont l'air tellement sereins, mais qu'est-ce que c'est ? Je m'en fiche de ça, je veux me souvenir des mots de ma mère. Rêve et souvenir à la fois. Ho... Cette ville me rappelle quelque chose aussi. Mais elle est pas réelle, Florence n'a jamais été comme ça. C'était pas dans un jeu ? Han, si je me rappelle de ça. Un jeu avec un assassin.. J'avais adoré, j'y jouais tout le temps, avec le casque pour mieux entendre les musiques magnifiques qui le composait. C'est quoi déjà le nom.. Assassin's... Creed, oui voilà, Assassin's Creed. Avec.. Altaïr dans le premier jeu et.. Enzo.. Non presque, Ezio ! Voilà, Altaïr Ibn La'Ahad et Ezio Auditore. Ce jeu était fabuleux. Ma mère adorait reproduire les personnages. Elle adorait aussi Ezio, je me souviens, ça m'avait fait rire, de la voir le regarder avec ces yeux tendre de jeune fille amoureuse. On était qu'une bande d'autistes tous. On préférait se croire en Italie à égorger des italiens. En même temps, vu notre vie. Ma sœur préférait jouer à un jeu médiéval fantastique, dont le nom m'échappe totalement. Mais elle y était vraiment accro, et une addiction presque mignonne. Elle connaissait l'univers par cœur, ne se lassait jamais de recommencer. C'était son univers. Moi c'était l'Italie avec Altaïr et Ezio. Ma mère, elle comblait nos mondes avec ces peintures. C'était une jolie période je me rappelle. Mais peu après, ça a mal tourné. Me souviens plus du reste. Juste de ça. Ma mémoire se fait de moins en moins complexe, c'est plutôt réconfortant... Mais j'ai peur de la suite.
J'ai bien envie de retourner à la cité pour essayer me souvenir d'autres choses. J'aurai bien aimé rejouer à ce jeu aussi. Les musiques y étaient tellement géniales. Dommage... Merde, j'avais oublié Maena et son histoire de thyroïde. Je m'en fiche tellement d'avoir de thyroïde ou pas. En plus, là il est à côté de la plaque, je râle parce que me suis fait saigner les mains et que je suis super énervé contre cet encu... cet vermine de Belzeneff. Requiescat in pace. HA ! Ouais ! Quand Ezio tuait quelqu'un, il lui disait toujours ça ! J'avais adoré. C'était une belle phrase, elle sonnait mieux que "Reposes en paix" en français ou "Rest in peace" en anglais. Requiescat in pace... Si je me souviens de ce jeu, c'est qu'il m'a vraiment marqué. Et ma so... Ma quoi ? J'hallucine. Je me suis souvenu de ma.. sœur si naturellement, que je l'ai même pas percuté ? Comme est-ce qu'elle s'appelait... Je me souviens plus, merde. J'arrive pas à voir son visage dans ma tête. Ma mère, si, il est moins flou, un peu plus chaque jours. Mais ma sœur, je ne vois qu'une chevelure noire, comme celle de Shenyan, et la mienne. Mais pas de visage. Bordel. J'ai vraiment envie de me poser pour me souvenir. Me remémorer ma famille, les musiques du jeu, le personnage de ma sœur sur le siens. Me souvenir des chansons que j'écoutais, de la chose qui m'a poussé à tirer sur une cigarette pour crever. Ouais, apparemment mes poumons étaient extra-fragiles, et une simple bouffée de fumée pouvait me tuer. Et bien, ça n'a pas raté. J'en suis bien mort. Volontairement. Tiens et.. J'avais un père non ? Mais je me rappelle pas bien.. Quand j'imagine une photo de famille, je vois qu'un spectre à sa place. Peut-être qu'il est mort... Ou qu'il s'est tiré. Rah putain le con. Tout ça c'est de sa faute alors peut-être. Faut que je me souvienne. Vite, vite, vite.

- Attends deux secondes vieux, j'vais te matérialiser ton médoc'. Comme ça ça t'évitera les sautes d'humeurs, les températures à la con... 'fin ça t'aidera un peu, quoi.
Hein ? De quoi il parle encore ? Des médicaments ? Mais pour quoi faire ? Ha mais si, pour ma thyroïde qui s'est fait la mal. J'ai du mal à croire que Belzeneff m’aie rendu aussi malade pour qu'un simple traitement puisse y faire quoi que ce soit. En plus, j'ai une sainte horreur des cachetons. Ça me donne envie de vomir, rah c'est dégueulasse. Bon, où est-ce que j'en étais ? Ha oui, mon père. J'ai l'impression de jamais avoir su son prénom, mais ça je m'en fous, j'en ai rien à foutre de lui. Je veux juste voir le visage de ma petite sœur qui jouait à un jeu pour garçons. Je crois que je me rappelle un peu de sa voix. Un voix clair, paisible, et adorable. Qui parlait des choses qu'elle aimait avec passion. Elle était toute jeune la gamine, peut-être même pas quinze ans, je sais plus. Mes nerfs se sont calmés, mais il est en train de me les réveiller, bon écoutes, je m'en fiche. M'aidant d'un bras, je me pousse en avant pour me relever. Il fait vraiment moins chaud d'un coup. Quoi, j'ai passé tout l'après midi ici ? Tiens, après-midi. C'est un mot hermaphrodite ça. C'est vrai en plus. Un après-midi, une après-midi. On peut adapter les deux. C'est marrant. Enfin bref, je m'apprête à m'éloigner (et à rallumer une clope aussi) mais je crois que l'autre essaye de me retenir. Il m'a attrapé la cheville et comme je m'y attendais pas, je me suis mangé comme une merde dans le sable. ... Ho putain de merde, je vais le tuer. Je vais le tuer. Je te promets, je vais lui défoncer la tronche. Putain mais il peut pas me foutre la paix quoi ? J'ai envie de me rappeler de ma vie, laisses moi tranquille ! Et j'ai envie de fumer aussi, surtout que cet abruti m'a piqué ma cigarette tout à l'heure. Déjà qu'elle se font rare, si en plus je me les fais taxer.
Sans vraiment réfléchir, n'écoutant que mon cœur et mon estomac qui grognait en moi, je me suis retourné et je lui ai envoyé mon poing dans le coin de son œil visible, cognant contre le masque aussi. Ho la connerie, je me suis fais mal tout seul. Saloperie de masque. M'enfin, sa tête est partie en arrière, il a dû le sentir passer. Je m'accroupis, prêt à me relever encore une fois, mais je crache deux ou trois mots avants, histoire de mettre les choses au clair.

- Fous moi la paix maintenant...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Sam 5 Nov - 2:54


Automne de Soma.


Je t'ai dit de rester!
Comme une feuille en automne. celle qui court après le froid. Celle qui se meurt à petit feu, celle qui s'cache des premières neiges agressives. Moi j'me consume de l'intérieur comme si je flétrissais pareil. J'veux pas qu'tu partes. Pas maintenant que je sais que tu présentes un intérêt. Et pas n'importe lequel, putain. T'es juste un Elu d'chez la Petite Madame, et en plus t'es potentiellement intéressant du point de vue anatomique. Je veux t'ouvrir. Je veux t'étudier. Je veux savoir ce que tu caches. De quoi t'es fait. Je veux te creuser. Je veux t'observer. Je veux t'entailler. Je veux te trancher. Je veux te lacérer. Je veux. Je veux, je veux tout connaître. Je veux tout savoir. Je veux comprendre. T'es succulent. Atrocement attirant. Tu es la proie parfaite. Tu portes mon odeur. Tu ne peux qu'être irrésistible. Tu portes mon odeur. Ta pomme d'Adam est mûre au possible. Tu es le fruit du désir. Tu es le supplice du délice. Tu glisses dans mes iris. Lys et Narcisse. Les cigales et les xanthies autour des parterres de nos fleurs. Douce saison. Douceur sur ma langue. Di, mi, tri. C'est très ardent comme nom. Enfin j'veux dire. C'est allègre. C'est chaleureux. C'est un prénom estival. J'suis sûr que les couleurs chaudes te vont comme un gant. Surtout l'ocre, à vrai dire. L'orange pâle, l'or, l'ocre et l'ambre. Ces teintes relativement douces, fondues simplement dans le décor criard de la belle période. J't'assure. Tu n'es pas froid du tout. Au contraire. Toi, tu viens de la sève. Tu viens de l'écorce. Tu es une hamadryade. Une hamadryade liée à un centenaire. Non. À un pionnier. À un pilier. Tu es l'âme jeune dans le corps saigné. Tu appartiens à celui qui a vécu, qui connait, et tu te délectes de ses récits de capes et d'épées. Tu ne vois pas le tronc comme un père, mais plutôt comme une figure qui s'apparente davantage au mentor. Vous contemplez votre poste de garde avec délectation, et tu ne t'éloignes que rarement de la souche. Tu aimes tes racines, bien que tu ne t'en souviennes pas vraiment. Tu n'oses déterrer celui qui t'offre son toit et son pain, mais tu sais qu'il sait, et tu ne veux pas souffrir en cherchant réconfort ailleurs. Jusque là, tu te satisfaisais du minimum. De temps en temps une nouveauté vieille de plusieurs années s'offrait à toi en don du ciel. Tu n'as jamais été attiré outre mesure pas les nuages. Tu adules l'eau parce qu'elle te rafraîchit, et parce qu'elle rafraîchit les racines du mentor. Tu l'aimes à en mourir, ce visage. Son tronc épais et égratigné, son écorce tombante, craquelée. Ses lourdes branches toujours brandies vers l'azur d'en haut, la chevelure brune touffue et abondante, la résine collante et sucrée nappée dans son organisme qui se caramélise, gourmand et bien enrobé, tout en chair et en épicurisme. Lui, grand et large, a tendance à s'enivrer de la morsure raffinée du soleil. Il est plutôt robuste, et tient bien les températures froide. Toi, frêle et un peu trouillard, tu aimes ses deux bras chevaleresques et protecteurs. Il n'hésite pas à t'accueillir en son sein lorsque tu le réclames. Et tu es protégé par ses rameaux solides. Tu entends sa source à lui. Tu entends sa respiration brûlante, lourde, sans jamais être étouffante. Tu sens sa peau rugueuse se plaquer contre tes fines brindilles. Tu vois tout son réseau sylvestre à travers lui, constate l'ampleur de la machinerie forestière. Tu es certaine d'y voir le cercle infini de cycle de Déméter, et tu es convaincue qu'elle survit elle aussi en lui durant les périodes de lourdes infertilités. Tu le trouves magnifique, n'hésite pas à le gêner en le lui rappelant sans cesse, sans savoir que tu es toi-même constitué de la même manière. Vous formez un beau couple. Toi et lui, la figue vieillie dévorée avec amour et consensus par l'asticot. Vous êtes d'un calme olympien. Il aspire l'épouvante en faisant fuir les malheureux trop curieux. Mais un jour, la tempête arrive. Tu le sais, et il te protège en t'enfermant en lui. Il reçoit un violent éclair sur lui. Les deux sont jaloux de son éternité. Il perd ses feuilles. Les sanglants le blessent avec leur lame aiguisée et récolte les gouttes bénites dans un pot d'argile. Ils reviennent. Tous les jours. Mais il est toujours avec toi. Affaibli, mais avec toi. Tu es l'esprit vivace enchaîné à la stèle en construction. Il sait que tu dois t'enfuir, ne pas rester près de lui plus longtemps. Alors il te renvoie. Il te perd sur la plage, et il disparaît.
Quand soma devient sema. Tu es le vin nouveau quand lui fête son énième année dans la cave. N'importe quel œnologue vous trouverait à son goût. Tous les deux appartenez à une cuvée remarquable. Vous êtes précieux, mais vous l'ignorez. Il est l'érable au saccharose père du rameau élégant. Il est le sirop, tu es le cru. Tu es une hamadryade liée à un pion de l'échiquier né avec l'échiquier. Là depuis l'début. Et maintenant tu es seule, pauvre petite fille trop ingénue. Dionysos et Phobos ont été bien fous de te confier à Apollon. Nous voilà réunis, petite fée reniée par son protecteur. Ne le blâmes pas. Si tu étais restée avec lui, tu serais morte avec lui. Quelle horreur. Perdre une beauté comme toi aurait été criminel. Te voilà libre maintenant, ma douce. Sublime dryade aux teintes prunes orangées. Et tu es à moi. Rien qu'à moi. Tu ne peux pas t'enfuir. Où voudrais-tu aller? Tu n'as plus rien. Tu n'as plus que moi. Je t'ai souhaité et je te veux. Je passe une langue rapeuse sur mes lèvres. Sois ravie de ne pas pouvoir l'apercevoir. Je veux tes formes. Je veux ton corps. Je veux ton carmin. Je veux ta palette aux myriades de couleurs. Je veux la moindre de tes teintes. Tu es la figue de mon ivresse. Tu ne peux pas partir. Tu ne dois pas. Tu es à moi, mon coeur. Et tu restes là.

Je plonge vers le sol sans réfléchir, je séquestre ta cheville. Tu voulais que je fasse quoi d'autre, hein? T'étais déjà à moitié parti, pauvre con. J't'ai fait tomber dans l'sable. Haha. T'avais qu'à pas t'foutre de moi. tu restes là. T'es mon cobaye, tu restes là. Ben voilà. Tu sembles avoir compris l'message. C'est bien. J'me redresse. T'as l'air un peu en colère mais ça devrait aller. Un peu contrarié, c'est normal, c'ets les premiers temps. Bon, où c'est qu'j'ai foutu ces cach'tons, moi? J'les ai fait tomber y'a pas une minute... Roh, mais où est ce qu'ils so... Ah! Voilà! Vous vouliez vous faire la malle vous aussi, hein? Petites vermines, haha! Aller, maint'nant on va rej/
Putain. J'ai rien vu v'nir. J'y vois trouble. Oula. Attends. Oh. Putain. J'vois rien, merde. J'vois que dalle.

- Fous moi la paix maintenant...

De quoi? Non, attends. Ne m'dis pas que... De quoi? Attends, attends attends. Oh putain mon crâne. J'rêve ou... Wow. Putain le trauma, là... Il m'a frappé? T'es sérieux? Aïe, mon nez... J'vois en couleurs, ça y est. J'saigne un peu du coin d'l'oeil, c'est bon j'vais survivre. J'ai même pas l'nez pété t'sais quoi. Il frappe fort, mais il sert à r... Attends, c'est quoi, ça? C'est quoi? Non sans déconner, c'est quoi. J'ai jamais vu ça, moi. Attends... Non... Mon masque... J'hallucine...

- Tu... T'as pété mon masque...?

Il déconne, là.

- Tu m'as pété un bout d'masque...? Nan, t'es sérieux? T'as foutu mon masque en l'air?

Attends. Il a pas défoncé l'filtre. J'peux toujours parler normal'ment. Mais les bouts d'masque viennent du nez, de l'oeil et du nez. Non mais il est calu lui. Il est fou. J'vais t'le flinguer. J'vais l'déchirer, c'petit con.

- Tu veux jouer à ça, enculé? Tu veux jouer à CA?!

J'lui envoie ma plus belle droite. Il part sur le côté. Ca va pas s'arrêter à ça, ma couille. Il est mort. Il est mort. Reviens. Aller sale chien, reviens vers moi. C'est bien, mon cochon. Et tiens! Mange toi ça! En plein dans la face. Il bouge encore. Pauvre enfoiré.

- On va jouer à ça, fils de pute. Relève toi, bouge ton cul. Relève toi vite.

J'suis déjà debout. J'l'attends, tout en matérialisant un fligue. J'vais lui plomber la gueule, j'te dis. J'vais lui plomber la gueule. Les flammes naissantes au creux de ma mains arrivent à m'brûler, putain. J'dois fatiguer, comme j'ai matérialisé y'a pas dix s'condes le Levothyrox pour cette pétasse, là. Putain qu'il magne son cul de s'rel'ver ou c'est moi qui m'en occupe. J'vais l'bouffer j'te jure. Rien à foutre d'son grande ou d'son don j'sais pas quoi. J'vais lui foutre ma queue au cul ça va être vite réglé l'histoire. Oh putain Layca j'vais l'plomber!

- BOUGE TOI, PUTAIN!

La lave se détruit d'elle-même, et apparait à sa place la détente qui viendra loger une balle dans sa cervelle dégueulasse. J'dégraffe en vitesse le premier écrou du masque. J'veux passer au second mais j'le vois aproximativ'ment debout. Alors j'lui défonce la mâchoire d'un coup de crosse. Il va pas s'en tirer comme ça, j'te l'garantis. J'vois un truc par terre, j'me baisse et j'le choppe. Ca doit être son arme. Ca r'ssemble à rien, j'sais pas c'que c'est et j'm'en fous. Mais ça doit faire mal. J'la balance à côté d'lui. J'suis pas un connard, moi, j'mets pas le handicap de l'arme aux autres. Ca empêchera quand même pas de s'en prendre plein la gueule.

- Prends ton arme, enflure. On va vite régler ça.

À toi l'honneur, enfoiré.
Et l'arbre aux millénaires éperdus s'éteignit sous la pluie automnale de ses feuilles rousses et sur son lit de figues. Quand le Corps devient la Tombe.
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Dim 6 Nov - 20:06

Citation :


    Il était une fois un jeune homme aux yeux jaunes. Enfin, pas tout à fait. Il avait des yeux noisettes, qui prenaient des teintes mielleuses au soleil. Ce jeune homme se nommait Silvan, et il avait atterri au milieu des bois sans comprendre comment ni pourquoi. Il n'était pas très grand, l'adolescent. Cent soixante-dix centimètres à tout casser. Mais il avait des cheveux châtains foncés, longs, qui lui arrivait au niveau des omoplates, dans le dos. Il avait un long nez, et des canines drôlement pointues. Non, pas de vampire, ni de lycanthropes. Juste certains de leurs attributs. Il avait des vêtements d'homme. Une chemise et un pantalon noir, avec des chaussures en pointes sur le devant. Autour de lui s'étendaient du vermeil. Du miel. Du caramel. Du doré. Pays doré. Les arbres, si grands, qu'ils cachaient le ciel. Silvan ne savait pas s'il faisait jour ou nuit. Mais les bois étaient éclairés, grâces aux couleurs flamboyantes de la végétation. Il y avait un sentier, qui s'étendait face à lui, à perte de vue. Une brise silencieuse. Sérénité. Bienveillance. Alors, confiant, le jeune homme avança. Aucune peur ne hantait son esprit. Aucune appréhension. Rien que du bien être, du calme. Les bois semblaient somnoler, tranquillement, au rythme de la brise onctueuse, enlaçant tout ce qu'elle touchait. Il avança, sur le sentier brun, entre les arbres et les bosquets, entre les lys orangés et les champignons rougeâtres. Rien ne le présageait à l'oppression, à l'horreur, au désespoir. Rien du tout. Et pourtant. Plus il avançait, plus le bois sembla s'éveiller. Comme si il entendait les pas pourtant feutrés de Silvan. Comme s'il venait troubler son sommeil automnale. La brise se fit moins douce, plus rugueuse et froide. Elle sifflait, à travers les feuillages multicolores. Ces derniers bruissaient, acariâtres. Derrière lui, l'endroit autrefois éclairé et net s'assombrissait. Plus il avançait, plus le bois s'éveillait, conscient de sa présence. Silvan crut même entendre quelque chose, à travers les feuilles et les troncs. Une musique. Un chant. D'une clarté envoûtante, oppressante. Des voix clairs. Des instruments aigus. Une somptueuse musique qui apportait les volutes pestiférés. Les volutes. La fumée. Les secrets, enfouis dans ces forêts brunes. Oppression. Silvan sentait brûler l'inconfort dans sa poitrine. Culpabilité indescente. Il ne comprenait pas. Il se retourna, pour faire demi-tour, mais il faisait noir derrière. Devant pourtant, le chemin était toujours aussi lumineux. Mais les fragrances avaient changés. Le lys et la feuille avaient été remplacés par la moisissure et la sècheresse. Effrayé, presque tétanisé, il continua d'avancer. Un corps pendu à une branche. Pourrissant, enserré dans un tissu sale, tenu par un cordage abîmé. Ses dents se mirent à claquer. La musique était un murmure. Dans les bois. Un murmure assourdissant, grésillant dans sa tête. Il laissa le pendu à son triste sort, et continua. Un phonographe, sous un arbre. Un beau phonographe, avec une manivelle sur le côté. Curiosité morbide, Silvan la tourna, et entendit d'abord le même grésillement que dans sa tête. Mais une voix se distingua. Une voix d'enfant. De petite fille. Elle chantait. Elle répétait les même mots. Au début, il ne comprit pas, à cause des turbulences du cylindre. Mais peu à peu, les mots lui parurent plus clairs... "Avancez sous les fleurs de cerisiers, regardez-les. Et quand vous en aurez assez des fleurs de cerisiers, allez voir les fleurs violées. Mutilées. Mutilation des fleurs fantômes. Et quand vous en aurez assez des fleurs violées, allez voir les fleurs de cerisiers..." Comme fou, il arracha le cylindre et le jeta dans les fourrés plus loin. La musique dans sa tête s'accentua. Il continua d'avancer, malgré ses jambes tremblantes, son sang qui filait à toute allure dans ses veines, son cœur qui cognait contre sa poitrine. La musique devenait un cri. Grésillements. Il se retourna et vit un fantôme toutes griffes sorties foncer sur lui. Il hurla. Mais aucun fantôme ne le tua. Il se mit à courir. Croisa un clown triste, au mains recouverte de sang. Le bouscula en hurlant. La musique envahissait à présent toute son âme. Il croisa une gamine, maigre à en mourir. Avec des yeux bleus foncés et une chevelure noire. Une robe pourpre déchirée, du sang sur les jambes. Il hurla. Hurla. Hurla. Hurla. Hurles! Hurles! Hurles! Silvan se réveilla, les bras enchaînés par les lanières de cuir...


Les Bois Vermeils, de Seïren Simbelmynë.


Misérable utopie solitaire. Aussi satanique qu'angélique.
Tu cherchas le bonheur, tu ne trouves que des os.
Tu peux bien creuses, il n'y a que des crânes et des dents dans ce désert sordide.

J'ai eu beau chercher. J'ai eu beau lutter. Tout cela a été vain. Tout cela n'a servi à rien. J'ai tout perdu. Mon cœur, après de nombreux pleurs, se meurt lentement. Je sens la fumée, l'odeur de chair brûlée. J'sais pas pourquoi, j'imagine un troupeau de sangliers traverser la plaine, comme ça, d'un coup. Premier coup. Sec. Contre la chair tendre de ma joue. Il a rien vu venir ? Moi non plus. J'ai mal putain. Pas sur la joue, non. Ma joue j'en ai rien à foutre. J'ai mal dedans. Là, entre les côtes, entre les os. Il y a ce monstre vrombissant, agonisant, qui m'arrache des râles de douleurs à chaque qu'il se gonfle d'air. Qui m'arrache mon espoir, à chaque fois qu'il se vide. Derrière les sourires souffrants, j'ai vu les espoirs fleurirent. J'ai vu les douleurs s'assoupirent. Les rêves languirent. Les peaux craquelées ont explosés. Je me rappelle d'elle. Maman. Je l'ai laissé. Et j'me demande bien pourquoi. C'était mieux là-bas. Deuxième coup. Voix rageuse. J'entends, j'essaye d'écouter. C'était mieux là-bas... Tellement mieux...

Tu cours après tes songes comme une de ces saloperies de gosse court après sa saloperie de mère.
Tu crois en Dieu ?
Tu n'crois plus en rien. Tes chimères, à la rigueur. Tu n'as plus goût à rien.

Fils de pute. J'en suis peut-être un. Pas littéralement, non. Ma mère était digne, fière. Elle avait tout pour être fière, même. J'suis fier d'elle, moi aussi. J'aime pas vraiment le sous-entendu à ma mère. Non je l'aime vraiment pas. J'ai la haine, comme tout à l'heure. J'ai de la peine. Pour moi, pour elle. Pour lui, pour tout ceux qui sont ici. Surtout pour ceux qui se souviennent.

- BOUGE TOI, PUTAIN!
Ta gueule, tu me saoules. Je me relève, le visage endolori. Troisième coup. Il a un flingue, il vient de me le foutre dans la mâchoire. Elle a craqué, je l'ai entendu. Je tousse. Merde, ça me manquait presque. Ma gorge racle, et un crachat de sang vient souiller le sable doré, encore une fois. Il me balance mon nunchaku à la gueule. Plein de sable partout. J'ai son sweat sur le dos. J'ai du mal à imaginer ses glandes. Il doit vraiment avoir la rage. Moi aussi, chaton, moi aussi. Ça se voit pas, j'imagine. Non, ça ne se voit jamais. Je dois ressemble à quoi là ? Un morceau de marbre terni par les années. A l'intérieur, tout se consume. Tout brûle. Un brasier immense. Un bûcher. Et c'est toi qui est destiné à cramer comme un misérable, Maena. C'est toi qui prend feu, toi qui finira en cendres. Je serre les dents, ma mâchoire craque encore. Ma poigne se ressert sur mon arme. Ça se passera pas comme ça, je compte pas tenter d'échapper à une baston. Non. J'ai trop de haine accumulée, trop de rage. Elle a prit une amplitude énorme. Trop grande pour que je puisse la contenir. Bien trop grande.


Tu n'as de foi qu'en la cendre, le filtre, la flamme et la fumée.
Ton soleil est glacé.
Plus d'espoir.

Mon poing libre s'enfonce dans son ventre, il se courbe. Je vais derrière, je prends de l'élan. J'envoie la chaîne autour de son cou, je soulève, je tire. Il se soulève avec moi, et il atterrit par terre. Durement, je le sens. Ma gorge est sèche. J'ai le goût du sang en fond. De la rouille. Et un infime arrière goût de tabac. Bordel, j'ai envie de fumer. Mais je me redresse, je me retiens de lui péter un ou deux os. Ho et puis merde, je fais un pas, j'envoie mon pieds dans ses côtes. Tu la sens ma rage Maena ? Tu te sens cramer sur ton bûcher personnel ? Tu sens comme elle te consume ? Ma peine, ma douleur, tout ce que j'ai enfoui, tous ces sentiments et ces souvenirs reclus. Ouais, tu dois le sentir, vu comment tes côtes ont craquées. J'aime pas ce bruit. J'ai horreur des os qui craquent. Mais j'endure. C'est minime; mais l'exemple est bon. Putain comme j'ai mal. A la fois entre les poumons, dans le ventre, au visage, surtout à la mâchoire. Mes phalanges me démangent. Nourriture des anges. Ça gratte putain. Mes paumes aussi me font mal. Elles ont arrêtés de saigner, mais ça brûle. Comme ton bûcher, Maena. Brûle.

Deux mots sur un vieux cartel.
Calligraphie asiatique.

Tu te rends comptes ? Je lui ai laissé quatre mots, à ma mère. Quatre misérables mots. Qui sait ce qu'elle est devenue maintenant ? Je me voile pas la face. Elle est sûrement morte. Et pas par accident. Mon père s'est barré, je le sens. Ma sœur est morte, je le sens aussi. Et Shenyan. Putain. Ma mère. Mon symbole, mon idole. Celle qui hante mes rêves chaque nuits, qui torture mes joies, qui réjouit mes douleurs. J'aimerais bien retourner dans son ventre, pour flotter dans cette eau salvatrice. Mais le retour en arrière, tant souhaité par tout le monde est infaisable. Jamais je pourrais naître à nouveau, dans la même famille. Juste histoire de vivre les choses différemment. Oui. Je suis désolé, maman. Je te l'ai écris, dans ta langue. Ta langue natale. Et j'ai signé. « Je suis désolé. Dimitri. » Trop peu. Trop peu...

Plus rien ne peut t'atteindre. Tu n'as plus peur de rien.
Cherche en vain la lune qui viendra réchauffer ton cadavre exquis.
Plus de haine.

Une odeur de javelle me titille les narines. J'ai mal aux paumes. Et j'ai envie de l'achever. Mais je vais le laisser brûler tout seul. Pauvre con. Je rêve. Il va se relever, il va me refaire le portait, je le sais. Tant pis. Au moins, il aura senti la brûlure. La chaîne du nunchaku aura creuser sa peau, l'aura calcinée. J'aurai bien piétiné son cœur. Je l'aurai bien crevé. Après tout, logiquement, théoriquement, techniquement, j'aurai du le faire depuis longtemps. Il est chez Layca. Il est chez... Kamui. Non, sors de ma tête, Kamui.
Voilà.

Pliure soigneuse.
Respect.

M. le Maudit.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Mer 9 Nov - 22:54


Eté de Cardia.


Plein soleil.
On aurait pu jouer, au lieu d's'envoyer dans la gueule. J'sais pas, moi. Même s'il sait pas jouer aux échecs. Y'a bien d'autres jeux que les échecs. Les jeux d'cartes, par exemple. Ou le sport. Autre que l'échange de pains, quoi. J'sais pas, tu matérialises un ballon et t'es content. Tu l'balances avec ton pied, il t'en faut pas plus. C'est un peu représentatif de la mort cérébrale m'enfin c'est distrayant. J'sais pas. Non? 'Fin ouais, on aurait pu. Mais comme on est trop cons pour le comprendre, ben on va marraver. Logique. Les bourgeons sont en train d'éclore. On va péter les plombs. Tous les deux. Moi, c'est sans doute déjà fait. J'ai envie de le mettre en sang. Pas de l'buter. J'peux pas. Attends. Le cobaye, faut qu'il soit vivant pour voir les réactions. Son organisme, il doit être sain. Même la clope ça l'pourrit, il devrait arrêter. Ca aggrave les symptômes, le con. Ca l'tue. Ca le bute un peu plus de jour en jour. C'est triste pour lui. C'est vraiment triste. L'instant est vide. Il n'y a rien. J'le vois galérer à se relever. C'est à lui d'frapper. Après, il en aura plus l'occasion. Je reste là, planté, à l'regarder batailler. Je supporte plus son délire, là. J'vais l'flinguer sans l'vouloir si j'me calme pas. J'suis tendu, je sais. J'suis à fond. Là, j'ai envie de taper. Juste ça. Barbare, quoi. Baston. J'pas envie d'faire dans l'glamour, là. Putain va-y relève toi. J'vais l'buter j'te jure. J'vais l'flinguer.
Stop, stop. Calme-toi.
C'est pas la solution. C'est pas en t'énervant que tu la déferas de son trône.
Que tu mettras fin à son règne.

Ca n'a aucun goût. C'est vide. Entièrement. Vide. Je n'ai plus rien. Plus de matière. Les doigts tremblent sur la gachette. J'y comprends rien. Quoi, tirer? J'suis sûr qu'il n'y a pas de balles. J'ai pas envie. J'ai pas envie. J'veux le voir. Le carmin. J'veux l'voir. Mais j'veux pas devoir tirer pour ça. J'veux plus. J'peux plus. Ca n'a aucun goût. C'est vil. Peut-être que c'est la façon. La manière, qui bloque. Quoi? 'Fin... Non, j'sais pas. Qu'est-ce qui n'va pas? J'veux pas tirer! J'veux pas! c'est bas, c'est fourbe, j'suis pas comme ça! J'veux pas, c'tout! Pourquoi j'le ferai?! Pourquoi?! J'veux pas! J'veux pas! J'ai horreur de ça, putain, j'veux pas, fous l'camp! T'aurais pas pu rester chez ta pétasse, toi, pas v'nir m'emmerder?! J'ai rien fait! J'ai rien fait! J'ai rien fait bordel, rien, rien! Pourquoi c'est sur moi qu'ça tombe?! Pourquoi?! J'ai rien d'mandé, j'ai pas voulu ça! J'ai rien voulu du tout! J'demande rien, moi, j'veux juste qu'on m'foute la paix! Qu'on m'laisse tranquille! Pourquoi chaque être que je rencontre devient comme ça?! Agressif! J'veux pas d'ça! J'veux pas d'êtres comme ça! J'veux pas, c'est tout! Tous à s'poignarder dans l'dos, c'est insupportable... Pousse ta gueulante face à lui, sombre enculé! Pousse-là qu'on en finisse! J'aime pas ça, putain, trop d'messe-basses, trop de j'te dis rien pour te foutre une fois l'dos tourné. J'peux pas rester avec tous ces faux-culs. J'peux pas rester avec cette mentalité à la con autour de moi, cassez-vous. J'veux rester seul. Quitte à être accompagné, autant que ce soit par le silence. J'veux pas de cette farce. J'veux pas d'emmerdes. J'les cherche à personne. À personne. Et y'a tout qui m'tombe dessus. J'suis l'seul dans cette galère? Qu'à c'la n'tienne, autant être seul jusqu'au bout. J'veux plus d'leur compagnie vénéneuse. Eux, ils tuent par poison. Ils attendent que ça se foute des tes veines et qu'tu t'étouffes comme un rat. C'est dégueulasse. C'est froid, c'est perfide, mais l'pire, c'est que c'est d'une impersonnalité vomitive. Y'a rien. C'est vide. Souvent ce sont les gonzesses qui butent comme ça. Elles sont toutes comme ça d'toutes façons. À parler dans ton dos, à t'faire des coups de pute. Elles se retrouvent dans le vin qu'elles versent, tu m'diras. Et quelque part, c'est pas faux. Y'a ceux qui tirent. Déjà, il y a un certain contact. Quand tu tires, tu sais que la proie sait ce qu'il va se passer autant que toi si ce n'est plus. Il y a un partage, un conversation. On s'écoute, en quelques sortes. C'est vachement plus humain, quelque part. Mais rien n'est plus sage que moi. M'approcher, sussurer à l'oreille les félonies qui lui seront fatales. Je ne peux agir que sur écoute. Il faut qu'on m'entende. Il faut que l'on soit avec moi. Ce que j'offre de moi est le fruit direct de la tombe. Je suis le plus humain des monstres. Il n'y a pas de demi-mesure. Ils sont fous, ceux qui pensent que je le suis. Je suis le plus clairvoyant de tous ces jetons. Il ne faut pas que je sois près d'eux, c'est tout. C'est tout...
Il se relève. Je pourrai le descendre, là. Mais j'ai l'masque. J'ai l'masque, et je suis humain. Je ne m'abaisserai pas à l'tuer d'aussi loin. J'aime partager les sentiments, j'aime les emprisonner. C'est beau, la confiance. C'est beau, le travail des Moires. J'ai plus de respect à l'égard de leur fil que n'importe qui peut en avoir. Je ne veux pas le tuer. Je suis curieux, pas fou. Je suis le monstre qui a peur de son ombre. J'ai pas envie de le tuer. Mais je veux un contact. Le prix à payer pour avoir déranger la sirène dans sa complaine divine.

Temps nuageux.
Je ne vois que son poing. J'pas voulu m'décaler. J'aurai pu. Il est rapide, mais un peu prévisible. Il pouvait frapper le visage ou le ventre. Sachant qu'il y a le masque et qu'il est déjà attaqué, y'avait plus qu'une solution s'il choisit de se relever aussi vite. Sauf qu'en fait, je vois rien de l'arme. J'le vois plus du tout, d'ailleurs. Il est parti derrière moi, obligé. Et ouais. J'sens le fil s'éprendre de ma nuque. J'sais que j'suis beau, m'enfin faut pas m'étouffer avec un câlin, quoi. Ce s'rait con. J'me sens décoller du sol. Ben voyons, j'ai qu'ça à foutre. J'sais que j'vais m'écraser comme une merde sur le cul ou sur le dos. C'est l'coup classique, quelque part, puis de toutes façons j'ai pas quarante solutions pour atterir, pour le coup. Heureusement qu'y'a du sable en d'ssous. Héhéhé. Oulà/AÏE! Bordel, ç'fait mal quand même ta saloperie!... ouch... Sont fous les mecs j'te jure... Bon, il va faire quoi maintenant? Me rel'ver? J'ferai ça aussi, tiens. Quoique j'sais pas, en fait. Aë, bordel, j'me suis explosé l'dos... Il y va pas d'main morte, c'bouffon. En parlant d'main, j'l'ai foutu où le flingue? Ah, tombé plus loin. Classique. Bon il attend l'déluge ou quoi? J'pas qu'ça à foutre me faire défoncer la gueule par je sais quelle pIOUTE! AH! Putain! Soulève ça! Putain! Ha! Il m'a niqué les côtes! Ha! Nan lâche-moi salope! Uh... Gniééééé! J'arrive pas à enl'ver son putain d'pied d'là... Dégage de là, fous le camp! Dah! Ca fait mal, connasse! J'vais m'l'enfiler! J'vais m'le faire, j'te jure! Attends d'voir qu'il enlève son pied... Maint'nant!
J'ai gémi. Ca fait franch'ment mal, les côtes cassées. Ca doit être vers... Le haut. Les premières, ouais. J'aurai d'la chance si les poumons sont pas perforés ou si l'coeur va bien. 'Fin pour les poumons, j'halète pour de bon, mais j'me sens pas horriblement essouflé. Ca devrait l'faire. J'ai envie de hurler, mais j'le fais pas. À l'inverse, j'me retrouve à enlacer sa jambe avec les miennes. J'fais une chandelle, mais clairement plus dangereuse pour mon coéquipier quoi. Là tu vois, c'est l'moment où j'me déteste de faire ça avec des côtes cassées. M'enfin faut bien que j'lui tanne la gueule. Mes bras cherchent sa cuisse et Mon sweat, les trouvent. Et je lâche tout. Il est embarqué avec moi vers l'avant, tombe à son tour sur le dos. T'as vu comme ça fait mal, Dimitri? T'as vu ça? Du coup, j'me retrouve assis. Sur lui. Plus pour longtemps. J'perds l'équilibre, en fait. Mais faut pas l'dire. J'm'éffondre sur lui. Mais genre, bien étalé, quoi. ... Les visages sont tellement proches qu'un peu plus on s'embrasse quoi mais après y'a l'masque puis tout est relatif hein. Bon. J'me redresse, et non j'suis pas rouge. C'est juste qu'il fait cha... non, pour rien en fait, j'suis pas rouge. J'm'assois. Il a les jambes bloquées. Haha l'est foutu. J'ai pas décroisé mes jambes. En fait, c'est technique perso. Il est tellement emmêlé qu'il arrive pas à se défaire sans que moi j'mette un terme à la prise. C'est pourtant tout con, mais faut l'savoir. J'lui choppe le pied. J'veux lui faire mal, et je sais quoi faire. C'est pas comme si j'étais pas ingénieux mais presque. Il est tombé sur mon échiquier. À côté de lui, il y a les coquillages. Les coquillages pointus. J'ai oublié quel pion c'était. J'm'en fous. J'lui retire sa chaussure, j'trouve son pied. J'prends un des coquillages. Très pointu. Du moins assez. Le fligue est par là, aussi, j'le vois. Rien à carrer. J'ai l'coquillage. Ca s'ra encore mieux. J'le r'garde. Ses bras sont trop courts. Ne peuvent atteindre le divin. Il est beau comme ça. Pas autant que moi, loin d'là. Mais ça passe. C'est parce qu'il a compris, sans doute. Il sait que je sais, et je sais qu'il sait ce qu'il va se passer. C'est un lien de communication comme un autre, j'te dis. Et c'est clairement plus humain que n'importe quel poison inventé jusqu'à lors.
Dimitri, tu connais la prise de la Sirène? Non? Tu connais le talon d'Achille, alors. Ouais, déjà ça t'parle plus. Tant mieux.
Je me mets à rire. Ses yeux débordent de vide. Il est empoisonné, comme tous ici. Un vulgaire déchet. Un rire strident, et quelque part rauque, dur. J'arrive pas à faire mieux. J'ai plutôt mal au thorax, en fait.


Ops.


Soleil éclatant. La fleur est née.
Une rose écarlate qui se dessine sur son pied. Il n'est pas transpercé, et la blessure sera relativement peu profonde. Mais c'est l'talon, quoi. Et ça fait putain d'mal. Cette fleur, c'est mon cadeau pour lui. Jamais je n'ai été aussi attentionné. Je suis fier de moi. Regard passionné, tendre. Foutu. Tu es mien, Dimitri. Tu es à moi. Rien qu'à moi. Mes pétales. Ma neige. Mes feuilles. Mon soleil. Ma pixie.

- Echec.

Je lâche sa jambe. J'avance mon bassin. Ondule sur son corps à ma merci. Marqué par mon sceau. J'suis cambré, en fait. J'glisse sur son corps. Vulgaire dryade sous l'essence d'Apollon. Je ne délie pas ses jambes de ma queue. Quoi de plus dérangeant, encore? Je suis le monstre le plus humain de cet univers. Je suis la créature la plus mirifique qui lui ait été donné de voir jusqu'à maintenant. "Listen my child", you say to me. "I am the voice of your history. Be not afraid, come, follow me. Answer my call and I'll set you free.". Je m'effondre sur son torse. C'est mon odeur. Je ne suis absolument pas humide, non. Je suis seulement brûlant. Ardent. Dénué de toute trace, aussi petite soit-elle, d'humidité. Je suis désertique. Déserté. Mes mains se posent sur son buste. Mon haut lui va globalement bien. Globalement. J'adore ce corps. Il est fascinant. J'me d'mande s'il a des cicatrices. De lourdes balafres, tu sais. Celles qu'on cache, en général. Parce qu'elles sont lourdes à porter, lourdes à assumer. Celles qui ont un âge mais pas de temps. Celles qui ont une naissance et mais qui sont dépourvues d'un terme. Toujours là. Tou-jours. À jamais gravées au plus profond de ta chair. De tes veines. De ton crâne. Toutes tes cicatrices m'appartiennent. Tout ce qui fait de toi un être digne est sous mon joug. Tu es ma propriété, maintenant. À moi.
Je m'approche de ton visage déformé. J'ondule sur toi comme la vipère que je suis sans doute. Prêt à te cracher mon venin au visage, tu crois? Faux. Je n'suis pas tombé si bas. J'attrape ton menton sans délicatesse. Oh. C'est bien peu rigide, tout ça. T'as vraiment un corps de merde, toi. Sifflement méprisant, je te libère. Tu ne vaux rien. Juste l'étude de ton cadavre, et je suis miséricordieux. Catin. Tu peux sentir mon souffle à travers le filtre du virus qui me dévore le faciès. Tu me sens en train de me poser contre tes pectoraux, les mains glissant vers tes poignets sans préavis. Tu peux avoir peur. Ton oreille est suspendue à ma respiration. Tu n'entends que moi. Moi, et cette délicieuse misère auditive qu'apporte l'écume des vagues avec elle. Tu n'entends plus que moi.

- I am the voice in the fields when the Summer's gone, the dance of the leaves when the Autumn winds blow. Never do I sleep throughout all the cold Winter long, I am the force that in Springtime will grow.

Ton coeur bercé par le temps le sera par les coups dont je t'innonderai dans quelques instants. Aniksi ne pourra plus rien pour toi, déjà trop grand bourgeon, déjà trop autonome. Kimonas se meurt dans son propre torrent polaire. Fthinoporo laisse ses feuilles brunies par la mort vagabonder sur ton corps enfoui dans le sable. Kaloceri sera ton tombeau. Tu ne peux plus rien faire. Tes avants bras se rejoignent désespérément, malgré la résistance que tu opposes. Et quand cinq de mes griffes enchaînent tes poignets, les cinq autres mutilent ton visage.
Ton sang me tuera. Je veux des ailes. Mon chant satisfait t'emplit de terreur. Je suis un monstre, Dimitri. Résistes. Résistes. Resistes!
Je hais ma vie! Je hais ma vie...
Revenir en haut Aller en bas
Dimitri
Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné

Pinceau Viscéral 埉 L'Empoisonné
avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Ven 11 Nov - 10:43

J'ai une [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien].
Derrière les yeux placides, vitreux. Le passage derrière les prunelles, sur un désert de souvenirs. Mémoires éternelles, que je voudrais revivre. Mes pensées se répètent. Cercle vicieux de désirs inassouvis. L'appréhension remplacée par l'acceptation. Mon esprit vient d'accepter. J'ai entendu un souffle, dans ma tête. Un souffle gelé. Un vrai souffle gelé. Le froid. Dans son état le plus pur. J'ai senti son étreinte, enfin, enlacer mon corps. La neige froide. Je l'ai senti, dans les souvenirs. Mon cœur s'est souvenu de la morsure, de la caresse. De tout ce qui encercle le froid d'un aura arcanique. Mes rêves ne sont pas aussi vides que ma conscience semble le montrer. J'ai une conscience. Je connais le remord. Je le connais. Je connais ces sentiments humains. Tout se bouscule. Mes pensées s'emmêlent. Pardonnes moi pour ce bordel d'insanités. Comme une petite voix. La voix du froid, qui suce mon esprit. Jusqu'à la moelle. Salvatrice. Elle me soulage. Elle aspire toutes ces vices qui m'ont pourris jusqu'à aujourd'hui. Acide. La douleur est acide. Ma tête brûle en extérieur, mais s'enlise dans le givre, à l'intérieur. Je ne suis pas le mauvais homme. Je suis plus l'homme triste. C'en est terminé. J'ai une conscience.

On est cons. Tellement débiles, de faire ça. Tellement idiots. Pourquoi on se tape sur la gueule depuis tout à l'heure en fait ? A cause de moi, je sais. Parce qu'il m'a gonflé à parler, parce que je voulais être seul. Parce qu'il est rageux, et que je le comprends. Parce qu'il m'a donné son sweat, qu'on est pas dans le même camp. Parce qu'on est con. J'aime pas m'énerver. J'ai horreur de ça. Je me transforme en gros machin violent qui crache à la figure de tout le monde et qui peut faire drôlement mal, autant physiquement que mentalement. Je deviens violent quand mes nerfs se remontent. J'aurai jamais dû m'énerver là. J'aurai vraiment jamais dû. L'homme triste a parlé. Maintenant, dégages. On va remédier à ça rapidement. Autant vomir encore un peu notre haine l'un sur l'autre, si c'est pour se calmer après. Je vois pas trop quoi faire d'autre. Pas envie de gerber littéralement à cause de mon don, pas envie de le buter, pas envie de me faire buter si j'essaye de me tirer. Et pas envie de finir sur une mauvaise note, pour attirer les foudres de Kamui et d'Astaroth sur moi. Non, pas envie du tout.
C'est mon tour de tomber. Sur le dos, comme lui. Ça fait encore plus mal que ce que je pensais. Je sens mon dos se raidir, craquer dans un bruit sourd et se remettre normalement. Comme si ma colonne vertébrale s'était entassée sur elle-même, pour se déplier tout de suite après. Je suis dans les vapes, la douleur m'a assommé. Gringalet. Le noir, un instant. Je m'endors. Merde. J'ai vraiment eu super mal. C'était inattendu, violent, douloureux. Brutal. Réellement brutal. Je vois les galaxies autour de moi. Je suis paumé, l'espace de quelques secondes. Mais bien vite ramené sur le monde réel. Tout est relatif. Dans mon talon. C'est quoi ? C'est limite pire que le dos. Brûlure. Argh, ça brûle à mort, c'est quoi ?! Je reprends conscience de mon monde, petit à petit. J'ai un truc dans le talon. Et j'ai hyper mal. Il m'a planté un truc le talon, la raclure. Ça fait trop mal bordel. Trop mal. Mais il est sur moi en plus.
J'ai l'agréable sensation qu'il a mal aux côtes. Tant mieux. Surtout pour ce qu'il vient de me faire là. C'est un salaud. J'en suis un aussi. Deux connards. C'est presque marrant, si on enlève les coups de pute que l'on est en train de se faire. Mon pieds est raidi, tendu. J'ai super mal. J'essaye d'occulter. D'accepter, pour réussir à me concentrer et éviter de me faire torpiller la gueule. La douleur s'infiltre. Frictions. Frissons. La plaie me lance. Je fais avec. Elle fait partie de moi maintenant, jusqu'à ce qu'elle se dissipe. La douleur c'est un message du cerveau. On peut la chasser, mentalement. J'essaye, je lutte. J'y arrive un peu. Je me concentrer sur lui, qui fait des choses assez bizarres. Encore dans les vapes, je pige pas, je sens pas. Sauf son corps qui gesticule sur moi. Il a fumé le sable ou quoi ?... C'est presque rigolo ça aussi, attends. On dirait un personnage de jeux vidéos qui /danse. Sérieux, j'ai envie de rire là.

I am the voice in the fields when the Summer's gone, the dance of the leaves when the Autumn winds blow. Never do I sleep throughout all the cold Winter long, I am the force that in Springtime will grow.

Chantes. Petit corps face au mur, chantes. Chevelure de jais, glissant dans ton dos. Petit corps pâle. Petit corps de souffrance. Chantes les orchidées violées. Chantes les lys saignés. Chantes le monde ravagé. Petite fleur d'espoir, noyée dans ton chagrin. Laisses la sortir. Je t'en conjure. Hurles, si ton cœur te le dit. Hurles les roses assassines. Hurles les narcisses cruels. Pleures, si l'envie te prend. Pleures pour ta maman, si forte autrefois. Pleures pour la déchéance de ton papa. Pleures tes rêves irréalisables. Pleures ta douleur, mon ange. Je t'en supplie. Vomis ta colère, si les nausées te saisisse. Vomis ta rancœur. Craches à la figure de tout ceux qui t'ont fait du tord. Voilà deux mille ans que tu ères. Désormais, allonges-toi, dans ton linceul d'espoir fleuris. Souris. Une dernière fois pour moi, petite Âme.

Le visage de Maena. Le lys saigné. Il a une tâche pourpre sur la joue. Je sens un liquide léger, couler au dessus de mon œil. Ma peau s'est déchirée. Ouverte. Ma lèvre me fait mal aussi. Mon visage est désormais clouté. Je sens le goût de la rouille écœurer ma gorge. Il a arrêté de bouger. Moi, je déglutis plusieurs fois. Des larmes filent de mes yeux. J'ai juste mal physiquement. Je me sens presque serein. Les larmes sont froides. Le soleil continue de me faire grelotter. Mais les larmes perdent leur froideur. Elles reprennent leur caresse tiède. Comme toutes les larmes. Je mets un temps avec de comprendre. Mes larmes sont chaudes. Chaudes. Larmes. Pléonasme. Plus pour moi. Mes larmes sont chaudes. Mes lar... mes sont chaudes. Elles redoublent. De satisfaction. Finalement, une chance se profile derrière mon crépuscule noirâtre. J'ai beau saigner de partout, avoir mal au dos, je m'en fous. Mes larmes sont chaudes. Elles lavent un peu le sang. J'essuie avec mes doigts, je lèche le sang. J'ai toujours aimé faire ça. Je sens que j'ai une marque sur le sourcil. M'en fous. Je me fous de tout maintenant. Sauf de toi, Maena. Parce que dans le fond, c'est grâce à toi.


Hors Jeu:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité

avatar

Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   Sam 12 Nov - 1:42


Sépulture.


Je te frappe. Régularité tellement mélodieuse.
Tu-n'as-plus-rien-d'humain.
Plus-rien.
T'peux-m'faire-confiance là d'ssus.
J'm'arrange pour que tu n'ai plus rien pour te reconnaître en rentrant chez ta gentille petite pute d'Oppse. Plus rien. Tu n'croyais pas t'en tirer aussi facil'ment, si? Naïf, naïf. Tell'ment niais, tu t'es cru où, sur Terre? Avec tous les bons samaritains prêts à te venir en aide? Prêts à venir en aide à un gentil petit garçon comme toi, simplet et sans emmerdes? Tu-t'es-cru où, là, vieux, au Paradis? T'es en Enfer, Dimitri. L'Enfer. T'es foutu. T'as plus rien du gosse à moitié paumé qu'tu crois être. T'es un homme. T'es un Elu. T'as des couilles et tu les assumes pas. Faut quoi, t'marquer au fer rouge pour qu'tu comprennes qu'c'est fini, l'époque où on t'berçait, le temps où t'avais encore une once de bouclier au-d'ssus d'ta tête? C'est fi-ni, Dimitri, terminé. Réveilles-toi. T'opposes plus rien comme résistance. T'es vide. T'es tellement soumis qu'ça m'fait pitié. T'es méprisable, Dimitri. T'es misérable. T'as rien compris. C'est fini, la belle vie. Ouvre les yeux. C'est terminé. Ta vie d'avant, dis-lui-adieu. Si tu t'en souciens, oublis-la. Tu es né ici. Tu es né sous les jupons d'Oppse. Tu ne connaîtras jamais plus que cela. Ton passé, c'est ton présent. C'est ici. C'est ce monde. C'est cette guerre. C'est ton Elu Primordial, tous tes p'tits copains de la Cité. Ce sont tes pions, tes ordres, tes missions, ta victoire, ta défaite. C'est tout. Tu ne reviendras plus jamais en arrière, Dimitri, c'est fini. On t'a donné le plus beau cadeau du monde. On t'a offert une chance de te laver de tes souillures, de servir après la mort. À trouver une nouvelle utilité. On t'a offert du divin, Dimitri. Regarde autour de toi. Regarde. Tout est à tes pieds, Dimitri, enfin. Ne m'dis pas qu'ça t'laisse indifférent! Ridicule! Tu vis, Dimitri! Tu vis! Y'a bientôt sept milliards d'humains sur Terre, on est combien, nous, ici? Sept milliards de personnes vont mourir, Dimitri. Puis le double. Puis le triple. Combien arriveront à notre place, Dimitri? Où sont nos morts, à nous? Tu vis. Tu es sans doute mort plusieurs fois déjà. Et à chaque fois, à chaque fois, tu es revenu. Tu as quelque chose à accomplir ici. Tu dois faire quelque chose. Tu es mort trop tôt. Tu aurais du y rester plus longtemps si tu n'arrives pas à supporter. Maintenant c'est trop tard. Assume. Sois un homme, bon sang! Arrête de n'croire qu'en ta putain d'mitéra! Arrête ces gamin'ries, maint'nant! C'est fini, l'époque où tu bouffais des glaces avec tes frères et soeurs! C'est fini les beuv'ries chez les potes du lycée! C'est fini les pleurs dans les bras d'sainte mitéra! C'est fini! Fini! Oublis-ça-putain-de-toi! Trouves-toi un but et fonce! Apprends à écouter les autres, un peu, pas qu'tes couilles! Fais quelque chose qui t'plait! T'dois bien y avoir des gonzesses, chez toi! Niques-les! Violes-les si elles veulent pas! Tapes sur des nouveaux, ils s'en r'mettront! Va cracher sur ton chef, j'sais pas! Dessine, c'est cool le dessin! Apprends à jouer aux échecs! J'sais pas, fais un truc! Dimitri! Merde à la fin! T'as la chance que personne n'a! Tu vis, Dimitri! Tu as compris à côté de quoi tu es passé, et tu as la chance de pouvoir recommencer! Ne t'laisses pas bouffer par des conneries, Dimitri! C'est dur de vivre avec la vie d'un autre, surtout lorsque c'est toi. Mais cette vie-là n'a même plus lieu d'être. Tu le sais. J'ai d'la peine pour ceux qui se souviennent. Mais ici, c'est un nouveau Dimitri qui est né. Ne cherches pas à le rapprocher de l'ancien, ce sont deux personnes tout à fait différentes. Tu n'as pas le droit de faire ça. Tu ne peux pas te comparer à moi parce que c'n'est pas comparable. L'gosse qui vient voir le corps de Maena tous les jours n'est ni mon pote, ni mon frère, ni personne pour moi. C'est le sien. J'le connais pas, ce mec. Comme toi tu ne connais plus personne. C'est une illusion, un souvenir, créé par Belzy pour t'faire rager. T'as bien vu comment t'es tombé dans l'panneau, Dimitri. T'es niais. Naïf. Ridicule. Sors de tes mémoires, vieux. Sors-toi d'là. Dégage. T'es ici, dorénavant. C'est dur, mais faut t'y faire. T'as la résistance qui faut, sinon ni Layca, ni Oppse, ni Belzy n'aurait fait attention à toi. T'es plus fort qu'ça, putain. Tu m'fous les glandes d'être aussi con. Si on t'as ramené ici, c'est que tu devais être là. Rien n'arrive par hasard. Tu les sens pas, tes couilles? J'appuie d'ssus, pourtant. Tu les as, enfin. Profite! T'es un homme, bordel. Relève-toi. Défends-toi.Réveilles-toi, bordel. Réveilles-toi, putain Dimitri, réveilles-toi!

- REVEILLES-TOI! REVEILLES-TOI! REVEILLES-TOI!

C'est horrible. T'enfles à vue d'oeil. T'es vraiment pas beau à voir. Et moi je frappe. Je frappe. J'arrête pas. C'est tellement beau, la violence pure. C'est tellement magnifique, la haine. La rage. Tu es si discret, c'est affligeant. Déprimant. C'est fou c'que tu peux m'faire penser à...

- CHRYSANTE!

... À Chrysante...
À Chrysante.


Remords.


J'n'ai aucune idée de qui il s'agit. Pas la moindre idée. J'ai arrêté de te toucher. J'porte ma main à mon front, j'me baptise avec ton sang. Pose l'autre sur mon sweat. Le baptise aussi. J'appuie. T'as des pectoraux, pourtant. T'as tout, pourtant... Tu... Je... Mmh... Non... Non...! Je n'veux pas... Je n'dois pas...! Tu, putain... J'défonce ma lèvre en la bouffant. J'dois pas, j'dois pas. J'ai pas l'droit d'faire ça, pas l'droit. Chrysante, mais c'est qui, lui...? Qu'est-ce que j'fais, là? J'essaie de faire quoi?... Mais quoi, putain?! Quoi?! Qu'est-ce que j'ai fais, bon sang?! Qu'est-ce que... j'ai... Son visage... Comment il s'appelle, déjà? D... Daniel? Di... J'sais plus... Qu'est-ce que... J'ai... j'ai fait ça...?
Je... J'suis désolé...
J'dois partir... J'dois partir d'ici, vite. J'peux pas rester là!... J'peux pas... J'peux pas, si les autres me trouvent j'suis foutu... Je... Il est affreux, comme ça... J'peux pas!... J'peux pas l'laisser comme ça... J'peux pas... Je suis désolé... Je... Dans mon pantalon, dans ma poche... J'ai une bande sur moi, j'ai un truc de bandes, je... des compresses, du coton, un mouchoir... Quelque chose... Je... J'peux pas l'laisser comme ça, c'est tellement laid... J'peux pas... Layca, c'est vrai? J'ai vraiment fait ça...? Il pleure... Il est couvert de sang... Mais... Mais c'est...
Bien sûr que c'était assumé... C'était réfléchi, et assumé.
J'ose plus le regarder. J'peux pas. Je me casse de là. Je me tire d'ici, j'me casse. J'le laisse là, et j'me tire. J'm'approche de son visage. Il pleure. Il pleure, et il est couvert de sang. J'lui retire les doigts de la bouche. Ca s'mange pas. Et j'lui éponge son sang. J'sais pas avec quoi, un mouchoir à première vue. M'en fout. J'le laisse pas comme ça. Il a essuyé la plupart de ses larmes seul. J'm'occupe du carmin. j'm'occupe du carmin et je m'arrache de c'merdier. On arrive à le voir, maintenant. Il est moins flippant, toujours aussi laid. Et pleure toujours. Pleure. Encore, encore. J'peux pas. J'peux pas rester là. Y'a d'l'eau partout. Partout. Je... Je me casse. Je me casse. J'veux plus toucher à son visage, alors j'touche au mien. Y'a des débris de masque partout. J'ai une plaie sur la joue. Rien d'intéressant.

- The night already down, it's time to kill you now. Come closer to me, i will help you to set you free. You will fear the pain, then you won't bother me again. You will lonly be, fear the pain and let the world see.

Je chante. Arrête ce petit jeu, Maena. Arrête ça de suite. J 'enlève d'un coup sec le coquillage logé dans son talon. J'arrive toujours pas à croire que j'ai pu frapper à cet endroit vicelard. J'suis un monstre. J'sors des bandes. Je relève sa nuque et je l'enroule autour de son crâne. C'est affreux. Affreux, vraiment. Je ne veux pas le toucher. J'enroule surtout le bas de son visage. C'est stupide. Complètement stupide. J'devrai pas faire ça. Vraiment pas. J'en mets pas non plus des tonnes. Deux tours suffisent amplement, alors je déchire le tissu et je fais un noeud d'fortune pour qu'ça tienne un peu. J'm'occupe de son pied, maintenant. J'peux pas laisser quelqu'un comme ça. Viscéral, j'sais pas. J'y fous un autre truc sorti d'ma poche comme compresse, et j'enroule le rese de bande à ce niveau là. Un autre noeud autour des bandes enroulées. Je lâche toute l'emprise que j'ai sur lui, j'me redresse. Il fait peine à voir. Moi aussi, sans doute. J'ai l'impression d'avoir une boîte à musiue dans la tête. C'est affolant. J'cherche les armes. Son truc à lui est pas bien loin. Le flingue non plus, remarque. J'prends les deux, les deux dans mes poches. J'me rabaisse, passe son bras derrière ma nuque, soulève ses jambes. J'le porte. Je sais pas où l'foutre mais j'le porte. Il pèse pas bien lourd. Il est trop maigre. J'l'éloigne de la plage. J'le porte. J'sais pas où. Je m'en vais, avec lui dans les bras. Et j'arrête pas d'chanter.

- It's raining outside, but you still somewhere hide. Show yourself to me, you will see what I've changed to be. Fire in your eyes, kill me and get the prize. You already dead, in your dark and sickness head. Forward look for me, there is nothing you can see. I'm somewhere here, maybe there and maybe near. I will come for you, and you will die here too. Kill you with my mind, from the pain you can't hide.

Et Mère n'hurle absolument pas. Elle reste là, comblée, lâchant ce fils qui jamais plus ne connaitra la douceur de ses bras. Laissant pour témoin de son agonie un cadavre inerte, un pantin désarticulé. Elle s'effondre dans une chambre détruite. Elle lâche le pinceau qu'elle vient de reprendre. Elle attrape la cigarette. C'est son premier vol, son dernier. Elle a volé la mort de cet enfant. Elle va la garder avec elle à jamais. Quelques braises qu'elle s'amuse à raviver. Quelques plis sur le front lorsqu'elle crachotte la cendre qu'elle s'inssufle dans les poumons. Elle trouve le goût des lèvres d'un vivant au bout du filtre. Les siennes se carbonisent. Meurent. Elle ne réagit pas face à cette enveloppe dénuée de charme. Dénuée d'intérêt. Elle se met à chanter.Elle sait qu'il n'a rien. Elle sait qu'il n'a pas eu à souffrir trop longtemps. Elle se rassure comme elle peut. Son fils est froid comme la mort, son assassin chaud comme la braise. Il n'a rien. Shenyan se rassure. Il est absent. Il ne sera plus jamais avec elle. Mais ailleurs, oui. Ailleurs, elle sait qu'il est vivant.

You will lonly be...
Let the world see...


Tout ce qu'elle peut espérer, maintenant, c'est de le retrouver là où il est.


J'comprends même pas c'que j'dis. J'ai un mal de dos atroce. On arrive pas très loin d'la plage, à quelques minutes à peine. Ca ressemble à un sentier de terre. Il y a des arbres partout autour de nous. Ben voyons. Ici, j'suis sûr que les gars d'Oppse le trouveront. Pareil, il ne doit pas être bien loin d'chez lui. J'pense qu'il pourra s'débrouiller. J'le dépose contre le tronc de ce qui ressemble beaucoup à un érable millénaire. Comme c'est touchant.

- Je n'te ramène pas plus loin, Dryade. Désolé.

Parmi les tiens. Parmi ceux qui ne m'aimeront jamais. Je te pose ici. Je pose avec toi ton arme, la mienne. Dernière recommandation de la Sirène.

- Quand on te demandera comment tu t'en es sorti, tu diras que tu as fait fuir Maena en tirant l'unique balle de ce gun dans sa gorge. Que tu as vaillament gagné le duel, et que ce lâche n'a trouvé que la fuite pour survivre encore un peu. Ca devrait aller. J'me retourne, prêt à partir. Mais en fait non. J'te dis, j'ai une mémoire de merde. Dans la poche du sweat, tu as l'Levothyrox. Deux l'matin. Ah ouais, et j't'ai donné une clope. Sans rancune.

Et j'm'en vais.

Saisonnier et Amnésie.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



Place dans l'échiquier (click ?)

MessageSujet: Re: Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Saisonnier. [Dimitri.] [CLOS.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Verticale Clos des Papes etc.
» Clos de Tart 1999
» Verticale Chablis Grand Cru Les Clos V. Dauvissat
» Clos St-Jacques à Gevrey-Chambertin
» Louis Jadot Moulin à Vent Clos de Rochegrés 2002
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Alea Jacta Est :: ✗ Épilogue :: ✎ RPs terminés-
Sauter vers: