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 Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS

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Alvaro
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MessageSujet: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Dim 27 Fév - 21:35

~ Voyage au Coeur de la Renaissance ~

Un immense rayon de soleil transperçait désormais la Forêt de Claurofyl, telle une épée tranchante, éclairant ainsi une grande partie de la clairière ou débute cette particulière histoire. J’ouvris alors péniblement un œil, visiblement encore alourdi par le sommeil, et constatai que ce faisceau lumineux m’éclairait entièrement. Ceci ressemblait fortement à une scène d’un majestueux théâtre où un gigantesque Spot éclairerait l’acteur principal. C’était une image bien sûr, car si cet endroit était une scène, ce serait une version assez glauque, sauvage et abandonnée…

Mon deuxième œil s’ouvrit à son tour sur ce monde étrange et délaissé par toute trace de vie. Je recouvrai peu à peu mes esprits et me rappelai doucement que je m’étais assoupi près d’un tronc d’arbre peu de temps après m’être retrouvé propulsé comme par magie sur ces terres mystérieuses… Je prie le temps de contempler la source de lumière. On voyait à peine le ciel à travers la brèche de lumière… Je respirai amplement et calmement et je décidai de me mettre debout.
Qui aurait cru que de faire usage de ses deux jambes après une pareille sieste allait s’avérer aussi compliqué…Titubant à moitié, je me repris de justesse sur une branche non loin de là. Pfiou je l’avais échappée belle… Tomber pitoyablement aurait été malvenu. On m’observait peut-être après tout.
A ce moment précis, regardant quelques instants au loin, j’aperçu la petite rivière qui s’écoulait calmement le long de la forêt et mes…Vêtements non loin de là, séchant sur une autre branche.



J’étais tout nu.

Bon sang…Mes joues tournèrent au rouge vif, totalement submergées par la honte et la gêne. Comment avais-je pu m’assoupir dans un environnement sauvage en étant démuni de toute sorte de tissu ? Quelle maladresse et surtout, quelle irresponsabilité de ma part… Sans attendre je pris mon pantalon que j’enfilai en quatrième vitesse, je mis mon haut, refermai la crémaillère, glissai mes gants sur mes mains, passai une main dans mes cheveux pour me recoiffer et… J’aperçu un scintillement dans l’herbe non loin de là… Qu’était-ce donc ? Je me rapprochai et constatait qu’il s’agissait d’une lame… Mais pas n’importe laquelle, non… Il s’agissait de mon épée fêtiche, La Rosa Venenosa ! Une rapière qui n’avait d’égal sur Terre, tant en classe comme en efficacité. Je l’empoignai vigoureusement et fit deux trois mouvements vifs. Je reconnaissais là ma fidèle compagne tranchante ! Mais comment avait-elle pu me suivre jusqu’ici ? Ayant été tué, la possibilité que mon âme se retrouve dans une sorte d’enfer ou de paradis étrange est probable, mais me retrouver nez à nez avec mon arme…Voilà qui était très étrange…
Enfin, j’étais persuadé que j’allais le découvrir bien assez tôt de toute façon… Ne sachant pas vraiment où aller, ni quoi faire réellement, je décidai de sortir de la forêt et de chercher quelque chose qui se rapprocherait de ma définition du mot ‘’Cité’’ ou ‘’Ville’’. Même un pauvre petit ‘’Village’’ me suffirait. J’avais juste besoin de rassurer mes doutes concernant une absence totale de vie sur ces lieux.

D’un pas décidé, je découpai lianes, mauvaises herbes, et champignons qui se mettaient au travers de ma route et je suivais pas à pas les signes de lumières qui me guidaient vers la sortie. Soudainement, un bruit de feuilles alerta mon ouïe. Qu’était-ce donc qui se mouvait dans un buisson non loin de là ?! Je dégainai mon épée, prêt à me défendre. C’était peut-être un être humain, ou une bête féroce…L’animal se décida enfin à sortir de sa cachette, et je constatai avec étonnement que ce n’était qu’une espèce de…Mouton de couleur arc-en-ciel qui poussait des petits cris et semblait avoir un sourire atrocement niais… Il faisait des bonds partout et semblait ne prêter qu’une très faible importance à ma personne…

‘’Tu n’es qu’un pauvre mouton… Quelle déception ! Mais aussi laid soit-tu, tu me prouves tout de même que la vie existe en ces lieux, ainsi j’épargne ta vie. Va-t’en désormais.’’

Je repris alors ma route, rangeant ma rapière et poussant un léger soupire. La lumière se faisait de plus en plus vive. La sortie ne devait plus être bien loin maintenant. Je recroisai un autre mouton étrange qui bondissait vers la source de lumière. Il connaissait probablement la sortie, alors je le suivis en courant. Oui ! Effectivement, je venais d’apercevoir un petit chemin qui semblait mener hors de la forêt. Soulagé, je ralentissais le pas en constatant que je venais de pénétrer sur une immense plaine qui semblait interminable… Je n’arrivais pas à le croire, tout ici était gigantesque ?! Pas une seule trace de vie intelligente, et encore des kilomètres à parcourir… Un long soupir d’agacement s’échappa de ma bouche et je me remis en marche, sans destination précise, sans but… C’était une marche digne d’un pauvre vagabond ayant raté sa vie et hantant tous les lieux où une quelconque âme sensée n’oserait y mettre les pieds.

Ma marche ne semblait pas vouloir s’arrêter, je croisai pierres, herbes, et petits animaux insignifiants, sans voir trace d’une quelconque présence un tant soit peu intéressante. J’arrivai alors à un endroit pour le moins particulier, un cercle de Menhirs était apparu devant moi. Quelle étrange architecture offerte par Dame Nature… Mais ce n’était pas 4 ou 5 vulgaires cailloux un peu plus élaborés que la moyenne qui allaient m’offrir des renseignements sur cet endroit, alors je n’y prêta aucune attention et continuai ma marche. Mais, soudainement, la terre autour de moi se mit à trembler… Des vibrations parcouraient mon corps… Les pierres autour de moi se craquelaient à vue d’œil. Que se passait-il ?! Un cataclysme allait-il s’abattre sur ce monde ? J’agrippai ma rapière, premier réflexe de survie en environnement inconnu, près à réagir a à peu près tout et n’importe quoi quand soudain j’entendis quelque chose qui se rapprochait d'un IMMENSE rugissement qui ne présageait absolument rien de bon… Un rugissement qui se rapprochait fortement de celui que nous prêtions habituellement à des créatures telles que Godzilla sur Terre… Je patientai alors, serrant ma main sur la poigne de ma rapière, prêt à en découdre. Après tout, on m’avait déjà tué une fois alors… Je n’avais plus rien à craindre de la mort n’est-ce pas ?


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Kamui
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Lun 28 Fév - 0:35

Je n'en peux définitivement plus. Partout où je vais. Peu importe que ce soit dans le désert ou dans la forêt, ou même dans la grotte la plus paumée de ces fichues montagnes. Il faut FORCEMENT que l'un ou l'autre me tombe dessus. De qui je parle ? Mais bien sur de ce cher et tendre Astaroth mais aussi bien entendu de ce fabuleux et aimant... Belzeneff...
En parlant de Belzeneff, il faudrait peut être que je vous raconte quelle misère il m'a encore faite ce gros psychopathe décérébré... (s'il m'entendait...).

J'étais calmement en train de contempler le ciel du haut d'un pin qui dominait la montagne. Comment expliquer la sérénité qui m'habite lorsque je suis en dehors de la Cité de Layca, loin des combats et des fous enrôlés par Oppse. C'est plutôt simple en fait, j'ai l'impression d'être de retour sur Terre, accoudé à ma fenêtre en train d'observer l'infini azur qui s'étend sous mes yeux. Regarder les nuages défiler paisiblement, et n'avoir rien d'autre à faire qu'à les classer par forme. Je venais quelques heures plus tôt de rebrousser chemin, après l'une des multiples altercations qui peuplent mon quotidien avec Astaroth. Je passais délicatement ma main sur mon avant bras, une longue entaille encore ensanglantée se pavanant fièrement sur ma chair. Quelle brute enragée ce reptile... Il n'avait vraiment aucune notion de civilité. Quoique, il était loin d'être humain ce sal*ud...
Je passais d'une façon distraite le bout de mes doigts sur le contour de ma plaie. Je me lançais sur une longue remise en question à propos de mon existence dans ce monde... Mais après tout, que faire, Layca m'avait choisi, et choisissait tous les autres, nous n'avions plus réellement le luxe de pouvoir nous poser maintes questions.

Les secondes s'égrenaient à leur rythme, et mes yeux restaient inlassablement fixés sur un point inexistant dans la voute céleste qui surplombait ce monde étrange. Je me laissais aller contre le tronc de l'arbre, mon dos épousant l'écorce rugueuse. Je fermais mes paupières dans un instant de répit, cherchant à retrouver la douce harmonie qui m'avait fuit dès lors que j'avais commencé à me poser la simple question du pourquoi du comment de ce monde. Je laissait mon esprit errer en vidant peu à peu ma tête, le bruit du vent soufflant entre les branches de l'immense pin ayant des vertus apaisantes incommensurables. Alors que le repos commençait à guetter mon esprit, Morphée m'étreignant petit à petit dans ses doux bras, j'entendis un son qui me tira de la torpeur qui commençait à m'habiter. Quel était ce bruit étrange ? Mais étonnamment, ce son me rappelait quelque chose... Le bruit d'une cloche... ? Non trop désagréable.. Le bourdonnement d'un insecte ? Pas vraiment non... Le cri d'un animal...? En fait... Ça y ressemblait fortement... Je tendais l'oreille, et le son qui ressemblait à un genre de feulement aigu sembla petit à petit devenir plus clair, plus intelligible, plus vil... On aurait vraiment dit... Un chat qui se prenait la queue dans la chambranle d'une porte qu'on venait violemment de claquer...
Alors que la comparaison me venait en tête, je me redressait, droit comme un i, et sentait chaque fibre de mon être se crisper.

Un inlassable refrain me vint en tête...
« Je n'en peux définitivement plus. Partout où je vais. Peu importe que ce soit dans le désert ou dans la forêt, ou même dans la grotte la plus paumée de ces fichues montagnes. Il faut FORCEMENT que l'un ou l'autre me tombe dessus. »

Belzeneff...

Un « NYOLOOOOOOOO » strident vint perforer mes tympans alors que je sentais l'écorce du grand pin vibrer de plus en plus fort. Au nom de Layca, qu'allait-il encore advenir de ma personne...? Les aiguilles commençaient à céder les unes après les autres sous la puissance du tremblement qui ne cessait de gagner en force. Mes doigts étaient maintenant crispés à la branche à laquelle je tentais désespérément de m'accrocher pour ne pas percuter le sol, quelques mètres plus bas. Je scrutais rapidement les environs, quand un grondement sourd me vrilla les oreilles, accompagné d'un rire strident et machiavélique. Je baissais les yeux au sol, où je sentais un souffle s'intensifier à grande vitesse. Un trou noir. Un geignement de désespoir échappa mes lèvres au même moment que j'entendis un craquement sinistre m'alerter que j'étais fichu. La branche venait de céder.

Je n'eus pas le temps de pousser le moindre cri que déjà j'étais happé par le néant qu'avait invoqué cette affreuse créature qu'est Belzeneff... Et je n'eus pas non plus le luxe de me demander ce qui m'arrivait que la lumière se faisait de nouveau. De nouveau ce grondement inhumain s'abattit sur moi, troublant l'ensemble de mes sens. Et là, un choc. Je crus sentir l'intégralité de mon squelette vibré sous la puissance de l'impact. Mais je n'eus que plus mal quand je sentis un objet imposant s'échouer avec violence sur moi, me collant à la surface solide qui venait de me réceptionner avec amour. Un sifflement de douleur m'échappa. Mes yeux, que j'avais fermé avec force, sûrement lors de l'impact, s'ouvrirent doucement. Je papillonnais des paupières, essayant de reprendre clairement conscience de ce qui se passait autour de moi. Mes yeux se posèrent d'abord sur la surface plane et froid qui m'avait servi de surface d'atterrissage... Une... Pierre... Ou non, pire... A en croire mes pauvres souvenirs de mes tendres promenades avec Astaroth dans la plaine d'Erbhefhöl, j'étais en plein milieu du cercle de Menhirs. L'espèce de « pierre centrale ». Je tentais de me redresser, posant mes deux bras sur le roche lisse, mais je fus retenu dans mon mouvement par ce fameux poids qui m'avait écrasé après ma chute.. Je tournais mon regard vers l'objet et découvrait... Une imposante branche de pin. Probablement celle sur laquelle j'étais assis quelques secondes plus tôt.. Je pris une profonde inspiration et poussait de toutes mes forces pour me débarrasser de la branche, qui ressemblait franchement plus à un rondin qu'à une brindille. Ce dur labeur effectué, je me laissais tomber sur le dos, contre la roche, je temps de me remettre les idées en place... Je pestais entre mes dents.

- Belzeneff, si je t'attrappe...!

Je me redressais rapidement, et constatait mon état physique... Pitoyable... Couvert d'égratignure, et probablement de bleus d'ici peu de temps... Je glissais une main dans ma crinière blonde, sentant quelques aiguilles de pin tomber au contact de mes doigts. Je respirais calmement, et me décidais à lancer un regard à mon environnement... Il était peut être temps... Je m'attendais à voir la plaine habituelle, mais ce qui aurait dut être une étendue verdoyante était en fait dérangé par... Un homme. Et pas commode, vu la lame luisante qui en un éclair s'était pointée vers ma gorge.
Avec un rire mal assuré, je prononçais calmement.

- Ok, je sais pas qui tu es... Mais... Je ne pense pas être ton ennemi de façon imminente...

Je tendais mes deux mains vers le jeune homme dans un signe d'apaisement, et lui lançait un regard que je savais calme et rassurant.

- Tu es probablement un nouvel arrivant, et quelque soit la divinité qui t'a fait venir en ces lieux, je ne suis pas là pour te blesser...


Intérieurement, un rire contrit me résonna en tête accompagné d'un « en espérant qu'il ne cherche pas à me tuer quand même... ».

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Alvaro
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Lun 28 Fév - 22:05

Les secondes s’écoulèrent lentement. Une très légère goutte de sueur glissait le long de mon front, témoignant de ce mélange d’excitation et d’adrénaline qui parcourait tout mon corps à l’idée de la potentielle monstrueuse créature qui pouvait bien se cacher derrière le grand Menhir ! Passionné d’aventure, j’ai toujours rêvé d’affronter moi aussi un gigantesque dragon, ou un ogre géant… Pourquoi pas un Yéti féroce ?! Ah ! Mon imagination débordante commençait à bouillir et à imaginer toutes sortes de possibilités épiques !
J’avançais pas à pas vers la pierre géante, serrant de toutes mes forces ma rapière, retenant ma respiration… La terre ne tremblait plus, le ciel semblait intact… On aurait pu croire à un cyclone soudain et très bref… Je me décidai enfin à contourner le grand menhir et découvrir qui était l’auteur d’un pareil spectacle sismique ! Un petit pas… Un autre… et finalement, un grand bond !

AH !

J’élançai mon bras sans attendre, tendant mon épée devant moi, prêt à faire face à l’ennemi, à le découper en morceau, à l’égorger héroïquement, à l’étriper tel un ancien héros grec ! Mais mon enthousiasme ne dura hélas qu’un tout petit moment. En effet, quelle en fut ma surprise lorsque j’ai constaté, avec une certaine désillusion, que ma bête antique n’était autre qu’un…jeune homme qui semblait ne pas dépasser la quinzaine d’année. Plutôt bien habillé bien que ces vêtements soient déchirés ici ou là comme s’il venait de faire la guerre, ce jeune inconnu à l’aspect plutôt frêle et faisant gentiment 20 centimètres de moins que moi-même était doté d’une touffe de cheveux d’un blond naturel totalement décoiffés et couvert de restes… d’aiguilles de pins ? Il possédait aussi deux yeux d’une couleur proche de l’océan plutôt hypnotisant. Voilà un médiocre petit homme qui devait certainement en faire craquer plus d’une. Pfeuh, je n’ai jamais aimé les blonds, ceux que j’ai rencontrés n’étaient qu’une bande d’égocentriques incapables et coureurs de jupons. Mais celui-ci était étrange. Je ne sais pas si cela venait de moi, mais ce jeune homme dégageait quelque chose de spécial. Il semblait être particulier. Mais il restait un gamin qui venait de gâcher mes espoirs d’aventure et de massacre héroïque alors il était hors de question qu’il ne mérite la moindre attention de ma part malgré son état des plus déplorables.

« Tsah ! Moi qui m’attendais à un monstre géant après un pareil boucan, voilà que je me retrouve avec un gosse sur les bras qui semble s’être amusé dans la boue un peu trop longtemps ! Quelle déception ! Entre un mouton bondissant et une tête blonde, ce monde n’a décidément rien d’excitant… Quel gâchis. »

Je serrais désormais les dents et rapprochai mon épée de la gorge du petit d’un air agressif, comme pour l’apeurer. J’obtins pour résultat un petit rire forcé accompagné par des paroles pour le moins… surprenantes ! Le jeune inconnu m’expliquait qu’il n’était pas mon ennemi, et surtout que celui-ci ne souhaitait pas me faire du mal ?! Non seulement c’était MOI qui tenais sa misérable existence entre mes mains mais en plus ce petit insecte osais essayer de me rassurer en disant qu’il était inoffensif ?! Et puis pourquoi me parler de divinité… ? Quelle absurdité. Croire en un quelconque dieu… Serai-je finalement retourné dans une espèce de reproduction du Vatican en modèle sauvage et abandonné ? Quelle DE-CE-PTION…

« Pas mon ennemi ? Pas de bol petit, les notions d’ami et d’ennemi ne font hélas pas partie de mon vocabulaire, et encore moins de ma façon de vivre. Alors inutile de gaspiller ta précieuse salive en termes amicaux et chaleureux, je n’ai pas besoin que tu cherches à t’attirer mes faveurs. Rien ne m’empêchera de te trancher la gorge ici et maintenant. Quant à tes ‘’divinités’’ et ta gentillesse à mon égard, range les également dans ton joli petit placard à jouets. »

Je le regardais fixement et froidement dans les yeux, puis j’éloignai la lame de sa petite gorge tout en la rangeant dans son fourreau d’un geste vif et sec.

« J’épargne ta vie, car il ne m’est d’aucune utilité de me tâcher les mains dans la situation actuelle, mais fais-moi plaisir, et tâche de rejoindre ta gentille maman tout en évitant de croiser une nouvelle fois ma route à l’avenir. »

Sur ces mots tranchants je me retournai et parti dans la direction opposée, laissant le jeune homme à sa propre peine quand soudain, un éclair d’ingéniosité me traversa l’esprit. Comment le garçon avait-il pu créer un tel éboulement à lui seul ?! Je me retournai vivement et mon épée se retrouva en un éclair très proche de la carotide du jeune blondinet.

« Finalement, pas si vite. Comment t’es-tu débrouillé pour faire trembler le sol de la sorte ?! Qui es-tu ?! Tu ne peux pas avoir fait ça par toi-même, alors c’est peut-être un piège… Crâche le morceau ! »

Et serrant le poing, j’attendis ses explications en continuant de le détruire du regard.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Ven 4 Mar - 22:32

Comment expliquer le sentiment qui m'a envahi au moment où j'ai entendu la voix de ce jeune homme abandonné. Pour faire simple, je pourrai dire étonné, surpris. Mais d'un autre côté, j'ai senti que quelque chose était spécial chez lui.
J'écoutais de façon pacifique sa... tirade. J'étais on ne peut plus blasé par de la véhémence qu'il exprimait au travers de ses mots. Il a commencé par me traiter de gamin... Me dire que je trainais dans la boue. Bien malgré moi je lançais un regard à ma tenue... Dans un piteux état. Un coup d'œil rapide à mes vêtements déchirés m'informa que les blessures que m'avait infligé Astaroth avaient été multipliées... J'étais tout bonnement couvert d'égratignures, de coupures, et je sentais le sang dégouliner doucement dans mon dos. Probablement la branche de pin qui avait déchiré ma chair. Mais bon, rien ne valait la violence extrême d'Asta...
Je portais mon attention sur la lame qu'il pointait sur ma gorge. Elle ne me mettait pas forcément mal à l'aise, un simple fleuret n'étant en soi pas une réelle menace à mes yeux (beaucoup de choses semblaient bien moins dangereuses quand on avait subi l'étreinte mortelle de l'Élu primordial d'Oppse..).

Je secouais subitement la tête, me focalisant de nouveau sur la voix suave de l'homme qui me faisait face. Mince, j'ai dit suave ? J'ai du me cogner la tête plus fort que je ne le supposais... Je poussais un faible soupir et m'intéressait vraiment à la suite du monologue du garçon.

Je profitais de la fin de son petit commentaire personnel sur mon humble personne. Je lui expliquais en quelques mots que je n'étais pas une menace, et qu'il avait dût être appelé par Layca ou Oppse. Mais bien malgré moi, au-delà des mots que je prononçais, je savais au plus profond de moi que cet homme ne pouvait pas être un sbire d'Oppse.
Je me permis de lui lancer un regard scrutateur, détaillant avec intérêt son physique. Le jeune homme avait une stature surprenante, frêle, mais grand, musclé mais délicat. Le contraste qui me sembla le plus choquant fut celui de ses yeux couleur rubis et de sa chevelure couleur de jais. Il avait dû allécher le regard de nombreuses demoiselles au cours de sa vie sur Terre. Je ne pus réprimer le sourire charmé qui se dessinait sur mes lèvres. Il avait très certainement aussi eu du succès auprès de la gente masculine.

Je sentis la pointe de son arme affirmer sa pression sur ma gorge. C'est alors qu'il prit la parole et dit ce que tout ses prédécesseurs ont élucubré à chaque fois. Ça commence par le fait que je suis fou, que les ennemis, pfeuh, quelle blague, et que Dieu, c'est ridicule, tout le monde sait qu'il n'existe pas.
Il a alors subitement rengainé son épée comme s'il sortait d'un film bidon de cape et d'épée, en se donnant de grands airs d'homme tout puissant... A tout les coups lui, dans sa vie terrienne, il avait pris la grosse tête, et débarquer ici, ça lui avait sévèrement fêlé la cafetière...

De mon côté, je le laissais faire. Mais de mon expérience en ces lieux j'avais retenu une chose quant aux nouveaux venus. Quelque chose qui au final devenait amusant à observer tant la réaction pouvait être prévisible. L'homme se retourna décidant de quitter les lieux. Il vociférait je ne sais quelle critique envers ma personne.
Et ce que j'avais attendu arriva. Pris d'un éclair de génie, il fit volte face.
Son regard flamboyant se posa sévèrement sur ma personne, sa lame fut dégainée en un claquement de doigt, retrouvant à une vitesse fulgurante le chemin vers ma gorge. Je sentais le métal froid caresser ma peau. La voix interrogatrice et ardente de mon interlocuteur s'éleva en une suite de questions.

« Finalement, pas si vite. Comment t’es-tu débrouillé pour faire trembler le sol de la sorte ?! Qui es-tu ?! Tu ne peux pas avoir fait ça par toi-même, alors c’est peut-être un piège… Crache le morceau ! »

Haaaa, ce jeune homme avait un pur air de génie avec son regard méchant et son épée tendue.
D'un sourire qui se voulait apaisant mais qui laissait transpirer beaucoup d'amusement, je prononçait d'une voix calme, comme si rien ne semblait me choquer.

- Hé bien mon cher, il ne sert tout d'abord à rien de dégainer si vite ton arme en ces lieux, tu risquerais de faire mal à une pauvre créature errante qui ne mérite pas un tel sort. Ne sois pas si nerveux.


D'un mouvement de main gracile, je venais agripper la lame tranchante, serrant ma paume sur les bords élimés et froid, la repoussant d'un geste tranquille. Je sentis ma chair délicate s'ouvrir doucement. Je regardais un instant une goutte de sang glisser le long de mon avant bras et relâchait l'épée une fois celle-ci quelque peu éloignée. Je relevais mon regard azur vers le feu de ses yeux. Je repris, mon éternel sourire plaqué sur mes lèvres.

- Je me contenterai simplement pour l'instant de répondre à tes questions. Même s'il y a de fortes probabilités que tu ne comprennes pas grand chose à ce que je vais dire... Pour ce qui est de ce « tremblement de terre », je suis désolé, mais je n'ai aucunement le don de jouer avec les éléments. Ce petit séisme a été provoqué par Belzeneff, créature fort peu sympathique qui se borne à me mener la vie dure. Qui je suis ? Et bien, je suis en quelques sortes l'un des guides de ces lieux. Ne te fie pas à mon radieux sourire et à mon air enfantin, je ne suis pas aussi inoffensif que tu sembles le croire.


Pendant que j'énonçais de façon quelque peu placide ces mots, je me laissais glisser sur le rebord de la pierre sur laquelle j'avais fait ma chute quelques instants plus tôt. Mes gestes étaient mesurés, dans le but de ne pas faire croire à l'autre boule de nerf défensive de service que j'étais une menace. Je me retrouvais assis sur le rebord du menhir, jambes pendantes, seule la pointe de mes pieds effleurant le sol. De mes mains posées sur ledit rebord, je pris une légère impulsion pour me redresser et me tenir debout face à mon interlocuteur. Il était de loin plus grand que moi, et je levais lentement la tête pour croiser à nouveau son regard de braise.
J'esquissais un nouveau sourire, une pointe d'enthousiasme me prenant subitement, allez savoir pourquoi.

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Alvaro
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Sam 5 Mar - 16:23

Alors que le fer froid de ma lame frôlait la gorge du jeune blondin, le mettant entièrement à ma merci, celui-ci n’eut aucune réaction négative. Pas un gramme de peur ou de tension n’était perceptible sur son visage. Je ne sais pas si cela était une preuve de courage ou de folie, mais il fallait admettre que mon opposant avait des tripes pour oser ne pas perdre la face alors qu’une épée pointée sur sa gorge menaçait clairement sa vie. Peut-être ne donnait-il aucune valeur à la vie elle-même ? Ou alors ce jeune homme pêchait d’arrogance… L’idée d’un piège se faisait de plus en plus forte dans mon esprit. Il était impossible qu’un homme aussi jeune, parsemé de coupures et de légères blessures, et surtout posé au sol de la sorte puisse espérer avoir une quelconque chance contre quelqu’un comme moi. Mais son attitude était des plus déconcertantes et inhabituelles. Il souriait… Son sourire semblait sincère et rempli de douceur, ce qui m’agaçait au plus haut point. Avoir l’air si apaisé alors que je le menaçais de mort, voilà qui venait irriter mon orgueil et commençait gentiment à motiver une légère envie de lui donner une bonne leçon… On ne provoquait pas Alvaro Crescent de la sorte, encore moins avec un sourire empathique et chaleureux ! Cette sympathie était forcément une sorte de manipulation. Il devait certainement s’imaginer que j’allais lui épargner son sale quart d’heure en m’affichant son plus beau sourire et en se faisant passer pour un gentil et mignon petit jeune homme ? L’humanité était entièrement corrompue, et les bons sentiments ne sont que la preuve même que tout n’est que complot, manipulation, et atteinte d’objectifs personnels, tous plus égoïstes les uns que les autres… Je me refusais de croire à une réelle volonté de m’accueillir pacifiquement et j’appuyais légèrement plus la pointe de mon épée sur sa gorge tout en le fusillant de mon regard sanguinaire.

A ce moment précis, le jeune homme me fit la leçon et m’expliquait qu’il ne servait à rien d’être aussi ‘’nerveux’’ et de pointer mon arme à tout va. A ces mots, il empoigna le bout de ma lame en resserrant ses doigts sur celle-ci, se blessant légèrement au passage puis il l’éloigna de sa gorge d’un geste doux comme pour appuyer ses propos pacifistes. Tant de tranquillité et de calme… Tout ceci ne concordait décidément pas avec la logique de la situation. Tout ceci était pour le moins étrange… Et toujours pas de piège en vue. Se pourrait-il que ce jeune homme soit vraiment persuadé de n’avoir aucune crainte à avoir face à moi ? Quelle insolence… ! Ma curiosité faisait mil et un tours dans mon esprit. Cette attitude soulevait bien trop de questions. Dans tous les cas, dans une pareille situation, il valait mieux rester sur ses gardes, et faire semblant de rentrer dans son jeu. Car un détail important surgissait dans ma tête : Ceci n’étais pas mon monde, les règles du jeu étaient probablement différentes, les coutumes aussi, et surtout, ce jeune homme semblait être un autochtone ce qui signifie qu’il a un clair avantage par rapport à moi à l’échelle de l’environnement. Ainsi, je baissais mon arme et écoutait ce qu’il avait à me dire, tout en diminuant mon agressivité et mes signes d’animosité à son égard.

Il se mit alors à répondre aux questions que je lui ai posées, sans rechigner. Il m’expliqua alors que le tremblement de terre qui m’avait laissé abasourdi des instants plus tôt n’était pas sa propre œuvre mais celle d’un certain ‘’Belzeneff’’. Peut-être me disait-il cela pour me duper, et me faire croire qu’il n’était effectivement pas aussi puissant que je le craignais et que le don de manipuler la terre ne faisait pas partie de ses capacités afin que je baisse entièrement ma garde. Mais ses dires semblaient véridiques ainsi je décidai d’y croire. Toutefois, même s’il admettait ne pas jouir lui-même d’une telle puissance, l’évocation de ce ‘’Belzeneff’’ ne me laissa pas de marbre. Il existait donc une créature capable de tels pouvoirs en ces lieux ? Voilà qui devenait fort intéressant… Le tremblement de terre était trop soudain et ciblé pour provenir d’une source naturelle, à l’image de la Terre, ainsi il n’était pas difficile de croire en son récit. Peut-être était-ce cette créature qui était considérée par le peuple vivant en ces lieux comme un ‘’dieu’’ ? De plus, elle semblait ne pas être bienveillante mais nocive à ses yeux, la rendant ainsi d’autant plus crédible. Une sorte de démon puissant qui terrorise le monde et le met à ses pieds ! Il me fallait en savoir plus, car une pareille puissance me fascinait au plus haut point ! Mon séjour commençait enfin à gagner en intérêt ! Un sourire d’excitation m’échappa, mais je repris le contrôle de moi-même et redevint neutre pour ne pas trahir mes sentiments et permettre à ce jeune homme de croire qu’il avait déjà gagné. J’écoutai la suite de son récit. Ce jeune blond était donc une sorte de guide et il était bien plus puissant que ce que nous pourrions en penser aux premiers abords. Aaah, voilà donc une première démonstration de pourquoi ce jeune homme est aussi tranquille face à moi. Il n’est pas à considérer comme un être faible. Finalement, tout était plus clair. Ce jeune homme était doté d’un certain pouvoir, encore inconnu à l’heure actuelle, le rendant plutôt sûr de lui, mais il n’avait aucun intérêt à user de sa force puisque celui-ci se considérait comme un guide en ce monde. Bien, il venait ainsi de me démontrer qu’il ne me ferait aucun mal, mieux, il allait pouvoir m’être utile et effectuer sa tâche en m’expliquant où j’avais donc mis les pieds. Parfait.

Après ces quelques mots, le jeune homme se relevait calmement, s’appuyant sur une pierre près de lui et sans montrer la moindre volonté de m’attaquer subitement ou de paraître menaçant. A ce même instant, je rangeai d’un geste calme ma rapière dans son fourreau et je croisai les bras tout en fermant les yeux quelques instants. Quelle allait donc être la suite du plan ? Je réfléchis un bref instant et je pris la parole d’un ton tout à fait calme, apaisé tout en restant distant et sérieux :

«Bien, très bien. Tu as su me convaincre. Très bonne argumentation. Tu m’as précisé quelques instants plus tôt que tu étais en quelques sortes le guide de ces lieux n’est-ce pas ? Alors pourquoi ne me ferait-tu pas part de ton talent pour guider les âmes perdues en ces terres et m’expliquerait en détail où suis-je, les particularités de ce monde et me montrerait où se cachent les autres êtres comme toi ? Tu as su attisé ma curiosité, ainsi, si cela te convient, je souhaiterais passer un marché : Tu me guides à travers ces lieux, et réponds à toutes mes questions et je promets de te laisser tranquille à jamais une fois ta quête achevée. Je trouverai un moyen pour récompenser ton effort une fois arrivé dans quelque chose qui ressemblerait à un endroit habitable et habité, n’aie crainte, je n’ai aucunement l’envie de te tromper. Pour tout te dire je n’ai que faire de ton existence, ainsi je n’ai aucun intérêt à te tendre un quelconque piège ou à te mentir. Fais ce que je te demande, et tout ira bien entre nous. Tu pourras même oublier que tu n’as jamais croisé ma route un jour.»

Ce court monologue terminé, je repoussai une mèche qui tombait devant mes yeux, esquissait un léger sourire, puis je fis quelques pas en avant, comme pour amorcer notre nouveau voyage. Subitement, je m’arrêtai, comme surpris. Alors que je n’avais fait que dépasser les quelques rochers qui régnaient par-là, je pus remarquer une sorte de récif montagneux vers l’horizon, je le pointai du doigt puis je questionnai mon nouveau guide à son sujet.

«Ah ! J’aperçois au loin de montagnes d’une hauteur plutôt impressionnante. Se pourrait-il qu’en ces lieux se cache votre terrible et monstrueuse créature nommée Belzeneff qui vous cause autant de torts ? Je me ferais un plaisir de la rencontrer et de constater sa puissance terrifiante !»

Sans attendre sa réponse, je me mis en route d’un pas décidé vers les montagnes, souhaitant plus que tout en découvrir plus à son sujet, laissant mon nouvel interlocuteur derrière-moi.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Mar 15 Mar - 2:24

A l'écoute des paroles du brun, une seule et simple idée vous traversait l'esprit.
Il était de ceux qui un jour dans leur vie s'étaient crus plus puissants que les autres, et qui avait longtemps usé de la parole pour manipuler les Hommes qui l'entourait. Son débit de parole rapide, clair, net et précis me fit penser au ruissellement d'un cour d'eau, limpide, régulier et apaisant. L'espace d'un instant, je me laissais porter par le son de la voix suave et masculine qui me rappelait le ton qu'employait mon père pour me raconter une histoire quand j'étais enfant.
Un sourire tendre vint se dessiner sur mes lèvres bien malgré moi, alors que dans un regard, le saphir croisait à nouveau le rubis.
Alors qu'il venait de finir sa tirade, je ne pus réprimer un frisson de parcourir tout mon être quand d'un geste gracieux l'homme repoussa une mèche qui voilait la braise de ses prunelles, une ligne harmonieuse se dessinant sur ses lèvres alors qu'un sourire s'y étirait.

Définitivement ce jeune homme qui, sans plus aucun doute n'était autre qu'un partisan de ma céleste divinité, avait un petit quelque chose qui ne me laissait pas vraiment indifférent. L'abstraite pensée que c'était probablement le début d'une longue et tumultueuse histoire fit son bout de chemin dans mon esprit sans pour autant s'y attarder.
Déjà le noiraud pointait du doigt les monts qui abritaient notre Cité, et a pas décidé il se dirigeait dans cette direction.

L'espace d'une seconde, je m'interrogeai sur la marche à suivre. Aurait-il fallu tout expliquer à ce jeune homme tout de suite ? Cette théorie me semblait être la plus fondée, puisque de multiples questions avaient déjà été formulées par l'être qui en ce moment avançait vers l'extérieur du cercle de menhirs.
Je pris une profonde inspiration et lançais d'une voix vive et claire.

- En ces lieux, on m'appelle Kamui. Ne pense pas que je cherche à te berner en t'endoctrinant sur l'existence d'une futile divinité comme tu en as probablement connu des centaines durant ta vie humaine...

Je laissais mourir mes mots alors que l'autre semblait enfin porter un peu d'attention à mes propos. Un soupir m'échappa. Comment expliquer toute la situation sans pour autant lui faire croire que j'étais sous l'influence d'une quelconque drogue humaine ?

Une main vint se frayer un chemin au milieu de ma chevelure d'or, mes doigts glissant avec une facilité déconcertante, comme s'ils se faufilaient dans une étendue liquide.
Je fermais lentement les yeux, cherchant mes mots.

- Comment t'exposer la situation en termes simples...


Je rouvrais les yeux, l'océan de mon regard, à cet instant perturbé, telle la houle à l'approche d'une tempête. Etait-il judicieux de tout dire d'une traite ? Ne penserait-il pas que je ne suis qu'un enfant à l'imagination un peu trop débordante ? Je ne voulais définitivement pas qu'il pense que je lui tend un piège quelconque. Je pris alors le parti de lui dire la vérité, de façon partielle.
Une nouvelle inspiration chatouilla la pulpe de mes lèvres, l'air frais laissant une légère sensation de brûlure jusqu'à mes poumons. Brûlure qui n'était rien à côté de l'enfer dans lequel le jeune homme venait d'être embarqué.
A pas lents, j'amorçais mon avancée vers l'homme, reprenant la parole d'une voix quelque peu teintée de tristesse. Tristesse quant au funeste destin qui venait de s'abattre sur ce jeune inconnu.

- Comme tu l'as très certainement remarqué, ici, tu n'es plus sur Terre... Pour résumer la situation, tu as été appelé en ces lieux. Je ne suis pas réellement un guide pour tous les êtres qui peuplent ces terres. Je ne suis en fait que le chef d'un clan. Clan auquel tu appartiens désormais, puisque nous sommes soumis à la volonté de la même divinité. Tu ne pourras donc pas te défaire de ma présence, et j'en suis confus. Car bien malgré toi, ton existence a été rattachée à l'immense échiquier humain dont tu es désormais le nouveau pion.

Une lueur d'incompréhension, ou quelque chose qui semblait s'y apparenter traversa la lueur rougeâtre du regard de mon interlocuteur. Un sourire désolé s'afficha sur ma face, je glissais ma main dans mon cou. J'en massait les muscles courbaturés par les événements passés, plus par dépit que par réelle douleur. Ne voulant pas rendre l'explication trop complexe, je m'en tenais simplement à ces informations, s'il voulait en savoir plus, il n'hésiterait probablement pas à me le demander. Je tenais toutefois à clarifier un point qui m'arracha un rictus contrit.

- Cependant, il me faut te mettre en garde quant à Belzeneff... Il n'est pas la créature monstrueuse et brutale que tu sembles t'imaginer. Il n'est autre qu'une puissance qui mène les règles du jeu dans lequel tu viens d'être enrôlé. Il ne demeure donc ni dans ces monts, ni même en ces plaines. Belzeneff est.. partout. Et en tant que « guide » je me dois de te faire savoir que le plus longtemps tu resteras éloigné de cette stupide créature, le mieux tu te porteras.

Ces derniers mots prononcés, j'avais rejoint le jeune homme. A quelques pas de celui-ci, je décidais de laisser reposer mon dos contre l'une des immenses pierres qui formaient le cercle de menhirs. Le contact de la roche froide me procura un frisson gênant. Je sentais encore le sang suinter des entailles faites par Astaroth et la chute provoquée par Belzeneff. Définitivement, cette sensation n'avait rien d'agréable, dérangeante, voire même horripilante, j'avais l'irrépressible envie de me noyer dans l'eau bouillante des sources de la montagne et d'oublier tous les tourments que me causaient les habitants de ce monde.

Un instant je décidais d'appuyer l'arrière de ma tête à la pierre dure qui s'érigeait fièrement en ces lieux. Je fixais les quelques nuages qui avançaient paisiblement dans cette voute céleste que je supposais factice, comme l'intégralité de ce monde, selon moi. Expliquer pourquoi et comment nous en étions tous arrivés là ? Cela se révélait souvent être chose ardue. Tout semblait si irrationnel dans ce monde.
Pris à cette contemplation muette, je laissais quelques instants de côté la seule existence du jeune homme. Mon esprit fila au gré de ma réflexion, mon visage rendu neutre. Mon tourment lisible dans mes prunelles, le bleu d'habitude céruléen désormais assombri par ce sentiment qui me submergeait.

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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Mar 15 Mar - 20:36

Alors que j’entamais ma marche vers la montagne, je fus obligé de m’arrêter quelques instants lorsque le jeune blondin m’interpella vivement pour m’offrir quelques précisions. Il me fit part de son nom et me précisa qu’il n’était pas là pour m’enrôler dans je ne sais quelle entourloupe sectaire qu’on retrouve typiquement chez certains êtres vivants sur Terre. Il s’appelait Kamui… Généralement, connaître le nom des gens ne m’intéresse pas outre mesure, mais je devais admettre que ce nom-ci était pour le moins peu surprenant pour quelqu’un qui habite un lieu étrange comme celui-ci. J’eus espérer que les habitants de ce monde avaient des coutumes différentes et des petites habitudes exotiques comparé à la Terre. Mais tout porte à croire, en y réfléchissant bien, que les différences avec mon monde originel sont peu nombreuses et se situent plus du domaine géographique et spirituel que du domaine culturel. Kamui avait des cheveux blonds comme un quelconque blondin sur terre, il porte une tenue loin d’être extravagante pour un homme du 21ème siècle Terrien, et, plus perturbant encore, il communique dans le même langage que moi. Je n’y avait pas pensé jusque-là, mais il y a bien trop de similitudes entre les deux mondes. Cela était très étrange. C’est comme si la Terre avait perdu un morceau dans l’espace et que celui-ci s’était développé de façon indépendante et ne possédait pas de lien physique avec elle. Quoiqu’il en soit, malgré tous ces questionnements, je n’offris qu’un léger soupir à mon interlocuteur pour montrer que je l’avais entendu et que je n’avais rien à redire. Après tout, il ne m’avait pas demandé mon nom en retour, alors pourquoi donc le lui donnerai-je ? S’offrir ainsi sans que personne ne nous le demande est une erreur flagrante et une manière efficace de montrer qu’on donne trop d’importance à la personne qui nous fait face. Il était hors de question que je fasse à ce point preuve d’amateurisme.

Je fixais désormais le jeune blond d’un œil de lynx et au détail près. L’analyse des visages, des gestes et tout autre manifestation sociale faisait partie de mes petits vices cachés. Quoi de mieux pour un manipulateur émotionnel tel que moi que d’apprendre à connaître le moindre fait et geste et le moindre signe émotionnel de la populace ? Un bon acteur se doit de retranscrire chaque détail de son personnage avec la plus grande exactitude ! Et en parlant de transcription d’émotions, je détectais en lui un certain mal être. Il semblait vouloir m’expliquer quelque chose mais ne trouvait pas les mots pour l’exprimer de façon concrète. Il semblait même en être particulièrement préoccupé. Avait-il donc tant de choses difficiles à me dire ? Il s’approchait de moi d’un pas léger et peu confiant. Il semblait même ressentir une sorte de culpabilité. Mais de quoi pouvait-il bien se sentir coupable ? Je le fixais désormais d’un regard soutenu afin de le motiver à abréger son attitude dubitative et d’exprimer une bonne fois pour toute ce qu’il a à dire.

Le discours tant attendu fut enfin prononcé, et, tel Jules César surplombant son Colisée, j’eus la terrible impression que le jeune Kamui venait de baisser son pouce pour proclamer ma mise à mort. Ses mots eurent l’effet d’une bombe dans mon esprit. Bien que je fus frappé par l’incompréhension aux premiers abords, puis par la stupeur quelques instants plus tard, c’est bel et bien la frustration et la colère qui finirent par régner en mon âme et esprit. Le Blondin mentionna un clan, en d’autre termes, une hiérarchie et plus précisément, un rapport de pouvoir déséquilibré... Il y avait donc un chef et des larbins. Un Grand Manitou et des pauvres fidèles. Un fouetteur et ses misérables esclaves… Le plus dramatique dans tout cela était que ma nouvelle connaissance se désignait elle-même comme étant l’un de ses chefs, et m’incluait, MOI, le grand Alvaro, dans la catégorie des vulgaires pions bons à jeter au bord d’un échiquier moisi. Et cette image d’échiquier n’était en aucun cas une symbolique idiote. Kamui décrivait réellement ma situation actuelle comme une déchirante partie d’échecs ou l’on m’avait piégé sans me laisser la moindre chance d’exprimer ma volonté. On m’avait pris dans une vieille valise, on m’avait attaché des cordes à tous les membres et on me faisait danser au-dessus d’une scène pour faire rire l’auditoire et pour amuser ceux qui me manipulaient…. Je n’étais donc qu’une vulgaire marionnette bonne à accomplir ce qu’on me dit de faire… Quelle sensation insupportable. J’ai toujours détesté qu’on choisisse à ma place et qu’on trace la route de ma destinée sans même se conforter à mes envies, à mes objectifs ou même ma pure et simple volonté. J’ai toujours tout fait pour ne jamais avoir à me considérer comme un pantin, et voilà que ma résurrection m’emmène tout droit dans une pitoyable comédie… Me sentir pris au piège, voir l’horizon se brider devant mes yeux… Cela me rappelait bien trop de mauvais souvenirs, et je ne pouvais pas tolérer quelque chose de la sorte. Il était inconcevable pour moi que j’accepte sagement de jouer les chiens et que je ne mordille pas la laisse qui étreint ma gorge. Une vile grimace se dessinait lentement sur mon visage. On pouvait y lire un profond dégoût. Finalement, j’aurais peut-être préféré la mort… Il fallait trouver un moyen. Il le fallait. Je me devais de ne pas succomber à la rage et d’agir intelligemment pour découvrir un moyen de détruire ce système. L’idée que ce jeune homme qui se tenait devant moi puisse me mentir ne traversa pas un seul instant mon esprit, car ses propos trempaient dans une logique imparable à mon plus grand désarroi. Ainsi, puisqu’il disait vrai, et qu’il était donc en quelques sortes mon chef, il fallait absolument que je m’attire ses faveurs pour découvrir le cœur de cette trame funèbre et espérer un jour pouvoir tirer moi-même les cordes. Il y avait forcément un moyen… Il devait y en avoir un.

Je repris mes esprits, ravalant toute once de haine qui glissait dans mon âme, puis je fixais mon interlocuteur d’un regard entièrement neutre. Celui-ci, qui venait de me mettre en garde contre cette fameuse créature dénommée ‘’Belzeneff’’ , venait de s’appuyer contre une pierre non loin de moi et semblait perdu dans ses pensées. Ces dernières m’importaient peu, toutefois, il fallait bien commencer par quelque chose…

« Très bien… Je vous remercie pour toutes vos informations, Kamui. Puisqu’apparemment nos destins sont inexorablement liés, et que vous vous situez au-dessus de moi dans la hiérarchie, permettez-moi, s’il vous plait, de vous vouvoyer pour le moment. Vous comprendrez, je l’espère, que mon attitude jusqu’à présent n’était que le fruit de mon ignorance. Je me présente, Alvaro Matthew Crescent. Je ne suis pas réellement quelqu’un de sociable, et je ne suis pas vraiment aimable. Mais quoiqu’il en soit, je ne suis pas du genre turbulent. Vous n’aurez aucun souci à oublier ma présence. »

A ces quelques mots, je fis la révérence en signe de respect. Malgré une enfance peu propice à la bonne éducation, mon maître avait su m’apprendre les bases nécessaires pour ne pas faire une trop mauvaise impression.

« Toutefois, si je puis me permettre, vous me semblez bien pensif. Quelque chose vous tracasse ? Peut-être ne vous sentez vous pas en pleine forme ? Après tout, vous me semblez être égratigné de partout. N’y a-t-il aucun endroit en ces vastes contrées ou vous pourriez prendre soin de vos blessures ? »


Mon regard ne laissait transparaitre aucune réelle empathie ou inquiétude. Il était totalement neutre. Apprendre à ne rien exprimer fut une tâche extrêmement ardue dans mon existence, mais elle me fut ô combien utile en de nombreuses occasions… Je gardais le contact visuel avec Kamui, et j'attendis patiemment que celui-ci me fasse part de sa volonté. Je n'attendais rien de particulier. Tout espoir d'entendre quelque chose de plaisant s'était envolé à l'instant même ou j'appris que des chaînes étaient accrochées à mes jambes. Â défaut de pouvoir obtenir quelque chose de satisfaisant, j'allais me contenter de tout ce qui pourrait passer par la tête de mon nouveau...Chef.
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Ven 18 Mar - 0:40

Perdu à mes pensées, je scrutais l'horizon d'un œil dépité et soucieux. Un être de plus qui avait été jeté dans la fosse au lion. Bien que le brun soit un parfait inconnu à mes yeux, je me sentais coupable d'être celui qui par mes ordres le mènerait immanquablement vers une mort sanglante et douloureuse. Je fermais les yeux à cette pensée qui me déchira le cœur. Tous autant qu'ils étaient, quelque soit leur grade, leur personnalité, j'étais attaché à tous les membres de la grande famille de Layca. Mon rôle au quasi sommet de cette hiérarchie n'avait jamais fait de moi un chef capricieux et autoritaire. Cela m'avait souvent valu de merveilleuses moqueries de la part des Oppsedés. Évidemment, quand leur chef n'est autre que l'égoïste et vaniteux Astaroth, un Élu primordial qui pensait au bien être de ses subordonnés avant le sien, ça devait être un sublime phénomène de foire. Mais je me moquais bien de toutes les pensées puériles et infondées de ces êtres là. Les êtres choisis par Layca avaient été confiés à ma protection, et je ferai tout pour les mener à la victoire, même si pour cela, il faudrait se sacrifier un nombre incalculable de fois. Un léger soupir résigné échappa mes lèvres.

Je n'eus pas l'occasion de mener ma réflexion plus loin. La voix enchanteresse de mon interlocuteur vint envahir mes tympans. Je dis alors adieu à l'océan bleu du ciel pour perdre mon regard dans la braise ardente qui animait ses yeux. Un froncement de sourcil s'invita sur mon visage lorsque je décelais une pointe de haine au fond des yeux de l'homme en face de moi. J'inclinais imperceptiblement la tête sur le côté, une simple question me venant en tête « Pourquoi ? ». Cette interrogation restera toutefois sans réponses, toute mon attention portée vers les paroles du brun. J'engendrais calmement toutes les informations, mais la première de toutes celles-ci me fit tiquer. Alors qu'il venait à peine de commencer sa tirade, je prononçais dans un murmure -qui se résuma plus à un mouvement de lèvre inaudible- un simple mot.

- Vous ?

Inexorablement liés, hiérarchie, me vouvoyer ? Une attitude issue d'une pure ignorance ?

Mais tout ceci fut balayé par la seule et unique de ses affirmations qui me laissa un instant le souffle coupé.

« Alvaro Matthew Crescent »

Un sourire se dessina bien malgré moi sur mes lèvres. Léger, aussi subtile qu'un pétale de fleur mené au gré du vent, qui se serait malencontreusement échoué sur une épaule nue. Je me repris rapidement, battant des paupières de façon un peu confuse, comme le papillon juste sorti de son cocon qui prend son premier envol. Ne pas se laisser charmer par la beauté ténébreuse qui nous fait face. Je n'étais pas comme ce débile de lézard à faire des avances au premier arrivant. De plus, je n'étais pas attiré par les hommes.
Non. Impossible. Niet. Nada. Queudal.
Alvaro fit une révérence gracieuse, me faisant une démonstration de l'étendue de sa politesse. Son regard de braise un instant baissé se releva vers moi, et allez savoir pourquoi, une drôle de sensation me pris de cours. Comme si mon cœur ratait un battement.

Je secouais fermement la tête, oui, je devais me remettre les idées en place. Mes deux mains se glissèrent sur mon visage, tentant un instant de cacher mon désespoir personnel. Je devais cesser immédiatement de m'attacher aux nouveaux venus de la sorte. Je sentais une faible chaleur s'installer sur mes joues, refroidies par le contact froid de la paume de mes mains. Je calais convenablement mon dos contre la pierre derrière moi, et me laissait subitement glisser jusqu'au sol. Le bruit de ma chute fut léger et étouffé par l'herbe épaisse qui recouvrait le sol de ce lieu. J'avais la nette impression de perdre mes moyens, de ne plus être réellement dans mon état normal. Le tour que Belzeneff m'avait joué plus tôt devait effectivement m'avoir donné un sale coup sur la caboche, je commençais à dériver totalement. Depuis quand je rougissais aux actes d'un parfait inconnu ?
D'un geste mesuré, je relevais mes mains pour les passer au travers de mes mèches blondes.

Tout repris un peu son sens lorsque la voix du bel éphèbe se fit de nouveau entendre. Alors que je m'attachais déjà au damoiseau répondant au doux patronyme d'Alvaro, lui ne faisait que me lécher les bottes. Était-ce donc ça le lot de tous les chefs ? Les paroles du brun me vinrent comme le crissement strident d'une lame trainée sur la roche. Le son du désintérêt, de l'obligation. Je plantais mes yeux dans les siens alors qu'il terminait sa pseudo tirade de subalterne inquiet pour son capitaine... Comme le gentil toutou qui piste son os face à vous, et qui se dressait sur ses pattes arrières pour vous planter ses crocs dans la carotide. Les terriens, êtres avides assoiffés de sang, de pouvoir. Le mot liberté sorti de leur bouche prenait tout de suite le sens d'égoïsme. Pour être libre il fallait se débarrasser de l'oppresseur. Pour ce faire, il faut le tuer. Voilà ce qu'un être un jour avait qualifié de « boucherie héroïque ».

Je ne doutais pas un seul instant du fait que la déception devait être lisible au fond de mes prunelles azurées. C'est pourquoi je pris le parti de jouer les ingénus, de jouer les maîtres adorables...

- Il est une chose bien simple en ce monde, Alvaro... Tu permets que je te tutoie et que je t'appelle Alvaro n'est-ce pas ?


Ma question était la par pure politesse. L'une de ces questions rhétoriques dont tous les enfants ont horreur quand leur parlait les leur dit. Ce genre de fausse interrogation qui, on le sait, ne vise pas à nous demander notre avis, mais à souligner notre inaptitude à être à égalité avec la personne qui la prononce. Je glissais une main sur mon front, sentant une chaleur inhabituelle en irradier. Voilà ma veine. Je faisais abstraction de ce petit désagrément. Un sourire fleurit sur mes lèvres, et je prononçais d'une voix paisible.

- La confiance est le maître mot au sein d'une confrérie en ces lieux. Je te serai de ce fait reconnaissant de ne pas jouer ce genre de jeu en ma compagnie, Alvaro. Mais il faut aussi que tu saches une chose qui n'est propre qu'à notre camp. Ici, quelque soit la hiérarchie, tu n'es sous mes ordres qu'au cours de la bataille ou des événements ayant un rapport strict ou large avec notre quête. Autrement, nous sommes toi et moi des êtres humains au même titre... Je ne vois pas pourquoi il serai nécessaire d'imposer des règles de comportement allant au delà de la bienséance et du respect entre nous. Je resterai irrévocablement ton chef, mais nous n'en restons pas moins des hommes, égaux en tous points. Tu ne penses pas ?


Mes derniers mots furent prononcés avec toute la bonne volonté dont je disposais. S'il y avait une chose que le monde d'Alea Jacta Est n'avait pu m'arracher, c'était bel et bien ma sincérité. Et bien malgré moi, j'espérais qu'Alvaro ressentirait que je ne lui mentais pas. Mes paroles étaient celles d'un homme à un autre, comme la conversation qu'auraient pu entretenir deux individus à la terrasse d'un café d'une ville quelconque sur Terre. Alvaro semblait cacher de nombreux mystères, et j'espérais que le mettre en confiance était le meilleur moyen d'atténuer son char d'hypocrisie.

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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Ven 18 Mar - 22:45

J’avais observé le jeune Kamui tout au long de mes dires. Aux premiers abords, sa réaction était pour le moins surprenante. Je pus voir ses joues se colorer d’un rouge pâle, comme lorsque la honte vient frapper à votre porte. Mais pourquoi donc se sentirait-il gêné alors que je ne suis rien d’autre qu’un pauvre pion ? On aurait cru que mes dires l’affectaient directement. Mais cette idée me semblait pourtant bien saugrenue… J’imaginais alors que c’était probablement le choc de sa confrontation avec son fléau nommé Belzeneff qui lui faisait perdre quelque peu ses repères. Mais alors que je prononçai mes derniers mots, son expression changea du tout au tout. D’un certain sentiment de gêne, ces yeux bleus trahissaient désormais une immense déception, semblable à celui d’un enfant dont la promesse qu’on lui fit n’aurait pas été tenue. Allons donc, ainsi mes dires avaient peut-être déçu le patron ? Quel dommage, vraiment… Je ne fis pas plus attention que cela, après tout, rien ne me prouvait que c’était moi qui avait prononcé des mots qu’il aurait fallu garder pour soi.

Prenant la parole à son tour, le jeune blond me demanda d’abord s’il pouvait me tutoyer. Je n’y voyais aucun inconvénient, ainsi j’acquiesçai d’un mouvement de tête. Puis… Il me fit part de ses petites pensées. Il avait le sourire, et sa voix semblait calme et paisible. Le ton laissait croire à une certaine sincérité de sa part, mais je restais évidemment méfiant. Il ne fallait jamais oublier ses règles d’or. Il me parla alors de concepts qui provoquèrent en moi une forte envie de rire à gorge déployée.
L’égalité. Quel brillant concept que voilà. Quelle douce naïveté. Comment donc un chef de clan pouvait-il faire preuve de pareil manque de jugeote ? En temps normal j’aurai pensé que ce n’était là qu’une manière de dire à ses petits employés ‘’Hey ne vous en faites pas, vous êtes mes amis, mes égaux. Jamais je ne vous ferais de mal, travaillons main dans la main. Je suis un gentil patron, aimez-moi <3 !’’ En bref, le petit discours armé d’un ton familier pour vous faire baisser votre garde et vous inciter à serrer des vis dans une usine dépravée sans jamais vous poser de questions, car évidemment ‘’le patron est un brave homme’’. Mais le problème avec Kamui, c’est que ceci ne semblait même pas être un petit stratagème social. Non, pire. Cela semblait être entièrement sincère. Je pouvais… Le ressentir. Comme une sorte de sensation, au fond de moi. Ce bonhomme pensait réellement ce qu’il disait lorsqu’il parlait de notion d’égalité, d’homme à homme. J’étais partagé entre l’envie de lui rire au nez et de lui expliquer ce qu’il en est réellement et la simple envie de lui dire calmement que malgré sa sincérité, le monde n’était pas aussi joli qu’il semblait le croire. Pour une fois, je préférai la deuxième option. Il fallait dire que cette sensation que je ressentais me mettais extrêmement mal à l’aise et m’ôtait toute envie de me moquer de lui. Ainsi, calmement, et repoussant à nouveau une mèche rebelle, je pris la parole en croisant mes bras.

« L’égalité dis-tu ? Ton intention est louable, mais je pense que tu n’es pas sans savoir que ce concept-là est une illusion. De par le fait que tu m’es supérieur au niveau de la hiérarchie, et ce peu importe que cela ne concerne que le ‘’travail’’, alors il ne peut exister d’égalité. Jamais nous ne serons égaux. Car il te suffirait d’un claquement de doigt pour me mettre à genoux et pour réduire mon existence à néant n’est-ce pas ? Je ne suis pas dupe, je sais que tu jouis d’un certain pouvoir. Peu importe sa forme, tu me dépasses en ce moment précis, et ainsi, nous ne pourrons jamais croiser nos regards sans penser, indéniablement, à ce rapport de pouvoir qui transcende nos deux existences. Le marionnettiste à beau respecter profondément ses créatures, celles-ci n’auront jamais de cordes entre les mains, et ainsi elles sont vouée à être manipulée encore et toujours, sans jamais pouvoir renverser leurs destinées. Toutefois, puisque ce concept a l’air d’être important pour toi, tu remarqueras que moi aussi j’ai pris la liberté de te tutoyer.»

Je poussai un long soupire. Je n’aimais absolument pas cette sensation d’être prisonnier de ma destinée, et voilà que je parlais comme si tout ceci n’allait jamais changer et que j’étais condamné. Ceci était contraire à mes efforts et à ma mentalité. Je me devais de renverser le pouvoir. Si l’égalité n’est pas envisageable, la situation inverse peut l’être. J’en étais convaincu. Mais puisque Kamui avait décidé de jouer la carte de la sincérité, j’ai pensé qu’il était aussi bienvenu de la jouer à mon tour. Ainsi je le mis en garde :

« Kamui. Peu m’importe tes intentions, notre but en ce monde, et ce pourquoi j’ai été appelé ici. Sache que cette situation ne me convient guère, et que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour me détacher de ces chaînes qui entravent ma volonté. Je ne te veux aucun mal. Je n’ai rien contre ta personne. Mais ce rapport de pouvoir qui nous lie me dérange, et ainsi je veux que tu saches que je me battrai sans relâche pour l’anéantir. Peu m’importe les conséquences. Après tout, j’ai déjà connu l’enfer, ainsi, ce monde n’est finalement qu’une recréation à mes yeux. N’oublie jamais, Kamui. J’accomplirais mes tâches, mais jamais je ne cesserai de creuser le trou qui me mènera hors de la cellule. Jamais. »

Aucune haine ne se retrouvait dans mes paroles. J’étais on ne peut plus sincère moi aussi lorsque je disais que je n’avais rien contre lui. Moi, Alvaro, je suis tel le scorpion. Laissez le tranquille, et il dérivera solitairement sur sa plage, sans jamais faire attention à vous. Touchez son espace vital de trop près, et alors il ne trouvera de repos qu’après avoir planté férocement son dard vénéneux en vous vous laissant mourir à petit feu et sans espoir de survie…
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Mer 30 Mar - 1:00

La brise qui parcourait la plaine à cet instant était paisible. Un brin d'air frais qui vous ébouriffe tendrement les cheveux. Les mèches de corbeau et blé virevoltaient au même rythme. La sensation doucereuse, la caresse des fils d'or contre la peau encore douce d'un adolescent. L'azur d'un regard auquel s'accroche l'espace d'un instant la lueur vive et rassurante du soleil. Promesse de sollicitude, de dévouement. A cet instant précis, lorsque la voix calme du brun vint effleurer de sa mélodie mes tympans, je savais qu'immanquablement, sous son masque, il était une personne pleine de bonté.

Il avait écouté mes propos sans sourciller, attentif à la moindre de mes paroles. Mais de toute évidence, il n'était pas dans le caractère du jeune homme de se laisser imposer une ligne de conduite. Une façon de penser bien à lui semblait animer Alvaro. Un léger rire m'échappa lorsqu'il entama sa tirade sur sa vision de l'égalité. Voilà un homme qui durant toute son existence d'humain avait dû ressentir une aversion profonde envers le sexe féminin. Ou peut-être ses conquêtes avaient été si nombreuses qu'il en était venu à n'être plus attiré que par les hommes ?

Sa tirade sur l'égalité terminée, un profond soupir lui échappa, et son regard se voila. Était-ce donc ainsi qu'était Alvaro ? Un homme qui ne pouvait vivre sans sa propre autonomie, sans son libre arbitre ? Il me savait de toute évidence plus puissant que lui. Évidemment, mon don aurai fait plier n'importe quel être en ces lieux. Mais mon but n'est aucunement de tirer les ficelles sans avoir un minimum de consentement de mes « marionnettes ». Mais comment faire comprendre pareille pensée à quelqu'un qui sans jamais comprendre par quel grand hasard il a débarqué ici ? Je posais un instant mon regard azur dans les billes incandescentes d'Alvaro. Pourrait-il simplement comprendre que dans mon regard il ne fallait pas lire de la puissance et une soif de pouvoir ? Si seulement je pouvais lui faire comprendre qu'aucune animosité n'habitait mes pensées, que tout ce que je cherchais à obtenir, c'était un peu de sa confiance. Jamais je n'avais eu pour habitude de mentir, hormis peut-être sur mon passé. Pourtant, à cet instant, j'aurais réellement désiré que le brun prenne conscience de la sincérité qui habitait mes propos.

- Je n'ai jamais eu d'intérêt à soumettre les partisans de Layca. Si nous sommes dans le même camp, c'est pour servir la même cause. La hiérarchie n'est là que pour un souci de logistique. La puissance n'est au fond qu'un détail. Je ne suis le plus puissant d'entre nous que dans le but d'égaler l'âne qui mène les pantins d'Oppse... Bien qu'il me faille l'aide de toute notre Cité pour pouvoir mettre à mal ses troupes. Détrompe-toi, Alvaro, je suis loin d'être si fort que tu le crois. Je peux bel et bien écraser ta personne, comme presque tous les pions de cet échiquier. Mais quel intérêt aurai-je à rabaisser des êtres qui sont censés m'aider au cours d'une bataille ? Ne faut-il pas apprendre à connaître son équipe afin de pouvoir mener une lutte solidaire ? Sur le front, ne sommes-nous pas tous égaux face à la mort ?

Mais qui étais-je pour demander à tous ces terriens de se rallier à ma cause, à la cause de Layca ? Avaient-ils seulement le choix ? Dans un souffle rauque, je prononçais quelques mots qui bien malgré moi me brisèrent le cœur. Plus personne n'avait le choix une fois arrivé dans ce monde.

- Les dés sont jetés.

D'une impulsion souple sur mes jambes, je me redressais lentement contre la pierre glacée du menhir. L'air était encore doux. Comparable à la bise du printemps sur les peaux encore refroidies par le froid mordant de l'hiver. Malgré un léger étourdissement, que je calmais en portant ma main à mon front, plissant un instant les yeux, j'écoutais attentivement les propos du jeune homme. L'enfer ? Croyait-il seulement que le monde d'AJE était une simple promenade de santé ? Existait-il seulement flammes plus ardentes que celles de l'enfer dans lequel nous nous trouvions actuellement ? Vicieuses et fourbes, elles vous lèchent la chair jusqu'à la mettre à vif. La douleur est si insupportable que même avec toute la force du monde, rien ne peut vous empêcher de tomber immuablement au sol. Se rouler en boule pour se protéger, position si réconfortante dans le ventre d'une mère. Position si douloureuse quand la brûlure machiavélique du feu ne cesse pas un seul instant d'incendier votre ossature, tous vos membres. Rien n'y est laissé. Existait-il seulement douleur aussi affreuse sur Terre que celle qui pouvait être endurée sous le joug des dons de l'adversaire ? Mais finalement, lorsque le cadavre n'est plus que mixture informe, bouillie sanguinolente et incandescente, ne trouve-t-on pas un repos bien mérité ? Non, car inlassablement, la même douleur vous est à nouveau infligée. Dans ce monde aucun répit n'est accordé aux êtres qui respirent l'air empoisonné de l'échiquier humain. Vénéneux. C'est sans aucune défense que nous nous retrouvons tous. Mais n'est-il pas douleur plus insupportable que celle qui pèse directement sur votre conscience ? Ne dit-on pas que la douleur physique n'est que poussière face au désespoir, la solitude ou la tristesse ?
C'est avec la voix serrée que je répondis faiblement,

- Mais il n'y a pas d'issue...

Le souvenir d'une enfant pointant le doigt vers le ciel me revint en tête. Tendrement elle disait, son air rivé sur les cieux « C'est ça la sortie de secours ? ». Un sourire peiné s'étendit sur mes lèvres. Je laissais retomber mes bras le long de mon corps, m'adossant plus correctement à la pierre. Alvaro avait-il aussi la candeur de cette enfant ?
Cette pensée eu pour effet de me relancer sur mon interrogation muette sur le jeune homme face à moi. Quelle avait été la vie d'Alvaro pendant son existence sur Terre ? Quelles étaient les raisons de son arrivée dans ce nouveau monde ?

Mais je ne pris pas plus le temps de m'interroger sur tout ceci. Car après tout, y avait-il une seule personne en ces lieux qui aurait su y trouver une réponse ? Seuls Layca et Oppse, et probablement Belzeneff savaient pourquoi ces êtres étaient choisis. Avaient-ils commis des pêchés au cours de leur vie humaine qui nécessitaient d'être expié en ces lieux ? Pourtant de ce que j'en savais, Layca et Oppse n'avaient en aucun cas vocation à faire de cet échiquier un banal purgatoire. Il n'était que dans les cultes de ces religions humaines que les hommes pouvaient accéder au pardon. Ici, il n'existait que douleur, souffrance, peine, et questionnement.

Laissant un instant mon regard se perdre dans le vague, fixant un point flou derrière l'épaule de mon interlocuteur, je pensais à disparaître. Non pas disparaître au travers de la mort, non. Simplement ne plus être. Se dématérialiser. Parce que finalement, qu'étions nous en ces lieux ? Des hommes et des femmes décédés sur Terre qui au détour d'un coup de hasard sont tombés dans le plus grand échiquier humain qu'ai connu l'univers ? Comment savoir si seulement nous étions réellement morts ? Cette simple idée me coupa le souffle l'espace d'un instant. J'avais comme l'impression de ne plus pouvoir respirer. Panique ? Angoisse ? Je glissais rapidement mes mains sur ma gorge, tentant de récupérer mon souffle. Je me crispais, une brûlure insoutenable embrasant mes poumons. Un faible gémissement s'échappa de mes lèvres.

La vie sur Terre n'était plus qu'un enfantillage révolu. Que La Mort ait fauché ces êtres de sa faux n'était plus la question. Dans le monde d'Alea Jacta Est, deux choix nous étaient donnés. Tuer ou être tué.

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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Sam 2 Avr - 19:13

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Nous étions toujours sur la plaine. Se fixant l’un l’autre. Deux hommes, deux âmes mais une seule et unique destinée… Je ne savais quoi réellement penser de Kamui. Cet être m’intriguait et je ne trouvais aucune raison en mon fort intérieur qui pouvait expliquer cela. Pourquoi lui ? Pourquoi étais-je là à discuter avec un être humain dans un monde voué à la soumission et pourquoi n’étais-je déjà pas parti loin de lui… ? Il était comme tous les autres, son âme était probablement aussi entachée que le reste de l’humanité, alors pourquoi ? Je n’arrivais pas à me l’expliquer. Tant de questions sans réponses. Le monde tout entier semblait n’être qu’un mystère voué à l’inconnu et sans résolution aucune. Que devais-je faire ? A peine arrivé ici, devais-je donc déjà renoncer au repos éternel et m’adapter à cette nouvelle forme d’esclavage ? Il restait tant de zones d’ombre à découvrir que je ne pouvais me permettre de déjà remettre mon destin dans un conflit insensé qui ne me concernait pas. Il était trop tôt pour abandonner tout espoir. J’allais me battre et obtenir ma liberté comme je le fis sur Terre et ce, durant tant d’années. Ma logique ne me permettait pas de croire à une dictature de ce genre ni d’y succomber. Cela prendra probablement du temps, mais tout vient à point à qui sait attendre. Jusque-là, il me faudra m’adapter au régime pour connaître l’entièreté des failles qui le régissent et ainsi, pouvoir planifier son entière destruction. Il allait me falloir faire preuve de patience et d’intelligence.

Me fixant toujours, le jeune homme lâcha un petit rire alors que j’argumentai sur l’égalité. Pourquoi diable n’arrivais-je pas à trouver ce rire déplacé et agaçant… ? Se pourrait-il qu’il m’ait ensorcelé ? Il n’y’avait d’autre explication possible. J’avais probablement déjà été frappé par la malédiction de la docilité et j’allais peu à peu devenir une pauvre créature naïve et niaise, prête à exécuter les ordres sans rechigner. Même son regard me troublait. Ses yeux d’azur ne me laissaient pas tranquille. Une certaine douceur s’en échappait. L’intensité était telle que j’avais du mal à rester concentrer et commençait légèrement à me sentir comme gêné. Voyons Alvaro, reprends tes esprits… Je me faisais manipuler de A à Z, c’était la seule solution envisageable. Je devais rester vigilant. Cette aura bienveillante qui émanait pourrait finir par me dévier de ma propre route. Je devais garder mes distances. Me replier et pointer mon dard, afin qu’il comprenne qu’on ne pouvait en aucun cas me faire plier aussi facilement.

Analysant son discours mot à mot, j’en ressortis les éléments essentiels. Une lutte solidaire, égaux face à la mort. Mais surtout, Kamui admettait avoir le pouvoir de nous faire plier mais de ne pas vouloir l’utiliser contre nous. Ainsi, il n’était que le Roi Noir qui ne tacherait que d’avaler les pions blancs qu’il trouve sans jamais employer son pouvoir sur ses propres confrères ? Non satisfaisant, mais convainquant. Il n’avait effectivement aucun intérêt à maltraiter ses pauvres maudits s’il souhaitait éviter tout type de mutinerie. Voilà qui me rassurait, bien qu’il détienne le pouvoir, jamais il n’osera m’arrêter s’il souhaite que je me joigne à eux. Ceci me permettrait de pouvoir agir en évitant tout risque d’être puni. Après tout, même le plus faible des pions était fondamental dans une guerre se jouant sur une puissance globale. Plus les pions sont nombreux, et plus ils pourront provoquer de victimes dans le camp adverse. Repoussant une mèche rebelle à nouveau, j’exposai mon point de vue :

‘’Je vois. Ainsi la logique de ce monde tient sur une alliance sans défaut entre l’empereur et ses fidèles. Collaborer nous permettra de mieux anéantir l’ennemi. Bien, je suppose donc que je n’ai pour le moment pas d’autre choix que de suivre cette directive. Après tout, plus vite nous en aurons terminé avec ce conflit, et plus vite j’obtiendrai ma liberté. Tout le monde en sortira vainqueur n’est-ce pas ? ‘’

Je remarquai une tristesse progressive chez mon interlocuteur. A mesure de ces explications, son visage semblait se crisper de plus en plus et sa voix perdait peu à peu de son tonus. Je ne comprenais pas cette tristesse. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Se pouvait-il que lui aussi n’était finalement pas satisfait de sa condition ? Bien des mystères entouraient ce jeune homme. Une chose était sûre, il était spécial, et je pouvais le sentir au fond de moi. Il s’exprima à nouveau, le ton encore moins serein.

- Les dés sont jetés.

Les dés en sont jetés… Cette phrase avait des airs de jugement divin qui me déplaisaient fortement, mais Kamui semblait prononcer ses mots avec une conviction des plus effrayantes. A cet instant, un sentiment de pitié me prit. Ce garçon n’avait donc aucune intention d’aspirer à la liberté. Même lui n’était qu’un pauvre pion au final.

‘’Alea Jacta Est. Les dés sont jetés. Cette merveilleuse expression est des plus appropriée pour qualifier le contexte actuel ne trouves-tu pas ? Qu’il est ironique et ravageur toutefois de savoir que je ne suis que le résultat d’un vulgaire jet de dés. De la misérable chair à canon mise à disposition des parieurs fous. Mais dis-moi Kamui, tu me sembles avoir bien peu d’entrain pour un commandant. N’es-tu donc pas satisfait de ta position favorable? Ne crois-tu donc aucunement à une issue possible de ce conflit ?’’

Mais le jeune homme me répondit par la négative. Ainsi, il me confirmait à nouveau qu’il estimait son destin comme étant scellé à jamais. Son regard, ses lèvres, sa propre tenue montrait un abandon total de son existence et de sa liberté. Il était le chef convaincu d’une guerre sans queue ni tête. Mais avait-il réellement déjà envisagé de mettre fin à ce spectacle tragique ? N’avait-il donc jamais eu envie d’ôter le masque qu’on nous force à porter ?

‘’L’as-tu seulement cherchée ne serait-ce qu’une seule fois ? As-tu réellement un jour souhaité abandonner ton pouvoir et ton existence en ces lieux ? En sachant que ma vie sur Terre en est arrivée à sa conclusion, disparaître de ce monde qui nous offre un nouveau souffle signifie retourner dans les méandres du néant. En sachant cela, il serait fort surprenant que tu ailles ne serait-ce que chercher à te détourner de ta ‘’Mission’’. Or corrige-moi si je me trompe mais si personne n’a jamais rien tenté, il est évident que l’issue semble….’’

Mais mes mots furent violemment coupés par une réaction pour le moins inattendue. Le jeune blond ne m’écoutait plus. Ses derniers mots semblèrent difficiles à dire et bien que je n’aie absolument rien remarqué durant ma tirade, Kamui avait commencé à pâlir fortement et tenait sa gorge en signe de profond mal être. Etait-il en train de faire un malaise ? Sa respiration était devenue saccadée et se réduisait au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient. Je ne savais pas comment réagir à cet imprévu. Le voyant gémir et chercher sa respiration, je compris alors qu’il venait de se couper le souffle et peinait à reprendre de l’air de façon convenable. Allait-il donc s’étouffer ? Ne sachant que faire, je me rapprochais rapidement de lui en pur réflexe puis, posant chacune de mes mains sur ses épaules, je tentais de le calmer. Son corps était d’une froideur terrible. Je le sentais tremblant et craintif. Mes mains serraient alors naturellement ses épaules, comme pour le tenir immobile et lui permettre de mieux se contrôler. Fixant ses prunelles bleues, je lui donnais alors les instructions d’une voix sereine.

‘’Kamui, calme toi et essaie de respirer en rythme. Une…Deux… Ecoute ma propre respiration et fait donc de même. Rien ne sert de te brusquer, ni de succomber à la panique. Allez. Concentre-toi sur ma respiration. Une…Deux… ’’

J’avais l’habitude de gérer les situations de panique. Ayant joué dans une multitude de pièces, il n’était pas rare d’avoir un pauvre acteur ou actrice ne sachant pas gérer le stress. N’ayant jamais succombé au trac, il était tout naturel que je leur apprenne à gérer leur respiration. Il aurait été tragique qu’un acteur meure d’étouffement alors que nous avions travaillé si dur pour mettre sur pied la pièce. Cette tâche insupportait, mais à force d’habitude, je la faisais naturellement, et elle s’avérait plutôt efficace en général. Toutefois, je ne comprenais pas pourquoi j’avais réagis de façon automatique. Pourquoi avoir essayé de tranquilliser celui qui détenait le fouet alors que le hasard aurait pu provoquer sa mort ? Je ne me comprenais plus, et me rendant compte que mon geste était irrationnel, je pris mes distances en repoussant d’un geste brusque le jeune blondin alors que sa respiration reprenait de façon régulière.

‘’Hmpf. Ne vas pas croire que j’ai fait ça pour te sauver, ni même parce que je t’apprécie. Ce n’était qu’un pur réflexe moteur et en aucun cas un geste amical. Crois-moi, si j’avais réfléchit, je t’aurais laissé à ton propre sort, prisonnier d’une mort certaine.’’

Je croisai les bras, mécontent de mon attitude. Allait-il donc penser que j’avais de bons sentiments à son égard ? Pff, pathétique. Je regrettais totalement mon geste. Je tenais littéralement sa vie entre mes doigts, et j’ai décidé de l’épargner. Avais-je donc détruit mon ticket qui m’amènerait vers la liberté ? Un profond dégout se fit sentir en moi. Mais… Alors que je réfléchissais à l’ampleur de mes actes et aux conséquences de cette Mort… Une idée magistrale vint frapper mon esprit… Je sentis d’un seul coup mon cœur battre d’une force inimaginable. Le monde alentour se voua au silence pour laisser mon esprit s’exprimer.

Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?! Quel idiot j’étais ! J'en tombais des nues devant ma bêtise! Je me suis laissé berner par toute cette histoire abracadabrante mais pourtant, la solution était à portée de main. Si la vie était vouée à n’être qu’un éternel fleuve dénué d’intérêt, alors pourquoi me priverai-je d’ouvrir les Portes de la Mort ?! Je n’avais pas l’intention de n’être qu’un vulgaire jouet, ainsi, j’étais prêt à en finir au plus vite avec mon existence. A aucun moment, Kamui n’avait précisé que ce petit jeu ne cesserait-pas le jour où nos corps seraient entièrement vidés de leur sang et que la Faucheuse repasse à nouveau pour sabrer le vulgaire fil qui nous maintient encore en vie. Il me suffisait d’embrasser Hadès pour aspirer à la douce liberté. Plus que jamais la mort constituait une conclusion paisible. Un sourire démoniaque s’affichait alors sur mon visage. De nombreux traits épais vinrent marquer ce dernier en signe de satisfaction. J’avais sombré dans une folie euphorique. Une joie extrême parcourait l’ensemble de mon corps. Je ne pus retenir un rire bruyant et d’une certaine manière, particulièrement teinté de folie. Ma voix elle même semblait venir d'un autre monde. Elle n'avait plus rien de mon calme habituel.

‘’ahaha…Ahahaha… AHAAAAAAAAAHAHAHAHA ! Comment ai-je pu donc me laisser avoir de la sorte et ne point considérer cette issue inévitable ?! AHAHAHA ! Kamui… Toi et tes dieux n’aurez pas raison de moi. Votre stupide jeu ne me concerne plus. Je suis maître de ma destinée tu m'entends? Le MAITRE ! Le seul et l’unique ! Je dirige ma propre pièce, et je ne tolérerai JAMAIS un quelconque second rôle !’’

Fixant Kamui d’un regard transpirant la victoire, je dégainai alors mon épée. Sabrant l’air, je la pointais en direction du jeune garçon et repris ma tirade. Plus rien ne pouvait désormais m'arrêter. Absolument rien. J'étais entré dans une véritable danse frénétique instoppable.

‘’Jeune Roi de cette Tragique Comédie ! Il est temps pour nous de mettre un terme à notre petite conversation. Amuse-toi bien dans cet enfer, toi et tes misérables pucerons. Le glas a sonné et l’heure est venue de descendre le rideau sur ma divine interprétation ! Péris donc seul dans ta misérable malédiction toi et tes petits amis. Que tu gagnes ou perde cette guerre n’est plus de mon ressort. Adieu, Kamui !’’

Un sourire démoniaque aux lèvres, j’offrais à Kamui un ultime regard. Il devait être mon dernier. Je n'avais aucun regret et je m’apprêtais à mettre fin à mes jours d'un geste vif, précis et léthal. Je pris la rapière des deux mains... Il n'était plus qu'une question d'instants désormais... Un simple geste et tout serait terminé. Absolument tout.
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Lun 11 Avr - 3:39

Il y a des moments dans une existence où l'on a l'impression de voir sa vie défiler devant ses yeux. On dit souvent que ces images sont visible à tous au moment de la mort. D'autres parlent d'une lumière blanche.
Certains parlent d'une mort douce, celle qui vient vous cueillir dans votre sommeil. On entend aussi parler des morts douloureuses, celles qui vous déchirent le cœur, où vous êtes si conscients de ce qui vous arrive que vous ne pouvez que pleurer toutes les larmes de votre corps, ou accepter la mort à bras ouvert. Avais-je ne serai-ce que ressenti l'une de ces sensations ?

Un bourdonnement sourd avait envahit ma tête. Je sentais à peine mes mains crispées avec désespoir sur ma gorge enflammée. J'avais l'impression que mes poumons allaient imploser. Tout autour de moi était devenu subitement flou... La douleur était si vive qu'elle me semblait insurmontable. Dans le bruit ambiant qui avait envahit mon cerveau, j'entendais une mélodie. La chanson funeste de la faucheuse ? Non... Une voix ? Je tentais désespérément de focaliser mon esprit sur ce détail, mais tout semblait soudainement si brumeux, si oppressant. Tout s'était arrêté, comme si avec mon souffle, c'était toute once de conscience qui m'avait quitté. Avais-je réellement succombé à la détresse du passé ? Je ne pouvais définitivement pas me permettre d'être ainsi dévoré par les souvenirs. Je n'avais jamais flanché et ne commencerai pas aujourd'hui.
Je tentais de reprendre le dessus, mais bien malgré moi, je n'avais aucune accroche au monde réel, seulement aux souvenirs.

Mais le contact léger qui fit pression sur mes épaules m'extirpa l'espace d'un instant du gouffre dans lequel les méandres du passé tentaient de m'entraîner. Les sourcils froncés, je tentais ardemment de fixer un point face à moi. Tout d'abord vascillant, je pu distinguer les contours du visage d'Alvaro. Que faisait-il ? Je repris alors conscience de la douleur qui inondait mes poumons. Un gémissement misérable m'échappa, le brasier dans ma poitrine rendu insupportable. Cependant, je n'eus pas le temps de m'attarder sur ce point que mon attention fut entièrement happée sur la personne d'Alvaro, qui, les doigts crispés sur mes épaules, semblait me parler. Je détachais difficilement l'une de mes mains de ma gorge pour m'agripper avec la force du désespoir au tissu recouvrant le torse du brun. Je fis un effort surhumain pour distinguer ses mots du brouhaha ambiant qui persistait à hanter mes oreilles. Et sa voix claire finit par se distinguer.

Me calmer ? Je pensais en être incapable. Toutefois, le simple fait d'avoir fixé mes pensées sur cet homme me permis d'oublier l'infâme angoisse qui me rongeait quelques secondes plus tôt. Le bruit se dissipa au profit de la voix calme du brun. Mon regard ancré dans le sien, je sentis le poids de la peur s'envoler en même temps qu'une bouffée d'air vint de nouveau emplir ma cage thoracique. D'abord rapide, je m'attelais à suivre les conseils du jeune homme en calant ma respiration au même rythme que la sienne. Et ce qui aurait pu sembler infaisable un instant plus tôt redevint un automatisme logique. L'air circulait de nouveau de façon régulière. Ma main tremblantes, je desserrai la prise endiablée qui cerclait ma gorge.

C'est alors que le regard d'Alvaro changea du tout au tout. L'air serein qu'il arborait avait laissé place au doute, aussi rapidement qu'il avait relâché sa prise sur mes épaules. La prise ferme que j'avais sur sa chemise s'extirpa vivement du creux de ma main. J'avais beau serrer le tissu à m'en faire blanchir les phalanges, rien ne pu retenir l'élan qui éloigna Alvaro de ma personne. Je sentais la roche ferme du menhir claquer contre mon dos alors qu'il me repoussait avec la force du damné. Que lui arrivait-il ? Son regard se fit fuyant alors qu'il reculait vivement, s'échappant de mon entourage comme on fuit la peste. Avait-il commis une quelconque erreur en m'aidant ? Je ne voyais pourtant pas le mal qu'il y avait à venir en aide à autrui. Ne disait on pas sur terre que l'assistance à personne en péril était un principe fondamental qui se devait d'être respecté de tous en tout lieux ? Si seulement de tels écrits pouvaient être applicables en ces lieux. Pourtant, le plus important à ce moment fut la remarque désemparée du brun. Bien qu'encore un peu sonné, je ne pus réprimer un sourire de se dessiner sur mes lèvres alors qu'il me faisait comprendre de façon tout à fait piteuse qu'il ne m'avait aidé que par réflexe. Voilà un automatisme qui n'était guère négatif. Avait-il été de ceux qui aidaient les autres ? Pourtant le profil caractériel de l'homme ne s'y prêtait pas. A mes yeux, il aurait plutôt été le chien enragé qui, scellé au fond de sa cage, n'était libéré que pour mettre fin à la vie des plus gros gibiers. Telle la pièce maîtresse d'un théâtre dont il aurait été le seul acteur. Il ne pouvait être que le seul être digne d'importance dans son humble existence. Encore aurait-il fallu que sa vie ait été pavée d'humilité. Le type ne s'accordait définitivement pas à l'idée.
Quoiqu'il en soit, son premier réflexe a été de me venir en aide. Mais ce détail sembla lui rappeler quelques mauvais souvenirs.

« Si j’avais réfléchit, je t’aurais laissé à ton propre sort, prisonnier d’une mort certaine. »

Ses paroles eurent le don de me replonger dans la dure réalité. Et c'est la voix emplie de fatalité que je déclarais,

- Toutefois la vie et la mort sont des notions à juger avec des pincettes en ces lieux.

Je l'observais croiser les bras sur son torse, une mine renfrognée peinte sur son visage. Était-il réellement si contrarié de m'avoir évité l'asphyxie ? Mais il m'avait sauvé la vie, et quoiqu'il advienne, je lui en étais redevable. Mes yeux posés sur sa personne, je prononçais tout bas, plus pour moi-même que pour lui.

- Merci.

Mes paroles restèrent pour moi. Ses pupilles fixées sur un point indéfini, je sentais l'orage gronder au fin fond de son esprit. Quelle était donc la chose qui pouvait lui apporter tant de contrariété ? Pouvait-il simplement regretter si amèrement d'avoir sauvé ma vie ? Une étincelle de colère fut lisible l'espace d'un instant dans ses yeux. Contre qui ? Probablement ne le saurai-je jamais, car déjà une lueur de génie vint éclairer sa face. Quelque fut l'idée qui lui traversa l'esprit, la démence que je pu lire sur son visage n'eut rien pour me rassurer. Regrettait-il tellement que je sois en vie qu'il comptait finalement abréger ma courte existence en ces lieux et me renvoyer barboter dans la fontaine des fées ? Mais je me sentais d'autant plus mal à l'aise qu'un sourire malsain vint ourler ses lèvres fines, pourtant si attirantes auparavant. Ses traits se marquèrent petit à petit de la satisfaction qu'a un enfant gâté lorsque son domestique lui ramasse son doudou tombé dans la boue. Cet enfant qui se mettra à pleurer jusqu'à ce que ses parents fassent chasser le pauvre majordome et que sa vie soit réduite à néant. Alvaro était donc l'enfant gâté qui fasse à l'adversité devenait un monstre de nombrilisme ? Je déglutis difficilement, l'inquiétude me mordant bien malgré moi. Qu'allait-il inventer ? L'onde de joie qui s'échappait de son être à cet instant eu fini de me mettre mal à l'aise. L'espace d'une seconde, j'eus l'irrépressible envie d'user de mon don pour détendre cette atmosphère chargée de pensées malsaines. Je retins mon souffle alors que sa voix, emprunte d'une folie pure et psychédélique s'élevait haut perchée. Son rire à mes yeux s'apparentait plus que jamais à celui d'une vieille sorcière tout droit tirée d'un comte. Non, pas ces histoires guimauves qui se terminent en « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Non, loin de là. Plutôt l'un de ceux qui avait pour but de déchirer l'esprit, la chair et l'âme.

Lorsque les mots « Maître de ma propre pièce » franchirent la barrière de ses lèvres, je ne sus réellement si je devais m'inquiéter pour ma vie ou pour la sienne. Pouvait-on sainement atteindre un tel niveau de folie sans jamais voir sa propre réflexion altérée ? Il n'y eut plus un doute dans mon esprit quant à cette question lorsqu'il dégaina sa lame et la pointa vers moi dans un signe de victoire. Je ne sus réellement si à cet instant il disposait encore de tout son esprit. Mais bien malgré moi, je préférais croire que non, il n'étais désormais plus du tout conscient ne serai-ce que de sa propre frénésie. Alors qu'il achevait sa tirade, je compris son intention au moment où il leva son épée pour attenter à sa vie. Le regard que nous échangions à cet instant était définitivement celui d'un adieu. Mais quel adieu existait dans notre monde, où personne n'avait jamais pu trouver le repos éternel. Non sans y réfléchir, mon seul réflexe fut de tendre la main en me concentrant rapidement. Plus que de me jeter sur lui pour le retenir et en venir à blesser quiconque, je n'avais d'autre choix que d'user de mon don. Ne m'avait-il pas été confié par Layca afin que je puisse mener à bien notre mission ? Notre mission ne nécessitait-elle pas la présence de nouveaux éléments comme celui qui se tenait fièrement devant moi prêt à mettre un terme à sa vie ?

Sans même y penser, je fermais un instant les yeux, prenant partiellement le contrôle du brun. Je n'avais à cet instant d'autre choix que de contraindre son esprit. Je m'astreignais à vider d'une pensée l'esprit du jeune homme. Lui imposer des idées neutres. Faire le vide dans son esprit.
La sensation que j'avais à cet instant fut assez incroyable, c'était comme si toute la folie qui parcourait le moindre recoin de la personne d'Alvaro avait été aspiré par moi, et s'était évaporé en un claquement de doigt. Je rouvrais les yeux que je n'avais fermé qu'une seconde à peine et posais mon regard azuré sur la braise incandescente qui subitement n'exprimait plus du tout cet élan machiavélique qui les animait auparavant. Il y avait bel et bien une satisfaction intense dans ce don. Pouvoir observer le changement qui se produisait invariablement sur ma proie.

Les traits d'Alvaro étaient subitement comme détendus. La poigne ferme qui n'avait pour but que d'embrocher son propre corps se fit plus lâche, et je vis ses bras retomber le long de son corps. L'expression d'incompréhension que je pus lire dans ses prunelles m'arracha un sourire pincé. Je me sentais comme l'enfant fautif que l'on prend la main dans une boîte de cookies. Je me rapprochais lentement du jeune homme et, une fois assez proche, récupérais son arme de ma main toujours tendue. Cette chose faite, je reculais vivement. Bien que j'ai encore le contrôle sur ses émotions, rien ne contraignait son corps, et toute réaction physique impromptue restait envisageable.

Ne relâchant pas la faible emprise que j'exerçais sur son chétif esprit, je pris la parole.

- Excuse-moi d'avoir mis fin à ton élan de folie psychotique sanguinaire. Mais il me faut te faire savoir que tout ceci ne rimerai strictement à rien. Tu veux mettre fin à tes jours ? A ton bon plaisir, grand bien t'en fasse. Toutefois, laisse-moi t'apprendre que dans ce monde, la mort n'est pas la « libération » à laquelle tu semblais tant vouloir t'offrir. Si la mort sur Terre signifiait la fin de tout, ici, elle n'a plus aucun sens. Tu pourras bien te donner la mort des milliers de fois, tu ne verras jamais le bout de ce fameux tunnel. Sur cet échiquier, tu es le pion qui bien qu'il se fasse éjecter reviendra indéfiniment dans la partie. Dans le monde d'Alea Jacta Est, la mort n'est pas. Il n'existe qu'un nombre infini de vies aux cours desquelles tu seras obligé de servir sans fin Layca. Et rien ni personne ne pourra échapper à cet engrenage digne du Diable.

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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Dim 24 Avr - 16:24

Prêt à m’offrir le Jugement Dernier, mes doigts se serraient encore et encore sur mon arme. La lame froide, d’un mouvement brusque, se rapprochait de mon cœur, et frôlait désormais ma peau bouillante. Cette courte seconde qui gardait encore mon âme dans le Royaume des Vivants aurait dû mettre fin à ma souffrance, tel le dernier grain d’un Sablier. Toutefois, cette minuscule seconde se transforma en un effroyable écoulement éternel…

Le souffle coupé par l’intensité de ma décision, une chaleur indescriptible pénétra en moi. Cette flamme semblait avoir pénétré au sein de mon esprit et rongeait toute once d’émotion qui subsistait alors en moi. Tel un incendie, ce feu nouveau enveloppait et tuait le givre de ma propre folie pour laisser place à la raison la plus pure et la plus neutre. Cette sensation de paix était… si peu familière pour moi… Un calme pareil. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant. Toute ma vie fut traversée par de nombreux sentiments, plus ou moins vifs. A vrai dire, mon esprit ne m’avait jamais laissé tranquille une seule seconde. Toujours à chercher, toujours à vouloir comprendre, toujours à vouloir fuir… Ma main lâchait lentement prise, sans que je n’aie à décider du moindre mouvement, et mes se perdaient dans le vide de l’incompréhension. Qu’est-ce qui avait bien pu aspirer ma colère et mon désespoir… ? Alors que mes bras tombaient, manquant de volonté et d’énergie, je cherchais la source de cet enchantement. Qu’est-ce qui avait bien pu freiner ma volonté suicidaire et libératrice… ? Comment étais-je arrivé à ressentir un tel calme malgré mon âme tourmentée ? Malgré le manque de logique de la situation, et l’échec foudroyant de ma libération, cette situation ne m’était pas déplaisante. C’était même…Agréable. Je voulais juste comprendre les raisons, mais en aucun cas mettre un terme à ce bien-être qui me parcourait jusqu’au bout des ongles. Ainsi, c’était ce que l’on pouvait ressentir lorsque notre esprit goûtait aux joies du pacifisme…
Bien que mon regard soit plongé dans le vide, je pus ressentir une présence se rapprochant de moi et ramassant mon épée. Me concentrant sur cette dite-présence, je reconnus alors les traits jeunes et les cheveux d’un blond pur de Kamui. Il ornait un sourire enfantin et doux. Alors qu’il reculait, comme craignant une réaction de ma part, le lien logique se fit dans ma tête. Ainsi, c’était lui qui jouissait d’un tel pouvoir et qui venait de m’empêcher de mettre fin à mes jours… Quel don extraordinaire que celui de pouvoir absorber les émotions. Peut-être même pouvait-il jouer avec ? Après tout, je ne ressentais pas uniquement une sensation de vide, mais une chaleur sympathique me parcourait… Mes yeux le fixaient à présent. Kamui… Tu n’étais donc pas le chef pour rien…
Mais cette douceur vint confirmer à nouveau que ce qui est bon ne dure jamais pour l’éternité. Alors même qu’il reprit la parole, et relâchait peu à peu l’emprise qu’il avait sur moi, ces mots résonnèrent dans mon crâne, libérant à nouveau les démons du désespoir. Même la mort perdait de son sens en ces lieux. La vie elle-même était éternelle. Ce qui semblait s’apparenter au Saint-Grall du Thanatophobe n’était pour moi qu’un piège cruel, insensé et injuste. On m’avait enchainé aux prémices-mêmes de ma vie antérieure, et désormais ici aussi allais-je devoir supporter le poids d’un chemin tout tracé qui fait entière abstraction de ma personne… A partir d’aujourd’hui je n’étais plus que de la chair à canon, un piètre soldat d’un conflit éternel et insensé. Si la mort n’était pas une notion existante, alors pourquoi donc se battre ? Tuer l’ennemi encore et encore, sans jamais voir la conclusion de ce Drame. Ce monde prenait de plus en plus l’allure d’un véritable Purgatoire sans queue ni tête, voué uniquement à nous plonger dans un océan infini de souffrance.

Reprenant mes esprits et fixant toujours Kamui, je n’eus d’autre réaction que de laisser le désespoir m’envahir. Je n’avais plus d’autre choix que d’accomplir ma mission, et de chercher un moyen de me sortir de ce véritable enfer. M’approchant de Kamui, je n’eus la force d’exprimer autre chose que ces mots-là :

''Très bien… Ainsi je n’ai d’autre choix que d’accepter cette piètre destinée je présume… Puisque tu es celui qui donne les ordres, je les attendrais et les exécuterais le moment venu. Pour l’heure, je préfère rester seul si tu ne m’en tiens pas rigueur. Adieu. ''

Et tournant le dos, j’entamai ma marche d’un pas lent et dépité. Ne pouvant plus ressentir la moindre colère suite à l’intervention du jeune blond, je ne pouvais que laisser s’exprimer ma tristesse et mon désarroi face à cette situation. Oubliant derrière moi ma rapière, je commençais à m’éloigner de plus en plus sans me retourner. Tel un pion, je m’étais décidé à errer en ce monde, attendant les ordres… Après tout, que pouvais-je bien faire d’autre ?
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Kamui
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Dim 24 Avr - 19:28

Si Layca m'avait offert ce don, c'était probablement pour de nombreuses raisons. Mais parfois, il m'arrivait de me demander si j'étais réellement digne de détenir pareil pouvoir. Qui étais-je pour imposer quoique ce soit à l'esprit d'autrui ? Pourquoi était-ce à moi qu'on avait confié ce pouvoir de forcer autrui à suivre ma façon de penser ? N'étais-je pas plutôt le bourreau qui indéniablement effectuait sa tâche sans jamais se soucier de l'avis de celui qui allait être châtié ? N'étais-je pas celui qui tenant le fouet infligeait la douleur sous les ordres d'un supérieur ? Je n'avais pourtant pas pour habitude d'imposer l'horreur à ceux qui m'entouraient. Je réservais ce sort à ceux qui en avaient après la vie de ceux que j'aime. Mais déjà, n'était-ce pas un abus de pouvoir ? Aucun ne savait me résister, si ce n'était Astaroth. Mais avais-je ne serai-ce que le droit de faire subir ça à des êtres qui au-delà de toute notion de hiérarchie n'étaient autre que mes égales ? J'étais un jeune homme comme les autres, bien souvent beaucoup plus jeune que la majorité des gens que je rencontrais en ces lieux. J'avais donc de ce fait le devoir de respecter ceux qui m'étaient plus âgés, non ? Pourtant, Kamui était le chef blond de Layca qui donnait les ordres, qui faisait filer droit. Mon rôle se limitait-il donc à contraindre les esprits et à ne jamais pouvoir avoir une relation « normale » avec quiconque en ces lieux ? J'en venais parfois à regretter ma vie humaine, où j'étais l'enfant qui répondais aux ordres de son père... Bien que cette vie fut semée de milliers d'embuches et de moments douloureux. En ces temps là, je ne devais pas supporter le poids de toute une armée sur laquelle je devais veiller. Ce n'était pourtant pas faute d'être attaché à tous les pions qui composaient les rangs de Layca. Tous autant qu'ils étaient représentaient des êtres auxquels petit à petit je m'étais attaché pour les particularités qui faisaient d'eux des êtres humains à part entière. Les Hommes sont peut être égaux, mais si différents. C'était bien cela qui à mes yeux faisait la beauté de la vie. Mais quelle vie était-ce lorsqu'elle était aliénée par un monde ou plus personne n'avait le choix d'être lui même mais seulement le fou d'une partie d'échec infiniment vouée à la mort ?

Mon regard toujours fixé sur le visage rendu calme d'Alvaro, je lisais les bribes de sentiments qui traversaient encore le rubis de son regard. Tout d'abord la sérénité. Calme olympien que je venais de lui imposer. Étonnamment, après quelques secondes à fixer le vide, je vis une légère lueur douce parcourir ses prunelles alors qu'il posait son regard sur moi. Évidemment, ce n'était pas la perspective de m'observer qui lui procurait ce sentiment, mais peut-être que cette plénitude forcée lui avait apporté un peu de cette paix intérieure que tout Homme cherche un jour dans sa vie ?
Mais rapidement, mon sourire s'effaça alors que mes propos semblaient percuter de plein fouet le brun. De plénitude, ce fut la douleur qui put se lire dans ses yeux. Et bien malgré moi, je me sentis coupable d'imposer un tel calvaire à ce jeune homme. Bien malgré moi, mon cœur se serra et une vive douleur s'empara de mon être. Cette lueur de mal être qui s'étendait de le rubis de ses yeux me fit froncer les sourcils. Je n'y pouvais rien, pourquoi me fixait il avec cette pointe de désespoir au fond du regard ? Ce n'était pas ma faute. Si j'avais pu, j'aurai ouvert la porte à tous mes pantins pour leur offrir la liberté... Pourquoi son regard me déchirait-il l'âme ainsi ?

J'esquissais un faible mouvement de recul lorsqu'il s'approcha de moi, m'attendant à un coup, ou une réaction brusque de sa part. Mais rien ne vint. Et sa voix qui dès le début m'enchanta avait perdu cette once d'insolence qui la rendait chantante. Le comédien avait perdu son envie de joueur. Un pantin à qui on avait coupé les fils qui lui permettaient de prendre vie. Je me mordis fermement la lèvre lorsque ses mots résonnèrent au creux de mon oreille. Je m'en voulais. Comme jamais.

''Très bien… Ainsi je n’ai d’autre choix que d’accepter cette piètre destinée je présume… Puisque tu es celui qui donne les ordres, je les attendrais et les exécuterais le moment venu. Pour l’heure, je préfère rester seul si tu ne m’en tiens pas rigueur. Adieu.''

J'écarquillais les yeux alors qu'il tournait le dos dans un mouvement décidé, amorçant sa marche vers nulle part. Mais partout ailleurs qu'ici.

Alors c'était tout ? Lui qui me tenait fièrement tête s'avouait déjà vaincu ? La résignation forcée que j'avais perçu sur son visage encore adoucit par mon don m'arracha une grimace. Non, je ne pouvais admettre qu'il abandonne déjà toute volonté. C'était inimaginable. Pourtant, n'était-ce pas son rôle ? Si, bien sûr que si... mais au plus profond de moi, je n'avais aucune envie de voir disparaître cette lueur hautaine qui animait son regard. Je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam, et les quelques instants que j'avais passé en sa compagnie n'avaient pas forcément joué en sa faveur. Mais tout en moi me poussait à le retenir. Un homme tel que lui ne pouvait pas perdre si facilement sa rage de vaincre. Comment un homme aussi obstiné pouvait baisser les bras aussi rapidement. Si lui abandonnait, alors pourquoi devrais-je continuer ? Étais-je si bête que je n'avais pas réalisé comme lui que ce combat n'avait d'autre but que de nous épuiser jusqu'à l'infini sans jamais pouvoir trouver le repos éternel ?

J'observais sa silhouette gracile s'éloigner lentement. Il n'était qu'à quelques mètres, mais déjà je ressentais le désespoir envahir tout mon corps. Si lui abandonnait, ne devais-je pas en faire autant ? Si la rage de vaincre quittait déjà les nouveaux arrivants après seulement quelques minutes, n'était-ce donc pas de la folie que de continuer de lutter encore et toujours avec la même ferveur après toutes ces années ? Mais finalement, avions-nous le choix ? Baisser les bras, n'était-ce pas simplement s'offrir à bras ouverts à un destin que l'on ne peut se résigner à accepter ? Les humains n'étaient-ils pas connus pour leur rage de vaincre, de lutter et de tout faire pour arriver à leurs fins ? Abandonner, c'était finalement se laisser manger par le néant et errer le long du fleuve du Styx sans jamais en atteindre le bout et goûter à une mort tant attendue ? Il n'avait pas le droit d'abandonner. Personne n'avait le droit d'abandonner ! Jamais je ne le laisserai partir sur un banal « Adieu » ce n'était pas digne du grand théâtre dont il semblait être l'acteur. Un grand comédien sort de scène sous les ovations, et pas les épaules basses !

Pris d'une impulsion sans cohérence, je me décollais du grand menhir auprès duquel j'étais resté tout ce temps et amorçait une courte course pour rattraper Alvaro. Non, il n'avait pas le droit de quitter la scène par la porte de derrière. Nous étions tous les grands acteurs de cette magistrale comédie. A la vie, à la mort.

En quelques enjambées dans l'herbe fraîche j'avais rattrapé le brun. Et sans plus réfléchir je n'arrêtais pas ma course avant de le rattraper. Non. Pris d'un élan de désespoir, je ne m'arrêtais qu'au moment ou mes mains agrippèrent le tissu de sa chemise, enfouissant mon visage dans son dos. Le choc fut quelque peu brutal, mais il ne perdit pas l'équilibre. Ses pas s'arrêtèrent net. Que pensait-il à cet instant ? Je ne savais pas. Mais il devait savoir ce que moi je pensais de tout ça.

- Non, tu ne t'enfuiras pas avec un pathétique « adieu ». Nous ne nous connaissons pas, mais de ce que j'ai pu lire dans tes yeux, tu n'es pas du tout le genre d'homme qui tourne le dos au labeur, et encore moins au destin. Je ne veux pas croire que tu sois l'un de ces lâches qui abandonne la lutte avant même qu'elle ai commencé ! Es-tu de ces larbins qui acceptent leur sort sans jamais tenter de gratter le sol terreux de leurs ongles jusqu'au sang ?!


Ma voix était forte et claire, emplie d'une ferveur et d'une volonté qui m'était propre. Et sans même le réaliser, mon don laissa échapper ce sentiment, le propageant dans l'air, et laissant probablement à Alvaro la possibilité de ressentir l'émotion qui animait mes mots. Mes doigts se crispèrent sur le tissu blanc qui couvrait son dos alors que j'appuyais un peu plus mon front à la base de son cou. Quelques mèches de ses cheveux chatouillaient la peau de mon visage, et je sentais son odeur se propager autour de moi et émoustiller mes sens. Je pris une profonde inspiration et lançais, résigné.

- On dit parfois que les hommes les plus vaillants sont ceux qui savent s'avouer vaincu quand l'issu du combat est irréversible. Mais quand le combat dès le départ est irréversible, n'est-ce pas à nous de lutter pour trouver la faille qui nous permettra de trouver une échappatoire ?

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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Lun 25 Avr - 19:23

Un long et dernier soupire accompagna ma démarche solitaire. Cette attitude défaitiste était loin de faire partie de mon arsenal, mais face à une pareille situation même moi, véritable scorpion qui ne lâche jamais prise, avait du mal à réagir avec vigueur et énergie. J’étais pris au piège tel une souris dans une cage. Il n’y’avait aucune issue. Du moins pas d’issue évidente. Il allait me falloir chercher cette issue pendant des nuits, peut-être même des années. Peut-être même que jamais plus je ne pourrais aspirer à la liberté, éternellement enfermé dans ce bocal infernal. Que devais-je faire ? Que pouvais-je faire ? Beaucoup trop de questions me hantaient à ce moment-là, et je n’avais envie que d’une chose : le repos éternel. Qu’on me laisse seul et pour toujours, puisque la compagnie ne ferait qu’irrévocablement me rappeler à quel point je n’étais qu’une vulgaire pièce de bois bougée par une main divine.

Dans cet abandon funèbre, un choc vint frapper mon dos. Je sentis des mains moites s’agripper à ma chemise et la serrer férocement, comme un enfant qui retiendrait sa mère par son jupon pour que jamais elle ne s’en aille. Ce genre de gestes ne m’était pas familier. Personne ne m’avait jamais agrippé de la sorte. Personne n’avait jamais pensé à me retenir. Je n’avais jamais rien demandé, alors jamais personne n’avait pensé à me l’offrir quand même. En règle générale, ma première réaction aurait été de repousser l’assaillant, mais je n’avais aucune envie de le faire. Il m’importait peu de réagir à cet acte à ce moment-là. Ce ne pouvait-être que la personne que j’avais laissée derrière-moi… A savoir Kamui. Que voulait-il ? M’arrêter ? Me raisonner ? Je m’arretai, près à entendre ce qu’il allait bien vouloir me dire.

- Non, tu ne t'enfuiras pas avec un pathétique « adieu ». Nous ne nous connaissons pas, mais de ce que j'ai pu lire dans tes yeux, tu n'es pas du tout le genre d'homme qui tourne le dos au labeur, et encore moins au destin. Je ne veux pas croire que tu sois l'un de ces lâches qui abandonne la lutte avant même qu'elle ai commencé ! Es-tu de ces larbins qui acceptent leur sort sans jamais tenter de gratter le sol terreux de leurs ongles jusqu'au sang ?!

Moi ? Un larbin ? Voila qui était ironique. Effectivement, on me force à n’être qu’un larbin. Tourner le dos au destin… Encore fallait-il qu’il y ait un destin. Je ne vois qu’un chemin déjà tracé qu’il nous faudrait suivre. Qu’il était risible de voir le chef d’orchestre de cette pièce organisée me parler de se battre pour son destin. Se moquait-il de moi ?! Comment pouvait-il m’accuser d’abandonner alors que lui-même avait accepté son triste sort ?! Je n’avais aucune envie de répondre à ces sous-entendus. Je n’avais aucune envie de me justifier. Je ne pris même pas la peine de détourner le regard. Mais une nouvelle sensation vint frapper mes sens et les mettre en alerte. C’était comme si le tonus vocal de Kamui pénétrait en moi et venait réveiller tout mon organisme. Une sensation de vigueur et de volonté s’écoulait en moi. Encore un tour de magie… Pensait-il donc s’amuser avec mes émotions encore longtemps… ? J’ouvris mes paumes et les contemplai d’un regard perturbé. Quel don particulier… Était-ce là sa réelle volonté ? Tenait-il à ce point à ce que je ne sombre pas dans les abimes du désespoir ? Pourquoi est-ce que ce sentiment m’était si agréable… ? Cette vague d’incompréhension me rendait fou. Je ne me reconnaissais plus. Rien ne me semblait stable. Et plus que tout, je me sentais manipulé de tous. Tout ceci m’était insupportable malgré ma sensation de bien-être… Tout mon esprit était embrouillé. Trop d’éléments s’étaient mélangés au cours des dernières heures. Que dire ? Que faire ? Que penser ? Je ne le savais guère…

- On dit parfois que les hommes les plus vaillants sont ceux qui savent s'avouer vaincu quand l'issu du combat est irréversible. Mais quand le combat dès le départ est irréversible, n'est-ce pas à nous de lutter pour trouver la faille qui nous permettra de trouver une échappatoire ?

Les hommes les plus vaillants… A quoi bon être vaillant dans une bataille sans fin… ? A qui doit-on prouver quoi que ce soit si nos actions n’ont absolument aucune valeur ? Rejeter le conflit n’était même pas qu’une question de sagesse, c’était mon unique échappatoire pour espérer ôter les chaînes qui m’emprisonnaient désormais. Mais lorsque le jeune blond fit apparaître le mot ‘’faille’’ dans la conversation, une lueur d’espoir vint s’allumer en moi. Alors, notre dirigeant lui-même aspirait à trouver une solution à ce conflit ? Le guide des âmes perdues souhaitait-il donc lui aussi en finir avec cette représentation sempiternelle ? Alors il y avait un réel espoir. Il fallait se battre pour trouver la faille de cet échiquier grandiloquent. Sentant que les mains qui serraient ma chemise perdaient de sa vigueur, je me retournai calmement pour me retrouver face au jeune blond. Ses traits joyeux et sereins avaient fait place à une tristesse difficile à cacher. Je pus même remarquer une larme couler le long de sa joue et s’effondrer sur le bord de ses lèvres. Le fixant droit dans les yeux, je cherchai à comprendre la raison de cette tristesse. L’avais-je moi-même mis dans cet état ? Si tel était le cas, alors peut-être que le rassurer le ferait aller mieux… Après tout, je n’ai jamais supporté les larmes. Je n’aimais pas pleurer à vrai dire, c’était quelque chose d’inutile à mon sens.

''Pourquoi pleures-tu ? Un homme n’est autorisé à montrer sa peine que lorsqu’il n’a plus aucun espoir. Or tu viens toi-même de dire qu’il fallait se battre jusqu’à trouver la faille. Si toi-même tu crois qu’une solution est envisageable pour nous sortir de cet enfer alors c’est qu’elle existe. Il suffira d’y croire et de se battre jusqu’au bout pour notre liberté. Sèche donc tout cela avant que je ne me vois forcer de te traiter d’enfant pleurnichard et pathétique. ''

Un petit ricanement moquer vint ponctuer ma tirade, puis je croisai mes bras en fermant les yeux. Le contexte était posé désormais. Nous sommes les seuls capables de nous donner les moyens d’en finir avec tout ceci. Finalement, s’adapter aux mécanismes était peut-être le meilleur moyen d’apprendre comment s’en débarrasser définitivement ? Reprenant lentement mon comportement habituel, je décidai d’entreprendre dès maintenant mon adaptation à ce monde.

''Dis-moi, Kamui. N’y’a-t’ il pas un endroit ici ou les membres de ''notre'' clan se rejoignent ? Une sorte de QG, ou peut-être même une simple ville. Qu’importe au fond. Si oui, pourrais-tu m’y mener ? J’ai besoin d’apprendre à m’adapter à mon nouvel environnement. Et savoir où nous pourrions réfléchir en sécurité fait partie de mes priorités. ''


Je fis alors quelques pas autour des menhirs, gardant toujours mes bras croisés. Je ne savais pas vraiment comment devais-je considérer Kamui, mais il était évident qu’il allait être une pièce importante dans le déroulement de cette Tragédie. Après tout, il était le chef. Tournant ma tête en sa direction, je le mis toutefois en garde sur la nature de notre pacte :

''Bien, tu as raison, il est important de se battre si on veut s’en sortir et c’est pourquoi j’accepte ce destin temporairement et cette bataille insensée. Toutefois, ne me considère pas comme un ami ou quoi que ce soit d’autre. Disons simplement que notre objectif semble le même, et que c’est pour cette raison que j’accepte de coopérer avec toi. Nous nous associons pour un seul et même but : obtenir la liberté. Si tu respectes ceci, et que tu n’abuse pas de ton pouvoir, alors j’accepte d’être sous ton commandement. Mais sache que mon signe astrologique me sied à merveille, et que je préfèrerai toujours agir seul. N’attend pas de moi que je participe à des Tea-Party et que je cuisinerai des cookies ''Pour Layca !'' Je me contrefiche du clan, de ces valeurs et même de cette guerre idiote. Je veux juste ma liberté, et tu seras le seul qui sera autorisé à me guider et même à me donner des ordres à partir du moment où tu ne perds jamais de vue notre objectif. Je ne serai jamais ton chien, me l'oublie jamais. Toutefois, si tu ne déçois pas mes attentes, alors j’imagine que tu pourras compter sur le Scorpion parmi tes alliés. Maintenant si tu veux bien, offre moi tes connaissances sur ce monde. J'ai besoin de comprendre le fonctionnement de cet échiquier géant. ''

Sur ces mots, je remettais mon destin entre les mains du ''chef''. Qui sait, peut-être avais-je le bon choix. Dans le cas contraire, il ne me restera plus qu’à me battre jusqu’à ce que mon âme s’évapore à tout jamais dans la brume de la folie…
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Kamui
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MessageSujet: Re: Voyage au Coeur de la Renaissance [PV Kamui] - CLOS   Lun 25 Avr - 23:50

Mon visage niché dans le tissu de sa chemise, je sentais me désespoir et le tristesse m'envahir. Je ne su réellement à quel moment, mais bien malgré moi, je sentis mes yeux me brûler. Qu'adviendrait-il si dès le départ, tous les nouveaux arrivants jetaient déjà l'éponge ? Et plus que les nouveaux arrivants, je me sentais déjà attaché à ce jeune homme répondant au doux nom d'Alvaro. Je fronçais les sourcils dans un mouvement de détresse, serrant les dents après ma tirade. Je sentais ses épaules se mouvoir, comme s'il levait les mains au ciel. Allait-il s'en aller sans en demander plus, me plantant là comme l'idiot que j'étais, seul face à son sort ? Ou au contraire, mes propos l'auraient-ils fait réfléchir et lui auraient rendu cette rage de vaincre dont il ne semblait pas vouloir démordre depuis les quelques minutes qu'avaient duré notre conversation ? Mais qui étais-je pour l'empêcher de suivre son chemin...? Je relâchais lentement l'emprise que j'exerçais sur le tissu de sa tenue, mes doigts tremblant faiblement.

Lorsque je sentis le corps du brun bouger face à moi. Je fermais un instant les yeux avec force. Je ne voulais pas qu'il parte. Pas comme ça. Il n'avait pas le droit de m'abandonner à mon sort... Si lui ne désirai pas de ce destin, qu'en était-il de moi ? Je n'en voulais pas non plus. Ce monde n'était définitivement pas fait pour moi. Toute cette pression n'était pas faite pour mes frêles épaules. Telle une jouvencelle en proie avec le désarroi, je sentis une larme unique s'échapper de mes yeux clos. A ce contact froid, je rouvris les yeux et les lacs azurés vinrent se brûler dans l'océan de flammes qui crépitait au fond des prunelles d'Alvaro. L'espace d'un instant, je crus voir au fond des yeux du brun qu'il se sentait concerné par mon état. Et bien malgré moi, lorsque ce regard empli d'une étrange compassion se posa sur moi, je ne pus m'empêcher de frémir. Allait-il donc se moquer de moi ? Me prendre en pitié ?

Mais rien de tout ça ne fut. C'est avec un petit sourire que j'écoutais ses premières paroles. Il avait raison, il y avait encore de l'espoir, et ce n'était clairement pas aujourd'hui qu'il fallait que je flanche et m'effondre. Lorsqu'il me demanda de sécher mes larmes, je sentis une légère rougeur venir habiter mes joues. La note de tendresse et de douceur que je pus y déceler me fit sourire un peu plus. Rendu timide par ses propos agréables et emplis d'attention à mon égard, je levais une main vers mon visage et venait essuyer la larme qui avait souillé mon visage du bout des doigts. Je me devais d'être fort. Je n'avais pas le droit de me comporter comme un enfant devant un nouveau venu. Sinon, qu'adviendrait-il de ma crédibilité en tant que chef ? Le son mélodieux qui échappa de sa gorge après cette première idée m'arracha un frisson. Oui, je ne pouvais vraiment rien faire contre ça, ce jeune homme avait quelque chose d'irrépressiblement attirant, et tout mon corps répondait à cet appel. Le rouge s'invita alors un peu plus sur mes joues. Mais je pus remercier le ciel qui fit qu'à ce moment même, Alvaro ferma les yeux, croisant ses bras sur son torse. Je retins un faible soupir de soulagement. Je me trouvais des airs de pucelles fort douteux à cet instant même. Mais je ne me questionnais pas plus sur la question, relevant subitement la tête quand le brun s'adressa de nouveau à moi, m'apostrophant. Un QG ? Une fois son interrogation explicitement posée, je répondais d'une voix calme, alors que lui commençait à marcher tranquillement près des grands menhirs, semblant m'écouter attentivement.

- Effectivement, nous avons un point de ralliement. Lorsque tu te trouves au niveau de cette plaine, tu es à mi-chemin entre ce que nous appelons les « Cités ». Il y a celle de Layca, Forteresse où toi et moi pourrons toujours trouver le repos en tous temps, ainsi que retrouver nos alliés. Et il y a la Cité d'Oppse, où nous n'allons qu'en cas d'attaques. Le point le plus important est de savoir que la montagne est le lieu où se trouve notre Cité. Une fois l'enceinte de notre citadelle franchie, tu peut être quasiment certain que ta vie n'est plus en danger. Pour y accéder, il faut donc se diriger par là-bas, comme tu t'en doutes probablement.

Ceci dit, je pointais d'une main évasive la montagne que le jeune homme m'avait indiquée plus tôt comme étant le pseudo repère de Belzeneff. Ma réponse sembla le satisfaire car il repris la parole d'un ton qui semblait soudainement plus le représenter tel qu'il était à son arrivée. Plein d'assurance, il remit en avant tout le fondement de notre hiérarchie. Ainsi, il voulait nouer un lien avec moi afin de pouvoir nous défaire des chaînes qui nous emprisonnaient ici ? Un sourire mutin vint se peindre sur mes lèvres. Ce jeune homme semblait ne pas manquer de ressources, et c'était avec un plaisir non feint que je remerciais Layca de l'avoir placé sous ma protection. Le mot de « Pacte » résonna au creux de mon être. Tel était donc la nature de notre union. Nous serions unis dans le combat et pour la victoire de Layca, et a fortiori, pour la conquête de notre liberté. Je lançais un dernier regard plein d'espoir à Alvaro.

Je franchissais alors les quelques pas qui me séparaient désormais de celui qui signait un contrat à durée indéterminée avec moi. J'ancrais mon regard dans le sien, la solennité pouvant sûrement s'y lire. Je tendis ma main à Alvaro, comme le geste qui viendrait sceller un contrat où l'issue ne pouvait potentiellement être que la Liberté ou l'Enfer. Au plus profond de moi, j'étais intimement convaincu que la Liberté nous serait offerte. Le doux contact de la main qui vint enserrer la mienne d'une poigne vigoureuse signait ainsi le pacte tacite que nous venions d'échanger. Les mots n'étaient pas nécessaires, la lueur qui se croisa dans nos regards n'avait pas besoin d'être traduite.

Nos vies étaient désormais intrinsèquement scellées, que nous le souhaitions ou nous.

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