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 Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]

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Kamui
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MessageSujet: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 24 Juin - 1:54

La voix est une chose essentielle dans une existence. Au début du cycle de tout être, c'est par la voix que l'on fait savoir au monde entier que l'on a enfin découvert la vie. Par un souffle, l'air qui alimente notre existence. La voix est la passerelle qui permet à tout être d'être vu, reconnu et entendu. A quoi servait-elle au fond ? Si l'on part depuis l'enfance, elle sert principalement à crier ou à pleurer. Parfois à rire. Mais en grandissant, elle nous devient si précieuse. Elle est, avec le regard, le premier vecteur de sociabilité des êtres vivants. Que l'on soit un animal ou un être humain, rien ne varie, il faut donner de la voix pour se faire connaître, pour s'imposer, et parfois même s'incliner. Mais la voix ne se limite pas à la parole. En une lettre éternelle, ou avec des mots. La voix peut aussi être un art. Œuvre ancestrale à laquelle se sont évertués des milliards de nos prédécesseurs. Au gré de grands discours où les orateurs palabrent pour nous faire rêver ou nous diriger. Et même au travers d'une simple chanson. Si la voix est principalement liée à la parole, jamais il ne faut oublier que c'est grâce à elle que le verbe chanter existe. S'adonner au chant est une façon de s'exprimer musicalement. La tristesse, l'allégresse, la colère, tout ce qui ne peut être exprimer avec des mots concrets, vous avez le moyen de le laisser entendre d'un son. Écho infini d'une voix qui résonne au fin fond d'une âme. Avez-vous déjà pleuré en entendant une personne chanter ? Avez-vous déjà ressenti des sentiments qui n'étaient pas adaptés à votre situation actuelle en prêtant l'oreille à la voix mélodieuse d'autrui ? Évidemment. Car quoi que l'on fasse, une simple note portée à l'infini et exprimée par le cœur peut retourner des monts. Alors quand on dispose de cette voix, il n'y a qu'une chose à faire. S'exprimer. Prendre le temps de chanter, de rire, de pleurer et de crier. Car il est une chose invariable en tout monde. Une chose immuable qui a traversé les âges et qui aujourd'hui encore régit nos vie.
Chaque être vivant sait bien qu'après tout la vie est plus belle quand on sait en voir les bons côtés.
Alors si chanter peut offrir la paix aux autres, pourquoi se retenir...? Et même si ce n'est pas pour le bien d'autrui, ne serai-ce que pour soi-même. Chanter jusqu'à ne plus avoir de voix. Expier nos craintes, nos joies et nos peines d'une voix assurée. Car si nous avons été créé avec une voix, ce n'est pour aucune autre raison que de pouvoir exister.

Alors je voulais croire qu'au gré d'une voix, tout était possible. Croire en l'espoir que pouvaient apporter les Hommes les uns aux autres. Était-ce bassesse que de vouloir ainsi prétendre que l'humanité ne se vouait pas elle-même à sa propre perte ? N'étais-je pas le plus mal placé de ce monde pour dire que les Hommes pouvaient s'aider...? Comment osais-je espérer qu'il fut possible qu'un miracle se produise ? La guerre faisait rage. Inlassablement.

Qui étais-je pour croire à tout ceci ? Moi, l'Élu Primordial qui osait attendre une amélioration dans le calvaire que tous les pions menaient ? N'était-il pas vain, au fond, de prier Père chaque jour...? Que pouvait bien apporter l'écho de ma voix, louange intarissable d'un fils à son patriarche ? J'avais beau m'offrir corps et âme au nom d'une cause qui semblait perdue, il n'y avait pourtant rien qui présumait un quelconque changement. Chanter au nom de ma loyauté, et de ma piété n'avaient finalement rien apporté. Pierre que je m'évertuai d'apposer jour après jour à un édifice qui jamais ne changerai. Celui qui chante retrouve la vie, retrouve le cri de l'enfant Dieu. Mais quelle était donc la valeur de ces mots lorsque mes chants n'apportaient rien à l'avancée de ce combat...?

Cependant ce jour là, perdu à mes idées noires, il apparut qu'une lueur vint illuminer mes sombres pensées. Alors que paroles et mélodies étaient mon apanage quotidien afin de mener les miens à la victoire. Il venait forcément des lunes où l'espoir se faisait tendrement la malle... C'était au cours de cette nuit qu'abattu par la défaite, j'avais quitté la Forteresse. Les grilles fermées depuis plusieurs heures, j'avais décidé de prendre mon envol et de me diriger vers les plaines. Enlevant d'un mouvement rapide veste et chemise, dévoilant ce sempiternel bandage qui n'avait eu de cesse de protéger cette blessure du passé, j'avais déployé mes ailes afin de rejoindre le Champ de Mars.

Peut-être que dans notre monde il n'existait pas un Dieu de la Guerre à proprement parler. Mais le spectacle qui s'étalait devant mes iris aux couleur du plus pur des océans ne dévoilait qu'un amas funèbre et macabre. Laissant mes ailes maculées se fondre dans l'obscurité de ce décor mortel avant de disparaître, je renfilais mes vêtements d'un mouvement lent et las, laissant entrouverte ma chemise. Combien de nôtres avaient perdu la vie en ces lieux...? Combien avaient succombé...?

Les heures défilèrent. Seul debout au beau milieu de cette étendue calcinée et ensanglantée, j'avais l'impression que ces ailes que j'avais dévoilées plus tôt s'étaient entachées de toute la noirceur de cet endroit. L'âme déchirée, je détachais enfin mes yeux de ce théâtre d'immondices. Ce champ de bataille vidait mon cœur de toute once d'espoir. Que pouvais-je donc faire face à l'horreur de tout ceci..? J'avais beau m'évertuer à vouloir le meilleur pour tous. Aucune de mes actions n'en était pour autant concluante. Un rire dénué de toute joie s'échappa de mes lèvres alors que sans me retourner, je quittais ce lieu maudit, hanté par les corps de mes pairs.

Je n'avais absolument aucune envie de retourner dans notre antre. La culpabilité et les remords dévoraient mon être de l'intérieur. J'aurai préféré devoir me crever les yeux que d'affronter le regard de ceux qui luttaient corps et âme pour ma cause... La cause de mon Père... Layca. Je décidais d'errer jusqu'à l'aube. Loin de tous. Loin de ceux chers à mon cœur. Loin des miens.

Foulant d'un pas morne l'herbe verdoyante des alentours de la plaine, je sentais l'air froid mordre la peau de mon abdomen dénudé. Un long soupir s'échappa de mes lèvres. Levant les yeux au ciel, je m'arrêtais dans ce silence pesant. Observant la voie lactée à peine troublée par quelques nuages, je laissais une larme couler le long de ma joue. Désespoir, quand tu nous tient...

Fermant les yeux sur cette mer étoilée, je voulais m'offrir à l'abandon, à l'oubli, l'espace de quelques instants. Écoutant l'écho du vide dans cette vaste étendue d'herbe, je sentais le vent s'infiltrer sous les pans de tissu de ma chemise, soulevant mèches d'or et l'étoffe blanche en un doux battement harmonieux. Puis à ce bruit mat s'ajouta une mélodie. Probablement celle du vent... Mais tout ceci était trop doux. Beaucoup trop claire. Rouvrant les yeux, je jetais un coup d'œil rapide aux environs. Rien... Il n'y avait rien ici... Pourtant, en tendant un peu mieux l'oreille...

Une succession de notes emportées par le vent venaient s'échouer au creux de mes oreilles, ravissant mon ouïe. Dans ce silence désertique, cet aubade se faisait de plus en plus distinct. J'amorçais ma marche en direction de ce son aux consonances si pures. J'apercevais au loin l'immense rocher qui bordait le Lac Abrité. Un immense et unique arbre s'élevait près de ce petit mont rocailleux. Alors que je m'approchais de l'étendue d'eau, le chant se fit plus net.

Arrivé à proximité de l'immense rocher, je me concentrais sur l'aura diffuse qui émanait du lieu. Une seule et unique personne semblait se trouver là. Je pouvais clairement percevoir qu'elle était des miens... Elle me semblait familière, de toutes évidence quelqu'un que je connaissais depuis quelques temps déjà... Contournant l'obstacle de granit, la voix se faisait plus cristalline. Plus envoûtante. C'est alors que le chant repris de plus belle, un éclair de lucidité me frappa.

C'était elle.

Apercevant enfin le lac largement abrité par la pierre, la lune se reflétait sur sa surface limpide. Mon regard vint surprendre le mouvement d'une silhouette installée là. Les mèches d'une chevelure sombre s'élevant sous la brise nocturne, mon hypothèse s'avérait être la réalité. Posant ma main sur la pierre, j'observais un peu plus longtemps cette figure au bord de l'eau. Sa voix d'un charme longtemps vanté, je l'avais déjà entendue au sein de la Cité. Pourtant, posté là, à quelques pas d'elle, sa voix me semblait bien plus prenante. Bien plus mirifique. Son chant emplit d'une grâce sobre et raffinée apaisait mon esprit mis à vif par mes réflexions nocturnes. Je me sentais soudainement attiré par cette femme qui offrait sa voix aux cieux.

Ce n'est pas tant le chant qui est sacré, c'est le lien qu'il crée entre les êtres. A cet instant là, je savais que nos deux voix s'étaient un jour élevées en une mélodie pour les mêmes raisons. Nous frayer un chemin vers la lumière. Elle était cette lueur qui venait éclairer mon âme obscurcie par la peine. Était-ce donc le destin..?

Reprenant conscience du fait que j'épiais cette créature sans son consentement, je décidais de lui faire part de ma présence. Peut-être me rejetterait-elle. Je prononçais alors d'une voix timide, une pointe d'hésitation marquant un trémolo dans mon timbre.

- Hope...?

Me détachant de l'imposant roc auquel j'étais accoté, je m'approchais du bord du lac, laissant une distance non négligeable entre nos deux personnes. Mon regard rivé sur l'eau qui résidait en ce lieu, contemplant les étoiles et la lune, je jetais un regard au reflet de la belle. Pourquoi je n'osais pas la regarder en face...? Je n'en savais trop rien... Alors qu'il n'en était aucunement dans mes habitudes, je laissais planer un silence lourd de sens...

Bien qu'elle soit sous mon aile, et d'un grade élevé, je n'avais jamais réellement eu l'occasion de converser avec elle en dehors des missions. Pourtant, rien ne m'en empêchait. J'étais d'une nature paisible et avenante. Alors pourquoi...? Peut-être par timidité...? Ou probablement parce qu'elle m'intriguait...? De tout ceci, une chose était sûre... Elle me fascinait. Tant par son chant que par sa façon d'être. J'enviais cette femme qui pouvait s'épanouir si librement dans notre monde...

Il y a un chant endormi dans toutes choses qui rêvent sans fin.

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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Ven 24 Juin - 13:26

image 600*350
« Belle, c’est un mot qu’on dirait inventé pour elle »


J’avançais un peu et m’enfonçais dans la forêt en fredonnant cet air, tournoyant de temps à autre sur moi-même. Je finis par me laisser tomber en plein milieu d’une clairière, admirant un peu les étoiles, la brise me faisant doucement frissonner. Je m’enveloppais dans mon châle et repliait mes jambes sous ma robe et fermait doucement mes yeux. Je m’endormis, oui, là, en plein milieu d’une prairie. Je ne savais pas si un ennemi se profilait à l’horizon, je ne savais pas si quelqu’un allait m’attaquer mais je m’en fichais. Je rêvais à ce moment là. D’un homme. Ne me demandez pas qui, je ne me souviens jamais de son visage. Mais je sais que c’est toujours le même. Il me prend dans ses bras et me murmure de douces paroles qui me rassurent. Et puis je vois comme un retour en arrière, je me vois attaqué par une dizaine d’hommes. Je soupire et me met à hurler mais ils se jettent tous sur moi, finalement le rêve revient à son heure normale et je me pelotonne un peu plus contre lui avant de finalement me réveiller. Puis, je me suis laisser retomber, retombant au creux des bras de Morphée. Je fis un nouveau rêve, quelque chose qui me rappelait ma vie passée.

Une longue robe blanche, un collier de perles noires, une paire de boucle d’oreille assorties, de petits escarpins vernis de la même couleur que le collier. Une rose noir avait été montée sur une pince à cheveux et elle retenait également la longue chevelure en un chignon négligé.

Il y avait eu une réception. Oui, elle y était allée. Ça avait été quelque chose d’ailleurs: entre les enfants illégitimes qui ramenaient leurs fraises, entres les maîtresses qui se faisaient connaître, cette fête était quelque peu mouvementé. J’avais sourit au début, me délectant de la situation quelque peu cocasse, puis, n’étant pas habituée à ce genre de chose, je m’étais retranchée dans un coin, attendant que la crise passe et que la fête reprenne. Je n’aimais pas particulièrement ce genre de party mais disons qu’il fallait que je me montre un peu. Alors je venais de temps en temps. Et puis, on m’avait poussée aussi… Un esprit plus qu’un homme. Je savais qu’il était quelque part, qu’il voulait que je m’épanouisse… Mais je ne voulais pas, je voulais simplement continuer ma « vie » avec son souvenir. J’avais d’abords pensé le retrouver en arrivant ici mais apparemment ça n’aura pas été le cas. Je l’avais cherché pendant de longues semaines en vain. Pourtant il aurait du arriver ici… A moins qu’il ne soit déjà mort dans ce monde aussi.

Enfin, j’avais abandonné l’espoir de le revoir un jour et avait prit le cour de la vie de ce monde. J’avais croqué dans la vie à pleine dent, plaqué un sourire, peut être un peu faux, sur mes lèvres et j’avais avancé, j’avais décidé de ne pas m’apitoyer sur mon sort. J’avais fais des rencontres, plutôt hiérarchiques qu’amicales, mais je m’étais quand même fait quelques amis. Je connaissais notre élu et je savais qui il était. Ou du moins en apparence. Je n’avais jamais réellement discuté avec lui.



J’avais froid maintenant. Quelle idée stupide avais-je eu en décidant que je pouvais faire trempette quelques secondes sans me casser la figure. J’étais si maladroite que penser ce genre de chose relevait d’une utopie… Je soupirais lourdement en reposant mon regard sur l’étendu sombre du lac. J’étais stupide. J’avais attendu si longtemps de pouvoir enfin discuter avec cet homme, j’avais tant de question à lui poser. Pourquoi ici ? Quel était cet endroit ? Pourquoi moi ? Et Erik ? Et quel était notre rôle ? Je ne comprenais rien de tout ça. J’étais censée être morte. Ou du moins, dans le coma. Je ne me réveillerais certainement jamais et resterait dans ce monde pour toujours. Alors je voulais au moins savoir dans quoi je m’embarquais. Pourtant, dans l’instant, aucune de ces questions ne me venaient en tête. Il n’y avait qu’un immense vide et quelques soupires. J’étais taquine, oui, mais souvent cela cachait certaines choses.

Je relevais les yeux, surprise, lorsqu’il parcourra les quelques centimètres nous éloignant pour venir s’accroupir devant moi. Je levais les yeux, surprise, et sentit qu’il déposait sa veste sur mes épaules. Un mince sourire s’étira sur mes lèvres. Ca existait encore, ce type d’homme ? Celui qui fait attention à vous, à ce que vous n’ayez ni faim ni froid, à ce que vous souriez toujours. Ce type d’homme qui vous tient la porte, qui paye l’addition, qui vous laisse passer devant. Ça me fait rire. Un rire que je dissimule, bien évidemment. J’aimerais éviter qu’il pense que je me moque de lui alors qu’il n’en est rien. Je le trouve simplement adorable.

- Tu es réellement une étrange demoiselle...


Je ne suis pas tellement d’accord. Étrange est un bien faible mot. Je suis simplement folle à lier, bonne à enfermée. Après tout, je suis tombée amoureuse de mon tuteur, j’ai tué mon barman en le mettant dans une situation délicate et je me suis faite tuée en voulant les venger. On est bien d’accord ? Étrange est un terme trop gentil. Mais cette simple phrase accentue quelque peu mon sourire et je ne pipe mot. Je continue de l’observer. Je sais bien que détailler ainsi quelqu’un est mal élevé mais je ne puis m’en empêcher. Ses yeux sont bleus, je le sais maintenant. La lune les éclairs d’un éclat doux et la nuit ne fait qu’accentuer leur couleur déjà si belle… Je baisse de nouveau les yeux, quelque peu intimidé par son geste : le contact de sa main sur ma joue me fit doucement monter le rouge aux joues. J’étais toujours la même après tout.

- Tu pourras bien m'attribuer le nom que tu souhaites. Mais sache que dans ce monde, je n'ai de pouvoir que pour ce qui est du monopole de la force. Au titre d'existences, nous sommes égaux. Alors mon prénom suffira.

Je l’ai déjà remarqué, il parle bien. Sa rhétorique est digne des plus grands orateurs et sa voix est douce. Comment pourrait-on résister à quelqu’un qui vous parle ainsi. Voici encore une question sans réponse.

- Appelle-moi Kamui... Hope...


Frisson. Je relève les yeux vers lui et cligne des paupières. Ce n’est pas la première fois qu’il murmure mon prénom mais c’est différent. Comme si cela marquait la fin d’une limite que j’avais imposée entre nous. Une limite de chef à sous fifre. D’employé à employer. De roi à sujet. Je souris doucement et me mordillait timidement la lèvre. Depuis quand une caresse n’avait-elle pas été si douce ? Je fermais doucement les yeux et savourait le contact encore un instant avant de rouvrir les yeux.

« A ta guise, Kamui. »

Dieu sait que ces mots avaient été durs. Pour moi il était toujours au-dessus de moi. Vous avez déjà tutoyé votre patron et l’avez appelé par son prénom dès le premier jour ? Non, je m’en doutais. Et bien moi non plus. Et je peux vous dire que ça fait réellement bizarre.

« Quand à mon étrangeté, je veux bien te l’accordé. Quelle idée stupide ai-je eu de vouloir me baigner… » me sermonnai-je moi-même.

Je croisais mes bras sur ma poitrine, serrant les pans de la veste entre mes doigts pour m’apporter un peu plus de chaleur.

« J’y repenserais à deux fois… »

Et puis, je plantais de nouveau mon regard dans le sien, un doux sourire accroché au coin des lèvres.

« Expliques moi, alors, les différences. Si tu n’es pas mon patron, qui es-tu ? Si tu n’es pas celui derrière qui nous devons nous rassembler, derrière qui devons-nous le faire ? Oh et puis non, ces questions sont superflus… »

Je levais alors timidement la main pour la poser sur la sienne, ancrant mon regard dans le sien.

« Dis-moi simplement qui tu es… »
© Code par Hope. Ne pas copier.


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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   Mer 9 Mai - 22:10

Croire. Une chose qui peut sembler pour certains bien futile. A quoi bon agir de la sorte ? Il faudrait probablement considérer que la misérable condition humaine nous impose ce type de comportements. Oublier jusqu'au basique raisonnement de l'existence. S'offrir en pâture à l'inconnu, à l'impromptu. Peut-être même à l'infini ? Quelle est donc la réelle dimension de tout ceci ? N'y aurait-il au fond aucun intérêt à espérer de soi-même ? Sommes-nous d'ores et déjà perdus ? Faudrait-il absolument pour notre salut que nous ne puissions que croire en une entité qui nous serait supérieure ? Il est tant de motifs à la croyance. Tant de manières similaires et pourtant bien opposées de s'offrir à l'éternité de ceux qui nous dominent. Pourrions-nous simplement espérer que croire puisse nous aider ? Serai-ce donc l'échappatoire tant désirée d'un monde des griffes duquel nul ne peut s'extirper ? A quoi son se débattre. De toute évidence, tout ceci n'était qu'un piège de plus pour attirer les âmes chétives vers un autre purgatoire. Vaudrait-il donc mieux de se confier aux bras d'une icône dans le seul but de ne pas se focaliser sur les tourments terrestres ? Sommes-nous si faibles que nous en deviendrions incapable d'affronter nos propres maux ? Pourtant, quand la solution semble si évidente. Pourquoi donc chercher à fuir la facilité ? Il en reviendrait finalement à se pendre aux bras de la fatalité pour ne plus croire en rien d'autre que cette hypothétique idée. Qu'en est-il après tout de nos semblables ? Ne valent-ils réellement pas ce pari osé ? Espérer au nom de ceux qui sont nos frères. N'est-ce pas finalement ce pour quoi ces similis de Dieux nous ont créés ? Encore faudrait-il qu'eux même existent...

Car dans un monde comme celui dans lequel nous subsistons, peut-on seulement croire en ceux qui portent le nom d'Homme ? Ne sommes-nous pas tous finalement à la recherche du même objectif... ? La fin.
Croire. Il s'agit très probablement de tout ce que j'ai été capable de faire sans jamais me tromper en ce monde... Père. Êtes-vous seulement sensible aux prières que je vous offre... ? Père... En qui puis-je encore croire en ce monde de déchéance et de guerre...
Père... Pourquoi croire quand tout n'est que destruction...

Le regard ancré dans ces lagons ambrés, observant cette oiselle d'un regard doux. Je n'avais qu'une envie. Espérer que cette gracieuse Narcisse un jour puisse s'échapper de cet univers. Pourquoi faut-il toujours que les créatures les plus fragiles soient celles qui se retrouvent enfermer dans les affres de l'Enfer.. ? Tout en elle semblait pourtant inspirer quiétude et douceur. Pourquoi a-t-il donc fallu qu'une créature comme elle se retrouve enfermée dans ce monde d'horreur ? Belzeneff ne laisserait-il donc jamais aucun répit à ceux qui le méritent... ? N'y avait-il finalement aucun moyen pour les plus purs d'entre nous d'échapper à ce sort ?

Effleurer du bout des doigts cette peau satinée qui peu à peu se réchauffait des aventures qu'elle venait de subir. Une mèche d'obsidienne caressait lentement le dos de ma main au rythme de son souffle. Ce visage séraphique, ces lèvres aux teintes enfantines. N'était-elle pas finalement la demoiselle idéale ? Enveloppée de cette veste aux tons éclaircis, ces iris qui le temps d'un éphémère battement de cil viennent à nouveau se planter au fond de l'azur. Et cette voix. Semblable à la douceur du spectacle d'une envolée de luciole un crépuscule estivale. Doux songe d'une nuit d'été.

Mon nom au bout de ses lèvres semblait être celui d'un ange. Accompagné de cette légère lueur de timidité, une hésitation. Cette note rosée fleurissant sur ses joues baignées du clair de lune. Quelle créature sublime t'a donné vie Hope ? Fleur gracile.

Quelques mots prononcés, paroles emplies de simples reproches. Pourquoi donc critiquer ainsi tes choix jeune oiselle... ? N'es-tu pas heureuse de savoir te relever de tes erreurs ? Ne te sens tu pas exister au gré des secondes qui s'écrasent, sable fin dans le sablier d'une éternité bafouée ?

Ses dernières paroles m'arrachèrent un sourire. Glissant mon pouce en une caresse fugace sur cette pommette encore glacée, un souffle amusé m'échappa.

- Tu es bien sévère avec toi-même..

Un court silence. L'écho de l'écume qui frôle en un ressac serein l'herbe de la plaine. Les rayons de l'astre nocturne peignant d'une douce clarté une scène digne des rimes d'une Proserpina adulée. L'arôme ténu des quelques fleurs tapissant les environs s'élève au gré d'une brise câline. Les feuilles de l'arbre au funeste dessein observant la scène s'agitent, s'apparentant au bruissement des plumes frivoles de l'oiseau volage. Protégés de rancune hivernale par les larges rochers bordant le lieu.

Ce fut le son paisible de sa voix aux teintes troublées qui me tira de cette contemplation pieuse. L'or lèche en un regard curieux l'azur quiet. Les questions s'enchaînent, les mots se succèdent. Es-tu toi aussi perturbée par ces interrogations... ? Un soupir m'échappe. Comment pourrai-je répondre... ? Tout ceci n'est au final qu'un fragment du doute qui me hante chaque nuits... Les orbes céruléennes se baissent, se perdent sur l'herbe verdoyante d'un tableau idyllique... Ce sourire étirant tes lèvres... Te rends-tu simplement compte de ce que ce monde nous fait endurer... ? Comment peux-tu encore garder cette gaîté... ?

Si croire est une chose qui en vient parfois à me dépasser quand bien même je suis le Fils de celui qu'il faut suivre... Comment d'autres pourraient-ils suivre mes pas sans hésiter... ? Tout ceci n'était qu'un entier subterfuge... Alors pourquoi... ? Pourquoi au fond de son regard puis-je lire une étrange forme de dévotion ? Pourtant... Tes doigts se glissent lentement sur ma main effleurant encore cette joue opaline. Penses-tu donc que j'en vaille la peine ? Aurai-tu vu qu'au fond je ne suis rien d'autre... Qu'un être humain pathétique... ?

Tes propos donnent tort à mes pensées.

Qui je suis... ? Suis-je seulement capable de trouver la réponse moi-même... ? Y a-t-il ne serai-ce qu'une réponse qui ne serait pas ourlée de mensonge pour pouvoir satisfaire tes attentes... ? Puis-je espérer que le superflu satisfasse quiconque.. ? Peut-on seulement croire ceux qui eux-même ont perdu toute foi... ? Peut-on dire qui nous sommes lorsqu'il nous arrive parfois de renier jusqu'à notre propre création... ? Peut-on oser exister lorsque l'on doute de ceux qui nous ont donné la vie...

Tout ceci n'est qu'une ridicule dramaturgie.

Mon visage se baisse, observant l'herbe. L'or ombrage l'azur rendu terne. Un rire forcé m'échappe alors que ma main encore libre vient se poser sur mon visage. Observant le monde au travers du masque de mes doigts... Observer le monde par les barreaux de cette cage éternelle... A quoi bon parler... ? A quoi bon dire les choses... ? Mais n'est-ce pas mon devoir... ? N'est-ce pas mon rôle de guider ceux qui cherchent désespérément une main tendue pour les extirper de la torpeur obscure de ce monde ? Quelles que soient mes convictions, elles n'ont pas le droit de ternir celles de ceux que je désire protéger... Quelles que soient mes raisons, eux ne doivent pas être impliqués. Pour eux, il me faut oublier.

- Je ne suis très certainement qu'une créature comme toi.

Ma voix s'était échappée en un son léger, comme emporté par la brise. Nos deux regards se croisent alors que j'ôte ma main de mon champ de vision. Petite créature fragile... Corps féminin et chétif... Je poursuis d'une voix légère, un sourire amusé étirant mes lèvres.

- Je t'avouerai avoir plus de talent pour le naturel que le forcé... Mais si la demoiselle en veut autrement. Je pourrai probablement devenir ce que tu veux que je sois.

J'écarte doucement mes doigts de sa joue, repoussant sur mon chemin sa main. Mes doigts se saisissent délicatement d'une mèche vagabonde errant au gré du vent pour la glisser derrière son oreille. Croisant à nouveau son regard, mon sourire se radoucit alors que ma main saisit la sienne. Se pencher délicatement en avant. Laisser mes lèvres frôler cette main gracile. Relever les yeux sur l'ambre confus de ses iris chatoyantes et ne murmurer que pour elle.

- Je ne suis au fond qu'un Homme comme les autres. Puisse le temps te permettre de croire en moi...

Car toute croyance en l'abstrait révolue, il ne reste au final plus qu'une chose tangible vers laquelle se tourner. Il ne reste plus qu'une seule chose en laquelle croire, séparant le Divin du Réel.

Nous.

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MessageSujet: Re: Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir [PV Hope]   

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