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 Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]

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Kamui
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MessageSujet: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Lun 11 Avr - 19:14

Belzeneff devait être d'humeur joueuse ces jours-ci. Enfin, pouvait-on vraiment parler en terme de jours ? La marionnette féline psychopathe avait une notion du temps qui se rapprochait plus de la vie arctique de du monde humain. Beaucoup finissent complètement déséquilibré, n'arrivant pas tout de suite à s'adapter au rythme endiablé imposé par la guerre et les jours sans nuit. Il fallait apprendre à dormir d'un œil, le soleil vous tapant sur la tête. Ou alors, trouver ses points de repère dans un environnement hostile dans la noirceur totale de la nuit. On pourrai facilement devenir fou dans cette atmosphère atemporelle. Les journées tenue par le combat, l'organisation des troupes, les problèmes causés par certains Élus ou autre. Mais lorsque le moment du passage du jour à la nuit arrivait, pendant l'espace d'un instant, on avait l'impression que la vie était revenue à la normale. Le dégradé pastel qui s'étend à perte de vue. Un bref moment de sollicitude, de retour aux sources.

C'était une habitude que j'avais prise depuis ma plus tendre enfance. Regarder les nuages défiler au gré du vent. Quelque soit la couleur du ciel, je pouvais rester des heures à ma fenêtre à observer cette étendue sans fin. Il n'y avait rien à faire contre l'amour inconditionnel que je portais au ciel. Peut-être était-ce parce qu'on m'avait longtemps répété que le bleu de mes yeux étaient le même abysse que l'étendue céleste. On m'avait aussi parfois dit que mon regard azuré ressemblait à l'océan. Tumultueux, et toujours en mouvement.

Apaisé, je me sentais bien là où j'étais. Allongé sur le dos en plein milieu de la clairière, perdue au beau milieu de la forêt qui bordait la Cité d'Oppse, je profitais de ce couché de soleil avec délectation. L'herbe avait été réchauffée pendant plusieurs heures par la soleil estival, libérant une odeur musquée qui me rappelait les grands champs après avoir été fauchés. J'appréciais ce retour à la nature. Il n'y avait rien de plus ressourçant que le retour aux bases. Alanguis au beau milieu de cette herbe verdoyante, je repliais mes bras derrière ma tête pour pouvoir mieux profiter du tableau qui se peignait de nouvelles couleurs à chaque seconde qui passait. Une légère brise soufflait au beau milieu de cette étendue d'herbe, soulevant les odeurs de la forêt qui encerclait le lieu. Les brindilles qui caressaient mes bras m'arrachèrent un léger rire, titillant ma peau. Un soupire s'échappa de mes lèvres, plein de satisfaction et de candeur. Oui, j'adorai définitivement regarder la lueur du soleil dégrader ses couleurs sur les nuages parsemés dans le ciel. De l'oranger au rose, puis du rouge, du violet, tout ce panel de couleur qui défilait en si peu de temps. Quel qu'ai été le monde dans lequel je me trouvais, ce spectacle n'avait de cesse de ravir mes sens.

Un souffle frais se leva, apportant avec lui une odeur animale. Les créatures nocturnes de la forêt commençaient-elles déjà à pointer le bout de leur nez ? Les yeux toujours rivés sur le ciel, je n'avait guère d'inquiétude à mes faire sur ces créatures. Il me suffirai d'user quelques instants de mon don pour les calmer pour ensuite reprendre ma route vers la Forteresse de Layca. Tout se passerai dans le calme, et il n'y aurait aucun souci. Ce fut toutefois le programme envisagé jusqu'à ce que l'aura d'un ennemi ne se fasse ressentir dans mon sillage. Je pris le parti de me redresser en position assise, ne serai-ce que pour m'assurer que je n'allais pas me faire attaquer. Quel malheur d'avoir été interrompu dans ma contemplation de la coute céleste. Les couleurs qui s'y succédaient étaient pourtant si belles... Mais il me fallait être prudent. Il se pourrai que ce ne soit qu'un simple pantin encore inapte à détecter mon aura comme ce vil lézard qui en profiterai pour me faire la peau. Je lançais un regard circulaire aux environs, ne serai-ce que pour assurer ma position. Pas l'ombre d'un Oppsédé à l'horizon... Enfin, en supposant qu'aucun ne soit doté du même don que ma ravissante Élue Linoa.

Alors que mon regard scurtais l'obscurité grandissante de la forêt, je distinguais le bruit feutré de pas sur l'herbe. Une ombre noire se dessina rapidement, petite est fine. Mais cette idée se dissipa rapidement quand je vis un étrange prolongement se balader gaiment à l'arrière de la forme. Serai-ce un animal ? Pourtant cette aura...?

D'un coup, un éclair de génie me traversa l'esprit ! Posture animale, tout de noir vêtu, cette queue qui battait l'air en cadence et ce regard carmin qui petit à petit se détachait de l'obscure noirceur de la forêt... D'une voix rassurée et imprégnée d'un doux sentiment je prononçais dans un murmure.

- Xiao Mao ?

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Dernière édition par Kamui le Ven 29 Avr - 16:39, édité 1 fois
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Xiao Mao
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mer 27 Avr - 14:23

La nuit. Cette atmosphère sombre, presque dangereuse pour la plupart des gens, Xiao Mao l'adorait. C'était une des rares choses qui provoquait une émotion chez lui. Quand l'obscurité tombait sur ce monde, il était presque capable de sourire, ce qui aurait pu choquer quelqu'un s'il y avait eu du monde autour de lui. Mais ce soir-là, il se trouvait seul à la cité d'Oppse. Il venait de terminer un vague rapport qu'il avait fait de mauvaise foi à un supérieur, expliquant grosso modo qu'il avait croisé une personne qui était probablement un Elu de Layca quelques temps plus tôt. N'aimant pas se plier à ce genre d'inutilité administrative, le félin avait rapidement expédié la chose et s'était esquivé dans la cité. Il parcourait les rues quand la luminosité changea.

Il eut alors ce très léger mouvement du bas de la lèvre droite. Une sorte de fantôme de sourire, caché dans l'ombre de ses mèches sombres. Oui, il aimait la nuit, et il était hors de question de rester dans un lieu rempli d'humain quand de si belles heures s'annonçaient. Profitant de l'obscurité qui grandissait, le félin partit vers les portes de la cité, qu'il passa sans aucune difficulté, aussi invisible que peuvent l'être les chats noirs. Une fois dehors, il se sentait magnifiquement bien. Plus d'humains, plus de casse-pieds avides de bavardage, plus rien, sinon la nuit et lui-même. Il s'y fondit sans difficultés et commença à errer dans l'obscurité, sans but précis. Il voulait juste rester là, envelopper dans sa soeur.

Combien de temps passa ? Une heure, plusieurs ? Difficile à dire, surtout dans ce monde. Toujours est-il que Xiao Mao se retrouva presque instinctivement dans la forêt de Claurofyl. Il appréciait ces lieux : sombres, aux nombreuses cachettes, c'était pratique pour tendre une embuscade ou observer des arbres sans être vu. Il bondit d'ailleurs dans l'un d'entre eux, puis sur une autre branche, et encore une autre. Pas un bruit ne l'accompagnait, ses pattes trouvaient les prises naturellement, et il ne ratait jamais un saut. Parfois, son passage provoquait la fuite de petits animaux, des proies peu désireuses de finir dans ses griffes, mais il les ignorait. Il n'avait pas envie de chasser pour le moment.

Et puis soudain il détecta une aura qui le fit stopper net sur la branche d'un arbre, à plusieurs mètres du sol. Il s'accroupit, les pattes avant devant lui, et observa autour de lui. Ce n'était pas une personne faible, loin de là. Et c'était un ennemi. Encore un Elu de Layca ? Il faut croire qu'il n'arrêtait pas de leur tomber dessus en ce moment. Était-ce le même que la dernière fois ? Non, cette aura lui semblait différente. Sans aucun doute plus puissante que la sienne, mais il avait un énorme avantage : la nuit était son alliée. Doucement, sans bruit, il bondit sur un autre arbre, plus proche de sa proie, et s'y installa. D'ici, il pouvait apercevoir une clairière et, au milieu, le combattant de Layca.

Le poil de sa nuque se hérissa légèrement sous l'effet de la surprise, même si rien d'autre ne broncha. Il aurait eu du mal à ne pas reconnaître cette personne. Ses yeux voyaient parfaitement bien la silhouette, le regard, les cheveux. Et, s'il avait pu avoir un doute, l'odeur, elle, ne le trompait pas. Il l'avait déjà sentie quelques fois, sur un champ de bataille, ou lors de missions, mais, jusque-là, il avait toujours réussi à éviter son détenteur. Et voilà qu'il était là, apparemment seul. L'occasion était idéale pour le combattre. Il suffirait de se téléporter en ville, de prévenir les autres, de venir en nombre ici, et de l'encercler pour empêcher toute fuite. Ce ne serait pas facile, mais faisable, et un grand ennemi pourrait tomber.

Mais Xiao Mao ne fit rien de tout cela. Il se contenta d'observer Kamui un moment, tapi dans l'ombre de son arbre. Mais évidement, l'humain l'avait senti également. Difficile de dissimuler son aura, surtout à quelqu'un de puissant. Il le cherchait des yeux, mais n'aurait pratiquement aucune chance de le trouver, invisible dans la nuit. Le félin ne réfléchit même pas, alors qu'il était si calculateur d'habitude. Il se laissa glisser au sol tranquillement, et s'approcha de la clairière, faisant volontairement un bruit léger avec ses pattes pour se faire repérer. Il veilla à apparaître dans la pâle lueur des astres célestes. Sa longue queue fine se balançait vivement derrière lui, montrant plus qu'un simple humain ne pouvait comprendre : une certaine joie, mais une grande nervosité également, et une certaine contradiction. Il appréciait de revoir Kamui en dehors d'une bataille, mais il ignorait si lui le serait également. Après tout, c'était vraiment la première fois qu'ils se voyaient en connaissant leurs rôles dans le jeu des Dieux. Peut-être l'attaquerait-il ?

Mais quand il prononça son nom, il n'y avait pas l'ombre d'une menace. C'était très étrange aux oreilles de Xiao Mao, car personne ne lui parlait jamais comme ça. Ce qu'il appréciait d'ailleurs, il ne voulait pas d'amis ou de personne proche de lui. Mais Kamui... c'était différent. Le regard rouge du félin observait l'humain, sans expression réelle. Ses oreilles remuaient légèrement, de même que sa queue, de façon incertaine, ce qui montrait sa propre hésitation. Il ne savait pas trop ce qu'il devait faire. Enfin, si, il savait qu'il devait attaquer un pion de Layca, le détruire. Mais il savait aussi qu'il ne le ferait pas. Il ne le voulait pas.

Le silence dura. Finalement, le félin lâcha un léger feulement complètement neutre.


- C'est mon nom, Kamui de Layca.

C'était presque drôle. Il arrivait à garder l'air si calme, si indifférent. Et pourtant, intérieurement, il bouillonnait de partout, il était totalement incertain, et seules ses parties félines le montraient.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Sam 30 Avr - 18:01

La toile du ciel avait petit à petit estompé ses couleurs chatoyantes. Le dégradé progressivement prenait des teintes violines qui promettaient la fin de ce beau spectacle. Les premières étoiles commençaient enfin à se manifester. Lueur blafarde dans un ciel d'encre. L'obscurité vint rapidement sur les dernières lueurs du jour. La nuit était parfaite. Cet immense lit de jais qui recueillait en son sein des perles de lumière infinitésimales. Combien d'étoiles peuplaient ce ciel noir ? Comme une broderie minutieusement travaillée, les étoiles étaient dispersées d'une façon telle qu'elles ne pouvaient que fasciner. Incroyable immensité dont les limites n'avait jamais et ne seront jamais définies. Mais le ciel sous lequel nous vivions notre vie de petit pion était-il le même que celui qui m'avait tant fait rêver sur Terre ? Y avait-il comme sur la planète bleue une ribambelle de galaxies qui patientaient dans le lointain, ne demandant qu'à être découvertes ? Les astres qui entouraient l'échiquier humain étaient-ils jumeaux à ceux qui régissaient l'ordre temporel du monde des Hommes ? Ou peut-être qu'au fond, nous n'avions jamais quitté la Terre ? Ce clair de lune était trop parfait, trop réaliste pour n'être qu'un mirage, non ?

Pourtant la créature qui se tenait fièrement devant moi était la preuve même que je n'étais plus sur Terre. La silhouette animale, des yeux d'un rouge sang envoûtant. Une queue fine et duveteuse battait l'air d'une cadence fascinante derrière elle. Et les deux petites oreilles qui s'agitaient en fonction de ses émotions, au beau milieu de sa chevelure de jais. Oui, la créature face à moi était aussi irréelle qu'était ce monde. Face à moi se tenait un homme animal. Ravissante chimère aux capacités incroyables.

J'avais prononcé son nom avec une certaine fébrilité. Xiao Mao. Ce jeune homme que j'avais recueilli à son arrivée dans ce monde. Une rencontre qui n'aurait jamais du avoir lieu. Pourtant, je n'avais aucun regret à avoir recueilli cet animal abandonné. Perdu au beau milieu de cette forêt obscure, il m'avait pris pour un agresseur, un ennemi. Et après plusieurs coups et griffures, j'avais enfin réussi à attirer son attention. Venait-il de comprendre que je ne lui voulais pas de mal ? Nous avion passé quelques heures de cette longue nuit ensemble... Jusqu'à ce qu'il disparaisse. Larbin d'Oppse... Quelle tristesse qu'il ait été appelé par la divinité adversaire..

Et depuis, jamais plus je n'avais pu lui adresser la parole. Il fuyait ma présence comme la peste. Mais aujourd'hui semblait être l'exception de tout ce temps en commun passé dans le monde d'Alea Jacta Est. Se pourrait-il que je lui ai laissé une si mauvais impression ? Je n'avais pourtant pas eu le sentiment qu'il me détestait, une fois son attitude sauvage calmée. Mais alors pourquoi ?

Mais à l'instant même où j'avais reconnu ce regard carmin, j'avais compris. Le chat était de retour. Et dans la nuit, le fameux dicton « tout les chats sont gris » n'était pas réel. Oui, ce chat là était d'une noirceur accablante, et ses pupilles rouges faisaient penser aux flammes de l'Enfer qui lècheraient le corps des damnés. Un sourire doux vint étirer mes lèvres, alors qu'il prononçait mon nom d'un ton neutre. Oui, ce comportement détaché... Il n'y avait rien à redire, c'était bien Xiao Mao. Je me redressais tranquillement, cherchant à ne pas le brusquer. Il restait malgré tout un animal, il ne fallait pas le faire fuir bêtement. Au fond de moi j'étais bien trop content de croiser à nouveau son chemin pour le voir passer entre mes filets si facilement. Adoptant une position accroupie, mon buste incliné vers l'avant, je tendais une main ouverte à celui que j'avais pris l'habitude d'appeler « chaton » dans mes pensées. Son petit air effrayé, ses oreilles qui réagissaient au moindre son, et sa queue féline qui se baladait indépendamment derrière lui, révélant aux plus connaisseurs chacune de ses émotions. Et aux vues de cette queue qui battait l'air, je pouvais deviner que j'avais son attention.

J'avais toujours eu une relation spéciale avec tous les félins qui soient. Depuis le berceau, j'étais un ami de ces créatures oniriques au tempérament si humain. Passer ma main sur leur poil soyeux et satiné, flatter le cou, les oreilles et le creux de la gorge. Glisser une main rassurante dans leur dos. Il n'y avait pas plus bel animal que ces quadrupèdes si caractériels. (Bien qu'il y ait aujourd'hui un renard dans mon cœur). Et ce chat là n'échappait pas à l'appel. Mais le plus fou restait bel et bien le fait que Xiao Mao ne pouvait qu'être humain. Il avait du vivre une vie pareille à tout ces hommes. Mais son arrivée en ces lieux avait du chambouler sa mémoire et la lui effacer. Que comprendriez-vous si un matin, sans aucun souvenir, vous vous réveilliez dans le corps d'un animal ? Le plus logique restait comme Xiao Mao de se prendre pour cet animal.

Et à cet instant, je n'avais qu'une envie, pouvoir m'en rapprocher... Je frottais mon pouce et mon index l'un contre l'autre, créant un bruit duveteux qui sembla faire réagir le jeune homme, aux vues de ses oreilles qui avaient tiqué. Quoiqu'il soit en train de penser, j'avais toute son attention.
Je penchais inconsciemment la tête sur le côté, un sourire tendre collé aux lèvres alors que je prononçais d'une voix douce.

- Allez, viens, je ne vais pas te manger. Je t'ai déjà prouvé que je ne te voulais aucun mal. Ne reste pas si éloigné ! Cela fait si longtemps que je ne t'avais pas vu... J'espère que tout se passe bien pour toi chez Oppse..

J'étais pris d'une irrépressible envie de serrer son corps entre mes bras. Allait-il m'offrir ce que je souhaitais ?

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Xiao Mao
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Sam 30 Avr - 20:47

La nuit ? Xiao Mao l'aimait comme une soeur féline. Les étoiles ? Elles pouvaient être utiles comme gênantes suivant la situation, éclairant parfois légèrement le chemin. Le ciel ? Il aimait bien s'y perdre tandis qu'il réfléchissait, ou encore, en bon chat, flemmardait sous la lueur du soleil ou de la lune, allongé dans un endroit qu'aucune autre créature ne serait capable d'atteindre. Mais en ce moment, il se moquait bien de tout ça. Oui, le ciel pouvait bien exploser, il ne broncherait pas. Tout au plus aurait-il un petit mouvement vif d'une oreille pour noter l'évènement. Ca ne le ferait pas pour autant détourner son regard de Kamui, oh que non.

Ils s'observaient mutuellement, mais cela n'avait rien à voir avec sa rencontre de l'autre guerrier de Layca. Sur les falaises, ils se considéraient comme des menaces, et cherchaient à évaluer l'adversaire, à trouver le meilleur moyen de combattre, à savoir s'il était raisonnable ou pas d'engager le combat à ce moment. Ici, ce n'était qu'une rencontre, très étrange et surprenante, mais sans aucun sous-entendu de menace ou de bataille. C'était un jeune chat qui retrouvait une personne rare, un humain intéressant, le seul parmi tous ceux qu'il avait rencontrés dans ce monde.

Peut-être que pour Kamui, ce n'était pas quelque chose d'intense. Après tout, il voyait un simple pion d'Oppse, moins puissant que lui. Elu de Layca, il pouvait sûrement avoir plus de libertés. Peut-être avait-il le droit de refuser le combat, malgré le principe du jeu ? Mais pour le félin, ce n'était pas aussi simple. Il avait des ordres à suivre, et, même s'il s'en fichait complètement, il avait préféré éviter jusque-là que les autres guerriers d'Oppse comprennent sa répugnance à agir directement contre Kamui.

Bon... il n'y avait personne non plus. Aucun témoin de la scène, alors... personne ne saurait qu'il se refusait à combattre l'Elu de Layca. Qu'il l'appréciait, même après si peu de temps. Kamui sourit lorsqu'il lui répondit. C'était quelque chose de très simple, qui lui était pratiquement inconnu, et pourtant ça semblait changer tellement son expression. Il aimait bien voir ce visage. Ca manquait peut-être de pupilles verticales, mais ce n'était pas si grave que ça. Xiao Mao se tint tout de même sur ses gardes en le voyant se redresser. Il nota bien entendu l'attitude accroupie, les mouvements volontairement lents, comme pour ne pas le brusquer. Cela lui rappelait cette première nuit. C'était à peu de choses près la même chose. Sauf qu'il avait été beaucoup plus violent à ce moment-là.

Mais Kamui avait toujours ce calme imposant, cette douceur cherchant à rassurer, à ne pas faire peur ou rendre méfiant l'autre. Xiao Mao restait très attentif. Sa queue bougeait plus lentement. Il l'observait, très attentif. Ses oreilles étaient immobiles, jusqu'à ce bruit des doigts qui les firent se dresser net. Il avait déjà fait tout ce petit manège cette nuit-là, ce qui avait fortement intrigué le félin, bien que le plus étrange qui le toucha fut cette non réaction totale à sa violence.

Ce petit bruit lui rappelait également le frottement des doigts contre ses oreilles, et surtout derrière, sur cette zone très intéressante à grattouiller, qui détend étrangement une bonne partie du corps, et apaise. C'était aussi rassurant, et, cette nuit-là, il avait apprécié de se sentir en sécurité, alors qu'il n'avait aucun souvenir, ni aucune idée du lieu où il se trouvait. Il avait juste une immense méfiance envers les humains, mais Kamui avait su passer à travers à force de persévérance et d'étrange comportement. Il semblait bien qu'il y parviendrait une fois encore cette nuit-ci. À croire qu'ils ne pouvaient se rencontrer que dans l'obscurité. Mais ce n'était pas spécialement déplaisant.

Xiao Mao restait tout de même un peu méfiant. Cela faisait longtemps, et puis, il savait peut-être très bien jouer la comédie ? C'était un Elu après tout, et il avait eu la preuve depuis que ce genre de guerriers étaient aussi puissants que manipulateurs. Pourtant, il avait du mal à le croire. Après tout, Kamui ignorait que le félin finirait chez Oppse la première fois. Dieu, que c'était compliqué et embêtant parfois de réfléchir à ce point. Mais il avait du mal à s'en empêcher. Ce qui ne le gêna pas pour avancer un peu, quittant l'ombre des arbres pour faire quelques pas dans la clairière. Mais il veilla à rester tout de même à un bon mètre de l'humain, l'observant toujours.

Il lui avait prouvé qu'il ne lui voulait aucun mal ? Sans doute à l'époque. Et même si le félin doutait que ça ait beaucoup changé depuis, il devait s'en assurer. Il voulait se rassurer.


- Chez Oppse, oui. Et tu es chez Layca...

Il ne pensait pas avoir besoin d'en dire plus pour que Kamui comprenne son doute. Sa queue s'était remise à remuer plus rapidement, montrant la tension qui l'habitait. Ses oreilles semblèrent se baisser, très légèrement, d'un mouvement presque imperceptible, qui signifiait qu'il se sentait mal. Incertain. Peut-être un peu triste aussi. Triste de ne pas être sûr qu'il pouvait vraiment faire confiance au seul humain qu'il avait apprécié sur cette terre. Mais son expression et son ton restaient aussi neutre et inexpressif. Un observateur pourrait croire qu'il se contentait de papoter tranquillement, en s'en fichant presque, alors que le félin était habité par beaucoup d'émotions délicates à contrôler pour lui.
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Kamui
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mer 4 Mai - 0:03

Depuis ma plus tendre enfance, et je dirai même depuis le berceau, il y avait un étrange lien établi entre moi et les félins. Vous me direz probablement que j'ai juste la bonne manière de les apprivoiser, ou qu'avec de quoi les nourrir, évidemment, c'est tout de suite plus facile. Mais non, ça n'avait strictement rien à voir avec tout ça. C'était cette sensation que l'on a lorsque l'on a un coup de cœur qui habitait mon être aux moments où je croisais le chemin d'un félin. Combien de fois ma mère avait-elle retrouvé son cher enfant qui ne tenait même pas sur ses deux pieds agrippé au pelage soyeux d'un chat ? L'on m'avait conté qu'un jour, j'avais gambadé dans toute la maison accroché au dos d'un chat, du haut de ma taille de bébé. Et tout ces chats de gouttière qui avaient tenté de me kidnapper quand j'étais encore enfant. Mais le jour où je compris l'attirance qui existait entre les félins et moi fut bel et bien le jour où, invités à une réception mes parents vécurent le pire instant de leur existence. Dans une immense cage avait été amené un tigre blanc d'Inde, animal rare et couteux à faire venir jusqu'à ces grands événements. Du haut de mon petit corps d'enfant, je m'étais faufilé discrètement au travers des grilles. Les cris qui envahirent la salle quand un homme hurla qu'un enfant avait pénétré à l'intérieur de la cage furent si strident que l'animal feula de toutes ses forces. Mais imperturbable, j'étais allé m'agripper au cou du fauve, qui, tournant désespérément au fond de sa cage se sentait emprisonné au milieu de cette ambiance mondaine. Au contact de mes doigts sur son poil zébré, le tigre sembla se radoucir, et aussi incroyable que cela puisse paraître, l'animal s'affaissa, me faisant tomber à sa suite et vint lécher ma joue de sa langue râpeuse comme il l'aurait fait avec l'un de ses petits. Qu'est-ce qui m'était passé par la tête ce jour là ? Un instinct suicidaire beaucoup diront. Pourtant, j'avais juste ressenti le mal être de cet animal enfermé, et j'avais ressenti le besoin de lui venir en aide. Entre le début de mon don d'empathie et mon affinité avec les félins, j'avais probablement été un enfant assez particulier... Quoi de plus normal au fond ?

Cependant, aujourd'hui, j'avais une lourde tâche à accomplir. Je savais que mon don pourrait m'aider. Mais quel était donc l'intérêt de me jouer ainsi de celui qu'une fois déjà j'avais su apprivoiser ? Et n'était-ce pas la tromper que d'user d'un quelconque artifice pour conquérir son âme ? Je me devais d'être fair play avec lui. Xiao Mao m'avait déjà accordé une fois le plaisir de pouvoir profiter de son poil soyeux, alors pourquoi pas une seconde ? Ses yeux scrutateurs n'avaient de cesse de me dévisager. Aux vues de sa queue qui battait l'air de façon calme, il devait s'interroger sur comment agir. Cependant il restait calme. Mon sourire avait probablement eu la vertu de le rassurer, et j'en étais ravi. Loin de me moquer de lui, je tenais vraiment à pouvoir à nouveau profiter de la beauté de sa personne. Pouvoir l'observer heureux et réconforté au fond de mes bras. Bien que Xiao Mao ne soit pas du genre à sourire ou même à être démonstratif, à partir du moment où il élisait domicile contre votre torse, ne pouvait-on pas croire sans s'y méprendre qu'il se plaisait là où il était ? J'avais bon espoir de pouvoir à nouveau lui offrir la paix d'une douce étreinte.

Toujours accroupis, j'observais la lueur de ses yeux qui changeait d'intensité. Sûrement au même rythme que les pensées s'insinuaient dans son esprit. Je ne cessais pas ce léger frottis de mes doigts, cherchant à garder son attention. Et lorsqu'il s'approcha de moi, j'eus l'espoir fou qu'il vienne à moi. Mes questions l'avaient-il rassuré quant à mes intentions ? Mais ce fut tout le contraire qui s'opéra. Bien qu'il fut d'un coup bien plus proche de ma personne qu'auparavant, la barrière qu'imposa sa voix et ses paroles visait bel et bien à marquer le contraste fondamental qui nous opposait. J'étais le jour, lui la nuit. J'œuvrais pour Layca, lui pour Oppse. Nous étions donc ennemis. Pourtant je ne pouvais ressentir une quelconque animosité envers ce chaton. C'était avec beaucoup d'affection que la première nuit je l'avais pris sous mon aile. Ce n'était définitivement pas pour le repousser et me battre à mort avec lui aujourd'hui. Quel fou aurais-je été de me jeter à son cou pour mettre fin à sa vie ? Tout ceci était bien au-delà de mes capacités à cet instant. Je n'avais aucune intention de blesser le félin.

A une faible distance de moi se tenait désormais le plus beau chat noire qu'il m'ait jamais été donné d'observer. Le temps avait estompé la beauté radieuse de l'animal. Ou peut-être devrais-je dire de l'homme ? Pourtant tout en lui inspirait cette domination de l'animal sur l'humain. Sa queue avait abandonné son rythme de battement irrégulier pour s'agiter plus rapidement. Ses oreilles semblèrent se coucher imperceptiblement au sommet de sa tête. Le doute l'habitait. Que pouvais-je faire pour lui faire comprendre qu'il ne risquait rien ? Je plantais mon regard dans le sien. La tristesse et le malheur que j'y lisais me firent perdre mon sourire. Se pourrait-il que le désir de cet enlacement soit partagé ? J'osais espérer que oui.

Je cessais de remuer mes doigts, ouvrant d'un mouvement lent ma main, l'invitant à se rapprocher. Je ne bougeais pas plus que cela, il n'y avait pas d'autre geste nécessaire pour lui intimer que j'étais prêt à l'accueillir à bras ouverts. Un léger sourire triste se peint sur mes traits, exprimant la tristesse qui m'habitait. Son hésitation était justifiée, pourtant j'aurai souhaité que sa confiance reste. Mais que pouvais-je faire ? N'était-ce pas l'instinct animal que de se protéger soi-même ? A ses yeux, je restais potentiellement une menace. Je décidais alors d'une voix basse de prononcer, sachant pertinemment qu'il m'entendait à la perfection.

- N'aies crainte chaton, nous avons beau être dans des camps opposés, rien ne nous oblige à devoir montrer les armes en ce lieu. Je n'ai aucune envie de m'en prendre à toi, bien au contraire.

J'étendais un peu plus mes doigts, réopérant mon invitation. D'un ton doux je repris.

- Je te considère comme mon égal Xiao Mao, et bien que nos conditions ne s'y prêtent pas, j'aimerai pouvoir profiter simplement de ta présence, comme à notre première rencontre...

Mes prunelles azurées plantées dans l'incendie qui ravageait ses pupilles fendues, j'espérais au plus profond de moi qu'il comprenne combien je souhaitais son bien, et aucunement ses maux.

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mer 4 Mai - 8:49

Les yeux rouges, aux pupilles légèrement arrondies dans l'obscurité, ne lâchaient pas une seule seconde Kamui. La longue queue fine et noire continuait son balancement irrégulier, tandis que les oreilles restaient un peu baissées, incertaines. Mais le visage restait inexpressif. Aucun mouvement sur ses lèvres ne venait trahir ses pensées. Le regard ? Peut-être exprimait-il son doute, et sa tristesse face à ce même doute, mais difficile à dire. Une personne qui ne l'aurait jamais vu ne saurait pas interpréter ces yeux de sang. En revanche, quelqu'un habitué des félins et qui l'aurait déjà rencontré... sans compter la sensibilité de l'Elu de Layca...

Leurs regards s'échangeaient longuement, dans le silence de la nuit. Enfin, silence de façade, car l'ouïe sensible du félin captait très bien les petites bruits d'animaux nocturnes. Mais il n'y accordait aucune attention. Un météore se serait écrasé à quelques mètres d'eux qu'il n'aurait pas bronché. À peine si une oreille aurait légèrement bougé dans la direction du bruit. Que pensait donc Kamui ? Essayait-il de l'analyser pour mieux l'amadouer ? Cherchait-il un moyen de le rassurer ? Voulait-il l'embobiner pour le mener chez Layca ? Après tout, c'était possible. Mais Xiao Mao n'imaginait pas que l'Elu soit capable d'être aussi manipulateur. Il sembla d'ailleurs rempli d'espoir lorsque le félin fit quelques pas en avant.

Mais pour quoi ? Il avait du mal à comprendre qu'on puisse vouloir être près de lui. Il ne faisait rien pour après tout. Même avec Kamui en cet instant, il n'avait rien d'engageant. L'allure indifférente, l'aspect peu joyeux dans l'obscurité, il était plus fuyant qu'autre chose. Personne ne s'embêterait à rester ici avec lui. Il répondait par phrases très courtes, presque sèches, rien ne laissait croire qu'il pouvait avoir envie que quelqu'un reste à ses côtés. Pourtant, Kamui semblait se ficher de tout ça. Doux, souriant, il voulait l'encourager à s'approcher. Pourquoi perdre son temps avec lui ? Ils étaient ennemis après tout, d'après le jeu...

Ce petit bruit continu du frottement des doigts de l'Elu s'arrêta subitement, et les oreilles du félin se dressèrent un instant. Certes, pour un humain il n'y avait aucun bruit dans ce mouvement, ou très peu, mais pour lui, c'était un son très clair et agréable. Apaisant en temps normal, mais il était difficile en ce moment de le calmer complètement. Tout doucement, les doigts se déployèrent pour montrer la main en un geste d'invitation, comme le faisaient beaucoup de personnes envers les chats. Une façon de montrer qu'il n'y avait pas de menace particulière, et d'intriguer, de se demander s'il y a quelque chose d'intéressant dans le creux de la main qu'on ne voit pas. Xiao Mao savait très bien qu'il n'y avait rien, mais le geste donnait tout de même envie de s'approcher, de renifler, de savoir comment était l'odeur de près, et s'il y en avait d'autres. Odeurs de personnes proches, odeurs d'objets. On pouvait dire tellement de choses avec les odeurs.

Et puis, Kamui changea son sourire pour un plus triste. Pourquoi ? Le félin ne comprenait pas les émotions humaines. Elles étaient souvent bien trop compliquées pour lui. Les humains se prenaient tellement la tête pour rien. Il suffisait de suivre ses instincts pour savoir quoi faire. Encore que là, ses propres instincts ne savaient pas trop comment agir. Non, c'était un mensonge, ils savaient très bien quoi faire. Seule la raison et cette fichue guerre les bridaient, probablement inutilement. Ses oreilles bougèrent un peu pour capter les murmures de l'Elu, qu'il n'eut aucun mal à entendre. Pas de combat, ni d'envie de se battre. C'était rassurant. Mais sa raison continuait de lui retourner les méninges. Et si c'était un piège ? Et s'il était déjà en train de trahir Oppse ? Et si...

Xiao Mao secoua vivement la tête pour chasser toutes ces saletés de pensées inutiles. Elles ne servaient à rien, à part le mettre mal à l'aise. Après tout, qu'importaient Oppse et Layca ? Il n'avait en face de lui qu'un humain intriguant, qu'il avait réussi à apprécier, et c'était bien le seul. Pourquoi se torturer l'esprit ? Il ne faisait rien de mal, il obéissait toujours aux ordres. Et là, il n'en avait aucun. Inutile donc de se poser des milliers de questions qui n'auraient pas de réponses de toute façon.


- Je ne veux pas te combattre. Jamais.

Le félin se pencha pour poser ses pattes à terre et avancer vers Kamui. Il était grand, mais, curieusement, marcher à quatre pattes n'avait rien de ridicule. Son corps se mouvait avec la grâce du chat qu'il était, souple et agile. Il s'arrêta juste devant l'Elu et tendit la tête pour renifler la main un instant, captant les nombreuses odeurs qui devaient s'y trouver, puis y frotta les oreilles et le haut du crâne, cherchant les gratouilles et les caresses, tout simplement.


Dernière édition par Xiao Mao le Ven 27 Mai - 8:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Jeu 26 Mai - 23:12

Doute. Hésitation, incertitude, indécision, perplexité. Tant de mots existaient pour décrire ce sentiment oppressant qui vient lourdement s'insinuer en nous lorsque plus rien n'est sûr. Il y a peu de solutions lorsque l'on est rongé par cette indétermination. Il faut soit se rétracter. Abandonner, se dire que finalement le doute est là pour nous protéger du moins pire. Reculer, ne pas chercher à avoir plus de problèmes que ce n'est déjà le cas. On peut aussi rester des heures dans cette situation. S'interroger, se torturer les méninges. Mais au fond, qu'est-ce que cela pourrait changer ? Lorsque l'on ne sait pas, y aura-t-il un détail qui nous permettra de parvenir à nous dissuader ? Mais finalement, ce qui finissait pas nous décider, c'était notre entêtement. Sur un simple coup de tête, on pouvait subitement faire des choses inexpliquées. L'incertitude ? Pourquoi donc se fermer à la découverte ? Si nous ne tentons pas ce qui nous est offert, ne perdions-nous pas des occasions de découvrir des choses fantastiques ? Bien sûr parfois il arrivait que ce choix nous mène à des catastrophes inestimables. Mais n'était-ce pas en tentant que l'on pouvait savoir ? Dans la vie, ne dit-on pas qu'il ne faut pas avoir de regrets...? Bien que dans ce monde les notions de vie ou de temps ne soient pas réellement fondamentales... Mais justement, il n'y a pas de raison de craindre la mort. Alors pourquoi ne pas tenter le tout pour le tout ? Douter n'était finalement qu'une entrave aux émotions fortes. Et je ne voulais pas me laisser enfermer dans ce monde. Ni même être obnubilé par la guerre. Je restais un être humain, désireux de découvertes. Et j'osais espérer que l'hésitation qui habitait de regard rougeoyant de Xiao Mao s'évaporerait au profit de la tentation. Envie de plus. Envie de connaissance et de savoir.

Bien qu'ici il ne s'agissait pas de connaissance.. Seulement d'un plaisir simple de la vie. Recevrait-il ma main tendue comme une invitation ou au contraire croirait-il encore que je ne tentais que de le berner pour le mener dans un piège ? Pourtant je n'avais jamais eu pour devise de mentir à mon ennemi. J'avais toujours joué franc jeu, bien que parfois ceci m'ai mené à de douloureuses fins. Alors il n'y avait pas grand chose à craindre... Surtout que je ne m'inquiétait pas quant à la capacité du chat pour se défendre et me mettre en charpie. Lorsqu'il s'agissait de psyché, j'étais vraisemblablement le plus fort. Pourtant, lorsqu'il fallait en venir aux poings, il n'était pas rare que je finisse avec des nombreuses ecchymoses, coupures et tâches de sang.

Mais la lueur qui luisait au fond de son regard sembla se dissiper en même temps qu'il secoua vivement la tête. Était-il enfin parvenu à mettre fin au dilemme qui semblait hanter son esprit ? J'inclinais la tête sur le côté dans un signe d'intérêt. Quelle allait donc être la décision du félin ? Il sembla se renfrogner sur ses idées, et finalement, prononça des paroles qui m'arrachèrent un sourire franc.

« Je ne veux pas te combattre. Jamais. »

J'étais touché par les mots qui venaient de franchir les lèvres de l'être qui me faisait face. Avait-il enfin compris que je ne chercherais pas à le blesser ? J'étais intimement convaincu que ces paroles pourraient nous mener à passer un moment similaire à notre première rencontre. Pourtant, je pensais devoir faire le premier pas quand au contact physique. Mais je fus plus que surpris de voir son corps s'incliner vers le sol, se penchant sur ses pattes avant. L'air animal qu'il dégageait à cet instant était captivant. Loin de sembler étrange de sa condition générale humaine. Ses oreilles et sa queue couleur jais donnaient au tableau qui se dressait face à moi une touche de grâce indéfinissable. Xiao Mao amorça son approche, et je sentis un sourire tendre s'étirer sur mes lèvres alors qu'il venait flairer ma main. Ce qu'il sembla y renifler dût lui plaire car il vint glisser son crâne contre mes doigts. Un léger frisson vint parcourir mon corps alors que je sentais ses oreilles effleurer ma peau. Je me penchais en avant lentement, sans brusquerie, me mettant sur mes genoux, lui intimant s'il le souhaitait de venir s'y poser. Je posais un regard doux sur cet ancien fauve qui semblait admettre son désir d'affection et d'attention. Je ne pus réprimer un léger rire cristallin lorsque sa chevelure et le duvet qui recouvraient ses oreilles vinrent chatouiller le creux de ma paume. Je me pris à cajoler les oreilles, à caresser tendrement la nuque. Je soufflais, cherchant à apaiser la tension que je pouvais encore percevoir dans la manière dont sa queue et ses oreilles se positionnaient.

- N'aie crainte Xiao Mao, je ne veux que ton bien... Là... Regarde... Je ne veux que t'offrir un peu de réconfort et de compagnie...

Mon sourire ne voulait pas s'effacer de mon visage. J'étais rassuré de voir que le temps qu'il avait passé chez Oppse ne l'avait pas inciter à oublier l'intérêt que j'avais pu lui porter. C'était avec d'autant plus de plaisir que je me préoccupais de ce félin dès lors qu'il semblait être un jeune homme plus qu'adorable. Un autre rire léger et empli d'une note d'allégresse m'échappa alors que je murmurais tout bas, pour que seul Xiao Mao puisse m'entendre.

- Tu es vraiment magnifique... Je n'ai jamais pu toucher un poil si soyeux de toute mon existence... C'en est un plaisir de t'offrir ces caresses... Mais ne va pas le répéter...

Je me mordais faiblement la lèvre inférieur, heureux de cette atmosphère câline qui semblait s'être instaurée. Quelque fut sa réaction, j'avais l'impression que les choses ne pourraient que s'améliorer.

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mer 8 Juin - 9:45

Les humains sont tellement compliqués. Et aveugles. Ils ne savent pas qu'un simple sourire peut être extrêmement précieux. Un geste, un mouvement des lèvres, qui peut dire tellement plus de choses qu'un mot. Xiao Mao n'aurait jamais pensé qu'il pourrait être autant touché par cette manœuvre si simple et naturelle chez les humains, alors que lui en était totalement incapable. Il ne savait pas exprimer une douceur aussi agréable que celle de Kamui. Une joie très simple et brillante, presque aveuglante. Presque brûlante. Cela l'effrayait un peu, telle la flamme dangereuse d'une bougie face au papillon. Mais, tout comme l'insecte, l'inconnu l'attirait. À quoi bon rester dans l'obscurité quand une chose simple, belle et intense apparait ? Le danger ? Il était un pion d'Oppse, perdu dans une guerre cruelle et sans pitié. Que pouvait-il bien y avoir de plus dangereux ?

Lorsque sa tête effleura la main de l'Elu de Layca, le chat sentit très bien le frisson parcourant le corps du blond. Un malaise ? Une erreur ? Non, de la surprise. Sans doute ne s'attendait-il pas à ce qu'il approche autant. En fait, Xiao Mao non plus ne pensait pas faire autant. Mais il n'avait pas envie de lutter contre ses instincts. C'aurait été contraire à ce qu'il était, c'aurait presque été se conduire en humain. Et ça, c'était hors de question. La fourrure de ses oreilles sembla donner quelques sensations étranges à l'humain, qui eut un petit rire. En général, ce genre de sons déplaisait fortement à l'ouïe du félin. Les gens riaient sans raison, de façon grossière et désagréable. Mais pas Kamui. Il exprimant un petit amusement gentil, sans aucune moquerie. Pourquoi ? Il ne savait pas...

Il observa Kamui s'agenouiller, en une invitation silencieuse. Un petit coin confortable où se rouler en boule et somnoler sous des caresses. Le paradis pour un félin. Mais il ne bougea pas, préférant laisser la main lui gratouiller les oreilles. Il ferma ses yeux rouges pour mieux apprécier. Sa queue se balançait encore un peu derrière lui, mais beaucoup plus lentement, à peine un petit mouvement gracieux. Ses oreilles se tournaient de façon à apprécier au maximum les caresses. Certes, il avait encore un peu de tension, mais elle s'évaporait facilement au fur et à mesure que les secondes passaient.

Puis la main alla dans sa nuque. Xiao Mao se tendit un instant. Le cou était un endroit vulnérable. Ce n'était pas la même chose que les oreilles. Un point vital, facile à trancher ou à briser pour provoquer la mort. Mais il n'était question que de caresses, et il se détendit à nouveau. Son poil, qui s'était un peu hérissé, retombait tranquillement, se laissait fouiller par les doigts qui y passaient et repassaient. Les oreilles se levèrent un peu aux sons que produisit Kamui. Il lui montrait qu'il ne voulait pas de mal. Mais pourquoi ? Le félin ne comprenait pas. Il ouvrit les yeux, laissant son regard de sang observer l'Elu de Layca.

Encore ce petit sourire, si fragile et si fort à la fois. Tant de choses pouvaient être dites dans ce simple mouvement que le pion d'Oppse était incapable de faire. Et à nouveau, ce rire léger, cristallin, qui n'avait rien de mauvais ou d'agressif. Il ne semblait exprimer qu'une simple joie, celle de l'instant présent, sans aucune autre pensée pour la gâcher. Kamui lui fit compliment sur sa fourrure... c'était un peu amusant en fait : Xiao Mao, comme tout chat qui se respecte, prenait grand soin de son corps. Il se nettoyait souvent et entretenait une alimentation correcte pour ne pas avoir l'air d'un chaton de gouttière à l'état lamentable. Tout de même, il se sentait un peu fier d'avoir reçu le compliment, et cela se voyait dans la façon qu'avaient ses oreilles de se dresser, droites, légèrement sur le côté.


- Je ne dirai rien.

À qui pourrait-il bien répéter ces mots de toute façon ? Il n'avait personne d'aussi proche que Kamui, et aucune raison de raconter ce qui se passait à ses supérieurs. Il ne faisait rien de mal après tout. Xiao Mao se dégagea un instant des caresses pour mieux s'installer. Il ne voulait pas prendre sa forme complète de chat, il voulait garder sa forme de combat comme il l'appelait, pour défendre l'humain si jamais un danger venait à les rejoindre. Mais il voulait aussi profiter de ses genoux. Il trouva donc un compromis : il s'allongea par terre, contre Kamui, pour avoir la tête sur cuisses et bien s'y installer, fermant à nouveau les yeux. Il ne comprenait pas pourquoi l'Elu de Layca voulait le réconforter, mais il en avait bien envie.

Tout doucement, un petit bruit commença à émaner de lui à la reprise des caresses. Très léger et discret, un simple bourdonnement qui venait de l'intérieur, un peu timide, presqu'imperceptible. Un début de ronronnement.
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Sam 11 Juin - 1:43

Il y a des animaux avec lesquels on a plus d'affinités que d'autres, que l'on aime les animaux ou pas. Tenez par exemple, prenons une souris, une gentille et innocente souris : certains vous diront qu'il s'agit là d'un parasite, d'un rongeur nuisible qu'il faut exterminer à la tapette et au poison. D'autres vous raconteront que la souris est animal prodigieux, d'une intelligence redoutable pour sa toute petite taille à la persévérance inouïe. Allons, ne soyons pas de mauvaise foi : qui peut se vanter de s'être jamais débarrassé aisément d'une souris ? Parce que la souris est petite, prudente, elle sait quand elle lui veut du mal, elle sait filer et se faufiler dans un trou et attendre. Elle sent le poison des aliments qu'on lui laisse "accidentellement" devant son nid. Enfin, ne nous perdons pas car là n'est pas la question, en réalité la question serait plutôt : Et les chats ? Que pensez-vous des chats ? Ces mammifères quadrupèdes au à la fourrure soyeuse et aux yeux brillants, ces carnivores orgueilleux aux regards dédaigneux et aux mimiques pleines d'arrogance. Pour ce qui était du cas d'Astaroth, la réponse était on ne peut plus simple : Les chats ? Vous voulez dire ces vermines à quatre pattes qui laissent des poils partout ? Ils méritent la mort !
Depuis toujours, Astaroth avait haï les chats. Et pas seulement les chats : les félins en général, comme ça tout le monde était à égalité. De façon globale, l'Élu Primordial n'était pas un amoureux des animaux. Peu étonnant me diriez-vous : comment un homme qui n'accorde pas d'importance à ses compères humains pourrait avoir un tant soi peu d'estime pour la vie animale ? À vrai dire, les animaux ne constituaient qu'une sorte d'espèce de sous-jouet aux yeux du Dragon. C'était tellement plus drôle de torturer un être humain qu'un animal... Mais maudit soit celui qui prétendra n'avoir jamais disséqué, mutilé, écrasé ou infligé je ne sais quelle autre forme de supplice à une bestiole juste pour le simple de la voir agoniser sous les yeux ? Quand l'humain manquait, l'animal faisait très bien l'affaire en guise de distraction donc. Ceci dit, il convenait de souligner que l'Élu éprouvait une haine particulièrement accrue envers les membres de l'espèce féline. Il y avait un quelque chose chez les chats, que le Dragon ne pouvait supporter : leur orgueil ? leur indocilité ? leur imprévisibilité ? le mixte d'un peu tous ces éléments sûrement. Quelque part les chats lui rappelaient les femmes, sauf qu'Astaroth n'avait jamais réussi à faire ramper un chat à ses pieds, tandis qu'une femme si. Un chat ça ne pleurait pas, ça ne suppliait pas. À la rigueur, ça fuyait, se débattait, mais jamais un chat ne viendra flatter votre petit ego en vous implorant pour autre chose que remplir sa gamelle. En somme, parce qu'un chat ne peut jamais être dompté, Astaroth détestait les chats. Ce qui ne peut pas être maté devait - dans la logique de l'Élu - être exterminé. Bien entendu ce ressentiment s'appliquait également aux hybrides chats dont Xiao Mao faisait partie.
Astaroth n'avait jamais fait confiance à Xiao Mao aussi bien qu'il n'avait jamais fait confiance à un chat. Bien que jusqu'ici l'hybride s'était montré d'une efficacité remarquable ainsi que d'une grande loyauté, il restait un individu hautement suspect et de toutes façons, sans être expert en langage animal, l'Élu avait bien compris que l'animosité qu'il éprouvait envers le félin était partagée. Ainsi, son ascension dans la hiérarchie était hautement calculée. C'était avec une certaine impatience qu'il attendait le jour où il prendrait l'homme-chat la patte dans le sac pour mieux le châtier ensuite. Et il semblait que ce jour-là était arrivé. Dans quelques instants même : il serait définitivement fixé sur la prétendue fidélité du soldat d'Oppse.

Il faisait nuit noire dans la forêt. Une nuit qui n'annonçait rien de bon. La vision déjà diminuée de l'Élu était encore plus réduite par l'obscurité qu'apportait le coucher du soleil, ainsi il n'était pas à son avantage, seul, sans lumière au milieu des bois. Toutefois, cela ne signifiait pas qu'il restait sans défenses, bien au contraire. Alors qu'après une chasse de quelques pantins égarés de Layca dans la prairie d'à côté, il rentrait se ressourcer dans sa ville, une mauvaise sensation de déjà-vu l'avait cloué sur place, comme s'il ressentait non loin de lui la présence d'une personne bien connue. Main sur le fourreau, sens en alertes, il s'était stoppé, arpentant de son unique œil les alentours jusqu'à ce qu'il ne localise l'aura diffuse de son pire ennemi. C'était comme un pressentiment, vague, indécis qui lui tiraillait les nerfs, mais la sensation était bel et bien présente : l'aura de Kamui était perceptible. Elle était certes faible, ce qui indiquait qu'il était loin, mais elle était là. Aussitôt, le cœur d'Astaroth s'enflamma de ce sentiment de dégoût et de colère sans nom qu'il éprouvait vis-à-vis de sa nemesis blonde. Que faisait Kamui dans la forêt ? Sur son territoire ? Territoire qu'il savait proche de sa cité ! Bien entendu, il se mit en tête de localiser plus précisément l'endroit où se trouvait le rejeton de Layca pour lui faire payer le prix de sa présence et puis tant qu'à faire de son existence. Sans un bruit, il se dirigea vers l'aura, habitué aux déplacements dans la grande forêt de Claurofyl et au fur et à mesure que l'aura du blond détesté se faisait de plus en plus précise, une autre aura apparut alors, une aura qu'il connaissait : celle d'un Bras Droit. Les deux auras étaient proches, très proches, et pourtant, il n'y avait aucun bruit d'affrontement aux alentours. S'il n'y avait aucun combat, que faisaient donc les deux protagonistes ?
Ce fut avec cette interrogation que le Dragon s'approcha encore un peu plus jusqu'à ce que le son d'un rire ne parvienne aux oreilles de l'Élu, rire qu'il connaissait aussi bien qu'il exécrait. De quoi riait donc Kamui ?


- Tu es vraiment magnifique... Je n'ai jamais pu toucher un poil si soyeux de toute mon existence... C'en est un plaisir de t'offrir ces caresses... Mais ne va pas le répéter...

- Je ne dirai rien.

Si l'instinct d'Astaroth lui hurlait de s'interposer immédiatement et de foncer lame dégainée vers son ennemi juré, sa curiosité lui soufflait d'attendre un peu, définitivement intrigué par le contenu de cette étrange conversation. Plissant son unique œil, il vint s'approcher encore un peu plus de la clairière, dissimulé dans les bosquets.
D'abord il reconnut la silhouette ridiculement fine de Kamui qui avait l'ombre d'une autre silhouette allongé près de lui. Il faisait trop sombre pour qu'il eut pu dire de qui il s'agissait exactement mais il reconnut la lueur caractérisée des pupilles fendues de Xiao Mao, le Bras Droit de Leeroy. De plus, les quelques bribes de phrases qui étaient parvenues jusqu'à ses oreilles ne laissaient aucun doute sur l'identité de ce mystérieux traître qui s'abandonnait aux caresses du plus grand des parjures de la Cité. Un sourire mauvais s'étira alors sur ses lèvres.
Le jour tant attendu où le chat aurait donné sa langue à la mauvaise personne était enfin arrivé.
Et, déjà étonné que personne ne l'ait vu venir ou n'ait encore réagi à sa présence, il bondit de sa cachette, dégainant ses lames. Tel une bourrasque dévastatrice il vint s’interposer entre les deux personnages saisissant le chat par la nuque pour l’envoyer voler plus loin derrière Kamui et pointant une main gantée de longues griffes métalliques sur la gorge de l’Élu :


- Bonsoir Kamui. C’est toujours un déplaisir de croiser ton chemin, ceci dit je dois avouer que ce soir je suis particulièrement enchanté de te trouver ici visiblement en bonne compagnie. Alors as-tu fini par te lasser de tes propres pions au point que tu viens maintenant séduire les miens aux moyens de tes mots venimeux et de tes caresses perfides ? Si ta vie est si lasse qu’elle semble le paraître, je peux y mettre un terme maintenant tu le sais ça.

Et sans rien ajouter de plus, il vint poser ses lames sur la joue blanche, vierge d’imperfections du jeune Élu pour y dessiner trois longues striures ensanglantées avec un sourire dément.
Rapidement il se recula, conscient qu’une éventuelle contrattaque était possible et jeta un regard plein de dédain au chat :


- Xiao Mao, mon bon Xiao Mao. J’ai hâte que tu m’expliques par quelle malencontreuse aventure tu t’es retrouvé la tête sur les genoux de notre angélique ennemi. Kamui aurait-il usé de son don pour te forcer à s’abandonner à lui ? Permets-moi d’émettre un léger doute sur la crédibilité de cette théorie. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours su qu'un chat n'était pas digne de confiance. Ah c'est entièrement ma faute. Quelle sotte idée m'a prise de te nommer Bras Droit ?
Allons chaton, dis quelque chose. Ne me fais pas croire que tu as un chat dans la gorge.


Un rire définitivement peu rassurant sortit de la bouche d’Astaroth qui en vérité… N’avait pas du tout envie de rire. Si comme s’il en doutait il s’agissait bien d’un acte de félonie, les choses allaient rapidement s’embraser. Mais maintenant qu’il avait surpris le chat dans une très mauvaise posture, il était bien curieux de voir comment il comptait retomber sur ses pattes cette fois-ci.

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Sam 18 Juin - 0:01

Il y a toujours un moment au cours de notre vie où l'on se retrouve au pied du mur. Bien que l'expression reste quelque chose de figuré, l'idée n'en reste pas moins forte. Lorsqu'après de durs efforts et un labeur acharné vous semblez enfin acquérir ce dont vous rêviez tant. Lorsque tout semblait enfin aller dans le sens où vous le désiriez. Y a-t-il moment plus complaisant que de se dire que l'on a réussi ? La joie s'empare de nous, moment de sérénité au cours duquel l'on pense pouvoir se reposer sur ses lauriers. On se dit qu'au final tout ceci n'a pas été vain. Que notre travail est enfin récompensé. On s'étire dans un moment de félicité, tournant le dos à l'étendue que l'on a abattu. Jusqu'à ce que le bruit étouffé d'une autre présence se fasse entendre. Vous vous retournez et réalisez qu'à cet instant, tout peut changer. Votre œuvre est mise en péril par autrui, avare de sentiments, qui tente de vous rabaisser plus bas que terre. Vous serrez précieusement ce pour quoi vous avez fourni tant d'efforts et tentez de trouver une échappatoire. Mais qu'en est-il quand il n'en existe aucune ? Être au pied du mur, serai-ce l'instant où il ne nous reste plus que deux choix ?

Que choisir ? Lutter... ou se rendre ?

Mes doigts caressant tendrement le pelage soyeux de Xiao Mao, le laps de temps que nous savourions en la compagnie l'un de l'autre me semblait éternel. Il avait été réticent un long moment, avant avant d'enfin accepter les quelques gestes affectueux que je lui proposais. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'après avoir signifié qu'il ne toucherait mot de mes propos à personne. Il vint lentement poser ta tête sur mes genoux, s'avouant vaincu face à mes caresses. Bien sûr, il avait persisté encore une légère lueur d'hésitation au fond de son regard rubis, mais il semblait qu'il ait enfin accepté que je n'étais pas ici pour le blesser. Quel intérêt aurais-je eu à vouloir lui faire du mal ? Je glissais doucement ma main de sa tête à son dos, le frottant avec amour. Mon autre main vint reprendre le devoir de caresses que j'infligeais gracieusement à ses oreilles duveteuses.

Quelle ne fut pas ma surprise et mon délice lorsque je sentis le dos de mon camarade félin vibrer doucement sous les caresses prodiguées par mes doigts. Je haussais d'abord un sourcil dubitatif sur la forme allongée sur mes cuisses, observant le visage serein où les paupières s'étaient fermées sur les lagons ensanglantés de ses iris. C'est alors que je compris. La vibration se fit un peu plus net, et un bruit léger commença à se laisser timidement entendre de la forme alanguie contre moi. Un ronronnement. Un sourire lumineux vint éclairer mes traits alors qu'un petit rire satisfait m'échappa. Oui, il n'y avait pas à dire, voir sa confiance acceptée par cette créature qui passait pourtant son temps sur ses gardes était un réel plaisir. Je continuais donc ce petit rituel, grattant doucement derrières les oreilles du bel animal qui se tenait tout contre moi.

Je m'abandonnais à cette félicité, comme coupé du monde extérieur. Je comprenais plus amplement la signification de l'expression « être dans sa bulle ». Il me semblait à cet instant que rien ne pourrait venir interrompre cet instant de quiétude au cours duquel l'idée de la guerre n'était plus.

C'était toutefois le doux songe qui me traversait l'esprit... Mais j'aurai dû être plus sur la défensive.

Apparaissant de ce qui me semblait être nulle part, une immense ombre vint se saisir de Xiao Mao, le propulsant sans vergogne quelques mètres plus loin. J'étais sur le point de me redresser, sur la défense, lorsque plusieurs lames métalliques acérées vinrent caresser la peau tendre de ma gorge. Sans même poser mes yeux sur le propriétaire de l'arme en question, un souffle crispé m'échappa.

- Astaroth...

Je levais un regard perturbé sur le brun, qui de ma position agenouillée me semblait pareil à une montagne. L'azur tumultueux de mon regard fut traversé par de nombreux sentiments, la peur puis la haine furent les deux les plus visibles au fond de l'océan de mes pupilles. Un frisson de dégoût vint parcourir mon échine alors que la voix perfide du lézard décérébré vint persiffler. Me traitant sans gêne de créature avilie par le désir charnel, je sentais une vague de colère s'emparer de mon être. Mes pensées obscurcies par la simple vision de cet être que j'exécrais plus que tout en ce monde, ce fut les dents serrées, retenant fièrement un gémissement que je sentis les lames entailler profondément ma joue. Mon regard ne se détacha pas de son air démoniaque alors même qu'il me blessait. Je ne lui offrirait pas le plaisir de me voir ployer sous son offensive.

J'allais le tuer. L'animosité que j'éprouvais pour cet homme consumait chaque parcelle de mon être. Venin inexpugnable qui brûlait mon être de l'intérieur. Alors même qu'entendre son nom pouvait éveiller en moi un torrent de réactions contradictoires, l'avoir face à moi ne faisait que réveiller toute l'exécration que je vouais à cette créature tout droit sortie de l'Enfer. L'azur couvant un orage qui déchaînerait les mers, je plantais dans son unique œil aux couleurs ambrées un regard aux milles promesses de mort.

Peut-être l'avait-il vu ? Quoi qu'il en soit, dans un mouvement vif, il bondit à quelques pas de moi, comme fuyant une menace imminente. Il jeta alors son dévolu sur Xiao Mao, semblant éluder définitivement ma personne. Alors même que les propos d'Astaroth traitant Xiao Mao comme un moins que rien furent proférées, je sentais que je n'en supporterai pas plus bien longtemps. Comment pouvait-il traiter ainsi ses pions ? Je posais un regard désarmé sur le félin, sentant au fond de moi que je devais agir.

Je réalisais alors qu'Astaroth ne se souciait plus de ma présence. Me prenait-il pour une créature si faible pour soudainement baisser sa garde et quitter du regard son ennemi ? Je serrais les dents, sentant la rage bouillir dans mes veines. Astaroth cet... Je posais mes doigts sur les striures ensanglantées, sentant la brûlure qui vint lécher ma peau lorsque mes doigts entrèrent en contact avec ma chair à vif. Je me relevais lentement, sentant l'irritation grandir au fond de moi. Il se jouait de moi. Encore. Les yeux rivés sur le sol, une main sur ma joue meurtrie, je soufflais entre mes dents, ma voix emprunte d'un courroux sans nom.

- Enfoiré...

Lorsque son rire démentiel s'éleva dans cette clairière éclairée par la lune, un déclic se fit dans ma tête. Les étoiles pour seules témoins, j'invoquais un chakram de ma main libre, le serrant fermement. C'en était trop. Je levais rapidement mon bras et projetait ma lame de toutes mes forces.

C'en était trop.

Astaroth devait mourir.

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mer 10 Aoû - 12:33

Au fond, Xiao Mao avait une partie humaine, même s'il faisait de son mieux pour la dissimuler. Toutes ces interrogations, ces hésitations, n'avaient absolument rien de félin. Au final, ces idées de loyauté, de peur de trahir, n'avaient rien d'utile. Il savait ce qu'il en était, il respectait Oppse, il la servait, mais il appréciait Kamui, ennemi de sa déesse. Etait-ce si problématique ? Pour un humain, sans doute. Mais pour un chat ? Non : on ne lui avait pas donné l'ordre direct de combattre Kamui, son ennemi était Layca après tout, pas ses pions. Certes, il les combattaient quand ils se mettaient en travers de sa route. Mais là, ce n'était pas le cas. Le chat avait envie de profiter d'un moment calme avec la seule personne qu'il appréciait, quel besoin de se compliquer la vie ?

Ainsi, il profitait pleinement de cet instant, laissant de côté tout ce que sa partie humaine pouvait bien penser ou croire. Aucune importance. Il appréciait les caresses, qui s'étendait sur son dos. Certes, le vêtement gênait un peu, mais il sentait tout de même les doigts à travers le tissu léger, et surtout les gratouilles. Ses oreilles bougeaient en cadence avec les doigts de Kamui qui s'occupaient d'elles. Le ronronnement que Xiao Mao émettait restait discret, mais assez sonore pour être entendu. Ca le détendait presque autant que la présence de Kamui. Un autre petit rire fit se dresser une oreille. Il y avait une certaine satisfaction. Malsaine ? Non, elle ressemblait plus à une victoire qui n'en serait pas vraiment une. La joie de réussir quelque chose qui tient à coeur ? Possible. Ce n'était pas vraiment important. Le temps pouvait s'être arrêté, le félin n'y aurait même pas fait attention. Il pouvait rester ainsi des heures durant, sans bouger, profitant d'un instant si calme et si complice, autant que rare. Mais il faut croire que ce genre de choses n'est pas possible dans un monde pareil.

Trop attentif à Kamui et aux sensations qu'il lui procurait, Xia Mao ne sentit absolument pas la présence d'une présence pourtant dangereuse et puissante. Il ne la repéra qu'une fois qu'elle se dévoila, s'interposant violemment entre l'Elu de Layca et lui-même. Il ouvrit les yeux, crispant aussitôt tous ses muscles, mais il n'était pas assez rapide à côté de... Astaroth. De toutes les personnes présentes sur ce monde, il fallait que ce soit LUI qui débarque ici, à cet instant précis. Le Destin aimait rire... surtout Belzeneff. Une main lui agrippa la nuque, ce qui le fit feuler, avant de l'envoyer valser derrière Kamui. Le félin se tordit rapidement en l'air et ses pattes arrières se posèrent sur le tronc de l'arbre contre lequel il aurait pu se fracasser. Il se laissa ensuite glisser au sol, en douceur, et s'y tint à quatre pattes, son corps fin s'allongeant dans l'obscurité.

Il semblait très calme, son regard de sang ne laissait transparaître absolument aucune émotion. Mais il réfléchissait à toute allure tandis qu'Astaroth parlait. Ce qu'il disait à Kamui ? Aucune importance. Le félin se méfiait trop de son supérieur pour accorder crédit à ses paroles accusatrices envers l'Elu de Layca. Son poil se hérissa légèrement dans son dos, sous ses vêtements, en voyant la menace des lames sur Kamui. Il n'appréciait guère, mais parvenait parfaitement bien à cacher ce détail. Il ne pouvait pas lutter contre un Elu, il n'était pas stupide pour ne serait-ce qu'essayer. Du moins, pas de face. Et puis, ça restait Astaroth, Elu d'Oppse, la déesse qu'il servait. S'opposer à lui revenait à s'opposer à elle. Il ne le pouvait pas.

Mais il ne pouvait pas non plus laisser Kamui dans cette situation sans réagir. Ni lui-même. Car bien sûr, Astaroth n'allait pas laisser passer ça. Un Bras Droit d'Oppse dans ceux de l'Elu de Layca, quelle bonne occasion de lui rentrer dedans. Mais il n'allait pas se laisser faire comme ça. Xiao Mao n'était pas un stratège pour rien. Très calme, ignorant totalement les insultes à peine voilées de son supérieur, de même que son rire fort désagréable à ses oreilles sensibles, il répondit tranquillement à Astaroth.


- Vous venez de faire échouer une infiltration discrète dans les rangs de Layca. Y être admis par son Elu en personne, avec sa confiance, aurait permis de contrer toutes leurs opérations de l'intérieur.

On pourrait penser stupide qu'il dévoile ainsi ses plans, mais le félin savait très bien que, s'il ne disait pas tout immédiatement à Astaroth, celui-ci ne chercherait pas. Inutile de lui proposer de parler plus loin pour éviter que Kamui n'entende, son supérieur pourrait croire qu'il cherche à gagner du temps pour trouver une excuse. Mieux valait tout dévoiler tout de suite, de toute façon le plan était fichu. Semblant clairement juger qu'Astaroth était trop stupide pour bien tout comprendre, Xiao Mao ajouta quelques détails évidents de son point de vue.

- Eliminer directement l'Elu de Layca ne changerait rien. Un autre prendrait sa place. L'utiliser pour infiltrer les rangs ennemis et les détruire de l'intérieur sans qu'il ne s'en doute est bien plus efficace.

Le félin était extrêmement crédible. Rien ne laissait penser qu'il pourrait mentir. Son ton neutre exposait une chose évidente, tout comme lorsqu'il décrivait des stratégies de bataille aux autres. Kamui avait toutes les chances de le croire, mais il n'y pouvait rien : hors de question de lui laisser un indice pouvant lui montrer qu'il ne disait pas la vérité. Ce serait trop dangereux. Et puis, mieux valait qu'il pense à la traîtrise, cela rendrait ses réactions plus réelles que s'il devait jouer une quelconque comédie. Xiao Mao savait mentir à merveille, puisqu'il n'y avait aucun moyen de connaître ses émotions et ses pensées. Mais Kamui était trop émotif, il semblait impossible qu'il puisse jouer un rôle de façon convaincante. Mieux valait qu'il croit lui aussi ce que le félin disait.

Il n'accordait pas un regard à Kamui, fixant son regard inexpressif sur Astaroth. C'était presqu'amusant, l'Elu d'Oppse avait reculé, comme s'il craignait une attaque commune. Pensait-il vraiment que Xiao Mao était une menace ? Seul, sans doute pas. Mais avec l'aide de l'autre Elu... peut-être. Sauf que les chances de gagner un tel combat étaient trop aléatoires. Il n'aimait pas se lancer dans une bataille sans tout savoir sur les conditions et les participants. De plus, quoi qu'en pense Astaroth, il restait fidèle à Oppse.

Un mouvement attira le regard du félin. Kamui s'était levé et avait invoqué une arme étrange, ronde, mais qui semblait terriblement acérée. Il la lança sur Astaroth. L'envie de laisser le chakram terminer sa course n'était pas petite, mais... c'était l'Elu d'Oppse. Xiao Mao n'hésita pas et disparut subitement du lieu où il se trouvait pour réapparaitre juste devant Astaroth, les pattes avant levées vers l'arme lancée. Ses griffes vinrent se cogner contre le chakram afin de l'arrêter. Sans doute que, si elles étaient normales, elles n'auraient pas été suffisantes. Mais les siennes étaient bien plus solides que la plupart, et pouvaient même trancher certains métaux. Quand bien même l'arme arriverait à passer, ce sont ses "mains" qui prendraient les dégâts, et non pas Astaroth.
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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Mar 1 Nov - 23:30

Tsss, pourquoi tant de surprise sur leurs visages ? Espéraient-ils vraiment, vraiment ne jamais être mis à jour dans leur amitié coupable ? L'Élu Primordial de Layca en train d'amadouer un Bras Droit d'Oppse. C'était d'un pittoresque affligeant. À en vomir, tant cela semblait niais et prévisible. Parce que dans toute histoire qui se vaille, il fallait bien retrouver au milieu d'une guerre deux traitres innocents et un méchant commandant pour désapprouver leur relation. En y réfléchissant, il ne manquerait plus que Xiao Mao soit un vrai homme au lieu d'un félin et là, là, on aurait vraiment touché le fond. Roméo et Juliette personnifiés en la figure du gamin blond et de l'hybride. Oh, il y aurait eu de quoi rire. Un rire jaune.
Hypocrite Kamui. Tu avais toujours été hypocrite. Il le dégoûtait avec ses airs maniérés, sa gentillesse simulée, ses grands yeux innocents et ses mimiques feignant si bien le naturel qu'elles en paraissaient presque naïves. En quoi ça l'étonnait de le retrouver s'attirer les bonnes grâces de l'ennemi ? Quand certains devaient se salir les mains, plonger les doigts dans les entrailles ennemies, gueuler dans les oreilles des subordonnés et écraser tout ce qui trouvait devant soi pour se faire respecter, lui, lui il lui suffisait d'arriver avec son sourire faux et tous se prosternaient à ses pieds. Ça le rendait malade. Que lui passe pour le vilain méchant lézard et l'autre pour un espèce d'ange bienveillant avec sa figure juvénile à la peau si parfaite, si lisse, si blanche. Sans imperfections. Encore. Mais pas pour longtemps.
Les griffes métalliques s'étaient enfoncées dans la chair tendre de l'enfant et, artistes démentes et incomprises, avaient dessiné trois longues lignes ensanglantées sur la gorge de l'Élu de Layca. Casser la perfection de son teint, de son âme. Il n'y avait plus que cela qui comptait. Et qu'importe le nombre de fois où les bouts d'aciers avaient tranché la peau qui sans cesse cicatrisait, redevenait belle et jeune à l'image de son propriétaire, il y avait toujours une jouissance macabre à maculer de sang le corps si fragile de Kamui. Dans le fond, il y avait quelque chose de tragique dans cette obsession, cette haine sordide qu'Astaroth lui portait dans le sens où la colère ne trouverait jamais sa fin dans ce combat perpétuel, ce cycle infernal de violence et de démence. Et plus il jouait le jeu du cercle vicieux avec cette rage aux tripes, plus il devenait lui-même fou devant ce monstre de pureté factice qu'était Kamui. Il était un animal qui rongeait sans relâche un os sans jamais pouvoir en atteindre la moelle à un point tel qu'il finissait par s'en dévorer l'âme. Mais, loin de toutes ces considérations, le voilà Astaroth, furieux devant son ennemi juré, son rival, son belligérant, son adversaire, son blond et bel antagoniste. Et il n'avait toujours que cette seule unique envie, ce désir trivial qui lui dévorait l'esprit et le gardait éveillé et alerte la nuit : arracher la peau de ce visage si merveilleux, si adorable, si parfait afin de montrer au monde entier que derrière la figure céleste du môme battait un être de chair et de sang au coeur aussi desséché et noir que le sien.


- Astaroth...
- Oui ? C'est bien moi. Tu avais toujours été lent à la détente. Et un peu trop poli avec ça. Juste ce qu'il fallait pour le faire sortir de ses gonds et le faire passer lui, pour la grosse brute impulsive qui ne pensait qu'avec ce qu'il avait entre les jambes quand on lui était donné de penser. Il avait répondu sur un ton désinvolte, ce même sourire cynique sur les lèvres, les crocs sortis.
Derrière, le chat donnait sa défense, prétextant une stratégie d'infiltration. Un bien astucieux mensonge. Si tenté qu'il s'en avérait bien d'un. Mais bien trop encré dans sa mauvaise foi, il n'y avait pas moyen de faire demi-tour. Il était hors de question de retirer ses accusations et de croire si facilement dans le récit du félin en balayant tous les doutes d'un revers du bras, comme un bon gentil Élu bien crédule et naïf quand bien même le Bras Droit disait la vérité.
Le Dragon ne répondit pas, planté aux milieux des deux autres personnages, s'attendant presque à ce qu'ils l'assaillent de pair. Son unique oeil valide faisait des va-et-vient entre le blond et le chat, l'Élu étant sur la défense. Chat, blond, chat, blond, chat, blond. À en donner le tournis. C'était à qui donnerait la première attaque.


- Enfoiré...
- Ooooh, prends garde à ta façon de parler, Kamui, je pourrais bien dire à Layca que son enfant est devenu un garçon bien impoli. Les paroles étaient crachées sur un ton sarcastique mais ce dernier laisser transparaitre trop de rancoeur pour cacher le dégoût que lui inspirait son interlocuteur. Une lueur déchira l'obscurité de la nuit tandis qu'une forme connue se dessinait entre l'une des mains de l'Élu de Layca. Il allait répliquer. Dans la seconde qui suivit, un objet métallique trancha l'air, se dirigeant à toute vitesse dans un sifflement strident vers le Dragon dont les griffes s'apprêtaient à parer l'assaut. Mais au moment où il allait bouger, il y eut une masse sombre qui s'abattit devant lui et bloqua le projectile. Xiao Mao l'avait protégé. Quelle grande âme cet animal, décidément. Cet acte chevaleresque ne pouvait que lui mettre du baume au coeur, tiens. S'il s'attendait à un remerciement ou même à de la gratitude, il pouvait se mettre ses pattes bien profond là où il le pensait.

- How sweet of you, kitty. Grinça-t-il d'une voix sardonique. Puis, sans se préoccuper de savoir si le chakram avait bien été arrêté ou non et à quel prix, il contourna le félin et revint se placer vers Kamui, le fixant de son unique pupille jaune fendue.
- Si tenté que tu me racontes la vérité, j'ai du mal à comprendre pourquoi tu ne m'as pas fait part de cette ruse si astucieuse auparavant. Il jeta un regard par-dessus son épaule, observant son interlocuteur hybride : Tu te trompes, Xiao Mao. Si Kamui est éliminé personne ne viendra le remplacer en ce qu'il est le seul, l'unique enfant de Layca. Imagine donc le désarrois de la Forteresse le jour où elle apprendra que son leader est tombé sans plus aucun espoir qu'il ne se relève ensuite. Oh, Mère serait si heureuse de voir Layca anéanti par la perte de son précieux bambin. Néanmoins j'avoue que je prendrais un plaisir bien plus grand à écraser d'abord ses gentils petits pions ainsi que chacun de ses proches devant ses grands yeux de poupon. L'iris ambrée se planta alors dans celles de l'Élu en question avec une conviction si ferme que le regard qu'elle jetait était comme un couteau lancé vers une plaie ouverte et la voix qui sortit de sa bouche avait la dureté et la froideur d'une dépouille que le temps avait dépourvu d'humanité : Tu entends Kamui ? Je broierais chaque être que tu chéris et je me nourrirais de leur agonie à travers le reflet des deux pupilles fourbes que tu arbores dans cette innocence chimérique que tu crois encore avoir.
Car oui Kamui, tu étais comme moi. Sale et perfide derrière cette couverture de chérubin prétendument immaculé de vices.

Mais il ne fallait pas oublier le felon félin. Revenant à lui, l'Élu ajouta le plus naturellement du monde après cette tirade horrifique :

- Bien maintenant si tu m'es vraiment fidèle je te suggère de l'attaquer puisque - au cas où tu l'aurais oublié après cette adorable petite conversation - il s'agit toujours de notre pire ennemi et donc de notre cible numéro une.

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Lun 12 Déc - 21:21

Il y a des choses dans l'univers contre lesquelles on ne peut pas lutter. Souvent, par naïveté ou peut-être par simple crédulité, on ose espérer que les choses se déroulent sans accroche. On croise les doigts, touche du bois, jette du sel par dessus notre épaule. Mais peut-on s'en remettre au hasard dans pareilles situations ? Car l'aléa n'est pas une chose qui s'autorise le contrôle. Personne n'est capable de deviner l'avenir. Pas même ces sorcières de la bonne aventure. Le doute, l'incertitude, l'hésitation. Tout ceci est le propre même de l'existence. Nul ne peut savoir. Pas même ces Dieux qui aux cultes voués s'autoproclament omniscients. Nous avez-vous annoncé la fin de ce monde ? Avez-vous été là pour nous protéger lorsque les maux s'abattaient sereinement sur nos épaules fragiles ? Quel saint, quelle entité pouvait se pavaner de la sorte, clamant ses droits et mérites sur la croyance humaine. Qui d'ores et déjà savait ce que le futur nous cache ? Y a-t-il quelqu'un en ce monde qui sache lutter contre le destin ? Ce fil rouge immémorial qui dès le jour de votre naissance est tiré sans votre consentement. Cordon ombilical d'un être qui sans jamais le savoir ni le comprendre sera inexorablement traîné vers un avenir aux couleurs de clair obscure dont la seule signification n'apparait qu'aux illuminés. Croire en Dieu allège votre peine ? Mais quelle est-elle cette douleur qui vous ronge ? Ce mal d'être mené vers un chemin inconnu à votre insu. Le présent approche sans jamais vous accorder le bénéfice du doute. « Lève-toi et marche ». Au-delà de ces ordres inculqués par la bonne foi, que nous reste-t-il face à ce mystère ? Quel est donc le secret de tout ceci ? Pourquoi le monde tourne-t-il ? Pourquoi existons-nous ? Pourquoi l'Homme est-il ainsi criblé de vices ? Car la seule certitude que nous pouvons avoir dans quelque monde qui soit...

Est que l'être humain n'est pas digne de confiance.

Le sentiment qui vint brûler mon âme à cet instant-là n'avait rien de doucereux. Chair marquée à blanc par les assauts inattendus de celui qui l'espace d'un court laps de temps avait su endormir ma vigilance. Les chats n'étaient-ils pas bien connus pour ces tours là ? Ils viennent tout amour à vous pour atteindre leur but. Et une fois chose faite, viennent aiguiser leurs griffes acérées sur votre cœur sobrement offert.

Quelle mouche m'avait piqué de venir ici me perdre aux bras de la Cité d'Oppse ? Quel était donc le sens de ma propre déchéance ? Avais-je fait le pari fou de retourner à mon Père en un aller simple pour effleurer une fois encore les fées de notre fontaine sacrée...? Arriverai-je seulement un jour à comprendre que la méfiance ne devait jamais abandonner chaque recoin de mon être, de ma pensée. Vivre d'elle. Avec elle. Pour elle. Car cette fois-ci, les cartes n'étaient plus entre mes mains.

Désormais, j'étais pris au piège.

J'avais écouté le feulement placide de la voix de Xiao Mao se mêler au tumulte qui faisait rage dans mon cœur. Alors ainsi tout ceci n'avait pas de sens à ses yeux. J'avais simplement été l'objet d'un malin aux attentes ensanglantées. Pourquoi ? La hiérarchie ? Y avait-il seulement une logique à tout ceci ? Je n'y comprenais. Non. Je ne voulais simplement pas comprendre.

Était-ce pour cette raison que j'avais déversé ma haine sur Astaroth...? Non. Alors pourquoi mon cœur se serra ainsi lorsque, au lieu de toucher leur cible, mes chakrams furent déviés par les robustes griffes de Xiao Mao ? Pourquoi tout ceci devait-il se passer ainsi ? Mauvais présage...? Le destin...? Le silence qui s'imposa à la suite du tintement sinistre du métal sur les pattes du félin sonna probablement le glas du fil rouge qui conduisait mon voyage dans cette forêt.

Je n'avais plus le choix... Non. Je ne l'avais jamais eu.

La voix gutturale du fils d'Oppse s'éleva dans un piaillement sardonique. Laissant retomber mes bras le long de mon corps, d'une simple pensait je rappelais mes lames au creux de mes mains. Aurai-je simplement la possibilité de riposter...? Je savais depuis longtemps qu'au corps à corps, l'Élu Primordial de cette déesse félonne ne ferait qu'une bouchée de moi. Les aléas de la nature. Encore.

Relevant l'océan de mes pupilles sur Astaroth, croisant l'ambre sépulcral de son unique œil, le dégoût s'empara de moi. Mes entrailles semblaient se tordre sous le venin haineux qui coulait dans mes veines. Lui s'approchait d'un pas las et conquérant. Je ne reculerai pas. D'un geste de main rageur, j'essuyais les trainées sanguinolentes qui striaient mes joues, là où ses griffes perfides avaient tiraillé ma chair. Et le dragon entama sa piteuse tirade. Je décelais une once de mépris dans le son morbide de cette voix décharnée. Ainsi le grand mâle de la Cité n'était pas au beau fixe avec ses petits jouets. Répugnant. La situation aurait été toute autre, je n'aurai pas hésité à cracher mon aversion au visage brûlé de cet être infâme.

Un rire moqueur s'échappa de mes lèvres lorsque Monsieur entama son bel éloge sur la possibilité de m'abattre. Dans un souffle narquois je laissais entendre.

- L'Enfer t'accueillera avant moi.

Peut-être m'avait-il entendu, mais les paroles qu'il daigna asséner à cet instant firent bouillir mon sang d'un sentiment bien plus sordide. L'exécration.

- Néanmoins j'avoue que je prendrais un plaisir bien plus grand à écraser d'abord ses gentils petits pions ainsi que chacun de ses proches devant ses grands yeux de poupon.

La flamme de rancœur qui vint ronger nos pupilles lorsqu'elles se croisèrent signifiait tant. Mon cœur me faisait mal. Tout ceci n'avait pas de sens. Je débitais avec férocité.

- Tu n'as jamais rien compris. Tout ceci n'est que ta seule et unique faute. Il n'y a qu'à toi-même que tu peux t'en prendre.

Je serrais les dents à l'entente de son sermon. Nostalgie. Non. Douleur.

Ce fut l'ordre jeté à Xiao Mao qui reporta on intérêt sur le troisième élément de cette perfide scène. Pourquoi les récits devaient-ils tous contenir un élément perturbateur ? Pourquoi la simplicité n'avais jamais été de rigueur ?

- Bien maintenant si tu m'es vraiment fidèle je te suggère de l'attaquer puisque - au cas où tu l'aurais oublié après cette adorable petite conversation - il s'agit toujours de notre pire ennemi et donc de notre cible numéro une.

C'est donc ainsi que l'affaire se réglerait ? Il laisserait le grand honneur à son sous-fifre de tenter de m'achever ? Quelle ridicule idée. Tout ceci était infecte. De l'air froid qui brûlait mes poumons à la douleur insidieuse qui rongeait mon âme. Voilà ainsi quelle avait été la raison de ce chantage affectif. Crédule ? Peut-être ? Naïf... Sûrement. L'univers semblait encore être bordé d'immaculé à mes yeux dont les larmes mêlant cendre et hémoglobine. Pourquoi ? L'azur avait assisté tant de désastre. Vu tant de malheurs. Pourquoi... ?

- C'est donc ainsi que tu as anéanti les existences de mes pions...? Murmurai-je d'une voix douloureusement serrée. Tu les amadoues de belles paroles, brodant une rencontre idéale auprès de tes chers et tendres acolytes... Et une fois la besogne faite, tu réduis en charpie l'existence même de ceux qui peuplent cet échiquier...?

Comme vaincu sur un terrain encore couvert du charbon brûlant d'une guerre, mon cœur blessé à vif par les récents événements, j'eus quelques secondes l'envie de rendre les armes. Mais en avais-je le droit ? Tout ces êtres qui avaient fidèlement servi la cause de mon Père.

- Dois-je applaudir les fourbes manigances dont toi et probablement ce cher Belzeneff avez fait preuve pour faire des pièces de notre échiquier poussière... ? Un rire blessé m'échappa alors que je détournais prestement la tête, enchaînant d'une voix lasse. Tu me dégoutes Astaroth...

Baissant les yeux au sol, j'observais quelques secondes mes phalanges blanchies sur le métal acéré des mon arme. Ces mains qui avaient cajolé cet être... Je posais un regard emplit d'une douleur contenue sur Xiao Mao. Mes lèvres se murent dans un souffle inaudible.

- Je t'avais fait confiance...

J'avais une fois de trop accordé ma confiance. J'avais été une fois de plus berné par le sens de la justice. Absout par mon propre don. Car le vivant de tout son être ne peut qu'être vérité. N'était-il pas logique plus claire que celle de croire au bon sens ? Oser prendre confiance et offrir une part de soit ? Car dans toute rencontre, nous finissons par donner de nous-même. J'aurai aimé y croire plus longtemps.

Croire que tu ne m'avais pas trahit.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]   Ven 2 Mar - 9:59

Spoiler:
 

Les humains sont incompréhensibles. Quand on croit avoir saisi une partie de leur fonctionnement, on se rend compte qu'on est totalement à côté de la plaque. Xiao Mao l'avait bien compris depuis longtemps, c'est pourquoi il avait tout simplement arrêté de chercher à comprendre. Après tout, quel intérêt ? Mieux connaître son ennemi ? Il pouvait gagner une bataille sans savoir précisément la nature psychologique des adversaires. Tout ce qu'il devait savoir était d'ordre purement technique : combien, quelles races, quelles pouvoirs, quel terrain, quelles conditions climatiques, quel matériel. Le reste ? Aucune importance, il n'en avait pas besoin pour remporter la victoire.

Alors, l'étrange échange entre Astaroth et Kamui resta incompréhensible pour son esprit félin. Oh il sentait bien qu'il y avait quelque chose entre eux, quelque chose de fort, et qui n'avait pas une odeur très positive. Mais il ne chercha pas à savoir quoi. Cela ne l'aiderait pas, ne les aiderait pas. Ses griffes tintèrent contre les chakrams qui ne passèrent pas sa défense. Ils ne restèrent pas longtemps là, vite rappelés par Kamui. Il avait fait son devoir, il se devait de protéger son supérieur, aussi détestable fut-il, parce qu'il représentait Oppse, sa déesse. Mais pourquoi cela lui laissait-il un arrière goût malsain dans la bouche ? Aucune importance. Se concentrer sur les faits, sur le présent. Réfléchir sur des notions abstraites plus tard.

Le félin n'attendait rien d'Astaroth, ce qui était parfait puisqu'il n'eut rien, si ce n'est une remarque sardonique. Rien d'intéressant en d'autres termes. Il observa Kamui, restant parfaitement neutre, inexpressif, ce qui n'était pas le cas de l'Elu de Layca : il semblait... trahi. Blessé. A moins que ce ne fut qu'une impression. Après tout, Xiao Mao était aussi doué pour cacher ses émotions que pour les reconnaître chez les autres. Pourtant, il avait réellement l'impression que Kamui n'était pas... bien. Hélas, c'était dans un sens une bonne chose : cela prouvait qu'il croyait à son mensonge et ne ferait qu'y apporter du crédit. Étrangement, le félin... n'aimait pas ça. Bien sûr, il n'en montrait rien, mais... ça le dérangeait. Il n'avait jamais eu l'attention de faire le moindre mal à Kamui, et ce depuis toujours. Il répugnait à le combattre. Pourquoi ? Difficile à dire. Et l'heure n'était pas à chercher la réponse.

Astaroth lui lança un regard, ainsi qu'une remarque que le félin ne pouvait pas laisser passer sans réagir. Pourquoi ne pas avoir parlé de sa ruse avant ? Pour un peu, Xiao Mao aurait bien répliqué que l'Elu d'Oppse aurait pu tout faire rater, comme il le faisait déjà maintenant, mais mieux valait ne pas aggraver son cas.


- Tout simplement parce que je n'avais pas fait ce plan avant aujourd'hui. Il m'est venu en rencontrant l'Elu de Layca ce soir et en constatant l'occasion qu'il me donnait de m'infiltrer.

C'était tout à fait plausible après tout. Même si Xiao Mao n'aimait pas agir sans avoir évalué la situation, il savait également improviser quand une magnifique occasion se présentait, comme ce soir. Il écouta son supérieur, mais ne pouvait pas répondre grand chose à son petit discours sur la perte de Kamui pour l'autre camp. Bien sûr qu'il avait raison, si l'Elu de Layca venait à être véritablement détruit, sans possibilité de retour, ce serait un grand coup pour leurs adversaires. Mais ça ne plairait pas à Xiao Mao. Pourquoi fallait-il que la seule personne qu'il appréciait soit dans l'autre camp ?

Le félin resta impassible, même s'il n'approuvait pas les menaces de son supérieur. Quel besoin de lancer ce genre de projets à la tête de son ennemi ? Pour lui, c'était surtout signe d'une faiblesse, un besoin d'impressionner, de faire peur, ce qui était totalement inutile à son sens dans un combat : rien ne vaut le langage des griffes et des crocs pour en imposer à l'autre. Un bon feulement, un poil hérissé, des armes tranchantes, une ombre jouant avec l'obscurité, cela suffisait amplement pour provoquer la terreur chez les cibles.

La joute verbale continuait, et Xiao Mao n'écoutait pas vraiment. Il observait. La haine affichée sur le visage d'Astaroth sembla trouver son répondant chez Kamui. Ca ne lui allait pas du tout. Ce genre de visage n'avait pas à afficher d'expressions aussi tourmentées, aussi douloureuses. Car il n'y avait pas uniquement de la haine mais bien de la souffrance. Parce qu'Astaroth menaçait ses proches ? Peut-être. Mais quelque chose disait au félin que ce n'était pas la seule raison. Et puis, l'ordre tomba. Il devait attaquer Kamui. Bien sûr, c'était logique et tout à fait normal : ennemi d'Oppse, il devait le détruire, même si ça n'était que provisoire. Ce serait n'importe qui, il l'aurait déjà fait. Mais Kamui...

Xiao Mao restait égal à lui-même : impassible, son regard rouge totalement inexpressif, comme le reste de son visage, tandis qu'il se retrouvait sous le regard de l'Elu de Layca. Il ne pouvait pas se permettre de lui laisser le moindre doute, faute de quoi toute sa ruse tomberait à l'eau. Mais l'espace d'une petite seconde, il haussa une oreille un peu plus haute que l'autre. Ce fut très bref, à peine perceptible, et sans doute en fut-il le seul conscient. Mais cela exprimait bien une certaine... perplexité : il y avait des larmes dans les yeux de Kamui. Pourquoi ? Encore une question à laquelle le félin ne savait répondre. Et sur laquelle il ne pouvait pas se pencher maintenant. Mais cela l'avait étonné.

Les paroles étaient amères, mauvaises, et... sonnaient la défaite. Kamui se considérait comme vaincu d'avance ? Dans un sens, c'était un peu flatteur, car même si Xiao Mao était excellent en combat, il n'en restait pas moins inférieur à un Elu. Mais peut-être était-ce la défaite d'un autre plan. Celui des émotions, celui qu'il ne comprenait absolument pas. La seule chose qu'il savait, c'est que cela ne lui plaisait pas. Pas du tout même. Il n'était pas expert dans les expressions et les ressentis, mais il était clair que Kamui souffrait, et il n'aimait pas ça. Le regard que l'Elu de Layca lança au félin était très limpide : douleur pure. Mais pourquoi ? Il ne l'avait pas touché, pas blessé, il n'y avait pas de sang, du moins pas venant de lui, et les griffures d'Astaroth sur son beau visage ne devaient pas faire aussi mal. Alors pourquoi ? Le mensonge ? Ce n'étaient que des mots. Xiao Mao ne pouvait pas comprendre comment des paroles pouvaient faire autant de dégâts invisibles.

La confiance... ? Kamui lui avait fait confiance ? Et il l'avait trahi ? Non, vraiment, ces notions étaient trop compliquées pour lui. Et il n'avait pas le temps de chercher à les comprendre. La seule chose qu'il savait, c'est qu'il ne devait pas foutre son plan en l'air. Et qu'il devait obéir à Oppse, par le biais d'Astaroth. Combattre, donc... combattre Kamui... la seule chose qu'il avait toujours répugnée à faire. Mais... mais peut-être que, si Astaroth n'intervenait pas dans la bataille, peut-être qu'il trouverait un moyen d'aider Kamui à fuir. Le téléporter ? Non, ce serait bien trop flagrant. Mais parvenir à le perdre dans un recoin de la forêt ? Un fossé trop profonde pour le suivre ? Il ne connaissait pas assez bien le terrain...

Xiao Mao remua des oreilles pour échapper à ses réflexions. D'abord agir. Puis trouver une solution durant le combat. Il n'avait pas d'autres choix. Restait à parvenir à avoir l'air de se battre comme d'habitude tout en minimisant les risques pour Kamui. Délicat... très délicat... Le félin jeta un coup d'oeil à Astaroth, totalement inexpressif comme toujours. Il hocha la tête, simplement pour montrer qu'il avait compris la mission, puis regarda Kamui. Sa cible. Il se campa légèrement sur ses pattes arrières, puis ne bougea plus pendant quelques secondes, véritable ombre immobile, se fondant presque dans la nuit.

Puis il bondit assez vite pour surprendre un oeil humain, ses griffes levées vers Kamui, sa patte droite visant son ventre, sa patte gauche en défense pour parer un éventuel coup et ripoter au besoin. Il devait faire confiance dans les capacités de l'Elu : il saurait bien esquiver. Sûrement. Il l'espérait. Quant au reste... il improviserait en attendant une bonne occasion.
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Rencontre au crépuscule [PV Xiao Mao et Astaroth]

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